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Cours de Formation et emploi : 1. Le diplôme : un passeport pour l'emploi?

Question 3 : En quoi le diplôme d’études supérieures peu-il être considéré comme un investissement en capital humain ?

Découverte

Document 1 : Part de la population diplômée de l’enseignement supérieur en 2010

Source : OCDE : regards sur l’éducation 2012

1. Quel est le critère permettant de définir ce taux ?
2. Faire une phrase donnant du sens aux données chiffrées concernant la France et  commençant par : en France, en 2010, d’après l’OCDE, sur 100….

3. Quelle tendance concerne la quasi-totalité des pays mentionnés ci-dessus ?
4. Pourquoi peut-on dire que la situation de la France, comme celle du Japon,  est remarquable ?
5. A quel rang se situe la part de la population diplômée de l’enseignement supérieur en 2010, en France, pour la tranche 25 à 34 ans ?

 

Document 2 : Evolution des coûts moyens par élève et par étudiant (en € prix 2011)

Champ : France métropolitaine + DOM hors Mayotte, public + privé
Source : www.education.gouv.fr/cid57096/reperes-et-references-statistiques.html
  1. Combien coûte, en moyenne, la scolarisation d’un étudiant en 1980 ? en 2011 ?
  2. Calculez l’évolution de ce coût ?
  3. En 2011, combien coûte-t-il de fois plus cher qu’un élève du premier degré ?
Document 3 : Les coûts des études supérieures.

On distingue deux types de coûts : d’une part les coûts directs, liés directement à la poursuite des études, à savoir les droits d'inscription pour l'année d'étude envisagée, éventuellement augmentés de droits supplémentaires (pour l'accès à la Bibliothèque Universitaire, les activités sportives,...). Mais il ne faut pas leur adjoindre les cotisations complémentaires (sécurité sociale, mutuelle) qui sont le plus souvent perçues en même temps que les droits (et reversées par l'établissement d'inscription aux organismes sociaux) En effet ces coûts ne sont ni  spécifiques, ni liés à la poursuite des études, engendrés par celles-ci. S'il avait décidé de ne pas poursuivre d'études pour entrer sur le marché du travail, l'étudiant aurait eu à supporter ces coûts.

Il existe également des coûts indirects, constitués de quelques dépenses spécifiques liées aux études : achat de livres, de polycopiés, de papeterie, parfois de matériels liés aux disciplines enseignées.

Par contre les dépenses de nourriture, de logement, d'internat, ou de transport, n'ont pas à être intégrées dans le coût de la formation, dans la mesure où elles devraient de toute façon être supportées si l'individu ne poursuivait pas ses études. De la même façon, les autres dépenses courantes (habillement, dépenses culturelles, de loisir, sorties amicales, santé, abonnements téléphoniques et/ou internet, assurances, impôts, cotisations à des associations,...) ne doivent pas être intégrées dans les coûts indirects. Il en va évidemment de même pour les dépenses occasionnelles d'équipement (téléphone, ordinateur, logiciel, équipement de loisir ou ménager).

Source : foad.refer.org/IMG/pdf/ETH1-_Capital_Humain_1.pdf

  1. Complétez le tableau suivant

Document 4 a :

Document 4 b : Frais de scolarité dans quelques écoles de commerce

 

  1. Comparez les coûts de l’enseignement universitaire des coûts de l’enseignement en école de commerce ?
  2. Comment intègre-t-on une université ?
  3. Comment intègre-t-on une école de commerce ?
  4. A quels types d’emplois l’école de commerce prépare-t-elle ?
Document 5 : dépenses d’éducation pour le supérieur : qui finance ?

  1. Qui finance essentiellement les dépenses supérieures d’éducation ?
  2. Sachant qu’elles se sont élevées à 28,7 milliards d’€ en 2012, combien l’Etat a-t-il dépensé ?
  3. Sachant que la part de la dépense intérieure d’éducation est passée de 14,6 % du PIB à 20,6% du PIB entre 1980 et 2012, quelle exploitation méthodique de ces deux chiffres pouvez vous faire ?
Document 6 :

Un élément qui incite fortement les individus à investir dans l'éducation est le fait que les connaissances et les compétences acquises tendent à améliorer leur productivité et donc leur potentiel de gains. L'avantage de salaire pour les diplômés du troisième degré est loin d'être négligeable dans tous les pays considérés, et qu'il est particulièrement important aux États-Unis, en France et au Royaume-Uni. Les personnes ayant suivi le deuxième cycle du secondaire bénéficient elles aussi d'importants avantages de salaires par rapport à celles qui n'ont fait que le premier cycle, notamment aux États-Unis et au Canada. Ces constatations sont à peu près les mêmes pour les hommes et pour les femmes, mais l'avantage salarial découlant de l'éducation est en général un peu plus faible pour ces dernières…Il semble que l'éducation procure non seulement un avantage initial en termes de gains mais aussi un avantage salarial qui augmente au fur et à mesure de la vie active. Dans la plupart des pays, les gains des hommes et des femmes ayant un diplôme du troisième degré augmentent beaucoup plus rapidement avec l'âge que ce n'est le cas pour les travailleurs moins instruits...La progression relativement plus faible de la rémunération des femmes vers la fin de leur vie active dans certains pays pourrait tenir aux obstacles plus importants auxquels elles se heurtent pour s'élever dans la hiérarchie des emplois (Blau et Kahn, 2000)....et des liens plus étroits avec le travail.Un autre facteur important poussant à la poursuite des études est la possibilité de réduire ainsi le risque de chômage…La différence du risque de chômage selon le niveau d'instruction est particulièrement nette pour les jeunes, mais elle tend à se réduire avec l'âge. De plus, les travailleurs ayant un certain niveau d'instruction ont davantage de chances de participer au marché du travail, et leur vie active est généralement plus longue que celle des personnes dont le niveau d'instruction est plus faible.

