La croissance zéro et la décroissance

"Nous consommons trois planètes"
Jacques Chirac

 

Définition

La croissance économique a conduit à une exploitation intensive des ressources naturelles, à tel point que se pose aujourd'hui le problème des réserves ultimes pour certaines d'entre elles (cf. les études de cas sur le pétrole, disponibles sur ce site). Des mouvements écologistes dénoncent à partir de la fin des années 1960 la croissance, la société de consommation et le culte de la productivité. Ils font leur la critique de Mark Twain sur la civilisation matérialiste ("une suite indéfinie de besoins dont on n'a pas besoin"). C'est un renversement de perspective : jusqu'ici, les principaux opposants au capitalisme, les marxistes, s'inscrivaient dans une logique nettement matérialiste et productiviste. D'ailleurs, les marxistes orthodoxes n'avaient que mépris pour tous ces "socialistes de l'utopie" qui refusaient le progrès économique.

Entre l'argument physique de l'épuisement relatif des matières premières, qui fonde le concept de “croissance soutenable” et l'argument de nature philosophique, fondé sur une autre conception des rapports aux besoins, qui tente de justifier la décroissance, il y a un abîme. Entre les deux, l'immense désir de progrès matériel des peuples les plus pauvres sonne comme une réponse aux seconds et justifie l'approche des premiers.

 

 

Analyse

Une première prise de conscience majeure se diffuse au niveau mondial dans les années 1960, appuyée par les travaux de Jacques Ellul, Ivan Illitch, Annah Arendt, François Partant, André Gortz, Cornélius Castoriadis, etc. A partir de 1968, le Club de Rome, qui réunit des hommes d'affaires, des chercheurs et des universitaires, publie des rapports sur le devenir écologique et économique de la planète. Le rapport publié en 1971 (rapport Meadows ou "Halte à la croissance", traduction française) préconise une croissance nulle. Selon lui, la persistance de la croissance entraîne un épuisement accéléré des ressources naturelles, un accroissement de la pollution et un accroissement du fossé entre Nord et Sud. Le rapport veut attirer l'attention sur les dangers d'une croissance indéfinie, exponentielle : c'est l'époque où les "30 glorieuses" n'ont pas encore pris fin, deux ans avant le premier choc pétrolier, une période de croissance effrénée et d'explosion démographique exceptionnelle à l'échelle de l'histoire. Le terme de "croissance zéro" n'est cependant inventé qu'en 1973, par Alfred Sauvy.

Le rapport Meadows proposait la stabilité du PIB pour préserver l'environnement, mais depuis il passe presque pour un texte modéré. Certains prônent désormais la "décroissance". Le courant de la "deep ecology", par exemple, va très loin dans le rejet du progrès économique tel qu'il est perçu par les économistes main stream. La croissance est accusée de générer un bien-être illusoire : a/ elle dérègle la nature et le climat (coûts non comptabilisés), b/ elle génère inégalités et injustices, c/ elle crée une société peu conviviale, manipulatrice via la publicité et incapable par définition d'atteindre son objectif (le système repose sur une insatisfaction organisée). Les sociétés traditionnelles et antiques seraient plus heureuses. Le Laos des années 1960, par exemple, selon Serge Latouche (un des principaux partisans de la croissance zéro en France) est un beau pays qui ne demandait rien à personne, où l'on voulait simplement écouter le riz pousser à l'ombre des pagodes.

Que faut-il faire, selon les partisans de la croissance zéro ?

1. Relocaliser et retrouver le sens du local

La mondialisation et la division internationale du travail vont trop loin, elles aboutissent souvent à des résultats aberrants. Le yaourt à la fraise de nos supermarchés incorpore en moyenne plus de 9 000 kilomètres, "c'est une folie". Pourquoi ne pas le produire soi-même, chez soi ?

