La recherche et l’innovation sont des moteurs clés de la compétitivité et de la croissance des économies. Les pays européens et la France ont des progrès à faire dans ce domaine : la zone euro connait en effet depuis plusieurs années un retard d’investissement productif par rapport aux US.

Si les principaux déterminants à court terme de l’investissement des entreprises sont des facteurs de nature économique tels que la demande, l’incertitude ou le niveau de concurrence, à plus long terme, les facteurs financiers et structurels (réglementation et rigidités) jouent.

Le financement des entreprises, en particulier de l’innovation, doit être adapté à la durée des projets et à l’incertitude accrue des résultats ; le financement par fonds propres répond mieux que par endettement à ces critères de risque et de long-terme.

Or, les entreprises européennes se financent davantage par dette que par fonds propres.  Et depuis la crise financière, si le coût des capitaux propres des grandes entreprises de la zone euro a nettement baissé, il se maintient à un niveau élevé malgré la chute des taux d’intérêt bancaires et obligataires.

Deux leviers d’action peuvent alors être mobilisés. Le premier est le financement public. Néanmoins, les pays qui dépensent le plus en termes de soutien public à la R&D des entreprises ne sont pas toujours ceux qui connaissent les meilleures performances.

Le second est le financement privé : il faut développer une offre de financement favorable aux projets d’investissements risqués et innovants, avec des produits adaptés selon le stade de développement de l’entreprise.

Le financement participatif ou crowdfunding offre à ce titre de nouvelles opportunités. Ce mode de financement, s’il est dynamique en France, reste d’ampleur encore très limitée et outre ses risques, comporte des limites et doit être régulé.

Il importe donc plus largement de créer un environnement favorable à l’innovation : en particulier à l’échelle nationale  en réduisant les rigidités sur le marché du travail et des biens et services et à  l’échelle européenne, avec la mise en place d’une « Union de financement et d’investissement».