Cours de Première ES : 5. Régulations et déséquilibres macroéconomiques

Question 4. Quelles politiques conjoncturelles ?

Découverte

Document 1 - La politique budgétaire : l’exemple du projet de loi de finances 2012 (document vidéo)

Source: http://www.budget.gouv.fr/video/presentation-projet-loi-finances-pour-2012-conference-presse

  1. [Les questions portent sur la partie de la vidéo à partir de 21 minutes et 30 secondes environ, soit l’intervention de la ministre Valérie Pécresse, ses 5 premières minutes environ] Quels sont les engagements pris par les autorités publiques françaises qui contraignent le budget 2012 ?
  2. Quels sont les points forts de ce budget, soulignés par la ministre ?
  3. Est-ce un budget de relance ou plus restrictif ? Justifier sa ou ses réponse(s) par des exemples de mesures cités.
Document 2 - La politique budgétaire : efficace ?

Une question fondamentale de l’économie publique est de savoir si les agents s’enrichissent réellement lorsque l’Etat s’endette pour leur distribuer des revenus. L’équivalence ricardienne a été l’objet d’un des débats fondamentaux de la fin du siècle.

La théorie dite keynésienne est claire : lorsque la consommation publique augmente et que ces dépenses sont financées par un déficit public, la demande globale augmente. Il en est de même si les dépenses publiques sont constantes mais qu’on réduit les impôts en augmentant le déficit . Une politique budgétaire expansionniste menée par un déficit public est donc favorable à la croissance . […] [L’]équivalence Ricardo-Barro […] constitue un apport théorique majeur qui s’oppose à la vision dite keynésienne conventionnelle. L’intuition est simple : comme les agents savent que les dépenses publiques seront tôt ou tard financées par des impôts, ils considèrent le déficit comme un impôt de demain. Par conséquent, ils diminuent leur consommation privée, ce qui compense exactement la consommation publique. La dette publique n’est pas une richesse nette pour les agents privés. L’effet est donc nul. Il y a neutralité des moyens de financement des dépenses publiques.

Source: Bacache-Beauvallet Maya, Montoussé Marc, Textes fondateurs en sciences économiques depuis 1970 , Bréal, 2003, p 33.

  1. Expliquer les relations économiques résumées par le passage du texte en caractères gras.
  2. Pourquoi, selon l’intuition de l’économiste Robert Barro, les agents économiques sont-ils conduits à diminuer leur consommation privée ?
  3. Expliquer alors, que la conclusion de cet économiste, est l’inefficacité de la politique budgétaire.
Document 3 - Des dépenses publiques pour la recherche et la formation

Sans surprise, étant donnée la taille du projet, c’est la future université de Saclay qui rafle la plus grosse mise. Hier, le premier ministre, François Fillon, a annoncé la répartition des dotations en capital entre les lauréats de la deuxième vague de l’appel à projets «Initiatives d’excellence» des investissements d’avenir, ces futurs campus à vocation mondiale. […] Saclay décroche 950 millions d’euros, suivi de Sorbonne Université […] avec 900 millions, puis l’université Paris Sorbonne Paris Cité avec 800 millions, Toulouse et Aix-Marseille avec chacun 750 millions d’euros. […]

Les lauréats vont recevoir une avance de 10 millions d’euros ainsi qu’un préfinancement de 10% de leurs laboratoires d’excellence, selon Matignon. […] Le ministère de l’enseignement supérieur et le commissariat général à l’investissement ont aussi annoncé hier les 37 lauréats à l’appel à projets sur les «Formations innovantes».

Source: «Grand emprunt: plus de 6 milliards pour les campus d’excellence » Ficek Isabelle, Les Echos , 14 mars 2012, p 15.

  1. Quels sont les objets des dépenses publiques dont il est question dans cet article ?
  2. Quel financement est prévu pour ces dépenses, d’après le titre donné à l’article ?
  3. Quelles conséquences rapides, directes peut-on attendre de ces dépenses ?
  4. Celles-ci n’ont-elles qu’un objectif conjoncturel ? Justifier sa réponse.

