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Cours de Terminale ES : 5. Intégration, conflit, changement social

Question 2. La conflictualité sociale : pathologie, facteur de cohésion ou moteur du changement social ?

Découverte

Document 1 - Les conflits : une forme de socialisation

Le conflit a une signification sociologique, puisqu'il suscite ou modifie des communautés d'intérêt, des regroupements en unités, des organisations : voilà un principe qui n'a jamais été contesté. En revanche, pour l'opinion ordinaire, la question de savoir si le conflit lui-même, indépendamment de ses effets ultérieurs ou simultanés, n'est pas déjà une forme de socialisation, semblera certainement paradoxale. (…) Si toute interaction entre les hommes est une socialisation, alors le conflit (…) doit absolument être considéré comme une forme de socialisation.

Georg Simmel, Le conflit (1908), Circé 1995

 

1) Qu'est qu'un conflit ? 

2) Qu'est-ce que la socialisation ? 

3) Pourquoi est-il paradoxal d'affirmer que le conflit est "une forme de socialisation" ? 

4) Donnez deux exemples qui illustrent ce paradoxe 

Document 2 - Les transformations des formes de la contestation

Des personnes masquées défilent dans les rues de Hong Kong en vue d'une prochaine manifestation de soutien au mouvement «Occupy Wall Street», le 9 octobre 2011.

T. Siu /

www.slate.fr  

 

1) Qu’est-ce que le mouvement « Occupy Wall Street » ? 

2) Que représente le masque que portent ces individus ? 

3) La contestation s’est-elle mondialisée ?

Document 3 - Le conflit : pathologique ou normal ?

Loin d'être toujours un facteur "négatif" qui "déchire" le tissu social et affaiblit les liens de la vie sociale, les conflits sociaux peuvent contribuer de bien des manières complexes au maintien des groupes sociaux et des strates sociales ainsi qu'à l'émergence de nouveaux groupements. Des changements dans l'équilibre du pouvoir entre les groupes et les classes sociales s'expliquent largement par l'issue des conflits qui les ont opposés.(…)

Pour Le Bon, la foule, principal acteur de la Révolution, était irrationnelle, capricieuse, déstabilisatrice, imprévisible et effrayante. Il insista donc, ainsi que beaucoup de ses disciples, sur les caractéristiques du comportement des masses qui, d'après lui, s'opposaient au comportement normalisé et rationnel des gens ordinaires, particulièrement des bons bourgeois. Le comportement de masse était vu comme le comportement des autres ; il incarnait l'altérité ; il était le comportement de sauvages au milieu de nous. (…)

Au cours des deux dernières décennies, un schéma théorique concurrentiel, souvent appelé "théorie de la mobilisation des ressources" a proposé une autre explication due pour une part à l'impact des mouvements noirs et des revendications des droits civils des années cinquante et soixante. (…) Cette théorie rejette la prétendue différence entre comportement collectif et comportement "normal", ainsi que la soi-disant irrationalité des mouvements sociaux. Elle arrive, au contraire, à la conclusion qu'on peut étudier les mouvements sociaux dans un cadre qui n'est pas diifférent des autres comportements. Cette nouvelle approche permet de dire : dans toute arène politique, un certain nombre de groupes qualifiés pour jouer le jeu politique exerce sur les actions à mener un droit de préemption. Néanmoins, il y a toujours d'autres groupes (c'est-à-dire des ouvriers jadis, des minorités aujourd'hui, comme les Noirs ou les femmes) qui sont exclus et qui attendent le moment propice où ils mobiliseront suffisamment de ressources pour entrer en scène. Les groupes anciens leur opposeront de la résistance. Un mouvement social doit entrer en lutte contre d'autres groupes pour se faire une place au soleil et affronter des moyens de coercition, de violence, de régulation sociale, que ceux-ci sont capables de mobiliser. La question cruciale est donc la suivante : quelles sont les ressources auxquelles peuvent avoir recours les forces en lutte ? Naturellement, ces ressources présentent une grande variété : d'abord l'argent, mais aussi le nombre des adhérents, l'organisation, un pouvoir centralisé, le charisme des leaders, l’adhésion profonde à certaines valeurs, l’appel à d'autres couches sociales qui peuvent apporter leur soutien.

Lewis A. Coser (1956), Les fonctions du conflit social, PUF, 1982

 

 

1) Pourquoi le conflit n’a-t-il pas que des aspects négatifs ? 

2) Quelles sont les « ressources » mentionnées dans le texte ? 

3) La théorie de la mobilisation des ressources permet-elle d’affirmer que les mouvements sociaux sont des phénomènes pathologiques ?

Document 4 - La notion de répertoire d'action collective

Toute population a un répertoire limité d'actions collectives, c'est-à-dire de moyens d'agir en commun sur la base d'intérêts partagés. Ainsi, la plupart des gens savent aujourd'hui comment participer à une campagne électorale, fonder une association ou s'y affilier, mettre une pétition en circulation, manifester, faire la grève, tenir un meeting, créer un réseau d'influence, etc.

