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Dossier documentaire et son corrigé

Document 1. La mondialisation selon l’économiste Charles-Albert Michalet : un phénomène multidimensionnel

Qu’est-ce que la mondialisation ? De façon étonnante, compte tenu de la profusion des discours et des écrits, la réponse à la question n’est jamais vraiment donnée. Ou plutôt, les partisans comme les adversaires de la mondialisation partagent confusément la même référence implicite : le paradigme de l’économie internationale traditionnelle. Ce dernier, pourtant, étroitement cantonné à l’analyse du commerce entre les pays, ne couvre qu’une dimension du phénomène de la mondialisation (…)  La mondialisation est un phénomène économique complexe. Complexe, car il est multidimensionnel. Complexe parce que ses différentes dimensions fonctionnent simultanément dans des relations d’interdépendance (…) La mondialisation englobe, à la fois, la dimension des échanges de biens et services, la dimension des investissements directs à l’étranger et la dimension de la circulation des capitaux financiers. La dimension des échanges est celle des flux d’exportation et d’importation entre les pays. Ils sont enregistrés dans les transactions courantes de la balance des paiements. La dimension productive repose sur les investissements directs à l’étranger (IDE). Ils sont effectués par les firmes et sont les vecteurs de l’expansion multinationale de leurs activités. Ils entraînent la mobilité des activités de production des biens et des services, souvent désignée comme la délocalisation de la production. Les IDE sont enregistrés dans la balance des capitaux à côté des mouvements de capitaux longs correspondant à des investissements de portefeuille (ou financiers). La mobilité des capitaux financiers constitue la troisième dimension de la mondialisation. Il ne faut surtout pas confondre les investissements directs et les investissements de portefeuille. Ces derniers ont pour finalité la rentabilité et non pas la gestion directe des sociétés dans lesquelles sont prises des participations. Ils sont volatils, leurs déplacements obéissant aux variations anticipées des rendements sur les différentes places. Réduire l’analyse de la mondialisation à la seule sphère du commerce international est un choix insoutenable. C’est pourtant encore aujourd’hui celui qui domine, aussi bien dans la littérature économique que dans les articles de journaux, les rapports officiels ou les discours politiques (…) Définir la mondialisation comme l’intensification des échanges qui accroît l’intégration des nations est devenu un lieu commun, entre autres dans les analyses produites par les institutions internationales (OMC, FMI, Banque Mondiale). Cette interprétation parait très insuffisante. Partielle, elle oublie les deux autres dimensions de la mondialisation, qui sont complémentaires des échanges. C’est précisément cette interdépendance multidimensionnelle qui permet de comprendre l’originalité de l’intégration actuelle des économies nationales dans l’économie mondiale.

                    Charles-Albert Michalet, Qu’est-ce que la mondialisation ?, La Découverte, 2004.

 Questions.

1. Pourquoi peut-on dire que la mondialisation est un phénomène « multidimensionnel » ?
2. Qu’est-ce qui distingue un investissement direct à l’étranger (IDE) d’un investissement de portefeuille (IP) ?

 

Document 2. Un processus ancien : une brève histoire de la mondialisation économique

A.  La première mondialisation. Les années 90 sont nouvelles par rapport aux années 60, mais nombre des caractéristiques contemporaines ont déjà été observées, par exemple à la veille de la Première Guerre mondiale. Dès le  XVIème siècle en effet, l’extension du commerce affecte les tendances de la production sur un espace de plus en plus large qui ne concerne plus seulement l’Angleterre, mais aussi ses colonies et le reste de l’Europe. Fernand Braudel a magistralement montré comment un capitalisme commercial prend un nouvel essor lorsqu’il parvient à articuler, grâce au commerce au long cours, des espaces nationaux marqués par de fortes inégalités de dotation et de prix. L’internationalisation est donc constitutive du capitalisme, de sorte que les années 90 ne sont pas à cet égard une nouveauté absolue (…) Les historiens économiques ont montré que, dès le milieu du siècle dernier, les conjonctures nationales devenaient interdépendantes, d’autant plus que les innovations en matière de transport redéployaient les avantages compétitifs des divers espaces (…) A la veille de la Première Guerre mondiale, ces tendances, qui se sont développées tout au long du siècle, conduisent à des relations internationales qui ne sont pas sans rappeler celles des années 90. Le commerce international des pays industrialisés rapporté à leur production atteignait 12,9% en 1913 ; il était tombé à 6,2% en 1938 pour augmenter ensuite continuellement jusqu’à 14,3% en 1993 (…) La multinationalisation de la production n’a pas été en reste puisque l’entreprise Ford installa ses premiers établissements à l’étranger dès 1913 en Grande- Bretagne et en 1916 au Canada, suivie par d’autres grandes firmes américaines. En un sens, l’essor contemporain de l’investissement direct à l’étranger ne fait que prolonger un mouvement quasi séculaire.

En 1913, le flux d’investissements directs rapportés au PIB des pays développés était de l’ordre de 3%, soit un taux voisin de celui observé lors du pic de 1990 : 4%.

