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Cours de Terminale ES : 1.Croissance, fluctuations et crises

Question 1. Quelles sont les sources de la croissance économique ?

Découverte

Document 1 - Mesurer la production

La comptabilité nationale est une représentation schématique et quantifiée de l’activité économique d’un pays. Elle en mesure les flux monétaires pendant une période donnée, en principe, une année. Dans cette brève présentation, il ne peut s’agir que de donner un compte rendu de l’ensemble de ses démarches et de ses utilisations. Lorsque l’on veut décrire une économie, on part en général de son activité : résultant de décisions de production, elle conduit à distribuer des revenus qui, dépensés, vont tendre à reconstituer les valeurs ainsi anticipées dès le départ. Le système de comptabilité des Nations Unies (SEC 1993) définit alors le domaine de la production (c’est-à-dire celui des activités productives) de la manière suivante : « la production peut être définie comme une activité exercée sous le contrôle et la responsabilité d’une unité institutionnelle, qui met en œuvre des entrées (travail, capital, biens et services) dans le but de produire des biens et des services. Il doit exister une unité institutionnelle qui assume la responsabilité du processus et qui est propriétaire des biens produits, ou qui a droit à être payée ou rémunérée d’une façon ou d’une autre pour les services fournis. Un processus purement naturel, sans intervention ni contrôle humain, ne constitue pas une production au sens économique. C’est ainsi que l’accroissement incontrôlé des stocks de poisson dans les eaux internationales ne constitue pas une production, au contraire de la pisciculture »*. Le terme de Produit intérieur brut est a priori censé mesurer l’activité d’un pays ou ce qu’un pays peut produire, ou plus précisément encore la somme monétaire de tous les biens et services produits pendant une période donnée par une économie.

Xavier Greffe, Mathilde Maurel, Economie globale, Dalloz, 2009.

* Selon l’INSEE, la production est une activité exercée sous le contrôle et la responsabilité d'une unité institutionnelle qui combine des ressources en main-d'œuvre, capital et biens et services  pour fabriquer des biens ou fournir des services. Les processus purement naturels sans intervention ou contrôle humain ne font pas partie de la production.

 

  1. Qu'est ce que le taux de croissance du PIB et comment fait-on pour le calculer ?

  2. Sachant que le PIB français atteint 1889, 2 milliards d'euros en 2009 et 1932, 8 milliards d'euros en 2010, calculer le taux de croissance du PIB en 2010.

Document 2 - Le PIB, somme des valeurs ajoutées

Comment est-il calculé ? Il ne s’agit pas de tous les biens mais des biens finaux, ceux qui viennent s’ajouter en quelque sorte dans l’économie au cours d’une période donnée(en général l’année, mais aussi le mois et le trimestre). Si un bien offert sur le marché entre dans la production d’un autre bien, il n’est pas comptabilisé dans le PIB : il est considéré comme un intermédiaire dans la production d’un bien final. Cette convention permet évidemment de ne pas multiplier les doubles emplois. En effet, si on ne respectait pas cette règle on comptabiliserait par exemple une puce électronique deux fois : quand elle est achetée par une entreprise pour fabriquer un produit donné, puis quand ce produit donné est vendu au consommateur ou ici à l’utilisateur final. En outre cette règle permet de ne pas fausser les comparaisons entre pays. Supposons deux pays A et B qui produisent la même quantité de bien final mais dont les structures d’entreprise sont différentes : dans le pays A elles sont peu concentrées et de nombreuses entreprises contribuent donc à la production ; dans le pays B elles sont au contraire très concentrées et un nombre bien plus faible d’entreprises participe à la réalisation de cette production. Si on ne défalquait pas les consommations intermédiaires, on aurait alors un produit de A nettement supérieur à celui de B alors qu’ils produisent « finalement » la même chose. Donc on n’intègre pas la consommation intermédiaire, ce qui permet de dire que la production ainsi considérée correspond bien à une valeur ajoutée à l’économie. Il s’agit des biens produits par une entreprise dite nationale dans d’autres pays : ces biens rentreront alors dans le PIB de l’autre pays, de même que les productions d’autres entreprises étrangères en France seront comptabilisées dans la production de la France, telles les voitures Toyota produites dans le Nord Pas de Calais, d’où l’expression de produit intérieur, bien plus pertinente que celle de produit national. La production est évaluée à sa valeur de marché, ce qui pose un problème pour les biens et services produits et offerts par les administrations, lesquelles occupent un part significative dans l’économie. On évalue alors ces derniers par le coût supporté pour les produire. Cela ne signifie pas que toutes les dépenses publiques entrent dans la production : une partie de ces dépenses sert à redistribuer du pouvoir d’achat entre les catégories d’agents, sans changer la production sinon sa destination. Le système de prix utilisés compte : En effet si pour l’année étudiée les prix augmentent de 5%, mécaniquement le PIB augmente de 5% même si son contenu reste le même. Cela ne signifie en rien l’augmentation du pouvoir d’achat ou de possibilités de consommation. Il convient donc de faire attention à la manière dont on le calcule dès lors qu’il va donner lieu à des comparaisons dans le temps. Soit on comptabilisera les produits échangés à leurs prix courants, et l’on parlera alors de produit nominal ; soit on les comptabilisera à prix constants par rapport à une période de référence, et l’on parlera alors de produit réel ou à prix constant.

