Graphique

Vers un retour du protectionnisme

Résumé

Après des décennies d'accords internationaux (dans le cadre du GATT jusqu’en 1995, puis de l’OMC) destinés à supprimer ou atténuer les obstacles au libre-échange, les stratégies protectionnistes reprennent aujourd’hui le dessus. Les mesures restreignant la libre circulation des biens et services entre les pays du G20 ont plus que doublé depuis 2011.

Après des décennies d'accords internationaux (dans le cadre du GATT jusqu’en 1995, puis de l’OMC) destinés à supprimer ou atténuer les obstacles au libre-échange, les stratégies protectionnistes reprennent aujourd’hui le dessus. Les mesures restreignant la libre circulation des biens et services entre les pays du G20 ont plus que doublé depuis 2011.

La philosophie générale des accords négociés dans le cadre de l'OMC est donc largement remise en cause. C'est le cas, en particulier, de l’un de ses principes de base, le principe de non-discrimination. Conformément à la « clause de la nation la plus favorisée », un pays doit accorder à tous ses partenaires commerciaux les mêmes avantages que ceux qu’il accorde à l’un d’entre eux. Il ne doit donc exister aucune discrimination entre ses partenaires commerciaux et il ne peut, par ailleurs, accorder aucune préférence nationale à ses propres produits.

Or, depuis 2008, la plupart des gouvernements ont largement contourné cette règle de l'OMC en remettant en place des mesures discriminatoires telles que des barrières douanières, des quotas, des contingents, des taxes à l'importation, des subventions à l'exportation, des interdictions d'importation, des aides d'Etat, des prises de participation publiques, ou encore en imposant des normes sanitaires ou de sécurité. Si ces dernières sont parfois totalement légitimes, dans un souci de protection des consommateurs, elles peuvent aussi être utilisées de façon détournée pour protéger les produits nationaux de la concurrence.