Cours

Cours de Première ES : 3. La coordination par le marché

Question 4 - Quelles sont les principales défaillances du marché ?

Découverte

Document 1 - Les risque des marchés

 

  1. Pourquoi un acheteur de voiture d’occasion ne peut-il pas être assuré d’avoir fait une "bonne affaire" au moment de l’achat ?

  2. Quel peut être l’intérêt pour l’acheteur d acquérir une voiture d’occasion dans un garage plutôt qu’à un particulier ?

  3. Quelle condition du modèle de la concurrence pure et parfaite est mise à mal ici ?

  4. De quoi dispose l’acheteur pour limiter les risques lors de son achat ? (Donnez un exemple de moyen mis en place par les pouvoirs publics pour tenter de résoudre ce problème dans le cas de vente de voitures d’occasion.)

  5. Montrez que ce phénomène peut exister sur d’autres marchés (immobilier par ex.) 

Document 2 - sélection adverse ou antisélection

 G. A. Akerlof (économiste américain, prix Nobel d’économie en 2001) est l'un des premiers économistes à théoriser le phénomène qui sera connu sur le nom de " sélection adverse " ou " antisélection " voire de " lemon problem " en référence à son article fondateur : "The Market for Lemons: Quality Uncertainty and the Market Mechanism" (1970). Cet article traite d’un problème qui est, pour Akerlof, aussi vieux que les marchés eux-mêmes : "s’il veut vendre son cheval, dois-je vraiment l’acheter ? " se demandaient certainement les maquignons. L'incertitude sur la qualité des produits achetés est donc présente dans toutes les transactions de marché.

Le problème de la sélection adverse apparaît avec l'incapacité des acteurs sur un marché (acheteurs et vendeurs) de différencier les produits selon leur qualité. Sur un marché d'automobiles d'occasion le vendeur du véhicule, parce qu'il l'a détenu et conduit pendant plusieurs mois, détient davantage d'information sur la qualité du produit vendu que l'acheteur qui, au mieux, l'essaie quelques minutes. Cette connaissance inégale offre un avantage pour un côté du marché sur l'autre. Il résulte de cette asymétrie que l'acheteur n'a jamais la certitude que le vendeur n'offre pas un " lemon " c'est-à-dire, dans le jargon américain, une voiture de mauvaise qualité.

Ce constat statistique d'un biais en faveur d'une baisse de la qualité a des conséquences importantes puisqu'il peut se traduire par une impossibilité d'échange.

Sur de nombreux marchés, les vendeurs (de biens ou de services) sont généralement mieux informés sur la qualité des produits proposés que les acheteurs. A chaque niveau de prix, un vendeur de biens de qualité est moins enclin à vendre qu'un vendeur de biens de mauvaise qualité. Les acheteurs rationnels vont anticiper ce comportement, soupçonnant que les produits disponibles sur le marché sont de mauvaise qualité. Ce doute, rationnel, fait pression à la baisse sur les prix, baisse qui décourage les vendeurs de biens de bonne qualité qui préfèrent quitter le marché. L'asymétrie d'information se traduit donc par un processus de sélection négative au cours duquel seuls les biens de mauvaise qualité restent disponibles à la vente.

                        http://www.melchior.fr/George-A-Akerlof-prix-nobel.10314.0.html

 

  1. Quelles sont les informations normalement apportées par le prix d’une voiture d’occasion ?

  2. Pourquoi peut-on dire que, sur le marché de l’occasion, l’information est « asymétrique » ?

  3.  Quel est le risque principal de cette asymétrie d’information ?

  4. Complétez le schéma à l’aide des éléments suivants : Impossible de distinguer les bonnes voitures des mauvaises ; la proportion de véhicules de mauvaise qualité va augmenter ; les vendeurs de voitures de bonne qualité se retirent du marché ; le prix des voitures baisse ; les acheteurs peuvent être tentés de quitter le marché ; l’information est insuffisante ;   les acheteurs se retirent du marché ; possible disparition du marché.  

Document 3 - Information du marché

 

  1. Quels sont les moyens dont dispose le consommateur aujourd'hui pour pallier à l'insuffisance d'information lors d'un achat ?

