Cours

Cours de Première ES : 1. Les grandes questions que se posent les économistes

Question 4. Comment répartir les revenus et la richesse ?

Découverte

Document 1 – La répartition de la valeur ajoutée des sociétés non financières en 2009

Source : Insee, comptes nationaux - base 2000

  1. Faites des phrases donnant la signification des données en gras.

  2. Complétez le schéma ci-dessous :

Les revenus issus de la valeur ajoutée
   

  1. Calculez les montants, en milliards d’euros, respectivement perçus par les salariés, l’entreprise et l’Etat en 2009.
  2. Qui sont les principaux bénéficiaires de la valeur ajoutée en 2009 ?
Document 2 – Evolution du partage de la valeur ajoutée des sociétés non financières entre travail et capital

(1) Le taux de marge est la part de l’excédent brut d’exploitation dans la valeur ajoutée (Taux de marge = (EBE/VA). Il mesure donc la part du profit dans la valeur ajoutée, c'est-à-dire la part de la valeur ajoutée qui rémunère les apporteurs de capitaux.

Source : Insee, Comptabilité nationale en base 2000

  1. Choisissez la ou les bonne(s) réponse(s):

a. En 1949, en France, selon l’Insee, sur 100 euros de valeur ajoutée…

70 étaient versés aux salariés 
70 revenaient aux propriétaires de l’entreprise
28 revenaient aux apporteurs de capitaux sous forme d’excédent brut d’exploitation

b. Entre 1982 et 1989, les salariés ont connu…

une baisse de leur rémunération
une augmentation de leur rémunération
une baisse du poids de leur rémunération dans la valeur ajoutée

c. La part de la rémunération des salariés et la part de l’excédent brut d’exploitation…

évoluent dans le même sens
évoluent en sens inverse
n’ont pas de liens particuliers

  1. Décrivez l’évolution du partage de la valeur ajoutée entre travail et capital entre 1949 et 2006 en distinguant quatre périodes.

Document 3 – A quoi sert l'EBE ?

L’excédent brut d’exploitation (EBE) des entreprises est redistribué sous trois formes principales : une part va au paiement de l’impôt sur les sociétés, une part sert à payer les intérêts des emprunts contractés dans le passé, une part rémunère directement les propriétaires du capital. Ce qui reste après l’ensemble de ces paiements est qualifié d’épargne. L’épargne peut soit alimenter la trésorerie, soit autofinancer les investissements nouveaux.

Source : Partage de la valeur ajoutée, partage des profits et écarts de rémunération en France, Insee

A l’aide du texte, complétez le schéma ci-dessous avec les termes suivants : impôts sur les sociétés, trésorerie, épargne brute, dividendes, intérêts d’emprunt, investissements

  1. Quels sont les points communs entre ces deux productions ?

  2. Qu’est-ce qui les distingue ?
Document 4 – Les enjeux du partage de la valeur ajoutée

La valeur ajoutée par l'ensemble des agents économiques se compose du revenu des salariés, de celui des propriétaires du capital, des impôts prélevés par l'Etat et des frais financiers versés aux institutions financières.

Deux facteurs contribuent à la création de la valeur ajoutée dans l'entreprise : le capital et le travail. L'Etat peut marginalement influer sur sa répartition, soit en pesant sur les négociations salariales, soit en redistribuant l'impôt. Favoriser le capital répond au souci de préserver les capacités des entreprises à investir. Favoriser le travail revient à augmenter les salaires.

  Source : Le Monde, 7 février 2009

  1. Comment l’Etat peut-il agir sur la répartition de la valeur ajoutée entre travail et capital ?

  2. Expliquez le passage souligné.

 

Document 5 - Les revenus primaires des ménages

Les revenus sont la contrepartie de la production, plus exactement du PIB […]. Ceux qui ont participé d’une manière ou d’une autre à la production en reçoivent une part appelée revenu primaire (répartition primaire). La masse de ces revenus est donc liée au volume du PIB […]. Toutefois, seule une partie est distribuée aux ménages.