Ces différents moyens d'action composent un répertoire, un peu au sens où on l'entend dans le théâtre et la musique, mais qui ressemble plutôt à celui de la commedia dell'arte ou du jazz qu'à celui d'un ensemble classique. On connaît plus ou moins bien les règles, qu'on adapte au but poursuivi. Chaque représentation se joue entre deux parties au moins – l'initiateur et l'objet de l'action -, auxquelles s'en ajoute souvent une troisième ; même lorsqu'ils ne sont pas directement en cause, les agents de l'Etat, par exemple, passent une bonne partie de leur temps à contrôler, régler, faciliter et réprimer diverses sortes d'actions collectives.

Le répertoire en usage dicte l'action collective.

Charles Tilly (1986), La France conteste de 1600 à nos jours, Fayard

 

1) Quel est l’intérêt pour le sociologue Charles Tilly d’utiliser le terme de « répertoire » ?

2) Pourquoi les répertoires d’actions collectives sont-ils limités ? 

3) Quels sont les répertoires d’actions collectivess mentionnés dans ce texte ?

Document 5 - Le rôle de la transformation du capitalisme et de la croissance de l'Etat sur la contestation

Ni le développement du capitalisme ni la croissance de l'Etat ne suivent une évolution linéaire, continue, aisée. Tous deux progressent au prix de heurts, par bonds entrecoupés de crises, de reculs et d'arrêts. C'est là la principale raison pour laquelle l'histoire de la contestation est si irrégulière. Car plus que toute autre chose, les changements et les oscillations de la contestation en France dépendent des fluctuations de l'Etat et du capitalisme. La construction rapide d'un Etat guerrier au XVIIe siècle suscite une vaste résistance chez ceux dont les biens et les droits deviennent l'objet de convoitise gouvernementale. Après 1860, le boom de la production dans les grands ateliers par la discipline et la spécialisation du travail donnent à la grève une importance sans précédent. Dans ces deux cas comme dans bien d'autres, les liens entre vagues de contestation et renforcement du capitalisme et de l'Etat sont directs et puissants.

Charles Tilly (1986), La France conteste de 1600 à nos jours, Fayard

 

1) Définissez les mots capitalisme et Etat 

2) Pourquoi l'histoire de la contestation n'est-elle pas régulière ? 

3) Quel facteur donne de l'importance à la grève selon l'auteur ?

Document 6 - "Que faire ?" : "exit", "voice" and "loyalty"

Albert Hirschman a proposé un modèle d'analyse qui, pour être construit au départ pour comprendre le comportement des consommateurs face aux dysfonctionnement des firmes, n'en fonctionne pas moins confronté à l'usager mécontent d'un service public, au partisan déçu d'une cause. Défection, prise de parole et loyauté : c'est à l'intérieur de ce trytique que se situe l'espace des possibles face au mécontentement. La défection (exit) est silencieuse. Elle se traduit en changement de fournisseur, non-renouvellement de carte, mise en retrait dans l'association. La loyauté à la marque ou au mouvement fait accepter ses défauts, la baisse de ses mérites. Les sentiments de fidélité, de devoir à l'égard de ses défauts sont assez puissants pour supporter le mécontentement. La prise de parole (voice) exprime une protestation contre les mauvaises performances de la firme, du service, du mouvement. Pareille typologie peut sembler simpliste. Hirschman en fait pourtant un outil fécond pour penser les conditions d'émergence et de non-émergence de l'action collective. […] Trop de loyauté empêche l'organisation ou la firme de se corriger, trop de défection la ruine ou la vide irrémédiablement de sa force. Trop de prise de parole déstabilise ou paralyse.

Éric Neveu, Sociologie des mouvements sociaux, La Découverte 2011

 

1) Comment, selon Albert O. Hirschman, les consommateurs/individus mécontents peuvent-ils réagir ? 

2) Dans quels cas, l’action collective est-elle possible ?

3) En reprenant la terminologie d’Albert O. Hirschman proposer les solutions offertes aux adhérents d’un parti politique en conflit avec la direction 

Document 7 - Syndicats et représentativité

Les sept critères de la représentativité syndicale

(1) Pour être reconnue comme représentative, une organisation syndicale devra recueillir, au premier tour, au moins 10% des suffrages exprimés dans les entreprises et les établissements de plus de 50 salariés, et au mois 8% dans les branches ou au niveau national et interprofessionnel.

La réforme des règles de représentativité syndicale : vers un renouveau syndical ? La représentativité désigne les modalités de reconnaissance des acteurs collectifs considérés comme légitimes à agir au nom de salariés et des employeurs. Les règles qui la fondent sont le fruit de l'histoire sociale, politique et juridique d'un pays. Si en Angleterre, en Allemagne ou au Danemark, la représentativité repose sur la reconnaissance mutuelle des partenaires sociaux, en France, comme en Belgique, c'est la loi qui en fixe les critères. La représentativité des organisations d'employeurs n'étant définie par aucun texte, la question importe surtout pour les syndicats auxquels le label de la représentativité procure de nombreux droits. Les syndicats déclarés "représentatifs" peuvent ainsi désigner des délégués syndicaux, créer des sections syndicales dans les entreprises, présenter des candidats au premier tour des élections professionnelles, négocier des accords collectifs, participer à la gestion d'organismes de l'Etat social, siéger dans les organismes de concertation, bénéficier de financements ….