Source : www.oecd.org/fr/eco/perspectives/2727167.pdf
  1. Comment se traduit l’implication de l’individu dans la société du savoir ?
  2. Que peut-il améliorer grâce à cette implication ?
  3. Quels sont  les avantages attendus d’une scolarité prolongée ?
Document 7 : Salaires mensuels nets déclarés en fonction de l’âge et du diplôme (salaire médian à temps plein, en euros)

1. Complétez le texte suivant : 50% // 1300 € // à taux plein // progresse // vive // temps // argent // investissement // études // qualification // moins qualifié.

En France métropolitaine, … des hommes de 15 à 24 ans percevaient davantage que… nets par mois lorsqu'il travaillaient… ; 50% des es femmes de 15 à 24 ans, elles ne percevaient au moins que 1200 € nets par mois. Au fur et à mesure que la vie active…, le niveau de rémunération a tendance à s'élever tant pour les hommes que pour les femmes, même si la progression est plus… pour les hommes que pour les femmes.

Si l'on se focalise sur le critère du niveau de diplôme, on s'aperçoit, quel que soit l'âge,  que le niveau des rémunérations est d'autant plus élevé que le niveau d'études l’est également : ainsi, les efforts consacrés par l'individu, en … et en…, ainsi que les dépenses consacrées par la collectivité à l'éducation et la formation sont considérées comme un… ; lorsqu'un individu décide de poursuivre ses études, il réalise un arbitrage inter-temporel : il diminue son temps d’emploi aujourd'hui qu'il consacre aux… pour préserver ou accroître son temps de loisirs demain. En effet, l'augmentation de son niveau de … lui permettra d'accéder à des emplois plus rémunérateurs. Il pourra, avec un temps de travail réduit, obtenir le même niveau de revenus que celui qu'il aurait gagné en consacrant plus de temps, plus tôt, à un emploi...

2. Calculez la progression de ce salaire chez les hommes entre le début et la fin  de leur vie active, lorsqu’ils sont titulaires d’un diplôme supérieur long et lorsqu’ils sont quasiment non diplômés.
3. A quelle phrase du document 6 peut-on lier les calculs précédents ?

Document 8 : catégories socioprofessionnelles en 2012 des jeunes en emploi sortis de formation initiale depuis un à quatre ans (en pourcentage).

1. Répondre par vrai ou faux aux affirmations suivantes, en justifiant par le choix des chiffres adéquats.

  • En 2012, les jeunes diplômés du secondaire sortis depuis un à quatre ans du système éducatif occupent majoritairement un emploi d’employé ou d’ouvrier.
  • Les jeunes diplômés du secondaire sortis depuis un à quatre ans du système éducatif ne possédant que le baccalauréat occupent majoritairement un poste de profession intermédiaire.
  • Les jeunes diplômés d’un CAP ou BEP sortis depuis un à quatre ans du système éducatif  occupent principalement un poste d’ouvrier qualifié ou d’employé non qualifié.
  • Les jeunes quasiment sans diplôme, sortis depuis un à quatre ans du système éducatif, sont plutôt employés ou ouvriers, non qualifiés.
  • Les jeunes diplômés du secondaire sortis depuis un à quatre ans du système éducatif occupent nettement moins souvent un poste de cadre ou de profession intermédiaire que ceux diplômés de l’enseignement supérieurs.

Approfondissement

Faisons le point

Lors du sommet de Lisbonne de 2000,  Les gouvernements européens se sont entendus pour promouvoir une société et une économie accordant un rôle croissant au développement des connaissances. En 2009, lors de la conférence de la Commission européenne à Göteborg, le thème du «triangle de la connaissance à la source de l'avenir de l'Europe » a été abordé à travers le pilier de l’éducation notamment. L’accumulation du stock de connaissances,  résultant de l’éducation et plus globalement de la formation, est considérée comme un acte d’investissement, et est au centre des préoccupations sur les sources de la croissance ; Cette éducation est une forme de capital auquel on peut associer une rentabilité.

 

Les études supérieures constituent un investissement en capital humain.

