Entreprise

Définition

Organisation dont le but est de produire des biens ou des services destinés à un ensemble de clients ou d'usagers.

L'essentiel

L’INSEE définit l’entreprise comme une combinaison d’unités légales constituant une unité organisationnelle de production de biens et services jouissant d’une certaine autonomie de décision, notamment pour l’affectation de ses ressources courantes. Si l’entreprise peut prendre différentes formes légales, sa définition ne peut être que juridique. Les entreprises sont très diverses. Une même entreprise peut être constituée d'unités (siège social, usines...) situées dans des endroits différents ou être une toute petite unité.

Différents types d’entreprises coexistent : les petites et moyennes entreprises occupent moins de 250 salariés et ont un chiffre d’affaire (CA) ne dépassant pas 50 millions d’euros. Parmi ces PME, certaines, les microentreprises, ont moins de 10 salariés et leur CA annuel ne dépasse pas 2 millions d’euros. Les entreprises de taille intermédiaire (ETI) occupent entre 250 et 5000 salariés et leur CA est inférieur à 1500 millions d’euros. Enfin, les grandes entreprises sont celles ont plus de 5000 salariés et leur CA dépasse le seuil précédent.

Les formes juridiques des entreprises varient largement avec leur taille. Ainsi, elles peuvent adopter des formes juridiques d’entreprise individuelle ou de société. Selon l’INSEE, aujourd’hui, sur plus de 4 millions d’entreprises en France, presque la moitié sont des sociétés, le reste étant des entreprises individuelles notamment des micro-entrepreneurs. Au sein des sociétés, certaines entreprises ont un statut spécifique : les coopératives. Elles représentent environ 3500 sociétés qui peuvent être aussi bien des établissements de crédit que des sociétés non financières (coopératives agricoles, de production...) ou des mutuelles.

L’entreprise moderne est apparue à la fin du XIXème siècle avec le développement du capitalisme industriel, les bouleversements scientifiques et techniques et les évolutions juridiques qui ont permis ces évolutions. L’émergence de la Société Anonyme a donc accompagné le développement des grandes entreprises aux XIXème et XXème siècles. A partir du XIXème siècle, l’entreprise est devenue un lieu de création de richesses sans précédent qui a profondément transformé le capitalisme et la société.               

                                                                    

Le rôle premier le plus souvent dévolu à l'entreprise capitaliste est la recherche du profit pour l’entrepreneur ou les associés. La réalité de l’entreprise est plus complexe : l’entreprise est avant tout une organisation collective. Elle doit organiser la coopération de nombreux acteurs, les « parties prenantes » (salariés, clients, fournisseurs, banques …). L’entreprise met donc en œuvre une stratégie qui dépend de ses choix à court et à long terme, du capital humain qu’elle détient mais aussi de l’évolution des marchés sur lesquels elle intervient. Le profit dépend donc de sa compétitivité et de sa capacité à innover.

Les économistes se sont intéressés aux différentes étapes du développement de l’entreprise dès la fin du XIXème siècle. L’entreprise passerait par cinq étapes qui dessinent un « cycle de vie de l’entreprise. D’abord, la phase de création nécessite l’innovation, la faisabilité et la solvabilité du projet. Puis, le démarrage : l’entreprise doit coordonner ses ressources et lancer son produit sur le marché. Elle réalise crée de la valeur ajoutée et réalise un chiffre d’affaires. Ensuite, vient l’adolescence de l’entreprise : sa croissance nécessite alors des investissements nouveaux et de nouvelles solutions de financement. Afin d’augmenter son chiffre d’affaire et ses profits, l’entreprise est également susceptible de diversifier son offre de produits afin d’atteindre de nouveaux segments de marché et de s’ouvrir à l’international. La 4ème étape est celle de la maturité : phase la plus longue, cette étape passe souvent par une augmentation de capital afin de poursuivre le développement. L’innovation reste, le plus souvent, la clé de la longue durée de cette phase. Enfin, l’ultime étape est celle du vieillissement qui peut se traduire par une transmission de la propriété (fusion, cession).

Si l’entreprise constitue un lieu de production de bien et de services, elle est aussi un espace de création collective, un levier permettant de renouveler les techniques de travail et les modes d’organisation. Elle conduit donc à l’évolution des compétences, des valeurs et des rapports d’autorité hiérarchique et elle influence la consommation de biens et de services. Son impact est donc très important.  Les travaux récents de Blandine Segrestin et Armand Hatchuel (Refonder l’entreprise, Seuil, 2012) [lien avec la fiche de lecture sur Melchior] montrent que l’entreprise ne peut se résumer à un rôle économique de production de bien et service. Elle est avant tout une réalité multimensionnelle et doit s’analyser comme un collectif. D’ailleurs, la loi Pacte, votée en 2019 introduit la notion de « raison d’être » de l’entreprise, définissant ainsi l’entreprise (plus spécifiquement la société) autour de son projet entrepreneurial et non simplement à partir des droits de propriétés et de l’intérêt des associés comme le droit le faisait jusque-là. Une société a aujourd’hui la possibilité de définir sa « raison d’être », son projet et elle peut aller jusqu’à se donner le statut de « société à mission » c’est-à-dire d’inscrire son projet dans le cadre d’un certain nombre d’objectifs sociaux ou environnementaux. Certaines entreprises ont d’ores et déjà choisi d’aller en ce sens. [lien avec étude de cas MAIF].

Lire à ce propos :

Questions à Blanche Segrestin et Armand Hatchuel

1. Qu’est-ce qu’une entreprise ?

2. Que nous disent les indicateurs généraux de l’entreprise ?

3. Qu’est-ce que la raison d’être de l’entreprise ?

4. Qu’est-ce que la gouvernance d’entreprise ?

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Blanche Segrestin et Armand Hatchuel (MINES ParisTech) : Qu'est ce qu'une entreprise ?