[…]

Désormais, pour toute organisation syndicale, la création d'une section syndicale est conditionnée par la présence prouvée de plusieurs de ses adhérents dans l'entreprise ou l'établissement concerné. […] Les nouvelles règles peuvent donner plus de poids au vote de participation à l'action et à la négociation syndicale. La limitation de l'offre syndicale, la règle majoritaire, les choix des élections professionnelles locales et la contrainte de prouver la représentativité à tous les niveaux (entreprise, branche, interprofessionnel) imposeront un lien plus étroit entre l'institution syndicale et les salariés. L'importance de l'implantation syndicale dans la nouvelle configuration peut ainsi être l'occasion d'un renouveau syndical. […]

Antoine Bevor : « La réforme des règles de représentativité syndicale » (2008-2010), IDEES n°163, mars 2011

 

 

1) Qu’est-ce qu’un syndicat ? 

2) Qu’est-ce qu’être « représentatif » pour un syndicat ? 

3) Qu’est-ce que le critère d’audience ? 

4) Quel est l’intérêt pour un syndicat d’être reconnu comme « représentatif » ? 

5) Pourquoi, selon Antoine Bevor, ces règles de représentation syndicale « peuvent donner plus de poids au vote de participation à l’action et à la négociation » ? 

Document 8 - Principaux thèmes abordés par les avenants et les accords signés en 2010 et 2009

(*) Données provisoires

Note : Ce tableau présente la fréquence des différents thèmes, sachant qu’un texte peut en aborder plusieurs.

Ministère du Travail, de l’Emploi et de la Santé – DGT (BDCC)

 

1) Faites une phrase avec la première ligne

2) Par qui sont signés les accords collectifs ?

3) Pourquoi le thème "Retraite complémentaire et prévoyance" était-il le deuxième thème abordé en 2009 et reste un thème important en 2010 ?

 

Document 9 - Les cadres plus syndiqués, les ouvriers plus militants

Si la syndicalisation n’est pas réservée aux salariés d’exécution – les cadres et professions intellectuelles supérieures adhèrent trois fois plus souvent à un groupement syndical ou professionnel que les ouvriers –, les interprétations à donner à ce constat chiffré sont multiples.

Le poids des professions de l’enseignement et de la santé, et plus généralement des emplois publics, au sein des cadres, explique leur plus forte syndicalisation.

Cependant, en entreprise également, les cadres sont plus syndiqués que les autres salariés : dans le secteur privé, 7,5 % des cadres d’entreprise sont membres d’un groupement syndical ou professionnel, contre 5 % des ouvriers.

Plus diplômés et mieux rémunérés, les cadres ont davantage les moyens d’adhérer à une organisation. S’ils sont moins syndiqués, les ouvriers n’en sont pas pour autant moins militants : alors que les cadres déclarent être en majorité de simples adhérents, les ouvriers affirment plus souvent exercer des responsabilités syndicales (28 % contre 19 % des cadres). Souvent perçu comme une prise de risque par rapport à l’employeur, l’exercice de responsabilité syndicale peut aussi être une forme d’intégration professionnelle, voire de promotion sociale pour les salariés d’exécution. (…)

Les formes d’emploi flexibles : un obstacle à la syndicalisation de la main-d’oeuvre. 

La faible syndicalisation des ouvriers et des employés, mais aussi des femmes et des jeunes, peut être reliée à la montée du chômage de masse et à la flexibilisation de la main-d’oeuvre. Les formes d’emploi flexibles sont de fait un obstacle à la participation syndicale : seuls 2,4 % des salariés en CDD ou en intérim et 6,1 % des salariés en CDI à temps partiel sont syndiqués, contre 9,4 % pour les salariés en CDI à temps complet. Les écarts sont encore plus importants lorsqu’un syndicat est présent sur le lieu de travail, ce qui peut conduire à s’interroger sur la capacité des organisations syndicales à représenter ces salariés. En 2004, les formes d’emploi flexibles concernent un quart des salariés, le tiers des femmes et des personnes de moins de 30 ans.

S’ils sont moins souvent syndiqués, ces salariés ne sont pas pour autant exclus de toute représentation syndicale : plus d’un quart des salariés en CDD, en intérim ou à temps partiel signalent qu’un syndicat est présent sur leur lieu de travail ; près de la moitié font état d’une présence syndicale dans l’entreprise ou l’administration. Au niveau de la branche, ce sont plus de neuf salariés sur dix qui bénéficient de dispositions négociées par les fédérations syndicales.

Thomas Amossé, Maria-Teresa Pignoni, « La transformation du paysage syndical » depuis 1945, Données sociales - La société française, édition 2006

 

1) Comment calcule t-on un taux de syndicalisation ? Le taux de syndicalisation des cadres ? 