                  R. Boyer, La mondialisation, au-delà des mythes, La Découverte, 2000.

 

B. La seconde mondialisation. La Première et la Seconde Guerre mondiale ont donné un coup d’arrêt brutal au commerce international. Entre 1913 et 1950, on assiste à une quasi-stagnation des échanges internationaux qui augmentent d’ailleurs moins vite que la production mondiale. Leur croissance annuelle moyenne est de 3% seulement. La baisse des échanges a commencé avec la Première Guerre mondiale et la crise de 1929. Pensant protéger leur économie, les pays européens mènent des politiques protectionnistes afin de limiter leurs importations. Et la mise en place de représailles va empêcher tout développement des échanges internationaux. La France adoptera un ensemble de mesures protectionnistes, en particulier pour décourager les importations de produits agricoles sous la forme de quotas. La Grande-Bretagne, quant à elle, augmentera ses droits de douane jusqu’à 100% en adoptant une loi nommée « British emergency Act » en 1931. Le protectionnisme engendre le déclin de l’Europe occidentale dans les échanges mondiaux. Elle ne présente plus que 35% du commerce mondial en 1948, contre 50% en 1900 et 70% en 1850. D’ailleurs, le commerce intra-européen passe lui-même de 40% du commerce mondial en 1913 à 30% en 1940. Et cela au profit des Etats-Unis qui réalisent, à cette même date, 22% du commerce mondial. Ce n’est que durant les années 1950 que les échanges ont repris pour se développer deux fois plus vite que la production nationale. Ce sera la Seconde mondialisation. En valeur nominale, les exportations de marchandises ont été multipliées par 157 entre 1948 et 2004, passant de 58 à 9153 milliards de dollars. Les pays sont devenus très ouverts. Le coefficient d’ouverture mesuré par le ratio des exportations et du PIB a crû, comme le coefficient de dépendance qui mesure le poids des importations en pourcentage du PIB. Chacune des nations qui participe aux échanges devient de plus en plus dépendante du reste du monde. Cette dépendance sera qualifiée de processus d’intégration lors de la seconde phase de la deuxième mondialisation (1973 à nos jours). Les déclencheurs de cette deuxième mondialisation ont été pour la « première mondialisation » le progrès technologique et la baisse du prix du coût de transport. Le développement des nouvelles techniques de production et de logistique organisée en réseau a permis d’accroître la production et de faciliter le déplacement des marchandises. De 1960 à 2000, le coût des transports maritimes a été divisé par près de quatre et celui des communications téléphoniques de 64. Les baisses de droits de douanes et la régionalisation ont également participé à l’accélération des échanges et à l’intégration des économies.

M. Lemoine, P. Madiès, T. Madiès, Les grandes questions d’économie et de finance internationales (2ème édition), De Boeck, mai 2012.

Questions.

1. Montrer que le premier texte (A) renforce l’idée de mondialisation comme phénomène multidimensionnel présente dans le document 1.
2. Quels ont été les principaux moteurs de la « seconde mondialisation » selon les auteurs ?
3. Le document 3 ci-dessous confirme-t-il cette tendance ?

 

Document 3. Coût des transports et des communications en dollars constants de 1990

Document 4. Evolution de l’ouverture des économies depuis 1970 (Exportations + importations/PIB).

Questions.

1. Faire une phrase avec les chiffres soulignés dans le tableau.
2. Que constate-t-on en matière d’évolution de l’ouverture des économies avancées avant et après la crise ?

 

Document 5. La théorie des avantages comparatifs : la mondialisation engendre des gains mutuels

A. Très longtemps on a cru qu’un pays ne pouvait exporter vers ses voisins que les produits pour lesquels il détenait un avantage absolu. Selon ce principe, l’Argentine exporterait du blé, la Thaïlande du riz, l’Egypte du coton, et l’Italie du vin ; de façon plus actuelle, le Mexique exporterait des pièces d’automobiles tandis que les Etats-Unis exporteraient les plans de conception et de réalisation de ces pièces. La loi des avantages absolus signifie en même temps qu’un pays moins avancé qu’un autre dans tous les domaines n’aurait aucun intérêt à commercer : le plus fort s’emparerait du marché du plus faible sans rien importer en retour. Au XIXème siècle, l’économiste David Ricardo a démontré que le commerce peut être avantageux pour tous les pays, quel que soit le niveau de leur productivité. Il suffit que chaque pays se spécialise dans un secteur où il est relativement mieux placé que dans un autre secteur, face à ses partenaires extérieurs. Si les Etats-Unis étaient deux fois plus productifs que le Mexique dans la fabrication des pièces d’automobiles et trois fois plus productif dans la conception de ces pièces, on pourrait affirmer que les Etats-Unis détiennent un avantage absolu sur le Mexique dans les deux domaines. Pourtant les Etats-Unis ne devraient-ils pas se spécialiser dans la conception et abandonner la fabrication à leur partenaire extérieur ? D’ailleurs, tout bien considéré, le coût d’option de la fabrication est plus bas au Mexique qu’aux Etats-Unis : le Mexique a un avantage comparatif dans ce domaine. En fait, tous les pays détiennent des avantages comparatifs, et tous ont donc théoriquement intérêt à commercer ensemble.

Renaud Bouret, Alain Dumas, Economie globale, ERPI, 2009.