 

Document 4 - Du rôle des banques à celui des banques centrales (document photo)

Source: http://www.fbf.fr/fr/files/8R3BM5/Communication_FBF_01-02-2012.pdf

  1. Expliquer « Les collaborateurs des banques françaises soutiennent l’économie ». Quel rôle des banques est ici mis en avant ? De quels moyens disposent-elles pour l’assurer ?
  2. Que peut-on en déduire sur le rôle de la banque centrale, parfois appelée " banque des banques " ?
  3. Représenter, par un schéma de causalité simple, le lien entre l’action de la banque centrale et les différentes composantes de la demande globale.
Document 5 - Les taux directeurs de la Banque Centrale Européenne et de la Fed (graphique)

Source: http://france-inflation.com/taux-directeurs-bce-fed.php

  1. Expliquer, définir : taux directeur.
  2. Le taux pour la BCE : quels sont ses grands moments d’évolution (points hauts et points bas)?
  3. Quel est l’objectif statutaire de la Banque Centrale Européenne ; en matière de politique monétaire? Que pourrait-on en déduire sur la situation économique de la zone euro durant ces différentes périodes ?
  4. Comparer les choix effectués par les deux banques centrales.
Document 6 - Les politiques monétaires des pays développés restent très accommodantes

La Banque Centrale Européenne (BCE) a réactivé en août 2011 le programme d'achats de titres souverains (Securities Market Programme, SMP), en raison de la contagion des tensions sur les dettes souveraines à l'Espagne et à l'Italie. À la date du 14 novembre 2011, l'encours de titres a été porté à 195 Md € (2,1 % du PIB de la zone euro), soit une hausse de 121 Md € depuis début août 2011. La BCE a annoncé qu'elle allait poursuivre son programme d'achat d'obligations sécurisées (Covered Bond Purchase Programme, CBPP), portant l'encours à 100 Md € contre 60 Md € actuellement. Des opérations de refinancement à long terme (12 et 13 mois) ont également été mises en œuvre en octobre et une autre le sera en décembre. Enfin, après deux légères remontées en avril et juillet, la BCE a abaissé son taux directeur de 25 points de base le 3 novembre, le portant désormais à 1,25 %. La Fed, qui semble toujours porter son attention sur l'important écart de production et sur le sous-emploi aux États-Unis, a annoncé qu'elle ne relèverait pas son taux directeur avant la mi-2013. Son engagement, pris à l'occasion du Federal Open Market Committee le 21 septembre 2011, d'allonger la maturité de son actif devrait peser à la baisse sur les taux souverains. La Bank of England (BoE) ne devrait pas modifier ses taux directeurs avant la fin 2012 malgré la forte inflation attendue pour 2011 (+4,2 %), qui provient pour l'essentiel d'effets temporaires (hausse de la TVA, dépréciation de la livre, hausse du prix des matières premières). La BoE a également décidé d'augmenter de 75 Md£ le montant de ses achats de titres, à l'occasion de sa décision du 6 octobre. Enfin, la Bank of Japan, face à la persistance des tensions déflationnistes et compte tenu des efforts de reconstruction, conserverait sa politique de taux zéro à l'horizon de la prévision.

Source: «La situation économique mondiale à l’automne 2011 : une reprise vulnérable » Baillehache Sylvain et Lissot Pierre, Trésor-Eco n°96, décembre 2011, p 5.

[Article complet disponible en ligne : http://www.tresor.economie.gouv.fr/File/333082 ]

  1. Quelles actions menées par les banques centrales citées dans cet article nous montrent que la politique monétaire en 2011 a été « accomodante » ?
  2. Les politiques des pays développées ont-elles été proches ?
  3. Quel peut-être l’intérêt de politiques monétaires communes au niveau international ?
Document 7 - Le lien entre évolution de la dette publique et taux d'intérêt

Source: Cotis Jean-Philippe et Champsaur Paul, Rapport au président de la république sur la situation des finances publiques, avril 2010, p55.

[Rapport complet disponible en ligne : http://www.insee.fr/fr/publications-et-services/dossiers_web/finances-publiques/rapport-finances-publiques.pdf ]

  1. [graphe n°34 p 55] Que signifie le point représentatif de la France sur ce graphique ?
  2. Comment interpréter la droite représentée ?
  3. Que peut-on en déduire sur les implications négatives possibles des politiques budgétaires d’expansion ?
Document 8 - Des exemples de politiques conjonctuelles menées en France

Les politiques de relance apparaîssent en italiques.

  1. Quel est le contexte conjoncturel dans lequel se sont appliquées ces politiques économiques ?
  2. Montrer pourquoi, comment, les politiques qualifiées « de relance » (en italiques) pourraient conduire à la croissance économique.
  3. Parmi les autres plans présentés : lesquels relèvent de la politique monétaire ? de la politique budgétaire ?
  4. Montrer qu’ils ont davantage un objectif restrictif en matière de croissance.
  5. Schématiquement, les politiques de relance présentées ont eu des effets décevants en matière de croissance du fait de l’ouverture internationale de l’économie française : pourquoi ?
  6. De même, les politiques restrictives ont eu des effets décevants en terme de croissance économique et d’emploi : pourquoi ?

