Cours

Cours de Ménages et consommation : 1. Comment les revenus et les prix influencent-ils les choix des consommateurs ?

Question 2. Quelle est l’influence du revenu sur la consommation ?

Découverte

Document 1- Revenu et consommation de deux ménages

Victor et Julien sont deux amis. Victor gagne 1100 euros nets par mois. Julien gagne 2300 euros nets par mois.

 

1) Dites si les propositions du tableau suivant vous semblent vraies ou fausses

Document 2 - Composition du budget moyen des ménages français depuis 1960

2) Ecrire une phrase indiquant le sens de la valeur en gras

3) Compléter la phrase suivante :

En 1960, les dépenses d’alimentation représentaient ............ du budget moyen des ménages français ; en 2007, la part de l’alimentation n’est plus que de ................... La part du poste budgétaire constitué par l’alimentation a donc ...................... de .............................
 

4)  Formuler le même type de constat sur le poste logement

5)   Vrai ou faux?

Document 3 - Coefficients budgétaires et PCS

Coefficients budgétaires dans le budget des cadres et des ouvriers en 2006

 

6)  Ecrire une phrase intégrant le sens des 2 valeurs en gras

7)  Relever les postes budgétaires les plus élevés pour les cadres et pour les ouvriers

8)  Expliquer comment l’écart de revenu peut expliquer les différences observées ici?

Document 4 - Une analyse des relations entre revenu et consommation

"Un statisticien allemand, Ernst Engel (1821-1896) a tenté de repérer une relation générale entre le revenu des ménages et la part qu’ils affectent aux différentes consommations. Il constate que plus un ménage est pauvre, plus la part du revenu qui est utilisée pour l’alimentation augmente. La Loi d’Engel montre donc que le coefficient budgétaire des dépenses alimentaires diminue quand le revenu augmente."

Source : Melchior, note de lecture - Déchiffrer la société française , Louis Maurin, 2010.

 

9) Formulez le mode de calcul d’un coefficient budgétaire "alimentation"

10) Illustrez la Loi d’Engel à partir du document 3

11) Le document 2 ne peut-il illustrer la Loi d’Engel lui aussi ? Expliquez pourquoi.

Document 5 - La notion de dépenses pré-engagées : des dépenses incompressibles

"Pour essayer de se rapprocher d’une notion de pouvoir d’achat (...), on peut examiner l’évolution du revenu "arbitrable" défini comme le revenu disponible une fois déduit un ensemble de dépenses de consommation "pré-engagées". Ces dépenses sont celles qui sont réalisées dans le cadre d'un contrat difficilement renégociable à court terme. (...)
Ces dépenses sont définies comme suit :

  • les dépenses liées au logement (...), ainsi que dépenses relatives à l’eau, au gaz, à l’électricité et aux autres combustibles utilisés dans les habitations ;
  • les services de télécommunications ;
  • les frais de cantines ;
  • les services de télévision (redevance télévisuelle, abonnements à des chaînes payantes) ;
  • les assurances ;
  • les services financiers.

Source : INSEE, Pouvoir d’achat, dépenses "pré-engagées" et revenu "arbitrable",mai 2010
lien:http://www.insee.fr/fr/indicateurs/cnat_annu/base_2000/documentation/met...
 

12- Qu’est-ce qui caractérise les "dépenses pré-engagées" ?

13- Ces dépenses représentent-elles, selon vous, la même part dans les hauts revenus et dans les bas revenus ?

 

12) Qu’est-ce qui caractérise les "dépenses pré-engagées" ?

13) Ces dépenses représentent-elles, selon vous, la même part dans les hauts revenus et dans les bas revenus ?

Approfondissement

L’évolution du revenu disponible conduit à des transformations de la consommation

Lorsque le revenu disponible augmente, le niveau global de la consommation augmente lui aussi, mais c’est surtout la structure de la consommation qui change, c’est à dire sa composition. Il semble évident qu’un ménage dont le revenu double ne consomme pas pour autant deux fois plus de pain, deux fois plus de viande, etc. Ainsi, la part du poste budgétaire accordé à l’alimentation baisse mécaniquement. En revanche, ce pouvoir d’achat supplémentaire permettra de satisfaire des besoins nouveaux : des voyages, des sorties, des biens dits de "deuxième nécessité".

C’est ce que résume la Loi d’Engel : lorsque le revenu progresse, le poids de l’alimentation baisse car les dépenses alimentaires augmentent, certes, mais moins vite que le revenu.

Cette tendance peut se mesurer par ce qu’on appelle un coefficient d’élasticité de la demande par rapport au revenu (élasticité-revenu) qui se calcule de la façon suivante : 

 

Prenons un exemple simple : si le revenu augmente de 3 % et la consommation alimentaire de 1 % seulement, le coefficient d’élasticité-revenu de la consommation sera le suivant :

 

Que signifie ce coefficient e = 0,66 ?

  • D’une part, il est positif, ce qui veut dire que quand le revenu augmente, la consommation augmente elle aussi. C’est le cas le plus fréquent.
  • D’autre part, il est inférieur à 1. Cela signifie que lorsque le revenu augmente, la consommation augmente aussi mais de façon moins importante. Cela correspond à ce qu’on appelle les biens normaux.

Si le coefficient est supérieur à 1, il correspond à des consommations qui augmentent de façon plus que proportionnelle, ce qui conduit à une hausse de leur part dans le budget du ménage. C’est le cas des biens supérieurs, c’est à dire des postes tels que les loisirs, la culture ou encore la santé.
Si le coefficient est inférieur à 0, c’est à dire que lorsque le revenu augmente, la consommation diminue, on parle de biens inférieurs. Les produits de consommation de première nécessité entrent dans cette catégorie : le pain, la farine, les pommes de terre, etc.

L’évolution globale des revenus depuis les années 1960 explique donc les changements au niveau des coefficients budgétaires : c’est l’une des caractéristiques des "30 Glorieuses" (l’expression est de l’économiste français Jean Fourastié).

 
Les inégalités de revenus expliquent des différences d’accès à la consommation

Le revenu donne à un ménage la possibilité de satisfaire des besoins marchands. Certains besoins relèvent de la première nécessité (se nourrir, se loger par exemple), d’autres sont secondaires (se distraire par exemple). Les dépenses indispensables augmentent peu avec le niveau de revenu. On retrouve ici la Loi d’Engel. Leur part (coefficient budgétaire) aura donc tendance à être plus faible chez les ménages à haut revenu (même si un effet qualitatif joue : par exemple, on consommera plus de produits frais plus chers, on se logera dans un appartement plus grand, etc.).
En revanche, la part des dépenses affectées à ce qui n’est pas la première nécessité (culture, loisirs, santé, etc.) sera plus élevée dans les hauts revenus. 

On constate donc l’élasticité de la consommation par rapport au revenu à travers la comparaison des budgets selon le revenu.
Enfin, il faut ajouter que le poids des dépenses pré-engagées (logement, chauffage, assurances, etc.) a nettement augmenté dans le budget moyen des ménages et il contraint en particulier les ménages à faible revenu.

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