Cours

Cours de Formation et emploi : 2. Le chômage : des coûts salariaux trop élevés ou une insuffisance de la demande?

Question 1 : Comment l’emploi et le chômage ont-ils évolué depuis les années 70 ?

Découverte

Document 1 : Evolution de la population active en France, selon le secteur d’activité

  1. Quel est le critère utilisé dans ce graphique ?
  2. Cherchez dans un dictionnaire de sciences économiques et sociales la définition de ‘secteur d'activité’.
  3. Faire une phrase donnant du sens aux données de l'année 2011, en commençant par : sur 1000…
  4. Au cours de quelle décennie chacun des secteurs d'activité pèse-t-il d'un poids identique ?
  5. Comment appelle-t-on le processus d'augmentation du poids de la population active dans le secteur tertiaire ?
  6. À quel processus renvoie le déclin du poids de la population active dans le secteur secondaire depuis le milieu des années 70 ?
Document 2 : évolution de la structure de la population active par PCS

  1. Quel est le critère utilisé dans ce graphique ?
  2. Cherchez dans un dictionnaire de sciences économiques et sociales la définition de ‘catégories socioprofessionnelles’.
  3. Quelle est la particularité des deux premiers groupes sociaux ? Des quatre derniers groupes sociaux ?
  4. Quelles sont les catégories socioprofessionnelles dont le poids augmente, dont le poids diminue entre 1954 et 2009 ?
Document 3 :

Dans un long processus commun aux pays développés, la modernisation de l’agriculture française va de pair avec une perte de son importance dans l’ensemble de l’économie, d’abord au profit de l’industrie, puis des services. Presque exclusivement rurale avant la révolution industrielle du XIXe siècle, l’activité se diversifie progressivement (Fourastié, 1980). Ainsi, jusqu’en 1800, 80 % de la population active étaient nécessaires pour nourrir la population ; en 1870, l’agriculture emploie encore la moitié de la main-d’oeuvre ; elle n’en utilise plus qu’un tiers au début des années cinquante et moins de 4 % en 2005. Elle assure cependant l’autosuffisance alimentaire du pays et même un commerce extérieur structurellement excédentaire depuis 1980. Les gains de productivité réalisés dans l’agriculture, qui s’accélèrent après la seconde guerre mondiale, permettent une réallocation des facteurs de production en faveur de l’industrie et des services. Parallèlement, au fur et mesure du développement économique, la demande en biens manufacturés et en services augmente davantage que la demande en produits alimentaires.

www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ref/agrifra07e.pdf
  1. Illustrez, la phrase soulignée  en exploitant le document 1 (calculs).
  2. Qu’est ce que la productivité agricole ?
  3. Qu’est-ce qu’un gain de productivité ?
  4. Comment la productivité agricole peut-elle augmenter, en France notamment, depuis 1945 ?
  5. Quelle autre explication propose le texte pour justifier le déclin des effectifs dans l’agriculture ?
Document 4 : évolution du taux de salarisation, en France métropolitaine (contingent exclu)

  1. Complétez la phrase suivante : au sein de la population active occupée, on peut distinguer des … (qui sont des actifs travaillant pour le compte d'un employeur), et des …qui travaillent pour leur propre compte. Les actifs occupés peuvent donc se distinguer et en fonction du ...
  2. Comment calcule-t-on le taux de salarisation ?
  3. Faites une phrase donnant du sens avec le chiffre de l’année 1962, avec l'année 2007.
  4. Comment évolue le taux de salarisation entre 1962 et 2007 en France ?

 

Document 5 : emploi total selon le genre

1. Quel est le critère utilisé dans ce graphique ?
2. Cherchez la définition du mot « emploi » dans un dictionnaire des sciences économiques et sociales.
3. Les affirmations suivantes sont-elles vraies ou fausses ?

