Graphique

L’euro au plus bas

Résumé

Malgré toutes les mesures prises pour la soutenir, la devise européenne est mise à mal par les marchés. Le plan de sauvetage de 750 milliards d’euros mis en place par l'Union européenne et le Fonds monétaire international n’ont visiblement pas suffi à rassurer les investisseurs, inquiets du haut niveau d'endettement de plusieurs pays de la zone euro, en premier lieu la Grèce mais aussi le Portugal, l'Espagne et l'Italie. L'abaissement de la note de la dette de l'Espagne par l'agence de notation Fitch à AA+, contre AAA jusque-là, n’a pas contribué à améliorer la situation. Les investisseurs craignent en effet que les plans d'austérité budgétaire ne finissent par peser sur la reprise économique tout en compliquant la réduction des déficits.

Pourtant, de nombreux responsables européens sont persuadés que l’euro n’est pas en danger. Ainsi, Christine Lagarde, la ministre de l’Economie et des Finances, Jean-Pierre Jouyet, le président de l’Autorité des marchés financiers, ou encore Jean-Claude Trichet, le président de la BCE, se veulent-ils rassurants. On estime le niveau d'équilibre entre les deux monnaies aux alentours de 1,15 à 1,20 dollar pour un euro.

Par ailleurs, la baisse de la monnaie unique n’a pas que des inconvénients : elle rend les exportations européennes plus compétitives sur le marché mondial. Elle entraîne une baisse des prix des produits sur les marchés étrangers, ce qui peut provoquer une hausse des ventes et avoir des effets positifs sur l'activité économique. Les produits européens deviennent plus compétitifs face aux produits américains et à ceux des pays émergents dont les monnaies sont arrimées au dollar. C'est une bonne nouvelle pour les pays qui exportent le plus hors de la zone euro. Enfin, Airbus, qui facture ses avions en dollars, bénéficie directement d'une hausse de la valeur du billet vert face à l'euro. En revanche, la hausse du dollar par rapport à la devise européenne va faire augmenter le prix de produits importés en provenance de la zone dollar, notamment le pétrole et les matières premières. Premier touché : le secteur de la construction, assez gourmand en carburant. La hausse du prix des matières premières achetées en dollars peut provoquer une hausse de l'inflation importée. Mais le risque est faible car elle reste en effet inférieure à 2 %, atteignant 1,4 % en mars 2010.