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Les Principales définitions

CROISSANCE :

La croissance est l’augmentation sur une période longue d’un indicateur économique tel que le PIB. La notion de croissance est donc essentiellement une notion macroéconomique même si l’on peut parler de la croissance de la firme. La croissance est donc un résultat qui ne renseigne pas sur les moyens de l’obtenir ; par contre dire qu’elle est intensive donne une information supplémentaire : l augmentation des quantités produites a été obtenue avec une augmentation des quantités de facteurs inférieure à la croissance finale ce qui est le signe d’une hausse de l’efficacité. A l’inverse, on dira qu’elle est extensive.

La notion de croissance fait référence à des grandeurs quantitatives est à dire qu’on peut mesurer la croissance, mais la mesure elle-même peut être complexe : par exemple la hausse des prix doit être prise en compte : si la hausse des prix est de 3%, alors une croissance nominale de 3% signifie qu’il n’y a en réalité pas de croissance. Il faut donc savoir distinguer les valeurs nominales qui sont celles que l’on constate et les grandeurs réelles ou constantes.

Mais, à supposer qu’on sache mesurer parfaitement la croissance, cela ne renseigne en rien sur la qualité de la vie : une augmentation de la pollution qui entraine une augmentation des dépenses liées à des politiques de lutte contre cette pollution se traduit par une augmentation du PIB, de même que la hausse des accidents de circulation par exemple dès lors qu’ils sont « économiquement » pris en charge. Ceci est largement débattu : comment mesurer la qualité de la vie, quel modèle de croissance faut-il mettre en place ?...

Enfin, la croissance est mesurée par un taux de croissance ou par in indice : nous invitons donc les étudiants à se reporter au cours de statistiques.

CRISE :

On appelle crise le moment de retournement de l’activité économique qui se traduit par un ralentissement de la croissance (on passe par exemple d’un taux de croissance du PIB de 2% à 1%) ou bien même par une diminution du PIB. Les analyses de la crise sont très diversifiées : nous en avons évoqué quelques unes dans le résumé de cours. Rappelons que si le mouvement de retournement est court on parle de récession, s’il est long on parle de dépression. Rappelons aussi que dans le langage courant on a tendance à appeler « CRISE »toute la période de ralentissement ou de chute de l’activité économique. Ainsi, peut-on entendre que depuis les années 1970, on n est pas sorti de la crise. A l inverse pour bien montrer le caractère « instantané » de la manifestation de la crise on pourrait penser à Durkheim même si le registre n est plus celui de l’économie. Dans son analyse du suicide Durkheim parle des CRISES HEUREUSES qui peuvent expliquer d après lui la hausse du taux de suicide. Et Durkheim insiste là sur le coté soudain et violent du moment qui perturbe les individus : par exemple la hausse vertigineuse des valeurs boursières est profondément déstabilisatrice pour les détenteurs des dites valeurs…

FACTEURS de PRODUCTION :

La notion de facteurs de production désigne l’ensemble des éléments permettant d obtenir un produit. Cette notion est d abord utilisée au niveau de l’entreprise, où les facteurs sont aussi appelés les « inputs »Au niveau microéconomique, les facteurs sont traditionnellement le travail et le capital, capital auquel on a pu ajouter la « terre »à une époque où le poids de l agriculture était très important. Au niveau de l’économie dans son ensemble, la notion de facteurs est aussi très importante : elle permet l’analyse des types de croissance : croissance fondée sur l’utilisation par exemple d’une main d’œuvre importante ou au contraire croissance fortement capitalistique. Mais on peut aller plus loin en se posant la question des types de travail et/ou des types de capital qui caractérisent un pays et qui vont déterminer ses avantages dans l échange international. Ainsi on met l’accent sur l’importance de la qualification du travail mais aussi sur la qualité du capital : c'est-à-dire qu’il ne suffit pas d’avoir une grande quantité de travailleurs, il faut aussi qu’ils aient les qualifications adéquates : cette question de la qualification est notamment développée par Gary BECKER qui centre ses analyses sur la notion de CAPITAL HUMAIN. De la même façon, investir pour augmenter le stock de capital n est pas suffisant, il faut savoir dans quel domaine investir ou bien encore un stock conséquent de capital n est pas nécessairement productif si ce matériel est ancien. Ceci est à la base des analyses relatives aux GENERATIONS de CAPITAL, modèles attribués aux auteurs néoclassiques.

