Cours

Cours de Première ES : 3. La coordination par le marché

Question 2. Comment un marché concurrentiel fonctionnel-t-il ?

Découverte

Document 1 - Les conditions de la concurrence pure et parfaite.

Elles sont au nombre de cinq et seule leur combinaison permet au marché de fonctionner idéalement.

Transparence : l’information de tous les acteurs du marché est parfaite, immédiate et sans coût.

Atomicité : il existe un nombre d’acteurs assez grand pour qu’aucun ne dispose d’un poids suffisant pour influencer les conditions de marché.

Homogénéité : tous les biens qui satisfont un besoin particulier sont considérés comme identiques par les acheteurs, quelles que soient leur origine et l’identité du producteur.

Parfaite mobilité des facteurs : le travail et le capital peuvent se déplacer instantanément et sans coût d’une activité à l’autre, d’un lieu à l’autre.

Libre accès au marché : les agents ont la possibilité de faire des offres et des demandes à tout moment sans contrainte ni coût et le marché s’adapte parfaitement. A cela s’ajoute une hypothèse implicite : la rationalité des acteurs.

                C.Lefebvre , "les mécanismes du marché", Cahiers français, n° 345, Juillet-août 2008

 

 

  1. A quoi sert un modèle de "marché stylisé" ?

  2. Sur un marché concurrentiel, une entreprise est-elle libre de fixer elle-même son prix de vente ? Pourquoi ?

Document 2- L'équilibre entre l'offre et la demande

Un marché est un lieu, réel ou fictif, de rencontre entre une offre c'est-à-dire la quantité qu’un producteur est prêt à offrir pour un prix donné et une demande c'est-à-dire la quantité qu’un consommateur est prêt à acheter à un prix donné. L’agrégation des offres individuelles permet d’obtenir l’offre globale sur le marché ; cette offre sera d’autant plus forte que le prix est élevé. De même, l’addition des demandes individuelles donne la demande globale sur le marché ; sauf exceptions, celle-ci est d’autant plus forte que le prix est faible. Le prix et la quantité d’équilibre correspondent au point d’égalisation de l’offre et de la demande. C’est donc à ce prix d’équilibre que s’échange la quantité d’équilibre et que l’allocation des ressources est optimale. Or, des consommateurs auraient été prêts à payer un prix supérieur ;à ce prix: ils sont donc gagnants dans l’échange. C’est le surplus du consommateur. Certains offreurs réalisant aussi un gain car ils étaient prêts à vendre à un prix inférieur au prix d’équilibre : c’est le surplus du producteur.

Melchior, Juin 2011.

 

 

  1. Comment obtient-on l’offre globale de pizzas sur le marché ?

  2. Trouvez des exemples d’exceptions auxquelles il est fait référence dans le texte.

  3. Que signifie " l’allocation des ressources est optimale" ?

  4. Complétez le graphique ci-dessous avec les termes ou expressions suivants : offre, demande, Pe (prix d’équilibre), Qe (quantité d’équilibre), E (le point d’équilibre), surplus du consommateur, surplus du producteur.

Document 3 - La sensibilité de la demande aux variations de prix

La demande réagit plus ou moins fortement lorsque le prix varie. Cette plus ou moins grande sensibilité aux variations de prix se mesure en rapportant le taux de variation de la quantité demandée au taux de variation du prix du produit (c’est l’élasticité-prix de la demande). Ainsi, l’augmentation du prix des pâtes liée à la hausse du cours des céréales sur les marchés mondiaux ne s’est pas traduite par une forte baisse de la consommation de pâtes, celles-ci restant peu chères en comparaison d’autres produits et faisant partie de la consommation de base (élasticité faible comprise entre -1 et 0). En revanche, les consommateurs ajusteront plus volontiers leur demande aux variations de prix s’il s’agit de produits plus secondaires comme des sorties au restaurant et autres activités de loisirs (élasticité forte inférieure à -1). 