2. Abolir l'obsession du travail

On pourrait Travailler deux heures par jour, selon le titre de l'ouvrage du collectif Adret publié en 1979 et affecter les gains de productivité à l'extension de la vie contemplative. L'ombre de Jean-Jacques Rousseau plane sur tout le mouvement.

3. Développer les communautés, les expériences associatives, les phalanstères

En attendant, on pourrait multiplier les journées sans achat (grève de la consommation), les actions anti-pub et les économies d'énergie. C'est toute une vie associative et militante, de proximité, qui peut, si elle s'étend, briser le système productiviste.

4. Ne plus raisonner en termes de PIB

Cet indicateur productiviste est mensonger : Défricher une forêt fait monter le PIB mais on oublie ainsi les externalités écologiques négatives de ce genre d'activité. Il faut donc rappeler les faiblesses méthodologiques du PIB, les biais statistiques qui l'affectent, analyser sa construction dans une perspective historique et dénoncer l'usage hyperbolique qui en est fait. En France, les travaux de Dominique Meda (1999) constituent un bon exemple d'une telle démarche. Plus généralement, ce sont tous les outils d'analyse des économistes académiques, conçus dans une perspective fordiste-cartésienne-néo-classique, qu il faudrait interroger selon les partisans de la croissance zéro.

Eco-efficience ou décroissance ?

Les tenants de l'éco-économie mettent en évidence les nombreux moyens techniques déjà connus pour consommer beaucoup moins de matières premières et d'énergie tout en produisant autant de biens et de services (à travers le recyclage et une autre conception des produits). C'est le "facteur 4" d'Ernst Ulrich von Weizsäcker : on pourrait selon cet auteur, produire autant avec quatre fois moins d'énergie et de matières premières. Sans être des ennemis du marché, les tenants de l'éco-économie ne croient pas que les mécanismes marchands sont susceptibles de rétablir seuls les équilibres écologiques. Ils misent sur des politiques publiques très actives et sur une refonte des systèmes fiscaux en fonction de priorités écologiques. De plus, ils soulignent qu'il va falloir changer en un temps record l'essentiel de nos infrastructures : remodeler l'urbanisme, changer d'habitat, reconfigurer les moyens de production dans la plupart des industries, etc. Cet énorme effort d'investissement est générateur de croissance et, à la fois, nécessite de la croissance pour être mis en œuvre : la croissance faible des vingt dernières années en Europe a plus freiné la transformation écologique des modes de production et de consommation qu'elle ne l'a accélérée.

Les tenants de la décroissance ne croient pas du tout à un tel scénario. Ils mettent en particulier en avant ce qu'on appelle l'effet rebond : à chaque fois qu'on a réussi à économiser telle ou telle matière première pour produire un bien ou un service, l'effet de ce gain d'éco-efficience a été plus que compensé par un accroissement encore plus important des quantités produites. On peut prendre l'exemple des technologies de l'information et de la communication. Elles devaient permettre de limiter la consommation de papier. Or, c'est l'inverse qui est constaté : du fait de ces technologies, jamais autant de choses n'ont été imprimées.

Quelles objections peut-on apporter ?

1/ Dans les pays industrialisés, la crise économique de 1973 a montré à quel point la croissance est nécessaire pour améliorer la situation du marché du travail et plus largement pour augmenter le niveau de vie des populations, et en particulier des plus pauvres. Selon Robert Rochefort, "la consommation est bien souvent dénoncée par ceux qui ne supportent pas en fait la vulgarité de l'idéal de démocratisation dont la consommation est porteuse, même si elle ne le réalise que très imparfaitement".

Ce qui est vrai pour les pays de l'OCDE est encore plus vrai pour les pays en voie de développement. Rappelons qu'en 2005 plus de 800 millions d'êtres humains vivent avec moins de un dollar par jour (cf. l'étude de cas sur la pauvreté dans le monde, disponible sur ce site). Avec toutes les conséquences que cela suppose sur l'espérance de vie, la santé, l'éducation, etc. La maximisation du taux de croissance n'est donc pas une lubie d'économiste coupé des réalités sociales et de mère nature : c'est plus probablement un impératif moral.

