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Allemagne/Etat-Unis : quel partage des gains de productivité ?

Résumé

La répartition des gains de productivité peut obéir à des modèles très différents selon les périodes et les pays. Ainsi, Patrick Artus montre, dans une étude récente pour Natixis, qu' aux Etats-Unis et en Allemagne, les effets des gains de productivité par tête réalisés depuis la fin des années 1990 ne se sont pas traduits de la même façon.

Dans les deux pays observés ici, la progression des gains de productivité a été supérieure à celle des salaires moyens corrigés de l'inflation. Patrick Artus parle d'une « déformation » du partage de la valeur ajoutée car dans les deux cas, les entreprises ont engrangé une partie plus élevée de l'amélioration de la valeur ajoutée que les salariés.

Finalement, c'est le modèle économique allemand qui semble le plus « généreux » avec le facteur travail. Même si la progression des salaires y a été moindre que celle de la productivité, le différentiel sur 13 ans n'y est que de 2,5 points alors qu'il atteint 28 points aux Etats-Unis.

Les salaires réels américains ont, certes, progressé plus fortement que les salaires allemands mais la progression est très inférieure à ce qu'auraient permis les potentialités de la croissance de la productivité.

Deux modèles économiques et sociaux s'opposent donc ici : d'un côté, les entreprises allemandes ont contribué à soutenir la demande intérieure, notamment à partir de 2006. Du côté américain, c'est la rentabilité et la logique d'offre qui ont primé. Derrière ces deux modèles de répartition se dessinent donc les deux grandes voies de la croissance ; s'appuyant sur la demande ou sur l'offre.
 

         Productivité par tête et salaire réel par tête (base 100 en 1998)

Source des données : NATIXIS

La répartition des gains de productivité peut obéir à des modèles très différents selon les périodes et les pays. Ainsi, Patrick Artus montre, dans une étude récente pour Natixis, qu' aux Etats-Unis et en Allemagne, les effets des gains de productivité par tête réalisés depuis la fin des années 1990 ne se sont pas traduits de la même façon.

Dans les deux pays observés ici, la progression des gains de productivité a été supérieure à celle des salaires moyens corrigés de l'inflation. Patrick Artus parle d'une « déformation » du partage de la valeur ajoutée car dans les deux cas, les entreprises ont engrangé une partie plus élevée de l'amélioration de la valeur ajoutée que les salariés.

Finalement, c'est le modèle économique allemand qui semble le plus « généreux » avec le facteur travail. Même si la progression des salaires y a été moindre que celle de la productivité, le différentiel sur 13 ans n'y est que de 2,5 points alors qu'il atteint 28 points aux Etats-Unis.

Les salaires réels américains ont, certes, progressé plus fortement que les salaires allemands mais la progression est très inférieure à ce qu'auraient permis les potentialités de la croissance de la productivité.

Deux modèles économiques et sociaux s'opposent donc ici : d'un côté, les entreprises allemandes ont contribué à soutenir la demande intérieure, notamment à partir de 2006. Du côté américain, c'est la rentabilité et la logique d'offre qui ont primé. Derrière ces deux modèles de répartition se dessinent donc les deux grandes voies de la croissance ; s'appuyant sur la demande ou sur l'offre.
 

         Productivité par tête et salaire réel par tête (base 100 en 1998)

Source des données : NATIXIS