 

  1. Ecrivez la formule de l'élasticité-prix de la demande et celle de l'élasticité-prix de l'offre.
  2. En règle générale, quel est le signe de l'élasticité-prix de la demande ? Pourquoi ?
  3. En règle générale, quel est le signe de l'élasticité-prix de l'offre ? Pourquoi ?
  4. Expliquez le "-2,53" dans le tableau ?
  5. Pourquoi l'élasticité-prix de la demande de loisirs est-elle différente des deux autres élasticités présentées ?
Document 4 - Les principaux déterminants de la demande et de l'offre

  1. Retrouvez à quel déterminant de la demande correspondent les situations suivantes : 

· Un hiver rigoureux amène les consommateurs à acheter du bois. 

· Une exonération fiscale rend le coût d’achat des inserts pour cheminées moins élevé. 

· La prime reçue pour Noël est la bienvenue pour faire le plein de bois au milieu de l’hiver. 

· Le prix du fuel a beaucoup augmenté. 

· Un négociant en bois offre 1 stère de bois pour 5 achetées si l’achat se fait au mois de Juin. 

· Les préoccupations environnementales sont telles que les ventes de maison en bois ont triplé. 

· Je crains que le prix du bois soit plus élevé en hiver qu’en été ; j’achète donc le bois en Juillet. 

  1. Retrouvez à quel déterminant de l’offre correspondent les situations suivantes :

La tempête Xynthia a dévasté les forêts landaises. 

Les jouets en bois se vendant à des prix plus intéressants que les autres jouets, de plus en plus d’entreprises s’orientent vers cette activité.

L’entreprise Dubois profite des allègements de charges pour l’emploi de salariés non qualifiés. 

L’entreprise Dubois a investi dans une nouvelle machine de coupe qui permet d’augmenter la productivité de 20%. S’attendant à un retour des poêles à bois du fait de la hausse du prix du fuel, les producteurs de bois investissent pour faire face à la demande attendue.

Document 5 - Le marché autorégulateur

Le marché peut être soumis à des chocs qui affectent la demande ou l’offre ; ce qui provoque un déséquilibre. Si l’offre devient supérieure à la demande, le prix baisse (cf graphique a). Cette baisse de prix provoque dans un second temps une baisse de l’offre et une hausse de la demande et donc un retour vers l’équilibre. Par exemple, en Juin 2011, la présence supposée d’une bactérie dans les concombres espagnols a fait brutalement baisser la demande de concombres qui devient inférieure à l’offre : le prix des concombres diminue ; ce qui rééquilibre spontanément le marché puisqu’ à terme l’offre baissera et la demande réaugmentera.

Inversement, suite à un choc, l’offre peut devenir inférieure à la demande, le prix augmente (cf graphique b). Cette augmentation de prix provoque dans un second temps une augmentation de l’offre et une baisse de la demande permettant un retour vers l’équilibre. Par exemple, la sécheresse du printemps 2011 réduit les rendements agricoles, l’offre de céréales devient inférieure à la demande et le cours des céréales s’envole. A terme, l’offre augmente et la demande diminue ; ce qui rééquilibre spontanément le marché.

A savoir : Lorsque la quantité offerte ou demandée est modifiée suite à une variation de prix, il y a déplacement le long de la courbe. Lorsque la quantité offerte ou demandée est modifiée suite à l’action d’un facteur autre que le prix du produit concerné (variation de revenu, aléa climatique, variation du prix de produits substituables ou complémentaire…), il y a déplacement de la courbe elle-même.

Melchior ; Juin 2011.

 

  1. Quel effet le tsunami au Japon a-t-il eu sur l’offre de riz du pays ? Pourquoi ? Représentez graphiquement cet effet.

  2. Montrez que cet événement a provoqué un déséquilibre sur le marché du riz.

  3. Entre le 11 Mars 2011, date du tsunami, et le 7 Juin 2011 (donc en presque trois mois), le cours du riz sur les marchés internationaux a augmenté de 16,8%. Montrez que cette hausse de prix peut-être liée au choc sur l’offre qu’a connu le marché japonais du riz.

  4. Pourquoi cette hausse du cours du riz participe-t-elle à l’autorégulation du marché ?

  5. Identifiez sur votre graphique le nouvel équilibre obtenu.

 

Document 6 - Un marché toujours en équilibre ? L’exemple du marché du travail.