  • En 1982, sur 100 actifs occupés, il y avait environ 9 hommes.
  • En 1982, il y avait environ 22,5 millions d'actifs occupés.
  • La population active occupée à augmenté d'environ 3 % entre 1982 et 2012.
  • La population active occupée féminine augmente plus vite que la population active masculine.

4. Calculez le poids de la population active féminine occupée dans la population active occupée, en 1982, en 2012.
5. Même question pour les hommes.
6. Que constatez-vous ?

7. En vous étendez calcul précédent , proposez une synthèse d'environ six ou sept lignes montrant l'évolution de la population active occupée selon le genre.

Document 6 : évolution de l’emploi atypique en France (en %)

  1. Comment peut-on définir l'emploi atypique ?
  2. À quel type d'emploi s'oppose-t-il ?
  3. Proposez un calcul permettant d'évaluer la progression de l'emploi atypique en France.
  4. Que traduit-elle pour le salarié ?
Document 7 : Evolution du nombre de chômeurs (en millions) Chômage au sens du BIT - Moyenne annuelle -

 

  1. Rechercher ce qu’est un chômeur au sens du Bureau International du Travail, un demandeur d’emploi catégorie A au sens de Pôle emploi.
  2. Faites une phrase donnant du sens à la valeur des années 1975 et 2012.
  3. Calculez la variation relative entre 1975 et 1982.
  4. Faites une phrase avec le résultat obtenu.
Document 8 : taux de chômage selon l’âge (Chômage au sens du BIT - Moyenne annuelle)

 

1.Donner la formule du taux de chômage (numérateur/dénominateur).

2.Donner la formule du taux de  chômage de la tranche d'âge 15 24 ans.

3. Faire une lecture donnant du sens au chiffre correspondant la tranche d'âge 15 / 24 ans, en 1975.

4.Répondre par vrai ou faux aux affirmations suivantes.

  • En 1975, sur 100 chômeurs (hommes et femmes), environ 7 étaient des jeunes de 15 à 24 ans.
  • En 2012, sur 100 actifs occupés (hommes et femmes), environ 7 étaient chômeurs.
  • En 2012 sur 100 actifs de 15 à 24 ans (hommes et femmes), environ 23 étaient au chômage.
  • En 2012, sur 100 personnes (hommes et femmes)  en France, de 15 à 24 ans, 23 étaient au chômage.

5.Complétez la phrase suivante :

Outre leur faible niveau de diplôme, les jeunes actifs présentent naturellement une faible ancienneté sur le marché du travail. Ces deux éléments contribuent à … leur taux de chômage particulièrement élevé. En 2007, le taux de chômage est de …pour les 15-29 ans et il atteint … pour les jeunes de 15 à 24 ans, contre moins de … pour les 25-49 ans. Comme ils sont peu nombreux à être actifs, la part de jeunes touchés par le chômage est en fait beaucoup plus ….que ne le suggère leur taux de chômage, calculé en proportion des seuls actifs. Entre 15 et 24 ans, comme entre 15 et 29 ans, environ 7 % de l’ensemble des jeunes sont au chômage en 2007. 

6. A partir des réponses aux questions 5 et 6, choisir la bonne réponse.

  • Lorsque l’on observe le nombre de chômeurs, (peu/beaucoup) sont des jeunes.
  • Lorsque l’on observe le nombre de jeunes de 15/24 ans, (peu/beaucoup) sont au chômage.

7.Comment s’explique la dernière réponse ?

Document 9 : évolution du taux de chômage en France selon l’âge et le genre.

  1. Compléter les phrases suivantes : en 1985,sur 100 hommes…. de 15 à 24 ans, 18 étaient au chômage ; au même moment et pour la même tranche d'âge, sur 100 femmes …, … étaient au chômage.
  2. Faites une comparaison des niveaux de taux de chômage, et de leur évolution entre les hommes et les femmes, entre 1975 et 2012.
  3. Quelle que soit la période considérée, que peut-on conclure de la comparaison des niveaux de chômage masculin et féminin ?
Document 10 : évolution du taux de chômage en France depuis la durée écoulée de sortie du système scolaire, le niveau de diplôme, le genre.