2) Quels sont les deux paradoxes soulignés par les auteurs dans le premier paragraphe ? 

3) Comment expliquer le faible taux de syndicalisation des ouvriers ? 

4) La faiblesse du taux de syndicalisation est-elle synonyme de faible représentation syndicale ? Champ : entreprises de 10 salariés ou plus (secteur marchand non agricole).

Document 10 - Pourquoi faire grève ?

Motifs des grèves (2005-1007)

en % d'entreprises ayant connu une grève

Champ : entreprises de 10 salariés ou plus (secteur marchand non agricole).

Enquêtes Acemo, « Négociation et représentation des salariés », Dares

 

1) Quel est le principal motif de grève en 2007 ? 

2) Que pouvez-vous dire sur le motif "conditions de travail" ? 

3) Pourquoi le total des colonnes est-il supérieur à 100 ?

Document 11 - Le conseil de prud’hommes

Le conseil de prud’hommes est la juridiction de premier degré chargée de juger les litiges nés à l’occasion de l’exécution ou de la rupture du contrat de travail entre employeurs et salariés.

Le conseil de prud’hommes est une formation paritaire composée de juges non professionnels élus en deux collèges, par les salariés d’une part et par les employeurs d’autre part.

Les litiges sont examinés dans la section correspondant au domaine d’activité de l’employeur ou au statut dérogatoire du salarié (VRP, cadre) ; chaque conseil de prud’hommes comporte une formation de référés et cinq sections : agriculture, commerce, encadrement, industrie et activités diverses.

La section se compose d’un bureau de conciliation (un conseiller salarié et un conseiller employeur) et d’un bureau de jugement (deux conseillers salariés et deux conseillers employeurs). En effet, en instituant les conseils de prud’hommes, la loi leur a donné comme mission première la conciliation qui est du ressort du bureau de conciliation et qui n’aboutit à un procès-verbal de conciliation qui si elle est totale.

A défaut de conciliation, à la phase du délibéré les conseillers prud’hommes qui statuent toujours en nombre pair, doivent prendre une décision à la majorité absolue des voix. En cas de partage des voix, l’affaire est renvoyée devant la formation mais présidée par un juge du tribunal d’instance, qui prend alors le titre de juge départiteur.

 

1) Que signifie "paritaire" dans ce contexte ?

2) Que signifie le mot conciliation 

3) Peut-on opposer conflit et conciliation ? 

Document 12 - Taille de l'entreprise et conflit collectif

Part des établissements ayant connu un conflit collectif selon la taille

En % d'établissements

Champ : établissements de 20 salariés et plus.

Source : Enquêtes REPONSE 1998-1999 et 2004-2005, Dares.

 

1) Qu’est-ce qu’un conflit ? Un conflit collectif ? 

2) Faites une phrase avec la première et la dernière barre de l’histogramme 

3) Que peut-on déduire de ce graphique ?

 

Document 13 - Négociations collectives et grèves : deux facettes du dialogue social

Part des entreprises ayant déclaré au moins une grève selon le nombre de thèmes abordés dans les accords collectifs signés en 2007

Champ : entreprises de 10 salariés ou plus (secteur marchand non agricole).

Source : Enquête Acemo « Négociation et représentation des salariés », Dares.

 

1) Qu'est-ce qu'une négociation collective ? 

2) Faites une phrase avec le chiffre « 28,8 » 

3) La négociation réduit-elle les conflits collectifs ? 

Document 14 - Les violences et les actions en justice sont-elles un instrument du dialogue social ?

Condamné à 4.000 euros d'amende pour le saccage de la sous-préfecture de Compiègne en avril 2009, le leader CGT des salariés de l'usine Continental de Clairoix (Oise) avait refusé de se soumettre à un prélèvement d'empreinte génétique. Ce refus lui a valu un second procès au cours duquel le parquet a requis contre lui un mois de prison avec sursis. Mais le tribunal correctionnel a estimé que l'accusation était disproportionnée, d'autant que le syndicaliste avait agi dans un cadre syndical, a dit son avocate aux journalistes.

"L'infraction de dégradation de bien public est bien présente dans le texte de loi sur le fichage génétique, mais dans le cas de M. Mathieu, le juge a estimé que dans la mesure où c'était un acte commis dans le cadre d'une action syndicale, ce n'était pas un acte de délinquance", a déclaré Me Marie-Laure Dufresne-Castets.

Dans un communiqué, Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste, se félicite d'un jugement qui "rejette la criminalisation systématique des salariés qui luttent pour sauver leur emploi et leur outil de travail". (…)

Le syndicaliste avait animé un long conflit social en 2009 et en 2010 contre la fermeture de l'usine de pneumatiques Continental de Clairoix, entraînant la suppression de 1.120 postes.

Un syndicaliste relaxé pour refus de prélèvement ADN, Les Echos, 28 juin 2011

 

1) Combien de procès a eu ce salarié et pourquoi ?

2) Pour quelles raisons a t-il été relaxé ? 

