Eric Charbonnier – Expert éducation à l’OCDE

Dans la plupart des pays de l’OCDE, la proportion de jeunes sans emploi qui ne suivent ni étude ni formation (NEET, pour Neither Employed nor in Education or Training) est beaucoup plus élevée pour ceux qui ne sont pas diplômés de l’enseignement supérieur. Dans ce contexte, l’enseignement et la formation professionnels (EFP) devraient jouer un rôle essentiel pour préparer les jeunes au monde du travail, contribuer à développer les compétences des adultes et plus globalement répondre aux besoins du marché de l’emploi.

Les filières d’EFP ont toutefois été négligées par le passé et reléguées au second rang dans le débat politique, souvent éclipsées par l’attention croissante accordée à l’enseignement académique général. Néanmoins, un changement s’est opéré ces dernières années et de plus en plus de décideurs s’accordent désormais à reconnaître qu’un enseignement et une formation professionnels de qualité peuvent contribuer de façon déterminante à la compétitivité économique des pays. L’OCDE met en avant cinq mesures susceptibles d’assurer qualité et employabilité pour les filières professionnelles. Ces mesures doivent viser à:

  • Renforcer l'exigence académique des filières professionnelles et s'assurer que les jeunes qui y entrent aient de meilleures compétences et puissent davantage accéder à l'enseignement supérieur.
  • Renforcer la composante d’apprentissage en milieu professionnel dans les programmes d’EFP
  • S’assurer que les enseignants et les formateurs ont une solide expérience professionnelle et qu’ils ont reçu une préparation, notamment pédagogique
  • Développer les programmes dits de « secondes chances »
  • Favoriser le travail à temps partiel en entreprise des formateurs et faciliter le recrutement de professionnels au sein du corps enseignant.