B. La théorie des avantages comparatifs de David Ricardo

Pourquoi accepter de payer cent francs ce qu’on pourrait avoir pour soixante ? C’est au nom de cette logique irréfutable qu’A. Smith s’élevait en 1776 contre les restrictions aux importations. Elémentaire, non ? Pas tant que cela car une vingtaine d’années plus tard D. Ricardo voit le défaut du raisonnement. Imaginons un pays dans lequel toutes les branches productives sont moins efficaces que celles des pays étrangers. Au nom du principe de Smith, faudra-t-il les fermer toutes, acheter à l’extérieur et voir les emplois déserter ? Pour Ricardo, ce ne sont pas les comparaisons de coût absolus mais celle de coûts relatifs qui doivent déterminer la spécialisation. Il met en scène deux pays : le Portugal et l’Angleterre. Il se trouve que le Portugal est plus avantagé sur tous les plans : quand il faut à l’Angleterre 100 journées de travail pour produire une certaine quantité de drap, 90 suffisent au Portugal. Et ce dernier n’a besoin que de 80 journées pour produire une quantité déterminée de vin, alors qu’il faut 120 jours en Angleterre. Si on suit la théorie d’Adam Smith, l’Angleterre ne produira plus ni vin ni drap. Pas du tout écrit Ricardo : « bien que le Portugal pût fabriquer le drap en employant 90 hommes, il l’importera d’un pays où cette production requiert le travail de 100 hommes parce qu’il est plus avantageux pour lui d’employer son capital à produire un vin contre lequel il obtiendra davantage de drap anglais que s’il fabriquait ce drap en détournant une part de son capital de la culture de vignes vers la manufacture de draps ». Que chacun se spécialise donc dans le domaine où il est relativement le plus doué. Tout le monde en profitera car alors le résultat final sera une production plus forte puisque chacun emploiera ses ressources là où il est le plus efficace. Comme en se spécialisant selon les avantages comparatifs tout le monde gagne, le libre-échange est toujours préférable au protectionnisme qui constitue un gâchis de ressources.

Marc Montoussé, Les théories du commerce international, IDP.

Questions.

1. Rappeler ce qu’est le gain à l’échange.
2. Que doivent faire les nations selon la théorie des avantages comparatifs ?

C. Le rôle des dotations initiales factorielles : le « théorème H.O.S »

Les économistes suédois Ohlin, Heckscher créent en 1933 le théorème qui sera complété par les travaux de l’américain Samuelson pour devenir le théorème H-O-S. Selon eux les différentes nations sont amenées à exporter des produits qui incorporent une forte quantité de facteur de production qu’elles détiennent en abondance et à importer les produits incorporant une forte quantité du facteur de production dont elles sont peu dotées. L’abondance relative d’un facteur dépend de deux critères : un critère physique (quantité de facteur) et un critère économique (le coût du facteur). Cette approche peut être considérée comme un approfondissement de celle de Ricardo, car ce dernier limitait son explication à un seul facteur de production : le travail. Le théorème

Marc Montoussé, Les théories du commerce international, IDP.

Questions :

1. Enoncer le théorème « HOS ».
2. Quelles sont les conséquences à tirer de ce théorème en termes de politique économique ?

 

Document 6. Les gains cumulatifs du commerce international.

La nouvelle théorie de l’économie internationale considère que les gains du commerce sont cumulatifs : l’ouverture internationale entraîne des avantages comparatifs qui permettent une plus grande ouverture et ainsi de suite…L’échange procure trois types d’avantages : un effet de dimension, un effet de diversification, et un effet de concurrence.

 -L’ouverture internationale crée un avantage comparatif car elle permet la spécialisation et engendre donc un effet de dimension : chaque nation peut produire en plus grande quantités certains produits, ce qui offre des avantages comme les économies d’échelle (l’entreprise réduit ses coûts unitaires en produisant davantage) ou les effets d’apprentissage.

- Le deuxième avantage est l’effet de diversification. L’économiste Paul Krugman considère que, grâce à l’ouverture, le consommateur peut choisir entre un nombre plus important de produits pour satisfaire un même besoin. Cette diversité de produits disponibles profite non seulement aux consommateurs, mais aussi aux producteurs, qui auront un choix supplémentaire en biens de production.

- Le troisième avantage est l’effet de concurrence. L’ouverture internationale permet à de nouvelles entreprises d’entrer sur les marchés nationaux, ce qui accentue la concurrence ; les prix et le niveau de production deviennent donc plus efficients car plus proches de ceux qui résulteraient d’un équilibre de marché.

Marc Montoussé, Théories économiques, Bréal, 2002.

Question.

  1. En s’appuyant sur le texte, réaliser un schéma de synthèse pour montrer les gains du commerce international et de l’ouverture.

 

Document 7. Les limites du libre-échange : destructions d’emplois et inégalités salariales.

Le raisonnement qui fait de la mondialisation, et plus précisément de la concurrence du Sud, la responsable de la montée des inégalités peut être résumé comme suit : l’essor des importations en provenance des pays à bas salaires, même si elles pèsent d’un poids encore très limité dans les échanges des pays développés, exerce une concurrence forte sur un certain nombre de secteurs, tels que la confection, le jouet ou la chaussure. Dans un contexte où les possibilités de délocalisations d’activités se multiplient (saisie de manuscrits dans l’édition au Maroc ou au Liban, recrutement par la Lufthansa des ses hôtesses en Asie pour les lignes desservant la région, saisie informatique au Philippines et traitement des données en Inde, etc.), que peut-on faire sinon s’ajuster, pour reprendre le vocabulaire des économistes ?