3) Pourquoi un salarié peut-il se retrouver devant les tribunaux suite à la contestation d'un licenciement ? 

4) Quel rôle peuvent jouer les médias ?

 

 

Document 15 - Qu'est-ce qu'une manifestation ?

A minima cependant, la manifestation renvoie toujours à au moins quatre éléments.

L'occupation momentanée, d'abord, de lieux physiques ouverts, qu'ils soient publics (la rue) ou privés (une galerie marchande, un hall d'hôtel). Ce qui exclut de nombreuses formes de réunion et d'assemblées. Les meetings politiques, lorsqu'ils se tiennent en salle ou dans un espace fermé, les défilés d'ateliers en ateliers à l'intérieur d'une entreprise en grève, etc. ne ressortissent donc pas à proprement parler de la forme de manifestation.

L'expressivité ensuite. Toute manifestation a pour dimension première l'expressivité, pour ses participants comme pour les publics, par l'affirmation visible d'un groupe préexistant ou non, par la mise à jours de demandes sociales plus ou moins précises. Ce second critère permet d'exclure les rassemblements de foules hétérogènes, sans principe unificateur (une foule de consommateurs un jour de marché, ou encore le phénomène des flashmobs (1)) mais aussi des actions politiques visant la discrétion, voire le secret. […]

Le nombre de participants. En effet, par nature collective, la manifestation requiert un nombre minimum d'acteurs. […]

La nature politique de la démonstration. Ce dernier critère est à la fois délicat et central. Où classer par exemple les cérémonies de la fête Jeanne d'Arc à Orléans, avec les cortèges "folkloriques", et le défilé des partisans de J.-M Le Pen à la même occasion, à Paris ? Existe-t-il un critère sociologiquement pertinent ou bien faut-il plutôt retenir le sens que les participants eux-mêmes donnent à leur action ? Bon nombre d'événements à première vue non politiques peuvent être le signe d'une crise sociopolitique ou l'occasion de son expression, comme l'ont montré de multiples travaux sur le hooliganisme ou les "émeutes de banlieues", mais aussi, de manière plus inattendue, sur la politisation des défilés festifs.

(1) Les "flash mobs" ou "foules éclair", sont des regroupements de plusieurs personnes (parfois des centaines) informées le jour même de l'heure et du lieu par e-mail ou par SMS qui se rassemblent quelques minutes pour accomplir une action puis se dispersent. Généralement, les organisateurs ne revendiquent aucun but politique mais des actes ludiques. Toutefois, la provocation et l'acte subversif y a sa place comme l'illustre le film tourné par le collectif Génération Précaire lors d'une flash-mob pour dénoncer le recours massif aux personnels stagiaires dans un grand groupe français du luxe. Ndr

Olivier Fillieule, Danielle Tartakowsky, La manifestation, Presses de la FNSP, 2008

 

1) Quels sont les quatre éléments qui caractérisent une manifestation ?

2) Une émeute est-elle une manifestation ?

3) Pourquoi imposer un « nombre minimum d’acteurs» ?

Document 16 - Trois éléments pour définir les mouvements sociaux selon Alain Touraine

Aujourd'hui, le mouvement ouvrier ne peut plus servir de référence. Il n'a pas disparu, les mouvements sociaux non plus. Mais ils ne dominent plus les grands mouvements de la société. […] La définition exigeante des mouvements sociaux comprend trois éléments : la définition d'un acteur organisé ; celle d'un adversaire qui est également un groupe ou une élite dirigeante et structurée, et enfin des utilisations opposées que ces acteurs veulent faire des mêmes valeurs culturelles.

Alain Touraine, La Voix et le regard, Seuil, 1978

 

1) Qu’est-ce qu’un mouvement social ?

2) Quels sont les trois critères qui permettent d’identifier un mouvement social selon Alain Touraine ? 

3) Pourquoi le mouvement ouvrier n’est-il plus « la référence » ?

Document 17 - Quelle nouveauté ?

Depuis 1968 surtout, les observateurs français – Alain Touraine en premier lieu – prétendent volontiers que des formes nouvelles, un style de vie propre à l'ère post-industrielle, font leur apparition. [..] A y regarder de plus près, on s'aperçoit pourtant que les formes utilisées ont déjà une histoire. La nouveauté réside dans les changements des groupes et des demandes. Dans le conflit industriel, par exemple, les grèves continuent de dominer l'action ouvrière, mais les cols blancs et les techniciens y prennent une part plus active, et certains groupes de travailleurs demandent à être consultés lors des décisions touchant la production et les investissements. De même, les demandes d'autonomie régionales, de droits sexuels ou de liberté de vie sont devenues plus fréquentes depuis la Deuxième Guerre mondiale, mais pour les présenter, leurs défenseurs ont le plus souvent recours aux manifestations, aux défilés et aux autres moyens similaires déjà largement répandus à la fin du XIXe siècle.

Charles Tilly, La France conteste de 1600 à nos jours, Fayard 1986

 

1) Qu’est-ce qu’un nouveau mouvement social (NMS) ? 

2) Qu’y a-t-il de nouveau dans ces mouvements selon Charles Tilly ?

