Document 8. Une chute du PIB jamais vue

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"C'est une crise comme aucune autre", note le FMI. L'Europe est de loin la région la plus touchée, puisque c’est là que le confinement a été le plus sévère. En zone euro, la chute du PIB devrait être de 10,2 % en 2020. L’Italie et l’Espagne (-12,8 %), mais aussi la France (-12,5 %) sont les pays les plus touchés, avec le Royaume-Uni (– 10,2 %). En Allemagne, le PIB devrait reculer de 7,8 %. Tous ces chiffres sont, là encore, sans précédent.

Du côté américain, les Etats-Unis, où le confinement a été moins sévère et uniforme (source : Le Monde), devraient connaître une baisse du PIB de 8 %. En Amérique latine, où le virus continue de se répandre et où la pandémie n’est pas maîtrisée, les prévisions sont catastrophiques pour le Mexique (– 10,5 %) et le Brésil (– 9,1 %). L’un des seuls pays qui devrait éviter la récession est celui d’où est partie la pandémie. Le FMI table en effet sur une croissance minimale, de 1 %, pour la Chine.

Pourquoi cette aggravation des prévisions du Fonds monétaire international, seulement deux mois après un rapport déjà alarmiste ? L’argumentation tient en trois étapes.

D'abord, l'impact de la fermeture presque intégrale de certaines économies a été pire que ce qui était anticipé. Ensuite, le retour à la normale va être plus long que prévu. Difficile d'imaginer des salles de cinéma pleines, des restaurants combles, des avions bondés. "La distanciation sociale va persister au second semestre", note le FMI. Par ailleurs, dans les pays où la pandémie n'est pas maîtrisée, de nouvelles mesures de confinement seront sans doute inévitables. Bref, la demande n'est pas près de revenir à son niveau d'avant la pandémie. 

Enfin, du côté de l’offre, c’est-à-dire des entreprises, les « cicatrices » du confinement vont se faire sentir longtemps. Impossible de faire tourner une usine à plein régime si les ouvriers doivent respecter des distances importantes entre eux.

Derrière ce blizzard de chiffres et de prévisions se trouve une réalité sociale alarmante, particulièrement dans les pays émergents. « Des deux milliards de personnes qui travaillent dans le secteur informel à travers le monde, l’Organisation internationale du travail estime que 80 % vont être affectées significativement », note le FMI. Et d’ajouter que, pour la première fois en trente ans, l’extrême pauvreté va progresser.

Contrairement à l’idée reçue, les personnes vivant avec moins de 1,9 dollar (1,68 euro) par jour – la définition de la pauvreté extrême – sont passées de 35 % de la population mondiale en 1990 à moins de 10 %. « Ce progrès est mis en danger par la crise du Covid-19, avec plus de 90 % des économies émergentes ou en voie de développement qui vont connaître une baisse du revenu par habitant en 2020 », explique l’institution.

Source : Le Monde, 25/06/2020

Questions :

1) Pourquoi le FMI dit-il que la crise liée au coronavirus est « une crise comme aucune autre » ?

2) Quels sont les 3 facteurs qui expliquent, selon le FMI, l’ampleur du ralentissement économique ?

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Corrigé :

1) Pourquoi le FMI dit-il que la crise liée au coronavirus est « une crise comme aucune autre » ?

Le FMI prévoit des chutes de PIB totalement inédite. Par exemple, dans la zone euro, la chute du PIB devrait être de 10,2 % en 2020. L’Italie, la France et l’Espagne verraient leur PIB baisser de plus de 12,5 %.

2) Quels sont les 3 facteurs qui expliquent, selon le FMI, l’ampleur du ralentissement économique ?

Le FMI évoque d’abord l’effet direct du confinement, puis le temps plus ou moins long du retour à la normale de la consommation du fait de la distanciation sociale devant perdurer encore quelques temps. Par ailleurs, du côté de l’offre, le confinement et les mesures sanitaires ralentissent la capacité des entreprises à retrouver un niveau de production élevé.