Selon le courant néoclassique, le chômage provient des rigidités du fonctionnement du marché du travail. […] Si les conditions de la concurrence pure et parfaite sont respectées sur le marché du travail, il existe un niveau de salaire d’équilibre qui permet la satisfaction de l’offre et de la demande de travail. Si l’offre de travail est supérieure à la demande de travail, la baisse du salaire conduit certains offreurs à sortir du marché du travail et des demandeurs à entrer sur le marché du travail. A l’inverse, lorsque la demande est supérieure à l’offre, le salaire augmente ce qui provoque l’afflux d’offreurs de travail et la sortie de demandeurs de travail. Si un déséquilibre persiste, c’est en raison de l’existence de rigidités qui empêchent le salaire de se fixer à son niveau d’équilibre et ainsi la réduction de l’écart entre l’offre et la demande de travail. Les dysfonctionnements ou rigidités sont de plusieurs types : existence d’un salaire minimum, indemnisation du chômage, syndicats, législation sur la protection de l’emploi, politique fiscale et prélèvements sociaux. Il en résulte que le chômage est d’abord et avant tout volontaire.

ladocumentationfrançaise.fr

 

  1. Rappelez qui sont les offreurs de travail et les demandeurs de travail.

  2. A quel déséquilibre du marché du travail le chômage correspond-il ?

  3. En cas de chômage, comment les salaires devraient-ils évoluer pour permettre un retour à l’équilibre selon les néoclassiques ?

  4. Qu’est ce qui empêche ce retour à l’équilibre et provoque ainsi un chômage persistant selon les néoclassiques ?

Document 7- Les situations de rationnement

Si un facteur empêche le retour à l’équilibre, il y a situation de rationnement et l’allocation des ressources n’est plus optimale.

Si l’offre est supérieure à la demande et qu’un facteur tel qu’un prix-plancher (P) fait obstacle à la baisse des prix, la quantité échangée sera celle qui correspond à la quantité demandée (Qd) et les offreurs seront rationnés. (graphique a)

Si l’offre est inférieure à la demande et qu’un facteur tel qu’un prix-plafond (P) fait obstacle à la hausse des prix, la quantité échangée sera celle qui correspond à la quantité offerte (Qo) et les demandeurs seront rationnés. (graphique b)

  1. Sur le marché, qu'est ce qui constitue un prix-plancher ?

  2. Quel est l'intérêt de ce prix-plancher ?

  3. Si ce prix-plancher se situe au-dessus du prix d'équilibre (comme sur le graphique a), que cela provoque-t-il sur le marché du travail ?

Document 8 - Quand l'Etat intervient : l'exemple du logement

Pour répondre à la hausse des loyers (2,5%) en 2010 pour les baux en cours et 5,6% pour les renouvellements, selon l’observatoire spécialisé Clameur, des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent pour demander un plafonnement.

« Pour déterminer les aides au logement social, il existe une cartographie du territoire. Nous voulons qu’elle serve à fixer un niveau maximum de loyer zone par zone, constate Martine Billard, députée du Parti de gauche à Paris. La situation devient intenable, un encadrement plus efficace est indispensable. » […] De son côté, l’association de consommateurs CLCV appelle à un gel exceptionnel des loyers « afin que se loger ne devienne pas un luxe mais bel et bien un droit ». Il n’est pas certain que le gouvernement souhaite aller plus loin pour l’instant. « Dans le locatif, le taux de rentabilité n’est que de 3,5%, se défend Benoît Apparu, secrétaire d’état au logement. Si on encadre les loyers, on décourage les propriétaires. »

  1. Selon vous, pourquoi les loyers augmentent-ils ?
  2. Pourquoi vouloir plafonner les loyers ?
  3. Expliquez la phrase soulignée en montrant ce que risque de provoquer ce plafonnement des loyers sur le marché du logement.
  4. Représentez graphiquement la situation du marché du logement avec l’hypothèse de loyers plafonnés.

Approfondissement

Faisons le point

* Qu’est ce qu’un marché concurrentiel ?