Document 18 - Une typologie des organisations liées au mouvement social

Orientation vers les adhérents/clients

Source : Hanspeter Kriesi (dans Érik Neveu, Sociologie des mouvements sociaux)

 

1) Qu’est-ce qu’un groupe d’intérêt ou groupe de pression ? 

2) Comment opposer, d’après ce graphique, groupe d’intérêt et mouvement social ? 

3) Selon vous, les frontières entre mouvements sociaux et groupes de pression sont-elles étanches ?

Approfondissement

Approfondissement

Qu’est-ce qu’un conflit social ?

Un conflit est une opposition entre des individus et/ou des groupes ayant des intérêts différents. Pour le sociologue Georg Simmel (1858-1918), comme toutes les formes d'interactions entre les membres d'une société, le conflit est une forme de socialisation.

On peut aborder le conflit comme une pathologie de l'intégration qui signalerait une société malade. Cependant, la vie sociale est conflictuelle. Le conflit est donc, pour reprendre l'expression du sociologue Émile Durkheim (1858-1917), "un fait social normal" c'est-à-dire qu'il constitue une généralité dans une société. Ainsi, si le conflit a un aspect destructeur, il a aussi un rôle constructeur et intégrateur notamment au sein des principales instances de socialisation (famille, école, lieu de travail, etc.).

Les conflits, ou leur refus, peuvent s'expliquer par les calculs que font les individus. Toutefois, l’action collective ne se justifie pas uniquement par la recherche d'un intérêt individuel. D'autres motivations expliquent les actions collectives (exprimer un mécontentement, affirmer sa dignité, afficher une solidarité professionnelle, adhérer à un projet, etc.). Les valeurs qui guident l'action sont nombreuses et contradictoires. Les raisons de conflits sont donc nombreuses et diversifiées. Elles peuvent être matérielles et/ou symboliques.

Les transformations des répertoires de l'action collective

Une action collective est une action concertée et consciente porteuse de revendications. Elle est aussi un moment de rencontres, de sociabilité, d'échanges et de créativité. Charles Tilly (1929-2008) invite à ne pas réduire la conflictualité à une forme d'action (comme la grève par exemple) mais à prendre en compte l'ensemble du "répertoire d'action collective". Le terme de "répertoire" permet d’englober toutes les formes protestataires plus ou moins codifiées de la manifestation à la pétition ou encore la grève qui sont devenues, en France, des formes classiques d'expression des revendications pour les lycéens, les étudiants, les salariés du privé et du public, les professions libérales, les écologistes, etc.

Toutefois, les actions des contestataires ne se résument pas à une simple répétition du passé. Les individus innovent, les groupes en conflit introduisent de la nouveauté dans l'action. Et, si l'on n’invente pas à chaque conflit un répertoire pour l'action, on interprète celui qui est disponible.

Les conflits sociaux : résistance aux transformations ou moteur du changement ?

Les "répertoires de l'action collective" permettent de comparer les transformations de la contestation dans l’espace et dans le temps.

L’analyse doit aussi prendre en compte les comportements des individus face aux transformations sociales. Ils peuvent, pour reprendre la typologie d’Albert O. Hirschman (né en 1915), exprimer leur mécontentement par la défection, la prise de parole, ou loyauté à l'organisation ou au système politique.

La loyauté ne favorise pas les transformations politiques. Parce qu'il est confrontation des intérêts et engagement idéologique, le conflit peut contribuer à l'évolution des normes et des valeurs dans la société. Il permet de contester les transformations décidées par le pouvoir politique, les amender voire générer de nouvelles lois, de nouvelles institutions, une nouvelle organisation sociale.

II Les transformations de la conflictualité dans l'entreprise

Les transformations du syndicalisme français : des acteurs au cœur de la régulation des conflits collectifs de travail

Les syndicats sont des associations professionnelles en charge de la représentation, la défense des intérêts de leur membres.

D'une manière générale, il y a trois grandes catégories de représentants du personnel dans une entreprise : les délégués du personnel (obligatoires dans les établissements de plus de 10 salariés), les membres du comité d’entreprise élus par les salariés (obligatoire dans les entreprises de plus de 50 salariés) et les délégués syndicaux désignés par les organisations syndicales représentatives (un syndicat représentatif dans une entreprise de plus de 50 salariés peut désigner un délégué syndical).

Ainsi, il existe de multiples manières de mesurer l'influence syndicale puisque ces fonctions de représentation sont souvent occupées par des délégués syndicaux.

La faiblesse du taux de syndicalisation qui singularise la France a plusieurs causes : la nature de l'Etat social, les comportements des employeurs, et la concurrence ente organisations avec une forte identité idéologique. Toutefois, la "couverture syndicale" reste forte, même si la présence de délégués syndicaux est fortement liée à la taille des établissements, à la nature de l'employeur, au contrat de travail ou au groupe socioprofessionnel.

La conflictualité dans l'entreprise

Les conflits sociaux n’ont pas disparu du monde du travail. Mais leur perception dépend de l'instrument pour les mesurer.

