Exercice
Exercice de cours

QUESTION 1 : COMMENT LA FAMILLE TRANSMET-ELLE DES NORMES ET DES VALEURS ?

Difficultés 
Exercice 1** - Pratiques culturelles entre 8 et 12 ans selon la profession du père

Repérer et lire

1. Faites une phrase avec les données soulignées

Expliquer

2. Comparez la situation des enfants de cadres à celle des enfants d’ouvriers

Comprendre

3. Trouvez 3 éléments (au moins) qui pourraient nous permettre d’expliquer les écarts constatés

Difficultés 
Exercice 2** - Le rôle de la socialisation dans la grande bourgeoisie

« Dans la noblesse et la grande bourgeoisie française, la famille est au cœur du dispositif de la reproduction sociale. (…) Le riche héritier est redevable devant la famille, qui ne se limite pas à ses seuls parents en vie, mais qui englobe les ancêtres et les descendants du futur. Passer le relais est l’intense obligation. Toute l’éducation doit alors constituer l’héritier comme l’usufruitier de biens matériels (le portefeuille de valeurs mobilières) ou immatériels (le carnet d’adresses), qui ne lui appartiennent pas personnellement, mais qui sont la propriété de la lignée dont il n’est qu’un maillon. Transmettre le patrimoine, en l’enrichissant si possible, tel est son devoir. (…) Les rallyes participent à la socialisation des jeunes. Ce sont des groupes informels, dont les membres sont soigneusement sélectionnés par les mères de famille. Ces jeunes apprennent à vivre ensemble, à se connaître et à se reconnaître, et finalement à organiser leur vie affective, et sexuelle, en conformité avec les obligations matrimoniales d’une reproduction sociale efficace. Ces rallyes commencent dès l’âge de dix à treize ans, par des sorties culturelles, pour se terminer  par de grandes soirées dansantes. (…) Le rallye atteint presque toujours son résultat : faire en sorte que les jeunes ne ruinent pas un avenir brillant, un destin hors du commun, par une mésalliance qui viendrait rompre le fil de la dynastie, noble ou bourgeoise. »

M. Pinçon, M. Pinçon-Charlot, Sociologie de la bourgeoisie, Repères, La Découverte, 2003.

Repérer et lire

1. Relevez, dans le texte, les différents éléments que la noblesse et la grande bourgeoisie s’attachent à transmettre

Expliquer

2. Qu’est-ce que l’usufruit ? Expliquez la phrase soulignée

Comprendre

3. Quel est le rôle de la famille dans la socialisation des enfants de la grande bourgeoisie ?

 

 

Difficultés 
Exercice 3*** - La transmission d’une vision sociale dans certaines familles populaires

« Je travaille depuis plusieurs années sur les conducteurs des bus de la RATP en région parisienne, ceux qu’on appelle les machinistes, c’est-à-dire des gens dont on peut dire qu’ils sont à la frontière des catégories populaires et des classes moyennes salariées. Dans la division sociale du travail au sein de leur entreprise, les conducteurs des bus de la RATP occupent une position subordonnée. Ils sont en bas de la hiérarchie (…). Avec comme conséquence que, comme beaucoup d’ouvriers et d’employés, beaucoup d’entre eux adhèrent spontanément à une représentation binaire de la société, fondée sur une opposition entre le haut d’une part – les dirigeants, les puissants, ceux qui possèdent l’instruction, la puissance, l’argent – et d’autre part ceux qui sont en dessous, les simples exécutants, les ouvriers, les employés, ceux dont ils estiment de manière générale faire partie. De sorte que pendant assez longtemps, j’ai pensé retrouver chez eux tous un type de représentation sociale dont Richard Hoggart (1) avait montré, dans des textes très connus, l’importance dans le monde des ouvriers et des classes populaires anglaises des années 1950 : une opposition entre « eux », ceux du haut, et « nous », ceux du bas, les exécutants.

Mais je me suis finalement rendu compte que pour une partie d’entre eux, les choses étaient plus compliquées, même si c’est pour une partie d’entre eux seulement. Leur représentation, leur conscience du monde social était non pas bipolaire, mais triangulaire : ils avaient le sentiment d’être non pas seulement soumis à une pression venant du haut, mais aussi à une pression venant du bas, venant de plus bas qu’eux. Cette pression venant du bas, (c’est moi qui dis les choses ainsi bien sûr, mais les propos qui m’ont été tenus à plusieurs reprises par des conducteurs vont clairement dans ce sens), c’est par exemple l’idée qu’il y a trop de chômeurs qui non seulement n’ont pas d’emploi mais qui n’en cherchent pas, qui vivent du RMI (2) ou des aides sociales, qui se dispensent par conséquent de chercher du travail, et qui peuvent s’en dispenser parce que d’autres paient des impôts pour eux : d’autres qui, eux, travaillent, parmi lesquels, bien sûr, les conducteurs de bus. Ou encore, ce peut être l’idée que dans certaines familles immigrées, on vit sans travailler, grâce aux allocations, c’est-à-dire grâce à des aides sociales qui, là encore, sont financées par ceux qui travaillent et grâce à leurs impôts. »

(1) Richard Hoggart, La Culture du pauvre, Paris, Éditions de Minuit, coll. « Le sens commun », 1970.
(2) Revenu Minimum d'Insertion, remplacé par le Revenu de Solidarité Active (RSA)
Olivier Schwartz, Vivons-nous encore dans une société de classes ? http://www.laviedesidees.fr

 

Repérer et lire

1. A quel groupe socioprofessionnel appartiennent les personnes étudiées par le sociologue Olivier Schwartz ?

Expliquer

2. Qu’est qu’une vision binaire de la société ?

Expliquer

3. Quelle sont les trois catégories qui forment la représentation sociale des ouvriers interrogés ?

Comprendre

4. Comment la représentation sociale des parents influence-t-elle les enfants ?