Courbe en J

Définition :

La courbe en J est l'expression graphique de l’évolution du solde de la balance commerciale après la dévaluation d’une monnaie nationale. En effet, on observe que la balance courante d'un pays se détériore immédiatement après la dépréciation réelle de sa monnaie. La balance ne commence à s'améliorer que quelques temps plus tard car les exportations augmentent en volume et les importations baissent en volume. La courbe en J met donc en évidence le fait que les effets positifs (effets volumes) ne jouent pas immédiatement, alors que les effets négatifs ( effets prix ) interviennent tout de suite : cette courbe s’inscrit donc dans un horizon temporel qui dépend de certaines conditions.

L'essentiel :

La condition de Nawal-Marshall-Lerner appelée aussi théorème des élasticités critiques est un élément clé qui permet de comprendre et d’apprécier la forme de la courbe.

Le solde de la balance commerciale est une fonction décroissante du taux de change réel si et seulement si la somme des élasticités-prix des importations et exportations en valeur absolue est supérieure à 1.

Pour le comprendre, il faut revenir sur les notions d’effets prix et d’effets volume. Les exportations en volume (en quantités) dépendent négativement du taux de change réel : elles diminuent quand la monnaie s'apprécie. Et, si la monnaie s'apprécie, les importations en volume ont tendance à augmenter car la monnaie nationale offre un meilleur pouvoir d'achat à l'étranger. Ainsi, cet « effet volume » joue en faveur de la dégradation de la balance commerciale. Mais l'augmentation des taux de change tend à diminuer le prix exprimé en monnaie nationale des biens étrangers importés. S'ils coûtent moins cher, cela tend à améliorer le solde de la balance commerciale. C’est l’« effet valeur ».

La condition de Nawal-Marshall-Lerner compare les élasticités-prix, qui mesurent les sensibilités respectivement des exportations et des importations par rapport aux prix. Comme pour une élasticité-prix direct, plus elle est élevée, plus l'augmentation du taux de change va inciter à exporter moins et à importer plus en volume. L'effet volume l'emporte sur l'effet valeur et cela va jouer en défaveur du solde de la balance commerciale.

Dans la réalité, les deux effets ne jouent pas en même temps : les prix s'ajustent immédiatement (à court terme) tandis que les quantités s'ajustent sur le moyen et le long terme. La balance commerciale située initialement en équilibre se détériore à la suite d'une dévaluation du taux de change (c'est l'effet prix qui l'emporte). Mais petit à petit l'ajustement par les quantités (effet du même nom) permet d'améliorer le solde et de dépasser celui de l'équilibre initial dessinant la courbe en J.

 

3 questions à Sébastien Jean, directeur du CEPII : (à venir)

1) Les pays utilisent-ils encore les mécanismes présentés par la courbe en J ?

2) La compétitivité prix est-elle un atout pour les pays européens ?

3) La France peut-elle s’appuyer sur les effets de la courbe en J ?

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Lire à ce propos :

Voir le chapitre terminale sur L’action des politiques budgétaire et monétaire sur la conjoncture :