La grève est un arrêt complet, collectif et concerté du travail pour défendre des revendications professionnelles. Il s'agit donc de porter atteinte aux intérêts de l’employeur (perte de production, de clients, perturbations du service, etc.), pour défendre des revendications professionnelles portant sur la rémunération (salaire, prime), les conditions de travail, l’horaire ou la durée du travail, etc. En France, l'augmentation des rémunérations et la sauvegarde de l'emploi sont les principaux motifs de la grève.

En 2009, plus de 2 % des entreprises de plus de 10 salariés ont déclaré avoir connu un ou plusieurs arrêts collectifs de travail (grève ou débrayage). Cette moyenne masque des différences fortes dans la conflictualité selon le secteur d'activité, la nature de l'employeur, la taille des entreprises ou la présence syndicale.

Les conseils de prud'hommes ont pour compétence le règlement des litiges, souvent liés aux paiements de rémunération (salaires, primes, congés payés) ou à la contestation de rupture du contrat de travail (licenciement, sanction), entre salariés et employeurs. Le conseil de prud'hommes règle les litiges individuels entre salariés et employeurs en imposant d'abord une procédure de conciliation entre les parties en conflit. Lorsque la conciliation n'a pas abouti, ce tribunal composé de manière paritaire de juges non professionnels élus (les conseillers prud'homaux) rend un jugement sur les différends. Les conflits individuels restent difficiles à gérer : plus de 50 % d'entre eux sont portés en appel.

L'augmentation du nombre des affaires portées aux prud'hommes témoigne d'une hausse du chômage (une affaire sur deux est liée à la rupture du contrat de travail) mais aussi d'un mouvement d'individualisation des relations de travail, donc des conflits.

En 1975, la France aurait totalisé quelque 4,5 millions de jours de grève contre 250.000 en 2005, soit une division par 18 en 30 ans ! Cette baisse des Journées Individuelles Non Travaillées (JINT) permettrait de faire le constat d'un climat social apaisé. Cependant, les enquêtes de terrains offrent un autre regard sur la conflictualité : la baisse du nombre de grève de plus de deux jours ne doit pas occulter la forte augmentation de la proportion des débrayages et du refus des heures supplémentaires.

Faut-il opposer dialogue social (ou négociation collective) et conflits sociaux ?

Il y a différents modes de régulation sociale : la négociation collective, le recours au juge, la voie politique.

Les syndicats sont parfois à l'origine de la contestation mais ils l'encadrent et savent "terminer une grève". De plus, ce contre-pouvoir participe à la fixation des normes du travail et introduit, selon son orientation idéologique, des valeurs propres (citoyenneté, diversité, etc.).

Le dialogue social se fait à plusieurs niveaux : européen, national, branches et entreprises. Les partenaires sociaux discutent et signent de nombreux accords pour adapter les conventions collectives. Les principaux thèmes abordés concernent essentiellement les rémunérations (salaires et primes), la formation professionnelle, l'égalité entre femmes et hommes, les systèmes de retraite complémentaires et le temps de travail. Pour les uns, l'augmentation du nombre d'accords collectifs signés entre les partenaires sociaux témoigne d'une vitalité du dialogue social. Pour d'autres, l’accroissement des textes conventionnels ne remet pas en cause les rapports de force inégaux au détriment des salariés dans les entreprises d'autant que, dans les faits, on constate des difficultés dans les négociations portant sur les très petites entreprises (plus de 4 millions de salariés).

Y a t-il une radicalisation des conflits sociaux ?

Certains salariés victimes de licenciements collectifs (Caterpillar, Molex, Continental, Sodimatex, etc.) radicalisent leurs actions pour interpeller l'opinion publique en médiatisant leur lutte et renforcer les pressions (sur l'employeur, le gouvernement, les élus locaux) pour négocier, ou renégocier, avec leurs employeurs (obtenir indemnités plus importantes, sauver davantage d'emplois). Les séquestrations de chefs d'entreprises, les saccages de lieux publics, les chantages à la destruction des outils de production, etc. témoignent alors d'une radicalisation des conflits sociaux qui semble d'autant plus forte lorsque les licenciements concernent des entreprises localisées dans des bassins d'emploi sinistrés. Toutefois, les conflits avec atteinte sur les personnes et les biens, restent minoritaires.

D'une manière générale, les conséquences de la crise (faible croissance, délocalisations, baisse du pouvoir d'achat, chômage de longue durée, précarité, etc.) et les réformes étatiques (réforme des retraites, transformation de la fonction publique, etc.) ont renforcé le climat de défiance vis-à-vis des employeurs privés et publics. Enfin, on peut se demander si la radicalisation de certains conflits sociaux n'est pas un élément accepté de la négociation. Il s'agit aussi de faire pression, sur les directions d'entreprise, sur le gouvernement, sur une décision de justice.

III La diversité des acteurs, des enjeux, des formes et des finalités de l'action collective

Il n'y a pas que la manifestation pour manifester son mécontentement

Une manifestation est un déplacement sur la voie publique, collectif, organisé et pacifique.

