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Dossier corrigé

L’histoire et l’actualité montrent-elle qu’un déficit courant de sa balance des paiements est un handicap ?

 

Analyse du sujet :

Définition des termes : il s’agit d’une situation dans laquelle les achats de biens et services des résidents auprès de non résidents sont supérieurs à leurs ventes, non compensés par des revenus excédentaires de l’étranger. Cela correspond également à une entrée nette de capitaux c’est-à-dire un compte financier excédentaire, pour financer ce déficit.

Handicap : le sujet ne précise pas pour qui : il peut s’agir du pays concerné, mais aussi des pays partenaires, du monde…

Le sujet ne comporte pas non plus de limite spatio temporelle claire (histoire, actualité), il s’agira donc d’évoquer pays et époques variées, dans les limites du programme.

Les aspects théoriques comme factuels sont requis ici.

La forme du sujet (question fermée) implique une réponse par oui ou par non, avec sans doute un débat, une argumentation à construire (l’opinion commune de rejet d’un déficit est-elle la bonne ?).

Problématique : Quelles sont les origines d’un déficit courant ? révèlent-ils une situation favorable ou défavorable ? en théorie, dans les faits ? Quelles sont les implications de ce déficit ? sur la monnaie ? les autres devises ? sur les échanges internationaux  en général ?

 

Proposition de plan : plusieurs possibilités :

1) Même si un déficit peut avoir a priori une connotation négative, l’interprétation d’une balance des paiements comporte des difficultés spécifiques
2) De même, les implications à première vue négatives, en particulier sur la monnaie, sont à nuancer par les faits

Il est possible d’adopter un plan du type « oui, mais délicat » (choix effectué ci-dessous):

1) A priori un mauvais indicateur comme des implications problématiques
2) Mais il est nécessaire de prendre des précautions de lecture et d’appréciation des faits

 

1) Un mauvais indicateur, des risques associés

Le déficit courant peut-être révélateur d’un manque de compétitivité prix et hors prix (insuffisance des exportations de biens et services), d’une dépendance vis-à-vis de l’étranger (excès d’importations), d’une insuffisance des revenus perçus de l’étranger (faibles investissements réalisés ou faibles revenus de ces investissements). Au niveau intérieur il montre un excès de dépenses des agents économiques (Etat, ménages, entreprises) sur leur épargne (besoin de financement pour la nation). Les déficits peuvent être qualifiés de jumeaux lorsqu’ils sont publics et courants. Illustration : les doubles déficits américains ou français actuels ou dans la période plus récente (voir document 4). Par ailleurs, un excédent révèle compétitivité ou dynamisme des investissements (cas allemand historique ou actuel)

Le déficit courant a des conséquences dommageables pour le pays lui-même : il signifie une sortie de devises et va nécessiter des apports de capitaux étrangers. Il y a alors un endettement de la nation, qui peut lui même avoir de graves conséquences (implications géopolitiques également). Illustration : la crise de la dette souveraine en Europe qui a conduit, à une crise, malgré tout différenciée suivant les pays. Certains ont été épargnés du fait de la détention de la dette publique par des résidents. Cette sortie de devises peut conduire à la dépréciation de la monnaie nationale, elle-même nuisible à la capacité à acquérir à l’étranger, donc effet de cercle vicieux (exemple américain de la fin des années 1960, qui aboutit à la faillite de Bretton Woods.) A l’inverse, un excédent crée une capacité de financement (Chine, existence des fonds souverains)

Des conséquences plus macroscopiques : la montée des déséquilibres au niveau mondial, associée à la globalisation financière est porteuse de risques systémiques : transmission des chocs, effets de bulles… comme le montre la crise récente (voir document 5). L’UE a d’ailleurs inscrit cet indicateur dans ses critères de vigilance issus de la rénovation du pacte de stabilité et de croissance)

2) Des précautions à prendre malgré tout

L’interprétation des soldes de façon isolée pose problème : une différence entre deux flux ne présume pas des volumes échangés. Un excédent peut être le résultat d’une demande déprimée ou artificiellement compressée (cas chinois, cas français de 1993, cas actuel ou durant la dernière crise). Un déficit peut être au contraire associé à une demande interne dynamique. Parfois c’est aussi l’excédent financier qui est plus significatif (dynamisme des investisseurs nationaux à l’étranger). Illustrations : cas américain des années 1960,  GB et France et leur empire colonial avant 1914.

De même les implications ne sont pas toujours celles attendues, en particulier au niveau de la monnaie, car la valeur de celle-ci dépend de nombreux paramètres, comme le montrent les différentes théories du taux de change. Exemple du privilège historique du dollar (voir document 15). Les problèmes de financement ne sont pas toujours au rendez-vous (Il y comparaison entre les pays). A l’inverse, une défiance vis-à-vis d’un pays, d’une monnaie peut ne pas dépendre de la situation de sa balance des paiements. Par ailleurs, certains auteurs affirment que la concurrence peut conduire à un rééquilibrage automatique de la balance des paiements (le déficit courant entraine des sorties de devise, une dépréciation de la monnaie, une hausse de la compétitivité, et donc une résorption du déficit).

Ce qu’il faut apprécier dans tous les cas : des situations globales (des flux comme des stocks, donc aussi la position extérieure ou les indicateurs de comptabilité nationale), des évolutions de moyen ou long terme, les tensions sur le change (une monnaie chahutée peut évoquer des doutes sur l’avenir de ce déficit, une monnaie stable une confiance dans son évolution et ses conséquences), la capacité à lever des fonds sur les marchés financiers.

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