  2. L'information, grace à des moyens, pourra-t-elle être parfaite 

Document 4 - Les externalités

On parle d’externalité (ou d’effet externe) lorsque l’action de consommation ou de production d’un agent a des conséquences sur le bien-être d’au moins un autre agent sans que cette interdépendance soit reconnue par le système de prix, et donc sans donner lieu à compensation monétaire. L’agent émetteur de l’effet externe n’est alors pas conduit à intégrer dans son calcul avantages-coûts la nuisance (en cas d’externalité négative) ou le bénéfice (en cas d’externalité positive) que son comportement engendre pour autrui. Par suite, la valeur sociale de son activité diffère de sa valeur privée. S’il n’est pas rémunéré pour sa contribution au bien-être collectif, l’émetteur d’une externalité positive optera pour un niveau d’activité sous-optimal. Inversement, s’il n’a pas à assumer monétairement la pleine responsabilité des dommages qu’il impose, l’émetteur d’une externalité négative (d’une pollution par exemple) choisira un niveau d’activité supérieur au niveau socialement optimal. Notons que la défaillance de marché ne réside pas dans la pollution en tant que telle, mais se signale par le fait que son niveau est trop élevé. Pallier cette défaillance n’impose donc pas de supprimer la pollution.

Y. Croissant et P. Vornetti, Les motifs de l’intervention publique, Cahiers français, n° 313, 2003.

 

  1. Que signifie la notion d'externalité ?

  2. Qu'est ce qu'une externalité positive ?

  3. Qu'est ce qu'une externalité négative ?

  4. Pourquoi l'existence d'externalités ne permet pas de conduire à l'optimum ?

Document 5 - Asymétrie de l'information

Pour l'économiste, l'intervention publique est justifiée lorsque le marché est inefficace ou inadapté. Dans le cas des choix alimentaires, les asymétries d'information et les externalités négatives sont deux motifs indiscutables d'intervention.

Asymétries et déficit d'information

En premier lieu, les consommateurs peuvent être mal informés des caractéristiques des aliments et des effets de leurs choix sur leur santé. Dans ce cas, l'intervention publique est justifiée soit parce qu'il y a des asymétries d'information (les producteurs connaissent les caractéristiques de leurs produits, mais ne les révèlent pas totalement), soit parce qu'il y a un déficit d'information générique (comme tous les biens publics, l'information générique tend à être fournie en quantité insuffisante par les marchés privés). Les asymétries d'information sont une cause indiscutable de mauvais fonctionnement des marchés. Comment en effet prendre la bonne décision si l'on n'est pas bien informé des caractéristiques d'un produit et des conséquences d'un comportement ? L'intervention des Pouvoirs Publics consiste alors d'une part, à contraindre les producteurs à révéler l'information privée, par exemple grâce à un étiquetage obligatoire standardisé, et d'autre part, à assurer la fourniture d'information publique par des campagnes spécifiques. Dans ce dernier cas, encore faut-il veiller à ce que l'information publique ne soit pas noyée sous l'information commerciale et faire en sorte qu'elle soit utilisable rapidement et facilement par les consommateurs (Cawley, 2004).

Externalités négatives

Un consommateur bien informé est en droit de faire des choix non conformes aux recommandations nutritionnelles, sans que cela justifie l'intervention publique, aussi longtemps qu'il supporte l'ensemble des conséquences de ses choix. En revanche, si ses choix imposent des coûts à d'autres, il y a alors des effets externes négatifs et l'intervention publique est justifiée pour les corriger. Dans le cas du surpoids et de l'obésité, les surcoûts de santé imposent des externalités négatives aux bénéficiaires de l'assurance maladie, mais les personnes obèses peuvent aussi générer des externalités positives pour les membres des caisses de retraite si leur espérance de vie est plus faible (Cawley, 2004). Aux États-Unis, différentes évaluations pour les années 1996-1998 (Sturm, 2002 ; Finkelstein et coll., 2003) montrent que les dépenses médicales annuelles des personnes obèses dépassent celles des non obèses d'environ 36%. Finkelstein et coll. (2003) estiment qu'environ la moitié des surcoûts attribuables au surpoids et à l'obésité sont pris en charge par un financement public (Medicare et Medicaid). Même si le bilan complet des externalités n'a pas été établi, les ordres de grandeur justifient l'intervention publique, d'autant que l'évolution des coûts de santé conduit à penser que l'essentiel des conséquences du développement de l'obésité n'est pas encore visible (Sturm, 2002).