Des cortèges qui rassemblent des milliers de personnes aux regroupements de quelques individus qui n'obtiendront que peu d'échos, il y a, en France, environ cinq manifestations chaque jour : "Pompiers en colère", "Avocats pour une meilleure justice", "Dockers en lutte", "Chercheurs en grève illimitée", "Agriculteurs sacrifiés", "Du fric pour l'éducation", "Des papiers pour tous", etc. La diversité des slogans et banderoles témoignent que la rue reste un lieu privilégié d'expression des opinions ou des revendications et que les groupes sociaux et les revendications qui s'expriment sont variés.

Manifester est une liberté encadrée par le droit et un déplacement canalisé par les forces de maintien de l'ordre. Ainsi, les militaires n'ont pas le droit de manifester dans la rue.

Les nouvelles formes de conflits ne remplacent pas les anciennes. Elles s'y superposent, s'en inspirent et les renouvellent. Ainsi, les actes de désobéissance, qui consistent à se mettre "hors-la-loi" pour changer la loi, ont une histoire ancienne et l'envoi de lettres à un ministre peut être remplacé par l'envoi de mails tout comme le blocage d'un site Internet d'une société ou d'une administration peut se substituer au barrage d'une rue ou d'un site de production. En quelques minutes, les SMS, Twitter et Facebook, voire les blogs, permettent de réunir plusieurs centaines de manifestants dans un lieu … comme la cloche ou le tocsin lors des grandes grèves minières.

Quelque soit leur modalité d'actions, les organisateurs et les participants aux actions collectives recherchent une forte couverture médiatique. La contestation est donc aussi une "action symbolique".

Peut-on parler de Nouveaux mouvements sociaux (NMS) ?

La notion de mouvement social a plusieurs acceptions. Dans le langage courant, l'expression est synonyme de "conflit social", de manifestations, de grèves. Pour le sociologue Alain Touraine qui analyse "Le mouvement ouvrier" (1984), "Un mouvement social est la combinaison d’un principe d’identité, d’un principe d’opposition et d’un principe de totalité". Ces trois principes peuvent se résumer en trois questions : qui suis-je ? contre qui ? Pourquoi ? L'acteur social se définit lui-même et identifie son adversaire contre lequel il est en conflit pour un projet de vie.

Les transformations économiques et sociales et notamment l'affirmation d'une "société post-industrielle" se traduisent par de "nouveaux mouvements sociaux" (NMS) qui ont remplacé la conflictualité du travail.

Depuis les années soixante-dix, l'affirmation des revendications écologistes, le développement des mouvements féministes, les nouvelles aspirations régionalistes, etc. pouvaient renforcer le constat de NMS qui se substitueraient aux anciens d'autant que de nouveaux groupes sociaux étaient aussi porteurs de nouvelles demandes sociales (droit au mariage homosexuel, liberté de circulation et de travail pour les étrangers, etc.). Toutefois, les conflits d'intérêts ou de valeurs portés par ces groupes, leurs revendications voire leur répertoire d'action existent depuis longtemps. La nouveauté dans les mouvements sociaux réside souvent davantage dans les changements des groupes sociaux ou nouvelles catégories d'actifs qui portent ces demandes, l'apparition de nouvelles organisations et leurs nouvelles manières d'agir et de s’organiser, et dans les relations que les acteurs du mouvement social entretiennent entre eux.

La frontière entre mouvement social et groupe de pression n'est ni fixe et ni étanche. En effet, l'analyse des mouvements sociaux doit prendre en compte les processus d'institutionnalisation, c'est-à-dire la mise en place d'organisations légales et permanentes qui règlent et structurent les revendications.

Les mouvements sociaux peuvent donc se transformer en groupe de pression ou d'intérêt qui défendent leur cause auprès des autorités administratives et politiques. La maîtrise d'une expertise technique, juridique et politique est une "arme" de la contestation.

À lire

Sites :

www.istravail.com http://travail-emploi.gouv.fr

Livres et articles

Thomas Amossé, Maria-Teresa Pignoni, La transformation du paysage syndical depuis 1945, Données sociales - La société française, édition 2006 Sophie Béroud , Jean-Michel Denis , Guillaume Desage , Baptiste Giraud , Jérôme Pélisse, La lutte continue ? Les conflits du travail dans la France contemporaine, Le Croquant, 2008 Antoine Bevor, La réforme des règles de représentativité syndicale (2008-2010), idées n°163, mars 2011 Lewis A. Coser (1956), Les fonctions du conflit social, PUF, 1982 Olivier Fillieule, Danielle Tartakowsky, La manifestation, Presses de la FNSP, 2008 Entretiens avec le philosophe Axel Honneth, propos recueillis par Catherine Halpern, revue Sciences Humaines, Hors-série spécial n° 13, Mai-Juin 2011 Éric Neveu, Sociologie des mouvements sociaux, La Découverte 2002 Georg Simmel, Le conflit (1908), Circé 1995 Charles Tilly (1986), La France conteste de 1600 à nos jours, Fayard

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