  1. Quels sont les 3 critères permettant d’affiner la statistique du taux de chômage ?
  2. Comment peu-on interpréter le fait que les courbes du 1° graphique se situent à niveau supérieur à celles du 2°, elles mêmes supérieures à celles du 3° ?
  3. Complétez la phrase suivante : Quelle que soit l’année, au fur et a mesure que l’on (est éloigné / rapproché) de la sortie de la formation initiale et (plus / moins) on a de risque d’être au chômage. 
  4. Faire une phrase donnant du sens au  chiffre concernant la courbe ‘bleu foncé’ et ‘bleu clair’, pour l’année 1978 et concernant le premier graphique.
  5. Que peut-on constater ?
  6. Que devient l’écart de taux de chômage en 2010 ?

Approfondissement

Faisons le point

Depuis l'après seconde guerre mondiale, l'appareil productif a connu des transformations structurelles. Celles-ci ont affecté la façon de produire mais également l'emploi.

 

Ainsi l'emploi salarié n'a cessé de progresser au détriment de l'emploi occupé par les travailleurs indépendants : actuellement, environ 90 % de l'emploi est salarié ; l'actif occupé salarié vend donc son travail à un employeur qui, en échange, lui verse un salaire. Les droits et les devoirs du salarié et de son employeur apparaissent dans le contrat de travail, signé par l'employeur et le salarié. Cette institutionnalisation du travail s'est progressivement mise en place depuis le milieu du XIX° siècle.

Les transformations du travail sont également sectorielles : le 21 / 01 / 1793, Louis XVI était décapité pour n'avoir pas su nourrir sa population ! La productivité agricole était à cette époque particulièrement faible et beaucoup d'agriculteurs étaient nécessaires pour produire des quantités agricoles faibles. Depuis, les progrès de la mécanisation, l'utilisation des engrais ont permis d'augmenter sensiblement cette productivité agricole, de dégager des surplus permettant de nourrir la population nationale, et même d'exporter. Dès lors, la population agricole devient surnuméraire. Elle trouvera à s'employer dans le secteur secondaire et dans le secteur tertiaire, et ce d'autant plus que la demande dans ces deux secteurs devient de plus en plus dynamique. Il faut donc offrir des biens manufacturés et des services ….et donc des emplois dans ces secteurs !  Dans le milieu des années 30, en France, le poids de la population active dans les trois secteurs est à peu près équivalent. Depuis le milieu des années 70 le poids de la population active dans le secteur secondaire a tendance à diminuer ; on parle parfois, à ce sujet, de désindustrialisation. En revanche, le poids de la population active (population en âge de travailler qui exerce ou qui cherche à exercer un emploi) employée dans le secteur tertiaire étant croissant, on parle de tertiarisation. Le rôle de la demande, qui se diversifie, et de la productivité, qui augmente, sont les deux principaux facteurs de transformation de la population active.

La population s’est également féminisée : l’écart entre le nombre d’actifs et d’actives s’est sensiblement réduit depuis les années 80 et il y a aujourd’hui presque autant d’actifs que d’actives.

En ce qui concerne la norme d’emploi, celle-ci évolue : alors que l’emploi typique (caractérisée par un contrat à durée indéterminée, à temps plein) était extrêmement majoritaire dans l’emploi total au cours des ‘30 glorieuses’, sa part ne cesse de s’éroder au profit des emplois atypiques (caractérisée par un contrat à durée déterminée ou dont la durée est inférieure à la durée légale) : il s’agit de des CDD, de l’intérim, de l’apprentissage, des emploi aidés et du temps partiel. Si ces emplois atypiques sont subis par le salarié, qui se retrouve contraint de les accepter faute de mieux (CDI) , on parlera d’emplois précaires ; entre 1982 et 2010, le poids de ces emplois atypiques a été multiplié par plus de 2, passant de 5% à 12% de l’emploi total.