Xavier Greffe, Mathilde Maurel, Economie globale, Dalloz, 2009.

 

  1. Complétez la formule ci-dessous en plaçant correctement les termes suivants : valeur de la production, valeur ajoutée, consommations intermédiaires (valeurs des biens et services utilisés pour produire).

  2. Dès lors, à quoi est égale la contribution totale de toutes les unités de production d’un pays ?

Document 3 - Le PIB et le PIB par habitant en volume depuis 1820 (indice 100 en 1820)

  1. A quelle époque observe-t-on une accélération du taux de croissance du PIB et du PIB/habitant ?

  2. Comment peut-on expliquer le décalage entre le taux de croissance du PIB et celui du PIB/habitant ?

  3. Dans la phrase suivante, relevez le chiffre qui représente une proportion et celui qui représente un taux de croissance : " en dépit d’une hausse des dépenses d’investissement de 5%, les investissements ne représentent que 20% du PIB ".

Document 4 - Le PIB, un indicateur imparfait

Si nous prenons en compte à la fois l’inflation, la taille de la population et la parité des pouvoirs d’achat, le PIB (PPA) par habitant que nous obtenons est-il un bon indicateur du niveau de vie dans un pays ? Le résultat donne effectivement une bonne estimation de la richesse créée dans le pays mais peut-on en tirer des conclusions en termes de bien-être des habitants des habitants ? Le niveau de vie d’un individu ne dépend pas seulement, comme nous allons le voir, de la simple création de richesse prise en compte par le calcul du PIB. Le PIB ne couvre pas l’ensemble des biens et services produits au niveau d’une économie. Il sous-estime la richesse créée, et cela, principalement pour deux raisons : la non prise en compte des biens non marchands et de l’économie souterraine. Les biens non marchands : lorsque vous faîtes appel à un peintre pour refaire votre appartement, vous contribuez à l’accroissement du PIB. Lorsque vous faites ces travaux de peinture vous-même, le PIB ne bouge pas. Il en va ainsi de toutes les activités que vous réalisez vous-même et qui ne font pas intervenir la relation marchande. Pourtant il s’agit bien d’une production de services mais qui n’est pas comptabilisée dans le PIB. L’économie souterraine : on fait ici référence à l’ensemble des transactions illégales et non déclarées. Il s’agit des transactions avec des biens eux-mêmes illégaux, comme les drogues, ou simplement une transaction qui n’est pas déclarée comme le travail au noir pour éviter le paiement de la TVA et des charges sociales. Le PIB est essentiellement un indicateur de la production globale d’une nation, mais il est probable que celle-ci renseigne imparfaitement sur le bien-être des citoyens, pour plusieurs raisons. Produire n’est pas consommer : une augmentation de la production n’a d’intérêt que si elle va de pair avec une augmentation de la consommation. Les ménages ne profitent pas directement d’un accroissement du PIB s’il fait suite à des exportations plus élevées ou à des investissements massifs des entreprises. Le niveau de vie des ménages n’est pas modifié. Néanmoins ces investissements et ces exportations peuvent influer positivement sur la consommation des ménages domestiques à long terme. La production et le capital humain : une augmentation de la production peut provenir de diverses sources : une avancée technologique ou de travail supplémentaire fourni par les ménages dans des conditions plus difficiles. Dans ce dernier cas, le bien-être des individus peut diminuer tandis que le PIB augmente. Le PIB ne comptabilise pas les externalités : une augmentation de la production a des effets collatéraux sur le bien-être des habitants : par exemple une usine qui produit plus peut engendrer de la pollution. Le coût pour la société de ces effets négatifs (ou externalités) liés à l’activité des entreprises ou des ménages n’est pas comptabilisé dans le PIB. Certains maux de la société augmentent le PIB. Certains problèmes de société, liés ou non à la croissance économique, augmentent le PIB tout en étant désastreux pour le bien-être des individus. C’est le cas de la criminalité, du stress ou de la pollution. Une hausse de la criminalité multiplie la vente des équipements et des services de sécurité, une augmentation du stress donne lieu à des dépenses médicales, toutes ces dépenses augmentent le PIB. Le PIB ne prend pas en compte la répartition des revenus : le PIB est une mesure de la production globale et de l’ensemble des revenus perçus. Un pays peut donc avoir un PIB élevé, correspondant aux revenus très élevés d’un petit nombre d’individus, et une grande partie de la population dans la pauvreté. Le PIB ignore ces inégalités, c’est donc une mesure inappropriée pour le bien-être général d’une nation.

John Sloman, Principes d’économie, 6ème édition, Pearson, 2006.