Source :www.senat.fr

 

  1. Trouvez un exemple montrant que, dans le domaine alimentaire, il existe une asymétrie d’information

  2. Pour quelle raison les pouvoirs publics souhaitent ils résoudre ce problème ?

  3. Donnez quelques exemples d’externalités négatives liées à la hausse de l’obésité.

  4. Comment les pouvoirs publics peuvent ils agir pour réduire ces externalités ? 

Document 6 - La richesse des nations

"Dans le système de la liberté naturelle, le souverain n'a que trois devoirs à remplir ; trois devoirs, à la vérité, d'une haute importance, mais clairs, simples et à la portée d'une intelligence ordinaire. Le premier, c'est le devoir de défendre la société de tout acte de violence ou d'invasion de la part des autres sociétés indépendantes. Le second, c'est le devoir de protégéer, autant qu'il est possible, chaque membre de la société contre l'injustice et l'oppression de tout autre membre, ou bien le devoir d'établir une administration exacte de la justice. Le troisème, c'est le devoir d'ériger et d'enretenir certains ouvrages publics et certaines institutions que l'intérêt privé d'un particulier ou de quelques particuliers ne pourrait jamais les porter à ériger ou à entretenir, parce que jamais le profit n'en rembourserait la dépense à un particulier ou a quelques particulier, quoique à l'égard d'une grande société ce profit fasse beaucoup plus que rembourser les dépenses".       

Adam Smith - Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations

 

  1. Donnez des exemples d’ouvrages publics 

  2. Pourquoi, selon Smith, l’Etat doit-il prendre en charge ces ouvrages ?

Document 7 - La consommation

La théorie microéconomique du consommateur ne s’applique qu’à des biens privés, c'est-à-dire dont la consommation par un individu est exclusive de la consommation par un autre. Une tomate est un bien privé& : si elle est consommée par un individu, elle n’est pas consommée par un autre.

Mais il existe des biens collectifs : biens qui peuvent être utilisés simultanément par plusieurs individus sans que la consommation de l’un réduise la consommation de l’autre : le film projeté dans une salle de cinéma, l’éclairage public….

Le marché concurrentiel est manifestement inefficient pour la production d’une catégorie particulière de biens collectifs : "les biens ou les services collectifs pur". Un bien collectif pur est un bien pour lequel aucun agent privé ne peut exclure les utilisateurs qui ne sont pas disposés à payer. En conséquence, un producteur privé n’ayant pas le pouvoir de contraindre d’autres agents par la force, tout le monde à intérêt à ne pas révéler ses préférences et à attendre que les autres paient la production du service. Si les autres paient le service, l’individu en bénéficiera bien qu’il n’ait pas payé.

Ainsi, la société et chaque individu se trouvent manifestement mieux si les services collectifs purs sont produits mais personne n’a intérêt à révéler sa disposition à payer ces services ; en conséquence, des entreprises privées ne seront pas en mesure d’assurer leur production. Seule une institution qui dispose du pouvoir de contrainte par la force, l’Etat, peut produire ce type de services. En effet, l’Etat, lui, peut contraindre tous les individus à payer les services collectifs en levant des impôts.

Source Jacques Généreux, Economie politique (T2 Microéconomie), Hachette, 2008.

 

  1. Qu’est ce qu’un bien ou un service collectif ?

  2. Placez correctement les "biens collectifs purs" et les "biens privés" dans le tableau suivant :  

  1. Pourquoi un entrepreneur privé n'assurera-t-il pas la production de biens et services collectifs purs ?

  2. Quel est le seul agent économique susceptibel de les prendre en charge et pourquoi ?

  3. Comment les biens et services collectifs purs seront-il financés ?

Approfondissement

Faisons le point

le marché est défaillant ...

Le marché ne fonctionne pas toujours parfaitement. Il connaît un certain nombre de défaillances.

On dit d’un marché qu’il est défaillant s’il ne permet pas de fixer un prix et permettre les échanges de façon efficace, le marché échoue dans l'allocation optimale des ressources. La poursuite des intérêts privés ne conduit toutefois pas toujours à la réalisation de l'intérêt de tous.

Ces défaillances se produisent dans plusieurs situations

Les asymétries d’information

Dans le modèle de concurrence pure et parfaite, on fait l’hypothèse que les agents économiques sont parfaitement informés (sur la qualité, les prix….). Dans la réalité, sur les marchés, l’information est imparfaite. Le marché ne fonctionne souvent qu’en situation d’asymétrie d’information.

L’information est dite asymétrique lorsque l’un des participants à l’échange dispose d’informations que l’autre n’a pas, ce qui va conduire à un dérèglement du marché car celui qui détient l’information peut l’utiliser à son profit.

Certains offreurs ou demandeurs, en situation d’incertitude, peuvent prendre de mauvaises décisions ou se retirer du marché, ce qui conduit à un déséquilibre ou à une absence de marché.