Face à des travailleurs chinois dont les salaires sont vingt à cinquante fois inférieurs, les salariés travaillant dans les secteurs mis en concurrence auraient donc pour seule alternative de réduire leurs prétentions ou de tomber dans le chômage. Et comme il n’est pas question pour eux d’accepter des salaires trente fois inférieurs là où ils vivent, leurs entreprises ferment ou délocalisent. Le chômage des travailleurs les moins qualifiés, ceux qui sont précisément en concurrence sur le marché international de la main-d’œuvre, tend donc à s’accroître, ce qui entraîne sous l’effet de la loi de l’offre et de la demande, une baisse du prix relatif de cette catégorie de travail par rapport au travail qualifié, qui lui, demeure fortement demandé.

Doit-il en résulter mécaniquement une baisse du prix relatif de la main-d’œuvre la moins qualifiée dans nos pays ? Pas nécessairement, car ce ne sont pas seulement des individus qui sont en concurrence sur le marché mondial, mais aussi des entreprises et au-delà des nations. Mais le niveau des salaires dépend aussi de règles collectives au-delà du jeu du marché.

Philippe Frémeaux, Sortir du piège, La Gauche face à la mondialisation, Syros, 1998.

Questions :

1. Quels sont les risques de la mondialisation pour les pays développés selon l’auteur ? Ces risques ne concernent-ils que l’industrie ?
2. Expliquez en quoi la mondialisation menace en priorité l’emploi des travailleurs peu qualifiés des pays développés.

 

Document 8. Les arguments en faveur du protectionnisme.

Pascal Salin recense, pour les critiquer, sept arguments en faveur du protectionnisme :

-L’argument des industries dans l’enfance qui critique le caractère statistique de la théorie du libre-échange, accusée de privilégier les avantages comparatifs actuels aux dépens des avantages potentiels. Une absence immédiate de rentabilité n’empêche en rien les progrès futurs de compétitivité ;

  • Les activités nationales « prioritaires » : du fait, par exemple, des retombées technologiques éventuelles d’une innovation réalisée par des entreprises nationales ;
  • La protection contre le dumping effectué par certains producteurs étrangers qui est à l’origine d’une concurrence déloyale dont pâtissent les producteurs locaux ;
  • L’équilibre de la balance des paiements qui exige également de se prémunir d’importations trop nombreuses ;
  • La défense de l’emploi associée à la réduction des importations et leur remplacement par une production nationale. Le protectionnisme évite de subir la « concurrence déloyale » des pays à bas salaires et à faible protection sociale ;
  • L’obtention de recettes fiscales lorsque le système des impôts locaux demeure embryonnaire ;
  • Les représailles qui correspondent à des droits de douane qu’un pays impose aux importations parce que d’autres s’opposent à ses propres exportations ;
  • Avec les crises récentes, d’autres arguments ont vu le jour :
  • La nécessaire protection des industries vieillissantes qui ont besoin d’être restructurées et mises à l’abri d’une concurrence frontale pour ne pas disparaître définitivement ;
  • La réduction des échanges qui contribue à freiner le gaspillage des ressources énergétiques et atténue les désastres écologiques.

            Pascal Salin, Le libre-échange, collection « Que-sais-je », PUF, 2002.

Question.

  1. Classez dans un tableau les arguments protectionnistes qui visent à améliorer la production nationale et ceux qui cherchent à réduire les déséquilibres économiques.

Document 9. Les effets contrastés du protectionnisme.

 