 

  1. A partir du texte, récapitulez dans un tableau les limites du PIB selon le texte en termes de mesure statistiques des activités économiques et de difficulté à mesurer le bien-être de la population. Classement des pays selon l'IDH en 2010.

Document 5 - L'indice de développement humain (IDH)

 

Classement des pays selon l'IDH en 2010.

Source : PNUD, Rapport sur le développement humain 2010.

  1. Quels sont les principaux avantages de l'IDH par rapport au PIB ?

  2. Comparez les classements obtenus avec l'IDH et avec le PIB par habitant pour quelques pays représentés.

Document 6 - Pourquoi étudier la croissance économique ?

 

La croissance économique est généralement mesurée par le taux d’accroissement annuel du produit intérieur brut (PIB) d’un pays. Pourquoi quelqu’un devrait-il s’intéresser à cette statistique aride au lieu de s’intéresser à des indicateurs plus explicites comme des indicateurs de bien-être, de consommation ou de bonheur ? L’argument le plus convaincant est peut-être que le bien-être matériel de milliards de gens est principalement déterminé par la croissance économique. Dans les pays économiquement avancés, la croissance économique a permis, depuis la révolution industrielle, à presque toute la population de vivre selon un style de vie qui était celui d’une poignée de quelques privilégiés il y a une centaine d’années, lorsque le PIB/tête ne représentait alors qu’une faible part de ce qu’il est aujourd’hui. En effet, la croissance de certains secteurs de l’économie, en particulier les secteurs médicaux et pharmaceutiques, a permis à presque tout le monde de vivre une vie plus longue et en meilleure santé que n’importe quel individu au XIXème siècle, et ce peu importe la position qu’il occupait dans l’échelle économique. Au contraire, le manque de croissance économique dans les pays les plus pauvres du monde implique que les conditions de vie pour des centaines de millions de personnes sont épouvantables comparées aux niveaux de vie des pays riches. En effet, les niveaux de revenu par tête dans plusieurs pays au XXIème siècle sont beaucoup plus faibles qu’ils ne l’étaient au XIXème siècle en Europe. Afin de comprendre pourquoi la race humaine est devenue tellement plus riche et pourquoi notre richesse est si inéquitablement partagée parmi les habitants du monde, nous avons besoin de comprendre ce qui détermine la croissance économique.

Philippe Aghion, Peter Howitt, L’économie de la croissance, Economica, 2010.

Document 8 - Les tendances longues de la croissance en France (2).

1) Faire une phrase avec le chiffre de 2010 dans le document 8. 2) Calculez la progression du PIB en volume de la France sur la période 1960- 2010 (document 9).

Document 9 - Les quatre roues de la croissance économique

Quelle est la recette de la croissance ? D’abord, tous les pays n’ont pas suivi le même chemin. La Grande Bretagne, par exemple, était devenue le leader mondial dans les années 1800 en frayant la révolution industrielle, en inventant des machines à vapeur et le chemin de fer, et en développant le libre-échange. Le Japon, au contraire, vint plus tard à la course à la croissance économique. Il fit ses classes en commençant par limiter les technologies étrangères et en protégeant les industries locales des importations, puis en développant une formidable compétence en fabrication et en électronique. Bien que les chemins spécifiques puissent différer, tous les pays à croissance rapide partagent certains traits communs. Le même processus fondamental de croissance économique et de développement qui a permis de former la Grande Bretagne et le Japon est à l’œuvre aujourd’hui dans des pays en cours de développement comme l’Inde et la Chine. Par conséquent, les économistes qui ont étudié la croissance ont trouvé que le moteur du progrès économique repose sur les quatre mêmes roues, quelle que soit la richesse ou la pauvreté du pays. Ces quatre roues, ou facteur de croissance, sont :

- Les sources humaines (offre de travail, éducation, discipline, motivation) ;

- Les ressources naturelles (terre, ressources minières, pétrole, qualité de l’environnement) ;

- La formation du capital (machines, usines, routes) ;

- La technologie (science, technique de l’ingénieur, gestion, esprit d’entreprise).

Paul Samuelson, William Nordhaus, « Les 4 roues de la croissance », in L’économie, Economica, 1998.

1) Quelles sont les différentes sources de croissance identifiées par l'auteur ?

2) Quel acteur peut également contribuer à la croissance à long terme ?

Document 10 - Les facteurs de croissance sur longue période

La croissance économique est l’augmentation de la production qui, entièrement distribuée sous forme de revenus, permettra d’améliorer le niveau de vie des habitants d’un pays. A court terme (de quelques mois à quelques années), la croissance économique peut être influencée par les politiques conjoncturelles de régulation. Mais à long terme (au-delà de quelques années), la croissance apparaît peu dépendante de la politique conjoncturelle. Les éléments qui influencent la croissance sur le long terme peuvent être donnés en décrivant la fonction de production d’une entreprise : Production = F (travail, capital). Cette équation signifie que la production d’une entreprise est obtenue en combinant du travail (les salariés) et du capital (les machines, les matières premières…) dans une proportion donnée par l’état de la technologie. Une entreprise peut donc augmenter sa production en embauchant davantage de salariés, en achetant davantage de machines ou de matières premières, ou en faisant appel à des technologies plus élaborées. Cette même fonction de production s’applique à l’échelle du pays. L’ampleur des augmentations de production (c’est-à-dire le niveau de la croissance économique) dépendra alors :

- du rythme d’augmentation de la population active et du volume de travail de chacun. Le premier est surtout fonction du dynamisme démographique mais aussi des taux d’activité, de la durée des études, de l’âge de cessation d’activité et des flux migratoires; le second des dispositions et incitations relatives au temps de travail.