Les revenus primaires diffèrent selon leur origine. Certains rémunèrent les agents économiques ayant fourni leur force de travail (salariés et travailleurs indépendants) : ce sont des revenus du travail ou des revenus d’activité. D’autres sont perçus par les agents ayant fourni du capital financier (prêteurs, actionnaires…) ou physique (propriétaires fonciers ou immobiliers…). Ce sont des revenus du capital (ou revenus de la propriété).

Certains revenus sont à la fois des revenus du capital et des revenus du travail : l’entrepreneur individuel est un travailleur indépendant. Son revenu rétribue son travail mais aussi les capitaux qu’il a placés dans son exploitation. Il s’agit alors d’un revenu mixte.

Source: Serge d’Agostino et Gabriel Trombert, « Redistribution des revenus », Cahiers français n°279, La Documentation française, janvier-février 1997

  1. Vrai ou Faux ? Corrigez lorsque la proposition est fausse :

a. Les revenus primaires sont issus de la valeur ajoutée.
b. La totalité des revenus primaires revient aux ménages.
c. Les ménages qui n’ont pas participé à la production perçoivent aussi des revenus primaires.
d. Seuls les ménages qui exercent une activité salariée perçoivent des revenus primaires.

  1. Pour chaque exemple, cochez la case correspondante :

Document 6 - Tous les revenus ne sont pas primaires

  1. A quelles conditions les revenus figurant dans ce tableau sont-ils perçus ?

  2. Ces revenus sont-ils des revenus primaires ? Justifiez.

 

Document 7 – La distribution et la redistribution des revenus

Source : Hélène Delhommeau

A l’aide du schéma ci-dessus, complétez le texte ci-dessous avec les termes suivants : revenus secondaires, consommer des biens et services, revenus primaires, cotisations sociales, redistribution des revenus, administrations publiques, impôts, épargner.

Attention : « revenus primaires » et « revenus secondaires » peuvent être utilisés deux fois.

Les ménages qui participent directement ou indirectement à la production perçoivent des …………………………………, sous forme de revenus du travail, de revenus mixtes ou de revenus de la propriété. Des prélèvements obligatoires sont effectués sur les revenus primaires par les …………………………………………………….., c'est-à-dire par l’Etat, les collectivités locales et les organismes de sécurité sociale. Ces prélèvements obligatoires prennent la forme d’…………………… et de …………………………………. Une fois collectés, ils servent à financer les …………………………………… versés selon des critères sociaux. Ce processus par lequel les administrations publiques ponctionnent une partie des revenus primaires pour ensuite distribuer des revenus secondaires s’appelle la ……………………………………………………….
Le revenu disponible des ménages est le revenu dont ils disposent une fois la redistribution des revenus effectués. Il se calcul de la façon suivante :
Revenu disponible = ……………………………………… - impôts et cotisations sociales + ……………………………… Le revenu disponible est utilisé par les ménages pour …………………………………………………… et pour …………………….

Document 8 – Redistribution verticale et horizontale

La redistribution horizontale opère des transferts de revenus qui ne sont pas motivés par la hiérarchie des revenus primaires. Elle s’opère donc entre des individus (ou des ménages) qui appartiennent à la même strate de revenu primaire. Les allocations familiales, par exemple, donnent lieu à des transferts entre ménages dont les revenus primaires sont comparables, mais qui diffèrent quant au nombre d’enfants.

La redistribution verticale s’opère entre individus et catégories ayant des revenus différents. Les titulaires de revenus élevés paient des impôts et des cotisations sociales pour assurer le versement de prestations aux titulaires de revenus faibles. La redistribution des revenus vise donc à réduire les inégalités des revenus.

Source : Dictionnaire de sciences économiques, Alain Beitone, Christine Dollo, Jean-Pierre Guidoni, Alain Legardez, coll. Cursus, Armand Colin, 1991

  1. Quelle redistribution (verticale ou horizontale) est-elle susceptible de modifier la répartition primaire des revenus ? Justifiez votre réponse.