 

Depuis la première moitié des années 1970, le chômage s’est accru.

 

Le dénombrement du chômage est une convention : selon les critère retenus pour le définir par tel ou tel organisme, son niveau diffèrera ; ainsi, le Bureau International du travail et Pôle emploi sont deux sources permettant, en France, de le quantifier. D’après le BIT, pour être chômeur, il faut : être sans emploi, ne pas avoir travaillé (ne serait-ce qu’une heure) au cours de la semaine précédant l’enquête réalisée, être immédiatement disponible (c'est-à-dire dans un délai de 15 jours) et être à la recherche active d’emploi (prouver par des CV, des titres de transport, des entretiens…que l’on recherche une emploi). Pour Pôle emploi, être demandeur d’emploi de la catégorie A (définition la plus proche de celle du BIT) suppose que l’on soit aussi inscrit à Pôle emploi. Ainsi, tout chômeur au sens du BIT, non inscrit à Pôle emploi n’est pas demandeur d’emploi de la catégorie A au sens de Pole emploi ! D’autre part, tout demandeur d’emploi tenu de faire des actes positifs de recherche d’emploi, ayant exercé une activité réduite courte (ex. de 78 heures ou moins au cours du mois) n’est pas considéré comme chômeur au sens du BIT mais demandeur d’emploi de la catégorie B, au sens de Pôle emploi ! Lors du 3° trimestre 2013, le BIT dénombrait 2 788 000 chômeurs, tandis que pôle emploi dénombrait 3 307 300 demandeurs d’emplois de la catégorie A !

Depuis le milieu de années 70, le niveau de chômage s’est accru : il ne dépassait pas 500 000 personnes avant le 1° choc pétrolier ! Désormais, en France, en mai 2014, pôle emploi l’estime à 3 388 000 personnes. Même si, en période de croissance élevée (1987 / 1990 ou 1997 / 2001), il a pu reflué, la tendance est cependant à la hausse et à sa  difficile compression.

Le chômage est inégal : toutes les catégories d’âge, de genre, de diplômés ne sont pas touchées dans les mêmes proportions. Ainsi, même si les jeunes (15 / 24 ans) constituent une faible part de l’ensemble des chômeurs (puisque finalement peu d’entre eux sont actifs à cet âge là), il n’en reste pas moins que, parmi eux,  le taux de chômage est élevé : ainsi, en 2012, sur 100 jeunes actifs de 15 / 24 ans, presque ¼ était au chômage. De plus l’écart de taux de chômage entre les 15 / 24 ans et les autres tranches d’âge ne cesse d’augmenter depuis le milieu des années 70. Quel que soit la tranche d’âge, le taux de chômage des femmes est supérieur à celui des hommes. De plus, chômage et  niveau élevé de diplômes sont corrélés négativement : plus le niveau de diplôme est élevé, moins le niveau de chômage le sera ; enfin, plus on s’éloigne de la fin de la formation (scolaire) initiale, et plus le niveau de chômage baisse, du fait de l’expérience acquise qui permet d’augmenter l’employabilité.

À lire

Lecture sur ce thème :

  • A. Lasserre : jours chômés, Flammarion, 1997
  • M. Maruani : les mécomptes du chômage, Bayard, 2002
  • P. Cahuc, A. Zylberberg : le chômage : fatalité ou nécessité, Flammarion, 2004
  • R. Sennett : le travail sans qualité, 2004
  • I. Levinson : un petit boulot,Liana Levi,‎ 2003
  • P Sudolski : Vous croyez que ça m'arrange d'être chômeuse ? : ANPE, Assedic : la vraie vie des demandeurs d'emploi,Ramsay, 2006

Partage