- du rythme d’augmentation du stock de capital, qui dépend à son tour de la disponibilité des moyens de financement. Ceux-ci sont fonction de l’accumulation d’une épargne par les agents économiques du pays et de la mise à disposition par les étrangers de leur propre épargne.

- du degré d’innovation de l’économie, qui a pour nom le progrès technique. Ce dernier permet une amélioration de l’efficacité générale de l’économie, mesurée par la productivité globale des facteurs (efficacité combinée du travail et du capital). Ainsi il y a trois sources de croissance sur longue période : la croissance démographique, l’accumulation d’épargne et le progrès technique. Des études montrent que ce dernier élément explique à lui seul plus de 50% de la croissance économique des pays développés à long terme. C’est par ces trois mêmes facteurs que l’extraordinaire croissance des pays du Sud-Est asiatique ces trente dernières années a été expliquée: explosion démographique, forte propension à épargner des ménages, arrivée massive de capitaux extérieurs et capacité à valoriser les innovations industrielles des autres pays.

Pascal Monier, Economie générale, 5ème édition, lextensoéditions, 2009

1) Récapitulez dans un tableau les facteurs qui favorisent la croissance à court terme et à long terme.

  1. Pourquoi doit-on distinguer la croissance économique du progrès du bien-être de la population ?

  2. Expliquez la phrase soulignée dans le texte.

Document 7 - La croissance économique, un phénomène récent.

La croissance économique est mesurée par la croissance du produit global ou par celle du produit par tête. Elle véhicule, dès lors qu’elle est régulière, des changements drastiques de niveau de vie quand on sait que le revenu par tête doublera en 70 ans avec un taux de croissance annuel de 1%, en 14 ans avec un taux de croissance de 5%, en 7 ans avec un taux de croissance de 10%. Elle est aussi génératrice d’écarts substantiels de niveau de vie d’un pays à l’autre quand on sait par exemple, qu’en partant du même revenu par tête initial de 1000 euros, un pays qui connaît une croissance de 1% aura un revenu par tête de 1220 euros vingt ans plus tard et de 1640 euros cinquante ans plus tard, alors qu’un pays qui connait une croissance de 5% aura des revenus par tête aux mêmes échéances respectivement de 2650 euros et 11470 euros. Certes la mesure habituellement retenue de la croissance qui fait ainsi référence au produit intérieur brut a bien des défauts quand il s’agit de la rapporter au niveau de vie. En particulier elle ignore les dommages causés aux stocks environnementaux et les destructions de capital aussi bien que les gains de qualité des biens et services qui vont de pair avec la croissance des flux de quantité. Mais elle reste une première approximation de l’amélioration du niveau de vie. Cette mesure doit être prise pour ce qu’elle est, c’est-à-dire un indicateur dont l’observation n’emporte pas le fait que la croissance ainsi mesurée soit durable. La croissance économique est un phénomène récent. Elle est la caractéristique des économies de marché nées de la Révolution industrielle. Elle se généralise vraiment à la fin du XXème siècle et au début du XXIème siècle. Elle est concomitante de très importants développements technologiques dans des contextes institutionnels variés mais qui ont en commun la protection des droits de propriété, le respect des contrats et la liberté des échanges. Ce phénomène majeur et récent conduit à s’interroger sur ce qu’est véritablement le potentiel de croissance de l’économie, sur le degré de régularité et la durabilité de cette croissance, sur la convergence ou la divergence des performances de croissance entre pays ou groupes de pays. Ces questions surgissent de la variété des épisodes de croissance et alimentent des analyses elles-mêmes variées.

Jean-Luc Gaffard, La croissance économique, Armand Colin, 2011.

  1. Faire une phrase avec le chiffre de 2010 dans le document 8.

  2. En quoi la politique économique conjoncturelle peut-elle contribuer à la croissance ?

DDocument 8 - Les tendances longues de la croissance en France (2).