PRODUCTIVITE :

La productivité désigne un rapport entre un résultat et les moyens utilisés pour l obtenir. Donc, la hausse de la productivité est signe d’une augmentation de l efficacité. La notion est d’abord entendue au niveau microéconomique : dans les entreprises la productivité est le rapport entre la VA et les facteurs de production. La théorie économique s’ est tout particulièrement attachée à la question de la productivité du travail, définie comme le rapport entre la VA et la quantité de travail et qu’on appelle la « productivité apparente » du travail Mais qu’est ce que la quantité de travail, comment la mesurer ? Derrière cette question se cachent de grands débats politiques.

La quantité de travail peut être approchée par le nombre de travailleurs de l’entreprise. Cette quantité de travail représente un coût qui est égal au nombre de travailleurs multiplié par le salaire individuel. Si l objectif de l’entreprise est de maximiser la productivité, alors elle a tout intérêt à diminuer le nombre de travailleurs ou diminuer les salaires. Ceci est la base de l’ analyse néoclassique du chômage : celui-ci est expliqué par l impossibilité des firmes à maintenir l’emploi quand les salaires sont trop élevés, d’où les débats relatifs au niveau du SMIC voire à son existence. Mais des analyses comme la théorie du SALAIRE d’EFFICIENCE stipulent au contraire une relation positive entre salaire et productivité, ce qui repose sur cette assertion qu’un travailleur mieux payé est davantage disposé à effectuer un travail efficace.

Par ailleurs, la quantité de travail peut aussi être mesurée par la quantité d heures de travail dans l entreprise. Ainsi une durée du travail élevée a tendance à faire diminuer la productivité, et à l’inverse la réduction du temps de travail, toutes choses égales par ailleurs, devrait la faire augmenter.

Traditionnellement en France la productivité du travail a été forte. Notamment on a beaucoup analysé le différentiel de productivité France/Etats-Unis, favorable à la France, au cours des 30 Glorieuses. L’avantage de la France s’est amenuisé au cours des dernières années en raison de gains plus grands aux Etats-Unis. Cela est surtout net au niveau de la productivité par personne employée.la France garde des atouts en termes de productivité horaire en raison d’une durée annuelle du travail plus faible en France. Mais la question de la mesure du temps de travail est complexe.

PROFIT :

Le concept de PROFIT est central en économie. Ce mot est au croisement de préoccupations comptables et préoccupations théoriques.

Au niveau comptable, le profit désigne un résultat : l’entreprise réalise un profit quand ses recettes sont supérieures à ses coûts. C’est le taux de marge qui est l’indicateur du niveau de profit : rapport de l’EBE (excédent brut d’exploitation) à la Valeur Ajoutée, l’EBE étant ce qui reste à l’entreprise après paiement des coûts liés à la production de la valeur ajoutée. Le profit est donc un indicateur de performance de la firme. Mais on voit aussitôt surgir les débats : la hausse des salaires diminue toutes choses égales par ailleurs le montant du profit. Faut-il donc en déduire qu’une augmentation des salaires joue contre la performance des firmes ?

Au niveau macroéconomique la référence au profit a été centrale pour opposer différents types de modèles : le système capitaliste qui s’est construit sur le paradigme de l’appropriation privée du profit, elle-même liée à la propriété privée des moyens de production et le modèle socialiste qui repose sur une critique de la propriété privée des moyens de production parce que celle-ci détermine les rapports de classes qui sont des rapports d’exploitation.

Il faut donc bien séparer « profit, différence comptable et profit, appropriation ». A ce sujet rappelons que l économiste LIBERMAN avait dans les années 1960 considéré devant les difficultés économiques de l’URSS, qu’il fallait réhabiliter le PROFIT comme outil de gestion de l économie. Ses analyses furent à la base des réformes soviétiques des années 1965(qui échouèrent).

Aujourd hui, en France il y a un grand débat sur le niveau du taux de marge, rapport entre l’EBE et la VA. Ce taux est d’environ 28%, ce qui est considéré comme faible pour assurer le réinvestissement du profit réalisé. L’histoire enseigne néanmoins que la hausse des profits n’entraine pas de manière automatique la hausse de l investissement(cas de la France à la fin des années 1970).

Étude de l’institut de l’entreprise

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