Approfondissement

Des politiques conjoncturelles pour tenter de résorber les déséquilibres macroéconomiques

Une politique conjoncturelle est d’abord une politique économique, donc une action volontariste de l’Etat, répondant aux fonctions précédemment définies de celui-ci. On la distingue en général d’une politique structurelle car elle a des objectifs de court terme, quelques mois ou un an. Elle correspond à la fonction de régulation ou de stabilisation de l’Etat, de lutte contre les déséquilibres macroéconomiques. La question précédente a permis d’analysé les principaux concernés : inflation, chômage, déséquilibre extérieur. Les moyens utilisés par la politique conjoncturelle sont essentiellement le budget de l’Etat (la politique peut agir sur les dépenses comme sur les recettes, la politique fiscale en est donc un exemple) et la monnaie (ses leviers sont la quantité de monnaie en circulation et le prix de cette monnaie, ce qui inclut son taux de change vis-à-vis d’autres devises).

La politique budgétaire de régulation conjoncturelle peut tout d’abord avoir pour but de favoriser la croissance économique. Elle est alors expansionniste ou de relance. La hausse des dépenses publiques (ou la baisse des prélèvements obligatoires) est destinée à faire croître la demande globale (consommation, investissement directement ou indirectement stimulés), la production et ainsi l’emploi, pour faire diminuer le chômage. A l’inverse, une politique restrictive ou de rigueur, qui limite les dépenses ou accroît les prélèvements obligatoires, a pour but de résorber le déficit public ou bien de lutter contre l’inflation issue d’une demande excessive.

La politique budgétaire peut avoir également une dimension structurelle ou de moyen/long terme lorsque les dépenses ou les recettes publiques impliquées sont facteurs de croissance endogène (investissements en infrastructures, en formation, en recherche…)

La politique monétaire de régulation conjoncturelle peut elle aussi avoir pour but de favoriser la croissance économique : Elle est dans ce cas expansionniste. L’action sur la quantité de monnaie en circulation (volume de crédit disponible pour l’économie) ou sur le prix de cette monnaie (taux d’intérêt pratiqués) peut favoriser ou non la demande globale, puis la production, et enfin l’emploi. Les agents économiques seront incités à emprunter lorsque les crédits seront bon marché, ce qui est  un encouragement à la dépense. Ils en seront dissuadés lorsque les crédits sont chers, la dépense sera limitée. Limiter la quantité de crédit ou augmenter son prix est destiné à lutter contre l’inflation ; la politique est qualifiée de restrictive. Lutter contre l’inflation est également un moyen de défendre une monnaie à fort pouvoir d’achat sur le marché des devises : les importations sont moins coûteuses, les capitaux sont attirés.

En France, c’est la Banque Centrale Européenne qui est chargée de mener ce type d’action. Elle fixe le taux des réserves obligatoires des banques commerciales, le prix de leur refinancement, et agit sur les taux d’intérêt en achetant et vendant des titres sur les marchés monétaires.

La politique monétaire peut elle aussi devenir structurelle lorsqu’elle s’imprime sur une longue période : la politique actuelle de désinflation en est un exemple. Il s’agit de stabiliser les prix à long terme et de marquer les anticipations des agents économiques dans ce sens.

Des contraintes importantes sur leur efficacité : Dans les faits, les marges de manœuvre de ces politiques économiques sont limitées

Il existe en premier lieu des contraintes communes à ces politiques : D’autres déséquilibres peuvent en résulter. En économie ouverte, une part importante de la demande globale est destinée à des agents économiques non résidents. Un effort d’expansion monétaire ou budgétaire supporté par un pays pourra produire ses effets positifs sur un autre, partenaire commercial. Le déséquilibre extérieur peut s’en trouver aggravé. Ces politiques d’expansion comportent aussi un risque inflationniste : Une activation de la demande de biens et services dans un contexte d’offre de biens et services limitée ou contrainte est générateur d’inflation. A l’inverse, une politique restrictive efficace sur l’inflation peut brider la croissance économique ou échouer à lutter contre le chômage.

La politique budgétaire d’expansion est spécifiquement limitée par son financement : un financement par l’impôt peut dissuader l’activité économique s’il devient excessif. Un financement par l’emprunt accroît la charge de la dette et pose la question de son renouvellement. La captation des fonds prêtables par l’Etat peut évincer les autres agents économiques. Une politique restrictive, elle, est susceptible de nuire à la capacité de l’Etat à assurer ses différentes missions, économiques sociales ou politiques. L’adoption du pacte de stabilité et de croissance en 1997 par les membres de la zone euro a d’ailleurs formellement limité la marge de manœuvre des Etats.

La politique monétaire est soumise à la contrainte extérieure : une monnaie «forte» impacte la compétitivité prix des exportations. Dans le cadre de la zone euro, cette politique menée par la BCE est qui plus est, unique.

Au total, plus que le choix d’une politique conjoncturelle, c’est bien la cohérence du « mix » qui va se révéler stratégique pour les pouvoirs publics.

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