  1. Faire une phrase avec le chiffre de 2010 dans le document 8.

  2. Calculez la progression du PIB en volume de la France sur la période 1960- 2010 (document 9)

Document 9 - Les quatre roues de la croissance économique
Quelle est la recette de la croissance ? D’abord, tous les pays n’ont pas suivi le même chemin. La Grande Bretagne, par exemple, était devenue le leader mondial dans les années 1800 en frayant la révolution industrielle, en inventant des machines à vapeur et le chemin de fer, et en développant le libre-échange. Le Japon, au contraire, vint plus tard à la course à la croissance économique. Il fit ses classes en commençant par limiter les technologies étrangères et en protégeant les industries locales des importations, puis en développant une formidable compétence en fabrication et en électronique. Bien que les chemins spécifiques puissent différer, tous les pays à croissance rapide partagent certains traits communs. Le même processus fondamental de croissance économique et de développement qui a permis de former la Grande Bretagne et le Japon est à l’œuvre aujourd’hui dans des pays en cours de développement comme l’Inde et la Chine. Par conséquent, les économistes qui ont étudié la croissance ont trouvé que le moteur du progrès économique repose sur les quatre mêmes roues, quelle que soit la richesse ou la pauvreté du pays. Ces quatre roues, ou facteur de croissance, sont :

- Les sources humaines (offre de travail, éducation, discipline, motivation) ;

- Les ressources naturelles (terre, ressources minières, pétrole, qualité de l’environnement) ;

- La formation du capital (machines, usines, routes) ;

- La technologie (science, technique de l’ingénieur, gestion, esprit d’entreprise).

Paul Samuelson, William Nordhaus, « Les 4 roues de la croissance », in L’économie, Economica, 1998.

  1. Quelles sont les différentes sources de croissance identifiées par l'auteur ?

  2. Quel acteur peut également contribuer à la croissance à long terme ?

Document 10 - Les facteurs de croissance sur longue période

La croissance économique est l’augmentation de la production qui, entièrement distribuée sous forme de revenus, permettra d’améliorer le niveau de vie des habitants d’un pays. A court terme (de quelques mois à quelques années), la croissance économique peut être influencée par les politiques conjoncturelles de régulation. Mais à long terme (au-delà de quelques années), la croissance apparaît peu dépendante de la politique conjoncturelle. Les éléments qui influencent la croissance sur le long terme peuvent être donnés en décrivant la fonction de production d’une entreprise : Production = F (travail, capital). Cette équation signifie que la production d’une entreprise est obtenue en combinant du travail (les salariés) et du capital (les machines, les matières premières…) dans une proportion donnée par l’état de la technologie. Une entreprise peut donc augmenter sa production en embauchant davantage de salariés, en achetant davantage de machines ou de matières premières, ou en faisant appel à des technologies plus élaborées. Cette même fonction de production s’applique à l’échelle du pays. L’ampleur des augmentations de production (c’est-à-dire le niveau de la croissance économique) dépendra alors :

- du rythme d’augmentation de la population active et du volume de travail de chacun. Le premier est surtout fonction du dynamisme démographique mais aussi des taux d’activité, de la durée des études, de l’âge de cessation d’activité et des flux migratoires; le second des dispositions et incitations relatives au temps de travail.

- du rythme d’augmentation du stock de capital, qui dépend à son tour de la disponibilité des moyens de financement. Ceux-ci sont fonction de l’accumulation d’une épargne par les agents économiques du pays et de la mise à disposition par les étrangers de leur propre épargne.

- du degré d’innovation de l’économie, qui a pour nom le progrès technique. Ce dernier permet une amélioration de l’efficacité générale de l’économie, mesurée par la productivité globale des facteurs (efficacité combinée du travail et du capital). Ainsi il y a trois sources de croissance sur longue période : la croissance démographique, l’accumulation d’épargne et le progrès technique. Des études montrent que ce dernier élément explique à lui seul plus de 50% de la croissance économique des pays développés à long terme. C’est par ces trois mêmes facteurs que l’extraordinaire croissance des pays du Sud-Est asiatique ces trente dernières années a été expliquée: explosion démographique, forte propension à épargner des ménages, arrivée massive de capitaux extérieurs et capacité à valoriser les innovations industrielles des autres pays.

Pascal Monier, Economie générale, 5ème édition, lextensoéditions, 2009

  1. Récapitulez dans un tableau les facteurs qui favorisent la croissance à court terme et à long terme.

Document 11 - Le rôle de l'investissement

Afin que le capital puisse se former, il faut une décision d’investissement. Pour une entreprise, décider un investissement signifie qu’elle va agrandir une installation, la moderniser, créer une nouvelle usine ou encore augmenter ses stocks ou ses participations dans d’autres entreprises. Théoriquement, l’entreprise doit faire un calcul systématique pour savoir si l’investissement qu’elle va réaliser lui permettra de faire des bénéfices. La prévision économique au service des entreprises a fait d’immenses progrès et, chaque jour, un chef d’entreprise connait de façon plus précise ce que les lendemains lui réservent. Toutefois jamais tous les facteurs de la réalité ne peuvent être maîtrisés. Dans la pratique, la décision d’investissement est toujours un pari plein d’incertitudes. Avec la transformation du commerce international, les difficultés de la prévision augmentent. L’importance des capitaux fixes qu’exige l’évolution technologique de ces dernières décennies n’arrange pas la situation. Une décision d’investissement comprend toujours un risque d’erreur. Non seulement certains éléments échappent à l’entrepreneur mais, entre le moment où la décision est prise et le moment où l’investissement est réalisé, il s’écoule du temps. Parfois quelques mois, mais souvent deux, trois et même cinq ans. Au niveau de l’ensemble de l’économie, les erreurs d’investissement ont une signification particulière. Si l’entrepreneur a été très optimiste, les biens produits par les nouvelles usines ne se vendront pas, et l’on risque de voir se propager le marasme. Si l’entrepreneur a été trop modeste, la demande dépassera l’offre, les prix monteront et l’on connaîtra l’inflation.