Dans son introduction à l’économie, Jacques Généreux définit ainsi le capital humain : « c’est l'ensemble des aptitudes, talents, qualifications, expériences accumulés par un individu et qui déterminent en partie sa capacité à travailler ou à produire pour lui-même ou pour les autres ». Il reprend ainsi la théorie du capital humain développée par G Becker en 1964, pour qui le capital humain se définit comme « l’ensemble des capacités productives qu’un individu acquiert par accumulation de connaissances générales ou spécifiques ». La formation générale est acquise au sein du système éducatif ; la formation spécifique quant à elle, est acquise au sein de l'entreprise. Cette dotation en capital humain peut aussi être en partie innée. Comme tout stock, le stock de capital humain varie et augmente sous l’effet de l’accumulation de connaissances, de compétence…mais peut aussi se déprécier si le flux d’investissement en connaissances, en compétences est interrompu ! La part croissante de la population diplômée de l’enseignement supérieur témoigne de la volonté de la plupart des pays développés d’accroître le stock de capital humain

 

Les connaissances accumulées par les individus s'accompagnent de coûts.

Les coûts liés à la formation peuvent être directs et concernent les coûts liés directement à la poursuite des études et sont constitués des droits d'inscription pour l'année envisagée auxquels viennent s'ajouter des frais supplémentaires tels que ceux concernant l'accès la bibliothèque universitaire. Selon le type d'enseignement supérieur visé, les coûts directs peuvent être importants ; ainsi le coût de la scolarité à HEC s'élève à plus de 35000 € sur trois ans. En revanche le montant des droits d'inscription pour l'obtention dans un cursus de licence, fixé, chaque année par arrêté du ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche s’élève actuellement à 183 € pour l’accès à la licence et aux diplômes nationaux délivrés au cours des études conduisant au grade de licence. Les coûts indirects correspondent, quant à eux, aux dépenses spécifiques liées aux études : dépenses de photocopie, de papeterie, de matériel lié au type d'études suivies, de livres, de revues spécialisées…. Ces coûts directs et indirects sont relativement peu conséquents pour l'accès à l'université.

Le coût d'opportunité vient s'ajouter à ces coûts directs et indirects. Il est constitué des revenus auxquels l'étudiant renonce du fait de son entrée différée dans la vie active ; ils s'évaluent aux flux de revenus qu’aurait obtenu l'étudiant, en emploi,  si il avait arrêté ses études plus précocement. Tout se passe comme si, en prolongeant la durée des études dans l'enseignement supérieur, c'est-à-dire en y dépensant du temps, on se dotait d’un ‘bien’(le capital humain, le stock de connaissances) qui augmente la productivité de l'individu et, par suite, logiquement, sa rémunération.

En revanche, toutes les dépenses effectuées par l'étudiant qui auraient de toute façon dû être supportées, même en l'absence d'études supérieures, ne sont pas intégrées au coût de la formation. Il s'agit par exemple de dépenses d'alimentation, de transport, d'internat, d'habillement, d'abonnement téléphonique, de loisirs...

 

Le coût en temps doit s’accompagner de revenus escomptés élevés.

Dans la mesure où l'éducation accroît la productivité du travail de l'individu, c'est-à-dire sa capacité à produire plus dans le même temps ou autant dans un temps moindre, celle-ci va provoquer, comme pour tout capital, des revenus supplémentaires : ceux-ci sont principalement constitués des salaires espérés de son investissement capital humain. Lorsque l'étudiant a terminé ses études, l'investissement en capital humain, intellectuel doit lui permettre d'accéder à des emplois plus qualifiés et mieux rémunérés que ceux qu'il aurait obtenus s'il ne s'était pas investi ; ainsi, comme tout investissement, celui en capital humain peut faire l'objet d'un calcul de rentabilité ! Celle-ci peut s’évaluer comme une comparaison entre  le surplus des revenus du travail que cet investissement permettra d'obtenir tout au long de la vie active, et l'ensemble des coûts occasionnés par cet investissement. Ainsi, tant pour les hommes que pour les femmes, la poursuite d’études longues est une forte garantie pour percevoir des revenus élevés.

On peut également envisager les gains de l'étudiant au cours de ses études comme les aides familiales, des exonérations de droits pour les élèves boursiers, l'emprunt bancaire. Du reste, Becker accorde une grande place au crédit à la formation dans son raisonnement: les banques peuvent limiter l'accès au crédit en exigeant des garanties de ressources, de patrimoine, ou en modulant leurs prêts selon les filières choisies (obtenir un prêt étudiant à un taux faible est plus facile quand on fait des études de sciences que des études d'art !).

Ceci dit, on ne peut connaître avec certitude ce que l'on va gagner durant sa vie active ; le revenu escompté ne peut être qu'une estimation. Il dépend des conditions économiques et sociales (montée du chômage/augmentation du nombre de diplômés/restructuration des secteurs...).

 

À lire

Lecture sur ce thème :

B Keeley (2007), le capital humain : comment le savoir détermine notre vie, OCDE.

Marie Durut Bella, « de quelques effets pervers de l'expansion scolaire », formation emploi, 95/2006

Olivier Monso pour SES-ENS, dossier spécial « capital humain », 2009

Nathalie Brafman et François Béguin, « Pourquoi êtes-vous à ce poste avec vos diplômes ? » Le monde, 3 juillet 2013

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