2/ La saturation des besoins n'est pas pour demain ; par conséquent, l'utilité de la croissance n'est pas près de s'éteindre. On peut trouver un bon argument dans "Nos temps modernes", de Daniel Cohen : "(…) Alfred Sauvy raconte à ce sujet une expérience étonnante. Lorsque l'on demande aux gens : "quelle augmentation de vos revenus vous permettrait-elle de satisfaire vos besoins ?", ils répondent en moyenne : "une augmentation d'un tiers environ". Mais lorsqu'on revient interroger les mêmes personnes dix ans plus tard, et que leur revenu a de fait augmenté d'un tiers, leur réponse reste inexorablement : "un tiers de plus". Ce tiers de plus qu'on ne peut jamais atteindre, comme l'horizon qui fuit toujours devant soi (…) Jusqu'où d'ailleurs faudrait-il monter dans l'échelle des revenus pour rencontrer un ménage dont on puisse dire qu'il "sature" ses besoins ? Posés en ces termes, on peut, sans trop s'en faire, prédire que la société de consommation a encore de beaux jours devant elle".

3/ Pour maximiser son produit (le volume global de ses satisfactions), le consommateur cherche à réaliser ses préférences par des moyens nécessitant moins d'"inputs" et, particulièrement, moins de temps. Il s'achètera par exemple un réfrigérateur qui lui permet de faire l'économie d'avoir à aller au marché tous les jours. La plupart des produits et services que nous consommons aujourd'hui (notamment nombre d'objets que l'on considère a priori comme des gadgets) correspondent ainsi à une politique très sensée d'économie de temps. C'est pourquoi notre société est de plus en plus fortement consommatrice de services. C'est pourquoi également nous accumulons de plus en plus d'objets : le prix des biens et des objets diminuant relativement au prix du temps, le consommateur moderne est conduit à utiliser de plus en plus d'objets par unité de temps.

Comme l'explique Jean-Jacques Rosa : "L'apparente passion de notre société pour les objets est en fait tout à fait rationnelle. Le consommateur moderne est de plus en plus équipé et a de moins en moins de temps à consacrer à l'utilisation de chaque objet. Cette réalité inéluctable vient de ce que le temps mis à la disposition de chacun n'est pas susceptible d'être beaucoup allongé. La plupart des traits que déplorent les critiques de la société de consommation proviennent de cette rareté du temps, et non d'une dégradation morale ou d'un complot des producteurs". Traditionnellement, on considère que la mutation des modes de consommation provient tout simplement de l'apparition de "besoins" nouveaux, que les producteurs s'efforceraient de satisfaire, sans que l'on soit en mesure d'expliquer par quelle dynamique ils se forment. D'où toutes les thèses connues sur la manipulation des consommateurs par la publicité et la création artificielle de besoins factices. Les économistes, eux, proposent une hypothèse plus radicale, moins connue et plus fine car ne faisant pas appel à une quelconque théorie du complot. Point n'est besoin de supposer que les besoins et les préférences des individus changent au cours du temps pour expliquer la prolifération des produits nouveaux, leur renouvellement ou leur obsolescence accélérée. Comme l'expliquent George Stigler et Gary Becker : "La seule chose qui évolue, c'est le prix du temps".

La hausse continue du prix du temps aboutit en effet à placer le consommateur dans la situation d'une entreprise qui voit en permanence se modifier les prix relatifs de ses facteurs de production. La firme répond à cette évolution en ajustant ses techniques de production, en achetant plus de machines, en remplaçant telle machine par telle autre plus efficace, etc. Il en va de même du consommateur. Pour réaliser les mêmes préférences, celui-ci substitue de nouveaux achats à d'anciens achats, pour la seule raison que les nouveaux produits achetés, compte tenu de la nouvelle valeur du temps, seront plus efficaces pour satisfaire au meilleur coût ses besoins (qui sont toujours à peu près les mêmes, de la même façon que l'entreprise fait évoluer sa technologie pour rendre à son client le même service ou presque au coût le plus bas possible).