Jean-Marie Albertini, Les nouveaux rouages de l’économie, Editions de l’Atelier, 2008.

  1. Définir ce qu’est l’investissement et montrer qu’il agit à la fois sur l’offre et sur la demande dans l’économie.
  2. Pourquoi la décision d'investissement comporte-t-elle toujours une part d'incertitude ?
Document 12 - Le niveau de la productivité globale des facteurs *

 

  1. A quoi correspond la productivité globale des facteurs ?

  2. Commentez le chiffre de la PGF en 2011 et l'écart avec la zone euro.

Document 13 - La croissance : une pluralité de sources

Nous avons bien décrit la croissance, mais sans répondre à une question importante : quelles sont donc les sources de la croissance ? Les principaux déterminants sont les suivants :

- Les ressources naturelles : elles sont bien entendu indispensables même si l’analyse économique les a longtemps oubliées lorsqu’elle bâtissait des théories.

- Le progrès technique : on pense bien entendu à la machine à vapeur ou à l’électricité qui furent des technologies motrices de la Révolution industrielle.

- L’accumulation de capital fixe : c’est aussi une condition sine qua non pour assurer une croissance durable, les machines et les équipements permettent en effet des gains de productivité et donc une croissance soutenue.

- L’accumulation de capital humain : les connaissances et le savoir-faire permettent eux aussi des gains de productivité et donc de la croissance. Le capital humain a fait l’objet d’une étude approfondie par Gary Becker, ce qui lui valut le Prix Nobel d’économie en 1992. De nos jours, le modèle de croissance endogène de Robert Barro s’appuie spécifiquement sur ce critère pour expliquer que les pays qui disposent d’un stock initial élevé de capital humain convergent plus rapidement que les autres vers leur sentier de croissance économique. Mais de nombreux autres facteurs peuvent influencer la croissance économique. On peut citer par exemple la mondialisation, les économies d’échelle, les dotations en ressources naturelles, les institutions. On obtient ainsi de nombreuses théories de la croissance selon les facteurs et les combinaisons que l’on considère comme étant à l’origine de ce phénomène.

Raphaël Didier, Les grands mécanismes de l’économie en clair, Ellipses, 2011.

  1. Réalisez un schéma pour synthétiser tous les facteurs de croissance inclus dans le texte.

Document 14 - Le rôle des choix individuels : investissement, innovation, incitations

Les sources ou composantes généralement recensées de la croissance du produit sont au nombre de deux : la croissance de la population et le progrès technique générateur de gains de productivité du travail ou d’accroissement de variété des biens. Ce sont les données du problème, qu’elles soient exogènes ou déterminées par des variables économiques, par exemple le niveau de revenu pour la croissance de la population ou les dépenses de R & D pour le progrès technique. Les mécanismes de la croissance, c’est-à-dire ce qui permet de tirer parti de la croissance de la population et du progrès technique, sont le fruit des actions des agents économiques qui sont autant d’arbitrages, qu’il s’agisse notamment du choix entre consommation et épargne, du partage entre investissement privé et investissement public, du partage entre salaires et profits, du niveau accepté d’inégalités entre les revenus personnels, du choix de s’ouvrir aux échanges internationaux ou de se protéger de la concurrence extérieure. Ces arbitrages révèlent la capacité d’une économie à capter les sources de la croissance en créant les incitations nécessaires et en garantissant l’adéquation de l’offre et de la demande à chaque moment et au cours du temps. Un exemple typique est celui d’une économie en retard qui pour bénéficier des gains de productivité les plus élevés doit, certes, avoir accès aux nouvelles technologies, disposer des mécanismes institutionnels incitant les entreprises à innover, mais aussi être ouverte à la demande internationale, pour équilibrer son offre et faire face à une demande intérieure défaillante car essentiellement tournée vers des biens de subsistance du fait de revenus insuffisants.

Jean-Luc Gaffard, La croissance économique, Armand Colin, 2011.