La démarche exige d’abord de préciser le champ et la nature du protectionnisme souhaité. Doit-il s’appliquer aux frontières du pays ou de l’Union européenne ? Dans le second cas, comment et avec quelles justifications, traiter le cas de la Suisse ou de la Norvège ? Hormis le Front national, la majorité des défenseurs du protectionnisme défendent une approche européenne. Le repli national apparaît de fait peu crédible, alors que plus du tiers des salariés de notre industrie travaille dans des entreprises contrôlées par des actionnaires étrangers, que notre pays est une des premières destinations mondiales de capitaux extérieurs et que nous importons chaque trimestre plus de 100 milliards d’euros de produits. Il s’agit ensuite de préciser le niveau de protectionnisme qui serait mis en place car ce n’est pas une question binaire –tout ou rien- mais de dosage. Au niveau européen, pas moins de 10 000 tarifs allant de 0% à 210% s’appliquent aux biens et services importés. Si les biens de consommation sont globalement peu taxés (1% en moyenne), les taux s’élèvent dans le domaine agricole à 10% (par exemple 50 à 100% pour viandes). Face à l’image répandue d’une Europe passoire dans les échanges mondiaux, rappelons par exemple que l’importation des bicyclettes fabriquées en Chine est soumise depuis 1993 à des taxes anti-dumping de 48,5% (…) La réalité économique est finalement celle d’une omniprésence de mesures protectionnistes avec des intensités très variables que d’un abstrait libre-échange pur. Il faut enfin souligner que les échanges commerciaux dont on parle sont très majoritairement réalisés à l’intérieur de l’Europe (60% des exportations et importations françaises en 2010). Si le déficit commercial français avec l’Asie a augmenté de 50% entre 2005 et 2010, il a été multiplié par trois avec le reste de l’Union européenne ! Cela signifie qu’une protection européenne commune ne traiterait dans notre pays qu’un tiers du commerce international et des enjeux associés en termes d’emplois, de délocalisations ou de compétitivité. Le champ et les données pertinentes clarifiées, il convient alors de procéder à une analyse économique de l’outil protectionniste. L’approche classique d’une politique publique consiste à évaluer le rapport entre bénéfices et coûts ainsi que la répartition des deux, c’est-à-dire les gagnants et les perdants. Les effets positifs avancés du protectionnisme sont la relance de la demande intérieure et la hausse des revenus salariés, avec l’argument que le libre-échange pousse à des prix plus bas, conduisant à une stagnation ou une baisse des salaires dans les entreprises domestiques pour rester compétitives et finalement une contraction de la demande. Le lien salaire-demande se trouve donc au cœur du raisonnement (…) Les effets négatifs du protectionnisme sont principalement les mesures de rétorsion des pays exportateurs qui subiraient ces taxes. Certains considèrent que l’effet sera limité car les pays émergents ont besoin de biens et équipements produits en Europe (machines, TGV, avions, centrales nucléaires…) et n’auront pas le choix. Cette hypothèse semble fragile car la caractéristique inédite de plusieurs pays émergents à bas salaires (Chine, Inde) est leur niveau technologique et leur capacité à déployer rapidement des offres alternatives (sans parler du rôle particulier que joue la Russie à l’intérieur des deux ensembles). La décision de la Chine de faire émerger un concurrent au duopole Airbus-Boeing dans l’aéronautique civile en est une bonne illustration. Mais le problème va au-delà des échanges de biens. Une autre face de la globalisation est la capacité d’accéder à l’épargne du monde entier, ce dont la France sait d’ailleurs tirer profit pour financer le déficit commercial et les investissements à l’étranger. Or l’épargne qui s’investit massivement en Europe a pour origine dans une large mesure les pays émergents. Il semble logique d’anticiper qu’un protectionnisme trop brutal conduirait rapidement à se priver de cet important levier pour nos économies. Rappelons aussi que les groupes du CAC 40, s’ils emploient encore les deux tiers de leurs effectifs en France, réalisent la majorité de leur chiffre d’affaires et l’essentiel de leurs profits à l’étranger et constituent avec leurs salariés autant de cibles potentielles de rétorsion. Enfin, les consommateurs qui ont privilégié ces années passées les biens à bas prix, pour lesquels les productions européennes n’offrent que des substituts imparfaits, accepteront-ils, même si leurs salaires devaient augmenter, les inévitables hausses de prix ?

 

Gilles Le Blanc, Economie et politique, Le grand malentendu, Ellipses, 2011.

Questions.

1. Pourquoi un protectionnisme à l’échelle européenne ne traiterait qu’une partie des questions économiques et sociales liées à la mondialisation selon l’auteur ?
2. Classez dans un tableau les effets positifs attendus du protectionnisme et les effets négatifs qu’il est susceptible d’entraîner.

Document 10. Les dix premières multinationales non financières du monde en 2010.

Questions.

1. Rechercher le secteur d’activité de chacune des firmes multinationales représentées.
2. Selon quel critère le classement des firmes multinationales est-il construit ?
 

Document 11. Répartition régionale des entrées et sorties d’IDE 1980-2010.

Questions.

1. Faire une phrase avec les chiffres soulignés dans le tableau.
2. Quels sont les principaux enseignements que l’on peut tirer de ce tableau ?
 

Document 12. Le commerce intra-firme chez Boeing.

 

Questions.

1. Quelles raisons peuvent pousser Boeing à faire fabriquer une partie de ses moteurs en Grande-Bretagne ?
2. Quels sont les effets possibles de la production mondialisée des pièces de Boeing sur les statistiques du commerce international ?
 

Document 13. Modularisation de la production et mondialisation.

La production ressemble maintenant beaucoup à un jeu de Lego. Les mêmes pièces peuvent être utilisées dans différents schémas pour produire différentes formes. Les innombrables manières d’organiser une entreprise sont le fruit des nouvelles technologies numériques grâce auxquelles les ressources, les organisations et les marchés de

consommation du monde entier peuvent être combinés de mille et une façons pour construire des entreprises qui n’étaient même pas imaginables dans les années 1990. Cette approche modulaire permet aujourd’hui aux chefs d’entreprise de faire leur choix parmi toute une gamme de possibilités de réorganisation et de délocalisation. Grâce à la modularisation, on peut fragmenter le système de production et le répartir aux quatre coins de la planète (…)

Prenons l’exemple d’un succès comme l’iPod d’Apple (…) Les éléments essentiels de l’iPod sont un minuscule disque dur Toshiba, un lecteur de disquette Nidec, un processeur ARM, une carte Texas instruments, une interface USB de chez Cypress et une mémoire flash de Sharp. L’assemblage final est assuré par Inventec, fabricant taiwanais.

        S. Berger, Made in monde, Seuil, 2006.

Questions.

1. Qu’est-ce qu’une production modulaire ?
2. En quoi cette organisation de la production favorise-t-elle la mondialisation ?

 

Document 14. Qu’est-ce que la compétitivité ?

A. La compétitivité est le produit du croisement de variables macroéconomiques, microéconomiques et institutionnelles, ces dernières incluant le rôle du gouvernement, le cadre réglementaire et la gouvernance. Cette relation a été formalisée avec plus ou moins de succès par plusieurs économistes. Michael Porter, de Harvard Business School, par exemple, s’est fait connaître avec son graphique en diamant, qui reprend quatre éléments de la compétitivité :

  • -Les conditions des facteurs de production (ressources naturelles, technologie, capital humain, etc.) ;

  • -Les conditions de la demande nationale et internationale.

