30 août de 10h15 à 11h15 : 

Crowfunding, private equity… Comment financer des activités « à hauts risques» sans dépasser les limites ?

Présentation :

Les formes de financement « direct » désormais accessibles aux entreprises non cotées en bourse sont aujourd’hui d’une grande diversité. Elles se sont développées essentiellement pour pallier les difficultés ou les contraintes que ces entreprises rencontrent souvent dans l’accès au crédit bancaire, et l’impossibilité de recourir aux financements par émission d’obligations.

Pour clarifier la typologie de ces formes innovantes, on peut distinguer celles qui sont accessibles au grand public (crowdfunding) de celles qui, dans la majorité des cas, sont pilotées par des fonds spécialisés (private equity).

Le crowdfunding ou « financement participatif » permet aux entreprises de faire directement appel au grand public, pour assurer le financement de leurs projets d’investissement. Cette mobilisation de l’épargne des particuliers utilise le plus souvent le support d’une plateforme internet, sur laquelle sont proposés des projets précis de création ou d’extension d’activités. L’éventail des formules proposées aux investisseurs va du don pur et simple au prêt avec prise de participation, en passant par le don avec contrepartie (sous la forme, par exemple, de produits gratuits ou à prix réduit), ou le prêt rémunéré. La proximité et la transparence du projet proposé à l’investisseur sont des éléments de motivation qui semblent, sur de nombreuses levées de fonds, une garantie du succès. Le montant de ces appels de fonds peut aller de quelques milliers à plusieurs centaines de milliers d’euros, avec des contributions qui peuvent débuter autour d’une vingtaine d’euros.

L’expression private equity (littéralement « capital privé ») est le plus souvent traduite par « capital-investissement ». Contrairement au crowdfunding, il s’agit de prises de participation réalisées par des fonds d’investissement spécialisés. Le grand public n’a donc pas d’accès direct à ces investissements, qui concernent cependant aussi des entreprises non cotées en bourse. Ces sources de financement diffèrent donc des circuits classiques de l’emprunt bancaire ou des émissions obligataires. La relation entre l’investisseur et l’entreprise demandeuse de financement échappe, en principe, à la volatilité des arbitrages à court terme sur les titres de participation qui caractérise les transactions boursières.

A l’intérieur du private equity coexistent des formules assez différentes, répondant aux différents profils des entreprises :

- le « capital-risque », par exemple, concerne le financement des innovations de jeunes entreprises, les start-up, qui présentent des perspectives de croissance autour d’une idée ou d’un produit nouveau.

- le « capital-développement », quant à lui, s’applique aux PME en phase de maturité et leur permet de contourner les contraintes d’un financement bancaire.

- le « capital-retournement » intervient dans les phases critiques de restructuration d’entreprises en difficulté, l’objectif étant de les aider à se redresser et à retrouver une situation bénéficiaire.

- Enfin, le capital-transmission doit faciliter le changement de propriétaire d’une entreprise lorsque le ou les propriétaires initiaux souhaitent s’en retirer.

Crowdfunding et private equity représentent donc, dans le domaine du financement des entreprises, des modalités innovantes et souples, mais ces formules comportent évidemment leur part de risque. Elles ne sont, en effet, pas soumises aux règles prudentielles qui caractérisent le financement bancaire ou les émissions de titres. Leur « transparence » pour l’investisseur est moindre, dans la mesure où elles ne sont pas tenues de publier régulièrement des comptes certifiés, et les types d’entreprises qu’elles financent présentent souvent des risques de fragilité plus grands, en raison notamment des domaines où elles opèrent. Quelques réglementations nouvelles ont commencé à voir le jour, notamment, en France, à l’initiative de l’AMF (Autorité des marchés financiers).

 

Questions :

1- Quel bilan peut-on dresser de la progression du crowdfunding en France ces dernières années ?

2- Quels sont les principaux secteurs qui ont recours au financement sous forme de crowdfunding ?

3- A combien peut-on évaluer la proportion d’initiatives de crowdfunding couronnées de succès (et à contrario de celles aboutissant à un échec) ?

4- La relative stabilité des participations prises par les fonds de private equity dans les entreprises a-t-elle un effet sur les performances de ces dernières ?

5- Les formes de financement participatif peuvent-elles être transposées à des pays à faible niveau de développement ?

 

Quelques ressources utiles :

Les Echos : L'industrie du « private equity » face à un tournant, 24/02/2016.

https://www.lesechos.fr/24/02/2016/LesEchos/22136-125-ECH_l-industrie-du...
Demaria Cyril, Introduction au private equity, les bases du capital-investissement, RB Edition, 2015.

Hendrickx Marianne, Crowdfunding ; mode d’emploi, Edipro, 2014.

Robyn Carl-Alexandre, Crowdfunding : la face obscure du rêve, Edipro, 2017.

 

Liens Melchior

→ Graphiques

Financement participatif : vers un essoufflement ?

→ Fiches de lecture

Cercle Turgot et Laboratoire Régulation Financière, Sous la direction de Constantin Mellios et Jean-Jacques Pluchart, Le Shadow Banking, 2015, Eyrolles

Levy-Garboua Vivien, Le monde à taux zéro : Voyage au bout de l'économie, 2017, Puf

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