  1. En quoi les choix individuels peuvent-ils influencer la croissance économique ?

  2. En quoi la croissance peut-elle constituer un phénomène instable ?

Document 15 - Le rôle des institutions et de l'intervention de l'Etat

 

Les institutions jouent un rôle déterminant dans cette capacité de croissance. L’échec des politiques de développement des économies administrées qui ont fini par s’effondrer a signé la formation d’un consensus autour de principes institutionnels censés garantir la croissance : la protection des droits de propriété, le respect des contrats, la libre concurrence et la prééminence des incitations de marché. Ces principes généraux ne font que décrire les propriétés d’une économie de marché. Ils sont souvent couplés avec ce qui s’apparente à des résultats propres à une économie de croissance régulière: une monnaie solide et une dette publique soutenable (…) Il est (pourtant) difficile, en effet, d’établir une correspondance stricte entre les performances réalisées et les règles (ou institutions) effectivement retenues. Les pays du Sud-Est et de l’Est asiatiques, qui sont ceux qui ont expérimenté les performances de croissance les plus impressionnantes, n’ont pas procédé à une dérégulation et une libéralisation de leurs marchés et de leur système de financement et se sont appuyés sur l’activité d’entreprises publiques plutôt que de privatiser la totalité de leurs entreprises. Les expériences de passage de l’économie administrée à l’économie de marché mettent en lumière le décalage entre la réussite de la Chine, qui s’y est engagée en promouvant des réformes institutionnelles marquées par le gradualisme, et l’échec relatif de pays comme la Russie qui ont choisi une thérapie de choc. C’est dire l’importance des institutions, mais aussi le fait qu’il n’y a pas de correspondance entre les fonctions que l’on attend des institutions et la forme qu’elles peuvent prendre. Ce n’est pas là une donnée récente. L’histoire économique enseigne que les changements institutionnels comptent davantage que les changements technologiques et souvent les précèdent.

Jean-Luc Gaffard, La croissance économique, Armand Colin, 2011.

  1. En quoi une "monnaie stable" et une "dette publique soutenable" peuvent-elles contibuer à la coissance (passage souligné).

  2. Existe-t-il un seul modèle d'institutions efficaces pour promouvoir la croissance ? Expliquez.

Approfondissement

Faisons le point

De la production au PIB

Comment mesurer l'augmentation de la richesse produite ? 

La mesure de l’activité économique nécessite d’évaluer aussi précisément que possible la production de richesses par les différents agents économiques d’un pays. L’accroissement des richesses produites constitue en effet un objectif prioritaire des politiques publiques.

En comptabilité nationale, l’agrégat le plus utilisé, le produit intérieur brut (PIB), est  la somme des valeurs ajoutées de toutes les branches constituant l’économie nationale, représentant le résultat final de l’activité de production des unités productrices résidentes.

- Pourquoi la somme des valeurs ajoutées ? 

La production d’un pays ne peut pas être calculée comme la somme des productions des agents, sous peine de comptabiliser deux fois les mêmes flux. En effet, les consommations intermédiaires, les biens et services utilisés pour produire, apparaitraient deux fois, dans la production de celui qui vend et dans la production de celui qui achète.

Si l’on s’intéresse à présent à la mesure de la richesse produite au niveau de la nation, il suffit d’ajouter l’ensemble des valeurs ajoutées créées par les résidents à l’intérieur du territoire national pour obtenir l’indicateur le plus fréquemment utilisé qu’est le PIB.

Si le PIB mesure la production d’une année dans un pays, soit la création de biens et services afin de satisfaire des besoins, cette définition implique que la production n’est pas seulement le fait des entreprises. Ainsi, certaines activités de service, telle que l’enseignement ou les services hospitaliers sont incluses dans la production : ces services produits par les administrations sont une production non marchande que la comptabilité nationale évalue à son coût de production. Le PIB réel (ou en volume) correspond à la valeur du PIB après avoir neutralisé l’inflation, ce qui correspond au PIB à prix constants. Les économistes distinguent également le PIB effectif et le PIB potentiel :  le PIB potentiel est le PIB qui résulterait du plein emploi des ressources productives.

Ce niveau est lié à la quantité de facteurs de production disponibles et à l’efficacité de leur mise en œuvre, et ainsi au maximum de richesse que l’économie pourrait créer sans accélération de l’inflation. Ainsi, tant que le PIB effectif est inférieur au PIB potentiel, la stimulation de la demande globale permet d’améliorer la quantité de richesse créée sans accélération de l’inflation.

Par contre, lorsque la production, soutenue par une stimulation de la demande globale, s’élève au-dessus des capacités de production, l’inflation augmente. Ainsi, même si sa mesure pose des problèmes statistiques, si le PIB potentiel de l’économie est situé à un niveau bas, il s’avère difficile de stimuler la demande sans buter rapidement sur des contraintes d’offre

Les limites du PIB : vers de nouveaux indicateurs de bien-être ?

Le PIB est une construction statistique, son évolution est scrutée en tant qu’indicateur synthétique par les économistes et les décideurs politiques, mais il est toutefois un indicateur imparfait.

- En effet, le PIB sous-évalue certaines productions comme celles des administrations évaluées au coût de production et non au prix du marché (éducation, santé…)

- Le PIB ne rend pas compte de l’inégalité économique à l’intérieur du pays. En tant qu’indicateur comptable, il n’épuise pas la question de la mesure de la richesse puisque le PIB ne mesure en effet que le produit des activités génératrices de flux monétaires, sans considérer les externalités négatives créées, en particulier sur l’environnement.