  • -Les structures industrielles et l’efficacité des réseaux ;

  • -La stratégie de l’entreprise, l’organisation institutionnelle et la concurrence pour investir dans l’innovation.

La fluidité et la cohérence des relations entre ces quatre éléments, couplées au rôle du gouvernement, vont déterminer la compétitivité internationale du pays. En effet, le gouvernement joue un rôle important en fournissant un environnement incitatif (stabilité politique et cadre réglementaire) mais, selon Porter, ce n’est pas tant le pays qui est compétitif que ses entreprises. Elles doivent affronter la concurrence internationale sur des marchés souvent éloignés, volatiles et très compétitifs, et ce sont leurs forces internes qui, in fine, font la différence pour gagner des contrats et des parts de marché. L’intérêt de la formalisation de Porter est triple : d’abord elle relativise l’importance du cadre de l’avantage comparatif, puisqu’un pays ne peut compter sur son avantage comparatif comme une « donnée » qu’il peut exploiter telle une rente. Ensuite elle met l’accent sur les conditions microéconomiques de la compétitivité et relègue le rôle du gouvernement à une condition certes nécessaire mais nullement suffisante (…) Enfin ce schéma met en exergue l’importance des relations dynamiques entre ces facteurs qui se renforcent mutuellement. Cependant ce diamant qui fit la fortune de son concepteur demeure limité dans son pouvoir éclairant : il laisse dans l’ombre le rôle de la gouvernance et de la culture managériale et n’intègre pas la stratégie de financement de l’entreprise.

Michel Henry Bouchet, La globalisation, introduction à l’économie du nouveau monde, Pearson, 2005.

B. Importance des facteurs déterminant la compétitivité sur les marchés étrangers.

                                                                             Champ : entreprises industrielles exportatrices de 20 salariés ou plus. Source : Insee, CNCCEF, enquête compétitivité, 2008.

L’enquête sur la compétitivité de « l’entreprise France » et des entreprises françaises dans la mondialisation a été menée en collaboration avec le Comité National des Conseillers du Commerce Extérieur de la France (CNCCEF).

Elle a été réalisée en février 2008 auprès de 4 000 entreprises industrielles de 20 salariés ou plus, correspondant à l’échantillon de l’enquête mensuelle de conjoncture dans l’industrie.

Les données recueillies ont par la suite fait l’objet d’une méthode de redressement tenant compte du secteur d’activité, de l’effectif, du chiffre d’affaires et de la part des entreprises exportatrices, de manière à ce que les résultats publiés soient représentatifs de l’ensemble des entreprises de 20 salariés ou plus de l'industrie manufacturière et agroalimentaire.

Questions.

1. Faire une phrase avec les données relatives au « prix des produits ».
2. Quel sont les enseignements essentiels que l’on peut tirer de ces documents A et B en matière de compétitivité ?

 

Document 15. Les facteurs territoriaux de la compétitivité.

Le territoire est un atout, un socle sur lequel se construisent les compétitivités. La mobilité croissante des facteurs de production a des conséquences paradoxales : d’un côté, les entreprises semblent d’autant plus libres de localiser leurs unités de production au gré des avantages particuliers des territoires ; d’un autre côté elles ont des stratégies de différenciation qui les conduisent à tirer parti des avantages compétitifs de leurs lieux d’implantation. Ce ne sont plus les atouts décrits par les théories traditionnelles des avantages comparatifs : distribution des facteurs de production (matières premières, énergies) ; c’est de plus en plus le fruit d’une construction volontaire qui vise à développer des facteurs humains (les qualités individuelles et collectives), matériels (infrastructures de communication et de télécommunications) et cognitifs (recherche-développement). Cette construction repose sur des investissements et des politiques à moyen- long terme.

A. Fouquet, F. Lemaître, Démystifier la mondialisation de l’économie, Les Editions d’Organisation, 1997.

Questions :

1. La compétitivité repose-t-elle uniquement sur la dotation en facteurs naturels ?
2. Comment un pays peut-il contribuer à une meilleure compétitivité des entreprises nationales ?
 

Corrigé

Document 1.

Questions.

1. Pourquoi peut-on dire que la mondialisation est un phénomène « multidimensionnel » ?
La mondialisation de l’économie constitue un phénomène basé sur l’interaction de trois grandes dimensions qui accroît l’interdépendance des économies nationales : les échanges internationaux de biens et services, la mondialisation de la production avec le rôle des firmes multinationales, et la mobilité des flux de capitaux.
2. Rechercher la distinction entre un investissement direct étranger et un investissement de portefeuille.
L’investissement direct à l’étranger est, selon le FMI, un investissement qui implique une relation à long terme, reflétant un intérêt durable d’une entité résidente d’un pays d’origine (l’investisseur direct) sur une entité résidente (l’entreprise investie) d’un autre pays. L’investissement de portefeuille est l’achat de parts ou d’actions de sociétés situées dans un autre pays dans une optique de rentabilité de l’investissement (rendement) et non de prise de contrôle effectif de l’entreprise.

 

Document 2.

Questions.