  2. Déterminez pour chaque exemple de revenu secondaire ci-dessous s’il s’inscrit dans une logique de redistribution verticale ou horizontale.
Document 9 – Les effets de la redistribution sur les inégalités de revenus (en 2009)

 Source : D’après Insee, France portrait social, Edition 2010

  1. Que signifie «avant redistribution» et «après redistribution »?

  2. Faites des phrases donnant la signification des données en gras.

  3. Quel est l’effet de la redistribution sur les inégalités de revenus ? Justifiez en vous appuyant sur le tableau ?

Approfondissement

La valeur ajoutée est distribuée sous forme de revenus primaires

La valeur ajoutée, c'est-à-dire la richesse créée par les agents économiques, est versée sous forme de revenus à ceux qui on participé directement ou indirectement à la production. Ces revenus sont appelés les revenus primaires. Dans un premier temps, ces revenus issus de la valeur ajoutée se répartissent entre les salariés, qui perçoivent des revenus du travail, l’Etat, qui perçoit des impôts sur la production (contribution économique territoriale, taxe foncière…) et les entreprises qui perçoivent ce qui reste, c'est-à-dire l’excédent brut d’exploitation (EBE). L’EBE constitue la première mesure du bénéfice des entreprises. Les revenus du travail perçus par les salariés incluent les salaires mais aussi les cotisations sociales salariales et patronales. Les salaires sont directement perçus par les salariés alors que les cotisations sociales sont des prélèvements opérés par les caisses d’assurance maladie, les caisses de retraite, les caisses d’assurance chômage…, qui s’en servent ensuite pour verser des revenus de transfert aux salariés (allocations chômage, pensions de retraite, remboursements de dépenses de santé…). Ces cotisations sociales sont donc finalement perçues par les salariés sous la forme de ces prestations sociales. (Document 1)

La valeur ajoutée rémunère donc ceux qui participent à la production par leur travail (les salariés qui perçoivent les salaires et cotisations sociales) et ceux qui y participent en apportant les capitaux (l’entreprise qui perçoit l’EBE). Le partage de la valeur ajoutée entre travail et capital a évolué depuis la seconde guerre mondiale. Après une période de stabilité entre 1950 et 1974, la part de la rémunération des salariés dans la valeur ajoutée a augmenté entre 1974 et 1982, tandis que la part de l’EBE dans la valeur ajoutée (taux de marge) a diminué. De 1982 à 1989, la tendance s’est inversée et est devenue plus favorable au capital : le taux de marge a augmenté, tandis que la part de la rémunération des salariés a diminué. Depuis le début des années 90, les parts du travail et du capital dans la valeur ajoutée sont restées stables. (Document 2)

L’excédent brut d’exploitation n’est qu’un premier indicateur du profit des entreprises. En réalité, il ne revient pas en totalité aux propriétaires de l’entreprise. Il permet de verser l’impôt sur les sociétés à l’Etat, de payer les intérêts aux créanciers ayant prêté des fonds à l’entreprise et enfin de rémunérer les propriétaires actionnaires sous forme de dividendes. L’épargne brute est la somme restante, une fois ces opérations effectuées. Elle peut servir à autofinancer les investissements, c'est-à-dire à financer l’achat de nouvelles machines, de nouveaux matériels, l’ouverture de nouvelles usines… sans avoir à emprunter les capitaux. (Document 3)

Ce partage de la valeur ajoutée entre travail et capital constitue un véritable enjeu politique et économique. Enjeu politique, car l’Etat peut influencer ce partage par des mesures telles que la revalorisation du SMIC pour augmenter la part du travail ou par une baisse des impôts sur les sociétés pour favoriser le capital. Les syndicats jouent également un rôle dans cette répartition en participant aux négociations salariales avec les employeurs. Enjeu économique car ce partage influe sur la croissance. En effet, l’augmentation de la part du capital favorise l’investissement des entreprises et à terme leur compétitivité tandis que l’augmentation de la part du travail est plus favorable à la consommation. (Document 4)