4/ Il ne s'agit pas de minimiser l'impact négatif, notamment écologique, des achats compulsifs et des multiples produits jetés sans être véritablement utilisés, voire usés. Ni de dédouaner les pouvoirs publics de leur responsabilité dans la lutte contre ces comportements. Mais il faut souligner la difficulté d'infléchir ces habitudes dans un cadre qui respecte les libertés individuelles. De tels comportements ne tiennent en effet pas simplement à la capacité d'intoxication de la publicité. Il faudra davantage que la suppression de la publicité pour en venir à bout.

Un des risques que nous courons avec les approches radicales du type décroissance, c'est qu'elle soit difficile à réaliser dans un cadre démocratique. Qu'on juge du monde idéal que les partisans de la décroissance vantent dans le quiz "Etes-vous développement durable ou décroissance soutenable ?", qui clôt l'ouvrage "Objectif décroissance" publié par la revue "Silence". Monsieur ou madame "décroissance soutenable" n'a pas de téléviseur, il n'a pas non plus d'ordinateur personnel et de voiture, il ne prend jamais l'avion et ne pratique pas le tourisme, il n'achète pas de café, de thé ou de chocolat, même issus du commerce équitable et labellisés Max Havelaar, etc. S'il est peu probable d'atteindre cet objectif en laissant aller le cours des choses, il faut se poser une double question : quel doit être le régime d'incitations pour conduire les comportements dans cette direction ? si cela ne suffit pas, quel doit être le régime de restriction des libertés individuelles qu'il faut organiser ? est-ce que ce régime a la moindre chance d être un jour compatible avec la vision que la majorité des citoyens des pays occidentaux se font de ces libertés ?

Conclusion

1/ On pronostiquait naguère l'avènement de la croissance zéro parce qu'on pensait notamment manquer de pétrole à partir des années 1990 ; on voit aujourd'hui que la croissance a débuté bien avant l'ère du pétrole et qu'elle lui survivra très probablement, comme elle a survécu en Europe à l'épuisement des mines de charbon. Comme le notait Cheikh Yamani, ancien ministre saoudien du Pétrole, "L'âge de pierre ne s'est pas achevé par manque de pierres". La croissance zéro s'imposait également en raison de l'explosion démographique ; or les projections des années 1960-1970 ont été depuis revues (très nettement) à la baisse (voir en particulier Le Bras, 1994). Autrement dit, la plupart des craintes qui ont permis l émergence du thème de la croissance zéro dans le débat public ne résistent pas a l analyse empirique.

2/ La croissance zéro et la décroissance sont expérimentées, à large échelle, depuis 30 ou 40 ans, par de très nombreux pays : Cuba, la Corée du Nord, le Venezuela, une large partie de l'Afrique sub-saharienne, et de nombreux pays arabes et asiatiques. Lorsqu'elles sont possibles, les migrations internationales en provenance de ces pays constituent sans doute un bon indicateur du degré d'adhésion des populations à cette politique. Dans le cas contraire, on peut se demander pourquoi des gouvernements restreignent ainsi la liberté de circulation des citoyens.

3/ Les enjeux aujourd'hui en discussion portent plutôt sur la répartition des richesses créées et sur le "développement durable" (un oxymore selon les partisans de la croissance zéro). Consacré par le Sommet de la Terre de Rio en 1992, le développement durable est aujourd'hui inscrit (qu'on s'en félicite ou qu'on le déplore) dans les orientations politiques nationales et internationales, mais (pour la plus grande satisfaction d'une large majorité des économistes) ni le principe de croissance zéro ni a fortiori l'idée de décroissance.