1. Montrer que le premier texte (A) renforce l’idée de mondialisation comme phénomène multidimensionnel présente dans le document 1.
Le texte évoque effectivement l’idée que la mondialisation de l’économie est un phénomène impliquant l’interaction des trois dimensions (échanges de biens et services, mondialisation de la production et flux de capitaux) ainsi que l’interdépendance des nations capitalistes dès le XIXème siècle et la Révolution industrielle, ce que certains auteurs appellent la « première mondialisation ».
2. Quels ont été les principaux moteurs de la « seconde mondialisation » selon les auteurs ?
Les principaux moteurs de la seconde phase de mondialisation ont été la diffusion du progrès technique, qui a permis une croissance de la production et des exportations ainsi qu’une plus grande efficacité de la logistique, et la baisse des prix des transports qui a stimulé la croissance des échanges entre les nations (usage du conteneur dans le transport maritime de marchandises notamment).
3. Le document 3 ci-dessous confirme-t-il cette tendance ?
Le document 3 confirme la tendance évoquée dans le document 2 puisqu’on constate que le coût du fret maritime a fortement chuté de 1970 à 2000 (-62%), à l’instar du prix de la minute de communication sur la même période (-97%).

 

Document 4.

Questions.

1. Faire une phrase avec les chiffres soulignés dans le tableau.
Selon l’OCDE, le taux d’ouverture de l’économie française était de 31,3% en 1970 et de 48,5% en 2009.
2. Que constate-t-on en matière d’évolution de l’ouverture des économies avancées avant et après la crise ?
On constate que l’ouverture des économies des pays avancés est en repli après la crise (hormis pour le Royaume Uni), de 6,8 points pour la France notamment, ce qui peut s’expliquer tant par les effets de la récession que par la chute des exportations et des importations en raison de la contraction des échanges internationaux.

 

Document 5.

Questions.

A et B.
1. Rappeler ce qu’est le gain à l’échange.
Le gain à l’échange est le gain qui résulte d’une différence d’efficacité dans la fabrication de deux biens et qui justifie une spécialisation dans la production du bien pour lequel la technique de production est la plus efficace, ce qui permet d’obtenir une quantité plus grande de l’autre bien grâce à l’échange libre sur le marché.
2. Que doivent faire les nations selon la théorie des avantages comparatifs ?
Dans le cadre de la théorie des avantages comparatifs, David Ricardo affirme qu’un pays a intérêt à se spécialiser même s’il ne détient aucun avantage absolu dans la production d’un bien. Les pays doivent donc se spécialiser dans la production des biens pour lesquels ils sont relativement les plus efficients (par rapport à la production des autres biens). La spécialisation procure alors un gain mutuel aux deux parties concernées et au monde dans son ensemble, puisque les facteurs de production sont utilisés dans tous les pays à leur productivité maximale.
C
1. Enoncer le théorème « HOS ».
Dans les années 1930, les théoriciens néoclassiques du commerce international (les Suédois E. Heckscher, B. Ohlin et l’Américain Samuelson) prolongent les analyses de David Ricardo (1817) en montrant que les pays doivent se spécialiser en fonction de leurs dotations factorielles relatives. Un pays qui disposerait relativement de plus de capital que de travail devrait, dans cette optique, se spécialiser dans la production de biens qui demandent relativement plus de capital que de travail pour être produits.
2. Quelles sont les conséquences à tirer de ce théorème en termes de politique économique ?
Les politiques commerciales doivent assurer la promotion du libre-échange et la spécialisation internationale selon les dotations factorielles qui entraîne un jeu à somme positive, un gain mutuel à l’échange puisque chaque nation exploite de manière efficiente l’ensemble de ses ressources productives.

 

Document 6.

Questions :

1. Quels sont les risques de la mondialisation pour les pays développés selon l’auteur ? Ces risques ne concernent-ils que l’industrie ?
L’ouverture internationale et la mondialisation accroît l’intensité de la concurrence avec les pays à bas salaires et peut déclencher des vagues de délocalisations et de destructions d’emplois dans les pays développés, en particulier dans les secteurs intensifs en travail peu qualifié. La mondialisation peut également accroître les inégalités salariales entre les différentes catégories de main-d’œuvre sur le marché du travail : les mécanismes de marché conduisent à une baisse de la demande de travail peu qualifié relativement à la demande de travail qualifié, en particulier en période de mutations technologiques rapides.
2. Expliquez en quoi la mondialisation menace en priorité l’emploi des travailleurs peu qualifiés des PDEM.
La main-d’œuvre peu qualifiée des secteurs exposés à la concurrence internationale au sein des pays développée est la plus menacée en termes d’emploi dans la mesure où le progrès technologique (substitution capital/travail) et l’ouverture aux échanges se conjuguent pour provoquer des destructions d’emplois en particulier dans les industries vieillissantes intensives en main-d’œuvre.

 

Document 8.

Classez dans un tableau les arguments protectionnistes qui visent à améliorer la production nationale et ceux qui cherchent à réduire les déséquilibres économiques.

Document 9.

Questions.

1. Pourquoi un protectionnisme à l’échelle européenne ne traiterait qu’une partie des questions économiques et sociales liées à la mondialisation selon l’auteur ?
Un protectionnisme à l’échelle européenne protégerait les pays avancés comme la France du commerce avec les pays émergents et de ses conséquences sur l’emploi et les salaires, mais l’essentiel de leurs échanges sont des échanges intra-européens, qui plus est avec des pays de niveau de développement proche.
2. Classez dans un tableau les effets positifs attendus du protectionnisme et les effets négatifs qu’il est susceptible d’entraîner.

