Graphique

Consommation des ménages : dépenses pré-engagées et revenu arbitrable

Résumé

                                     Source : Insee, L'économie française, comptes et résultats, édition 2017
                                     Source : Insee, L'économie française, comptes et résultats, édition 2017

Les dépenses contraintes des ménages français représentent, en 2016, près de 30 % de leur revenu disponible brut. En effet, une partie des dépenses de consommation, celles qui sont prépayées, ne laissent que peu de marges de manoeuvre aux ménages : il s'agit de dépenses pré-engagées dans le cadre de contrats non renégociables à court terme. L'Insee comptabilise, parmi ces dépenses « contraintes », les dépenses liées au logement, les dépenses d'accès à l’eau, au gaz, à l’électricité, les abonnements de télécommunications et de télévision, les contrats d'assurances (à l’exception de l’assurance-vie considérée comme une épargne) ou encore les services financiers. Ces dépenses incompressibles ne font donc plus réellement l’objet d’un arbitrage de consommation.

Ces dépenses pré-engagées représentent une part de plus en plus élevée dans le budget des ménages : de 12,3 % du revenu disponible en 1960, elles sont passées à presque 30 % en 2016. Ce sont essentiellement les dépenses de logement qui contribuent à cette hausse. Aujourd'hui, 23 % environ du revenu des ménages lui sont consacrés alors qu'en 1960, ce poste de dépenses ne représentait qu'à peine 10 %. L'Insee intègre à son évaluation les loyers « imputés » c'est-à-dire les « loyers » que les propriétaires occupant leur logement se versent implicitement.

Le « revenu arbitrable » ne représente donc plus aujourd’hui que 71 % du revenu disponible brut. La part croissante des dépenses pré-engagées contribue ainsi à l'existence d'un décalage entre la mesure de l'évolution du pouvoir d'achat par l'Insee et la perception qu'en ont les ménages, en particulier s'ils disposent d’un faible revenu.