Annexes

1 : la croissance dans le monde, une perspective de long terme

Evolution du PIB par tête entre 1700 et 1995, prix constants (dollars US de 1990)

 

Source : Angus Maddisson (1999)

Lecture : Jusqu'a la première révolution industrielle, le PIB par habitant stagne partout dans le monde ; ensuite il décolle dans les pays occidentaux et connaît une deuxième accélération avec la 2e révolution industrielle ; après la 2e guerre mondiale survient une 3e accélération, d'autant plus frappante qu'elle coïncide avec une explosion démographique ; enfin, depuis les années 1980, on assiste a un fantastique enrichissement de grandes masses humaines en Asie. Pour les partisans de la croissance zéro, ces courbes quasi-exponentielles traduisent bien une fuite en avant, une pression grandissante sur les écosystèmes et la déroute d'un modèle d'analyse économique centré sur le PIB (les gens sont-ils 20 ou 50 fois plus heureux aujourd'hui qu'ils ne l étaient au 18e siècle ?).

2 : la contestation de la croissance, enfant de la déroute du marxisme ?

Robert Nozick, note 29 (p. 392-393) de "Invariances, The Structure of the Objective World" (Harvard University Press, 2001), extrait :

"[...] Jusqu'à encore récemment, les économistes de la tradition marxiste ont offert la propriété étatique, ou tout au moins un certain processus résolument différent du marché, comme étant la meilleure façon d'organiser la coordination sociale, et comme étant voie la meilleure et la plus efficace vers le bien évident que représentent la modernisation et le développement économique. Le socialisme et le communisme sont désormais universellement considérés non seulement comme des moyens inefficaces de modernisation et de développement mais comme les contrariant. Il y a une grande discordance dans l'ensemble des trois croyances suivantes : le communisme est bon, le capitalisme est mauvais, la modernisation est bonne. Que faut-il faire ? Faut-il que les marxistes embrassent le capitalisme ? L'histoire d'un professeur d'économie marxisant [en français dans le texte] de l'Université de Harvard est instructive. Dans le catalogue des cours de l'université pour 1996-1997, on constate p. 735, qu'il donne un cours intitulé "Développement et modernisation : une perspective critique," la description du cours commençant comme suit : "Quelles sont les hypothèses quant aux êtres humains et à nos relations avec autrui qui sous-tendent la conviction selon laquelle le développement et la modernisation constituent un progrès, et que l'Occident développé montre la voie que le reste du monde devrait/doit suivre ?". Ainsi, au moins, il est reconnu que la conviction voulant que le communisme soit bon et le capitalisme mauvais peut être maintenue (uniquement) si on pense que développement et modernisation sont mauvais. J'attends la prochaine étape, la "découverte" expliquant que l'allongement de la durée de vie et l'amélioration de la santé ne constituent pas le progrès".

A lire

Rapports

  • Adret, collectif (1979), Travailler deux heures par jour, Paris, Seuil, coll. "Points"
  • Cohen Daniel (1999), Nos temps modernes, Paris, Flammarion, coll. "Champs"
  • Dollar David et Kraay Aart (2001a), “Growth Is Good for the Poor”, Banque mondiale, Working Paper n° 2587, disponible surhttp:/www.worldbank.org
  • Georgescu-Roegen Nicholas (1995), La décroissance. Entropie, écologie, économie, Paris, Sang de la terre
  • Le Bras Hervé (1994), Les limites de la planète, Paris, Flammarion
  • Lomborg Bjorn (2004), L'écologiste sceptique. Le véritable état de la planète, Paris, Le Cherche Midi
  • Meda Dominique (1994), Le travail, une valeur en voie de disparition, Paris, Flammarion
  • Meda Dominique (1999), Qu'est-ce que la richesse ?, Paris, Flammarion
  • Rochefort Robert (1995), La société des consommateurs, Paris, Odile Jacob
  • Weizsäcker Ernst Ulrich von (1994), Earth Politics, Zed Books

Sitographie

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