Document 10.

Questions.

1. Rechercher le secteur d’activité de chacune des firmes multinationales représentées.
1 : Equipements électriques et électroniques ; 2 : pétrole ; 3 : Télécom ; 4. Pétrole ; 5 : Toyota ; 6 : Pétrole ; 7 : Pétrole ; 8 : Electricité ; 9 : Electricité ; 10 : Métal.
2. Selon quel critère le classement des firmes multinationales est-il construit ?
Les firmes multinationales sont ici classées en fonction du volume des actifs détenus à l’étranger.

 

Document 11.

Questions.

1. Faire une phrase avec les chiffres soulignés dans le tableau.
Selon la CNUCED en 2010, les économies développées représentaient 48% des flux d’IDE entrants, tandis qu’elles représentaient 71% des flux d’IDE sortants la même année.
2. Quels sont les principaux enseignements que l’on peut tirer de ce tableau ?
Ce tableau permet de mesurer l’accroissement des flux d’IDE entrants en direction des économies émergentes (en particulier au sein de l’Asie développée dont la progression a été spectaculaire), la part des économies développées ayant quant à elle continuellement chuté, en particulier durant la décennie 2000 (-33 points). La part des économies en développement dans les flux d’IDE sortants a également progressé et l’érosion de celle des économies en développées a été moindre (pour s’établir à 71% en 2010). Le tableau exprime ainsi la montée en puissance des économies en développement (dont l’Asie développée) à la fois dans les flux d’IDE entrants et d’IDE sortants, signe de leur insertion croissante dans l’économie internationale.

 

Document 12.

Questions.

1. Quelle raison peut pousser Boeing à faire fabriquer une partie de ses moteurs en Grande-Bretagne ?
La raison principale est la rationalisation des coûts (maintenance).
2. Quels sont les effets possibles de la production mondialisée des pièces de Boeing sur les statistiques du commerce international ?
Un accroissement des échanges intra-firmes au titre de la décomposition internationale des processus productifs.

 

Document 13.

Questions.

1. Qu’est-ce qu’une production modulaire ?
Avec l'informatique et la numérisation, Suzanne Berger explique que la conception, la fabrication des composants et la distribution des produits peuvent être implantées sur différents sites permettant de maintenir sur le territoire national certains aspects de la production à forte valeur ajoutée et d'en délocaliser d'autres au titre de la décomposition internationale des processus productifs..
2. En quoi cette organisation de la production favorise-t-elle la mondialisation ?
Dans l’économie mondiale, les entreprises peuvent, sur une base contractuelle, faire appel à des fournisseurs du monde entier, qui fabriquent une partie des produits, ou décider d’opérations de délocalisations de la production (investissements directs à l’étranger) qui intensifient les échanges internationaux.

 

Document 14.

Questions.

1. Faire une phrase avec les données relatives au « prix des produits ».
Selon l’INSEE et l’enquête compétitivité, en 2008, 65% des entreprises exportatrices considéraient que le prix des produits constituait un facteur « très important » de la compétitivité, ce qui était le cas pour 67% des entreprises fortement exportatrices.
2. Quel sont les enseignements essentiels que l’on peut tirer de ces documents A et B en matière de compétitivité ?
Le graphique montre que les entreprises exportatrices et fortement exportatrices privilégient le déterminant de la qualité des produits (82 et 85%) parmi les facteurs considérés comme « très important » (compétitivité hors-prix), tandis que l’adéquation des produits à la demande arrive en seconde position pour les entreprises fortement exportatrices. Si le déterminant de la compétitivité-prix (« prix des produits ») reste incontournable, l’enquête montre à l’instar du document A toute l’importance d’une pluralité de déterminants de la compétitivité (et de leur interaction) pour les entreprises confrontées à la concurrence mondiale, parmi lesquels de nombreux facteurs liés à la compétitivité hors-prix (innovation, différenciation des produits, adaptation à la demande, réputation de la marque, SAV, etc.)

 

Document 15.

Questions :

1. La compétitivité repose-t-elle uniquement sur la dotation en facteurs naturels ?
Les avantages compétitifs des nations peuvent être construits grâce à des politiques publiques adaptées. En effet, l’action de l’État peut permettre d’améliorer la compétitivité internationale de l’économie sur le long terme.
2. Comment un pays peut-il contribuer à une meilleure compétitivité des entreprises nationales ?
L’État peut en effet, par son action, encourager l’innovation et favoriser ainsi le progrès technique. En effet, le soutien public à la recherche et à l’éducation (capital humain) est un puissant stimulant de la productivité des firmes et de leur compétitivité, comme d’ailleurs la qualité des infrastructures (réseaux de transports et de communication notamment). Par ailleurs, l’État joue un rôle majeur dans la définition des institutions qui créent un environnement favorable à l’investissement des firmes (fiscalité, protection des droits de propriétés, stabilité politique, etc.) et il a également une action conjoncturelle déterminante pour réguler la demande globale et maintenir un haut niveau de pouvoir d’achat afin d’assurer des débouchés aux entreprises.

Étude de l’institut de l’entreprise

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