Toutefois, ces statistiques sont à manier avec prudence. En effet, la stabilité de la part de la rémunération des salariés dans la valeur ajoutée peut être due, soit à une augmentation des salaires nets, soit à une augmentation des cotisations sociales, au même rythme que la valeur ajoutée (la rémunération des salariés comprend en effet, à la fois les salaires nets mais aussi les cotisations sociales). Ainsi, depuis les années 90, la stabilité de la part revenant aux salariés est essentiellement due à l’augmentation des cotisations sociales, tandis que les salaires nets ont connu une croissance assez faible. Par ailleurs, ces statistiques cachent des disparités au sein des salariés : les très hauts salaires ont augmenté beaucoup plus rapidement que les bas salaires ces dernières années.

Les ménages ayant participé directement ou indirectement à la production perçoivent une partie des revenus primaires

On distingue trois types de revenus primaires des ménages : les revenus du travail, les revenus de la propriété ou du capital et les revenus mixtes. Les revenus du travail sont perçus en échange d’un travail effectué pour un employeur et sont donc perçus par les salariés. Les revenus de la propriété sont versés en contrepartie de la propriété d’un bien immobilier (maison, appartement, terrain) ou mobilier (actions, livret d’épargne, obligations…) : il s’agit, par exemple des loyers, des intérêts ou des dividendes reçus par les ménages. Enfin, les revenus mixtes sont perçus par les travailleurs indépendants qui fournissent un travail et apportent aussi les capitaux nécessaires à leur production. Ils combinent donc à la fois l’apport de travail et de capital. Ainsi, les agriculteurs exploitants, les artisans, commerçants et les professions libérales (médecins, notaires, avocats…) reçoivent des revenus mixtes. (Document 5)

Les ménages perçoivent aussi des revenus secondaires issus de la redistribution

Une partie des revenus primaires est prélevée par les administrations publiques, c'est-à-dire par l’Etat, les collectivités locales et les organismes de sécurité sociale, sous forme d’impôts et de cotisations sociales. Ces prélèvements obligatoires constituent des fonds qui servent à financer les revenus secondaires, également appelés revenus de transfert ou prestations sociales. Il s’agit par exemple des allocations chômage, pensions de retraite, minimum vieillesse, allocations familiales ou revenu de solidarité active. Ces revenus ne sont pas versés en contrepartie d’une participation directe ou indirecte à la production comme les revenus primaires mais selon des critères sociaux (niveau de ressources, état de santé, nombre d’enfants...).

Le processus par lequel les administrations publiques ponctionnent une partie des revenus primaires pour les redistribuer sous forme de revenus secondaires s’appelle la redistribution des revenus. (Documents 6 et 7)

Certaines des prestations sociales issues de cette redistribution visent à maintenir les ressources des individus atteints par certains risques sociaux comme le chômage, la vieillesse, la maladie ou la maternité. Dans, ce cas, ce sont les actifs occupés, les bien-portants ou les célibataires sans enfants qui paient pour couvrir les chômeurs, les retraités, les malades ou les familles. On parle alors de redistribution horizontale. Cette redistribution est pour l’essentiel financée par les cotisations sociales prélevées sur les salaires.

L’autre type de redistribution est qualifié de verticale. Elle consiste à verser des revenus secondaires aux individus ayant des ressources insuffisantes. La redistribution s’opère donc des plus aisés (situés en haut de l’échelle des revenus), qui paient des impôts, vers les plus pauvres (situés en bas de l’échelle des revenus). Il s’agit, par exemple de l’allocation spécifique de solidarité, du revenus de solidarité active ou du minimum vieillesse. (Document 8)

La redistribution verticale contribue donc à modifier la distribution primaire des revenus. On remarque, en effet, que les inégalités de revenus sont plus faibles après qu’avant la redistribution. (Document 9)

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