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Mécanismes et concepts

Consensus de Washington : expression forgée par l’économiste James Williamson pour caractériser l’ensemble des mesures structurelles  que le FMI et la Banque mondiale demandaient aux Etats bénéficiant de leurs prêts de mettre en œuvre dans les années 1980 et 1990. Leur objectif est double : adapter les structures économiques du pays à son ouverture aux mécanismes du marché international et imposer des règles de politique économique permettant d’assurer la stabilité macroéconomique et financière du pays. Ce principe de conditionnalité des prêts se résume en trois principes, libéralisation, privatisation et dérégulation, qui se déclinent en dix mesures :

- déficit budgétaire inférieur à 1 ou 2% du PIB,

- dépenses publiques orientées vers des activités sources d’externalités positives (santé, éducation, infrastructures),

- allègement de la fiscalité,

- taux d’intérêts non réglementés,

-  régime de changes flexibles,

- suppression des mesures protectionnistes,

- ouverture aux investissements directs à l’étranger (IDE),

- privatisations,

- dérégulation des marchés,

- instauration et garantie des droits de propriété.

Dans les années 2000, un second Consensus de Washington a vu le jour suite aux nombreuses critiques et a accompagné ces mesures de nouvelles visant à favoriser la démocratisation des pays.

Démographie et développement : débat fondateur des analyses sur la croissance et le développement, le rôle de la démographie, comme moteur ou frein du développement ne fait toujours pas l’objet d’un consensus. Depuis les travaux de Jean Bodin (« il n’y a de richesse ni force que d’hommes ») jusqu’à ceux d’Esther Boserup sur la pression créatrice, les thèses populationnistes considèrent l’accroissement démographique comme un stimulant de la croissance économique et plus particulièrement du progrès technique du fait que la croissance des besoins de la population pousse la société à innover et donc à favoriser les gains de productivité. A l’opposé, l’œuvre de Thomas Malthus a donné naissance au courant malthusien qui considère que la surpopulation des pays pauvres est la cause principale de leur échec économique du fait qu’elle réduit la capacité d’épargne du pays et ainsi la perspective de financer les investissements nécessaires à leur développement.

Depuis les années 1980, l’étude de la relation de causalité s’est inversée via l’étude de la transition démographique pour montrer que les évolutions démographiques des pays ont des facteurs sociaux-culturels qui ont à voir avec le processus de développement. De ce fait, les politiques de développement dans les pays les plus pauvres s’axent autour de programmes d’éducation, en particulier des femmes, afin de maîtriser la fécondité.

Dualisme : c’est la structure d’une économie en développement où coexistent au moins deux secteurs :

- un secteur moderne, capitaliste, qui est à l’origine de l’accumulation du capital et des gains de productivité

- un secteur traditionnel, agricole, qui handicape le développement du secteur moderne du fait de ses faibles gains de productivité qui mobilisent une grande partie de la main d’œuvre.

               L’existence d’une structure économique dualisée explique selon Arthur Lewis le sous-développement.

Echange inégal : c’est une théorie néomarxiste du commerce international montrant que les échanges commerciaux entre le centre et la périphérie n’engagent pas la même valeur intrinsèque des marchandises du fait des différentiels de valeur travail entre les pays. De ce fait, les biens exportés par les pays pauvres ont une valeur faible comparée à celle exportée par les pays riches. De ce fait, l’échange entre eux est inégal.

Effet d’entraînement : c’est un mécanisme par lequel la croissance d’un secteur économique est censé entraîner l’expansion des autres secteurs économiques du fait du poids de premier dans le système économique global ou bien le niveau élevé des gains de productivité qu’il va générer. Ainsi, par des transferts de technologie, ou bien par des ouvertures de débouchés, des investissements massifs dans un secteur bénéficie aux autres.

Remontée de filière : c’est un processus qui, à partir de la finalisation d’un produit en aval, va permettre de progressivement maîtriser la conception globale du produit jusqu’à sa conception en amont. Par la production d’un bien, on acquiert progressivement les techniques de production permettant de maîtriser les facteurs nécessaires à sa production (niveau de qualification du travail, niveau d’avancée technologique du capital). Il explique l’industrialisation rapide ainsi que la montée en gamme des pays ayant choisi les stratégies extraverties de développement comme les NPIA.

Soutenabilité faible/forte : l’enjeu de la soutenabilité des processus de développement fait l’objet d’un débat entre :

- les partisans de la soutenabilité faible, en majorité des économistes classiques, qui considèrent que la soutenabilité correspond au fait de transmettre un niveau global de capital (l’épargne nette ajustée) constant, quelle qu’en soit sa composition. En conséquence, cela implique l’hypothèse de la substituabilité parfaite des différents capitaux, en particulier les capitaux humain et naturel,

- les partisans de la soutenabilité forte, en majorité des économistes de l’économie écologique, considèrent que les capitaux ne sont pas substituables entre eux, en particulier le capital naturel. En conséquence, la soutenabilité implique de transmettre un stock de capital naturel constant aux générations futures par des politiques « conservationnistes ».

Termes de l’échange : c’est le rapport de l’indice des prix des exportations et de l’indice des prix des importations d’un pays. Il exprime le degré d’enrichissement ou d’appauvrissement d’un pays par sa participation au commerce international. Pour les tenants de l’échange inégal, il permet de mettre en relief le caractère injuste des échanges internationaux entre les pays riches et les pays pauvres.

Transition démographique : c’est un modèle explicatif qui caractérise le passage d’un régime démographique appelé « traditionnel » de fort niveau de natalité et de mortalité à un régime « moderne » de faible niveau de natalité et de mortalité. Il est apparu en 1934 dans les travaux du démographe français Adolphe Landry. Ce modèle est généralisable à l’ensemble des pays puisque tous, à des moments différents de l’histoire, voient leur évolution démographique suivre ce modèle. C’est d’abord la mortalité qui chute du fait des révolutions agricole et industrielle améliorant l’espérance de vie de la population et permettant de réduire la surmortalité. Les progrès de l’hygiène et de la médecine contribuent eux en particulier à réduire la mortalité infantile. De ce fait, la natalité se maintient pendant un temps, la population en âge de procréer augmentant fortement sans que ses habitudes de fécondité élevée n’aient changé, ce qui engendre un très fort accroissement démographique. Puis elle va elle aussi diminuer du fait de l’évolution des mœurs et des représentations mentales de la famille.

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