Le marché est le lieu de rencontre, réel ou fictif, d’une offre et d’une demande. Offreurs et demandeurs sont rationnels. L’offre est une fonction croissante du prix alors que la demande est une fonction décroissante du prix. L’une et l’autre peuvent être plus ou moins sensibles aux variations de prix. Cette sensibilité se mesure grâce à l’élasticité-prix de la demande et de l’offre. Ainsi, l’élasticité-prix de la demande est plus faible lorsqu’il s’agit de produits de base dont on peut difficilement se passer (alimentation, carburant…) et plus forte lorsqu’il s’agit de produits qui satisfont des besoins plus secondaires (loisirs) (document 3) Elle peut aussi varier avec le temps : à court terme, les consommateurs peuvent réduire leur consommation de tabac en cas de hausse du prix mais beaucoup moins à plus long terme.

Au point de rencontre entre l’offre et la demande, le marché est en équilibre. Certains demandeurs auraient été prêts à payer plus que le prix d’équilibre : c’est le surplus du consommateur. De même, certains offreurs auraient été disposés à proposer leurs produits moins chers : c’est le surplus du producteur (document 2)

Selon les néoclassiques, un marché concurrentiel est un marché de concurrence pure et parfaite autrement dit un marché qui réunit 5 conditions : l’atomicité, la transparence, l’homogénéité des produits, la parfaite mobilité des facteurs et le libre accès au marché. La concurrence pure et parfaite est un modèle vers lequel il faut tendre pour assurer une allocation des ressources optimale c’est à dire la meilleure répartition possible des ressources (biens, services, capitaux) entre offreurs et demandeurs. (document 1)

* Un marché autorégulateur

Dans ces conditions de concurrence pure et parfaite, le marché est autorégulateur : il se rééquilibre par lui-même. Différents facteurs peuvent modifier la demande (variation du prix de produits substituables ou complémentaires, variation du revenu, anticipations, facteurs naturels…) ou l’offre (variation des conditions de la production, facteurs naturels, anticipations…). Ces « chocs » provoquent un déséquilibre sur le marché : offre supérieure à la demande ou offre inférieure à la demande. (document 4)

La variation des prix permet alors au marché de se rééquilibrer. Par exemple, si l’offre de céréales est inférieure à la demande du fait de la sécheresse (choc affectant l’offre), le cours des céréales augmente. Cette hausse des prix réduit la demande, augmente l’offre jusqu’à ce qu’elles s’égalisent de nouveau. (document 5)

* Les raisons des déséquilibres persistants

Etant donné le caractère autorégulateur du marché, les néoclassiques préconisent de laisser le marché fonctionner librement. Toute intervention de l’Etat ou de groupements d’acteurs tels que des syndicats, des associations de consommateurs… empêche le retour à l’équilibre. Ainsi, le SMIC et l’action syndicale peuvent empêcher la baisse des salaires qui permettrait de résorber le chômage, le plafonnement des loyers entrave le retour à l’équilibre possible grâce à une hausse des loyers… (documents 6 et 8)

L’existence de prix-plafond ou de prix-plancher crée des déséquilibres et des situations de rationnement sur les marchés : l’allocation des ressources n’est plus optimale. Si, du fait d’un prix-plafond, l’offre reste inférieure à la demande, la quantité échangée correspond à la quantité offerte et les demandeurs sont rationnés. Inversement, si l’offre reste supérieure à la demande du fait d’un prix-plancher, la quantité échangée correspond cette fois à la quantité demandée et les offreurs sont rationnés. (document 7)

À lire

Sites www.ladocumentationfrancaise.fr www.insee.fr  ; enquête « budget de famille »2006 www.simpson-streaming.com ; saison 10, épisode 8 et saison 8, épisode 18 Livres et articles Christiane Lefebvre, « Les mécanismes du marché » , Cahiers français, n°345, juillet-août 2008. Jacques Généreux, Economie politique, tome 2, « Les fondamentaux », Hachette, 2008. Joseph Stiglitz, Principes d’économie moderne , De Boeck Université, 2007.

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