 

La production et la diffusion d’information permettent de réduire les incertitudes ;et de rétablir la confiance entre offreurs et demandeurs : par exemple grâce aux labels, à la publicité, aux comparateurs de prix, aux magasines de consommateurs, aux certifications……)

 

Les marchés peuvent être défaillants dans le domaine de l’allocation des ressources en présence de biens collectifs ou d’externalités.

On parle d'externalités lorsque les actions d'un agent économique ont un impact positif ou négatif sur le bien-être et le comportement d'autres agents sans compensation monétaire (cet impact n'est pas pris en compte dans les calculs de l'agent qui le génère).

Les externalités peuvent se révéler positives ou négatives.

On distingue :

les externalités négatives : par exemple, lorsqu’une usine pollue l’environnement, le voisinage en subit les désagréments (problèmes de santé, baisse du prix de l’immobilier….) sans indemnisation

Les externalités positives : par exemple, l’implantation d’une usine crée des emplois ce qui est favorable au voisinage (les commerçants voient leur clientèle augmenter) sans que celui-ci participe d’aucune manière au financement de l’avantage dont il bénéficie.

L’existence d’externalités empêche une allocation optimale des ressources dans la mesure où :

un agent créant une externalité positive, qui améliore l’intérêt général sans être rémunéré ne sera pas encouragé à accroître son activité puisqu’il n’est pas récompensé.

Un agent créant une externalité négative, qui nuit au bien être collectif, n’aura pas intérêt à réduire son activité puisqu’il n’en subit pas le coût. Le marché ne l’incite en effet pas spontanément à réduire ce coût.

Les externalités ne sont pas prises en compte dans le prix du produit, le prix est ; "faux".

Les biens collectifs  sont des biens qui peuvent être consommés par plusieurs personnes à la fois. Chacun des consommateurs consomme la totalité du bien.

Ceux-ci ont deux caractéristiques :

- Ils sont indivisibles

- Ils sont librement accessibles

Le marché échoue dans la prise en charge les biens collectifs du fait de leurs caractéristiques (non exclusion, non rivalité) même s’ils sont très utiles, il n’y a pas de marché possible, donc il n'y a aucun mécanisme permettant de fixer le prix.

En effet, personne ne sera prêt à payer pour consommer ce bien dans la mesure où il est possible d’en profiter gratuitement, il est difficile d’interdire l’accès à ce bien à ceux qui ne paient pas (comportement de "passager clandestin") ; par exemple, l'éclairage public. De même, aucun producteur ne sera encouragé à produire ce bien s’il ne peut obtenir un paiement en contrepartie (ex qui doit payer l’éclairage d’une route qui acceptera de payer ?). Pour ce type de bien, il n’y a donc pas de marché possible ou le marché serait inefficace (la production serait insuffisante).

Les pouvoirs publics peuvent être amenés à intervenir pour corriger ces défaillances.

L’Etat va contrôler l’information mise à disposition des consommateurs. Il peut réglementer l’attribution des labels par exemple, contrôler la publicité, obliger les producteurs à fournir certaines informations sur la qualité de leurs produits……. Par exemple, la présence d’OGM dans les produits alimentaires.L’Etat peut prendre en charge la production des biens collectifs dans la mesure où ils sont favorables à l’intérêt général et que le marché ne peut les prendre en charge. Les biens collectifs seront financés collectivement, par le biais de l’impôt. Ex : l’éclairage public, la construction d’une route…….

Il peut prendre des mesures visant à orienter les décisions économiques afin de :

réduire les externalités négatives en en augmentant le coût privé

encourager les actions qui génèrent des externalités positives en en diminuant le coût privé

par la réglementation, l’indemnisation ou la taxation de manière à "internaliser" les effets externes.

Ex : taxer les entreprises polluantes ou subventionner les investissements dans les énergies renouvelables.

À lire

Sites internet

http://www.journaldumauss.net/spip.php?article690
http://www.melchior.fr/George-A-Akerlof-prix-nobel.10314.0.html

Livres et articles :

« Découverte de la microéconomie », Cahiers Français, n°254.
Bernard Bernier, Henri-Louis Védié, « Initiation à la microéconomie », Dunod, 2009.
G. Rotillon, « Introduction à la microéconomie », , La découverte, 1992.
P. Cahuc, « La nouvelle microéconomie », La découverte, 1998.
P. Krugman et R. Welles, Microéconomie , De Boeck, 2009.
Jacques Généreux, Economie politique (T2 Microéconomie) , Hachette, 2008.
Jean Gabszewicz, La concurrence imparfaite , Coll. « Repères » La Découverte, 2003.

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