- À l’inverse, les externalités positives générées par certaines activités, comme l’éducation, ne sont pas intégrées dans le calcul du PIB car ces phénomènes ne font pas l’objet d’une évaluation monétaire.

A noter : La croissance du PIB ne signifie pas forcément amélioration du niveau de vie (quantité de biens et services que peut se procurer une population) car il faut tenir compte de nombreux facteurs ; puisque le taux d’accroissement naturel de la population (taux de natalité – taux de mortalité) peut être plus élevé que celui de la production (dans ce cas le PIB /habitant peut diminuer), et le niveau des prix peut s’accroître plus vite que les revenus et entraîner une baisse du pouvoir d’achat.

Par ailleurs, le PIB/habitant traduit la richesse créée et donc les revenus perçus en moyenne par les habitants d’un pays : ce ne sont que des moyennes qui peuvent cacher de fortes inégalités et une dégradation du niveau de vie d’une partie de la population.

Enfin, le PIB ne tient pas compte de l’économie souterraine, comprenant le travail au noir, les activités illicites, les activités non déclarées qui peuvent atteindre un niveau important dans certaines économies.

Le PIB n’intègre pas le travail domestique qui se fait de façon informelle mais de façon légale et visible et peut représenter un temps d’activité important.

Un certain nombre d’indicateurs ont ainsi cherché à mieux mesurer le progrès économique et social: le plus célèbre est l’indice de développement humain, calculé par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), qui offre une analyse mondiale régulièrement mise à jour.

L’IDH est compris entre 0 et 1 (plus le chiffre est élevé, plus le développement est grand) et intègre dans son calcul la valeur de l’espérance de vie à la naissance, le revenu national brut (RNB) par habitant en parité de pouvoir d’achat, et la durée de la scolarisation.

Du PIB à la croissance économique

La croissance peut se définir, selon l’économiste François Perroux (1903-1987), comme «l’augmentation soutenue, pendant une ou plusieurs périodes longues, d’un indicateur de dimension : pour une nation, le produit global en termes réels ».

Cet indicateur est généralement le PIB en volume, ou le PIB/tête. Pour produire davantage, il est possible d’utiliser davantage de capital physique grâce à l’investissement qui permet d’enclencher le processus d’accumulation du capital, et d’accroître la quantité annuelle de travail, celle-ci étant égale au niveau de l’emploi (nombre d’actifs) multiplié par la durée annuelle du travail par actif. Selon les économistes, sur la période 1996-2002, la variation de la quantité de travail et de capital explique 60% de la croissance de l’Europe des 15.

Il existe donc un résidu qui explique les 40% restants, c’est-à-dire le progrès technique qui autorise une hausse de la productivité globale des facteurs (PGF) qui mesure l’efficacité conjointe des facteurs travail et capital.

Une partie de la croissance économique ne provient ainsi pas d’une hausse de la quantité de facteurs, mais de l’amélioration de leur utilisation et on parle de croissance intensive.

L’origine du progrès technique se trouve dans la capacité d’innovation de l’économie, la mobilisation du capital humain et l’accumulation du capital technologique. Selon l’économiste autrichien Joseph Schumpeter (1883-1950), les fluctuations économiques sont inhérentes au capitalisme: en effet, le processus d’apparition du progrès technique et des innovations technologiques est source de croissance, mais la croissance est un phénomène irrégulier dans le temps, ce qui explique les fluctuations de l’activité économique, et le mécanisme de « destruction créatrice », « qui révolutionne incessamment de l’intérieur la structure économique, en détruisant continuellement ses éléments vieillis et en créant continuellement des éléments neufs» selon Joseph Schumpeter, est lié à la concurrence comme processus dynamique.

Le rôle des institutions et des politiques publiques

L’action de l’État vise aussi à augmenter la croissance de l’économie sur le long terme: l’État peut en effet, par son action, encourager l’innovation et favoriser ainsi le progrès technique, notamment par le soutien public à la recherche et à l’éducation, mais aussi par l’amélioration de la qualité des infrastructures (réseaux de transports notamment). Les théories modernes de la croissance, dites théories de la «croissance endogène» insistent sur le fait que le progrès technique «ne tombe pas du ciel» et que les structures de l’économie et l’action de l’État sont plus ou moins propices à son développement: la croissance est un phénomène autoentretenu permis par les comportements des agents économiques qui accumulent du capital physique, de la technologie, du capital humain et du capital public.

L’État joue un rôle majeur dans la définition des «règles du jeu» des échanges (que Douglass C. North appelle les institutions de la croissance) dans le cadre de l’économie de marché.

En effet, l’État définit et garantit le respect des droits de propriétés (notamment ceux de la propriété intellectuelle à travers les brevets), et est aussi à l’origine du droit du travail ou du droit commercial.

Certaines institutions sont alors plus ou moins favorables à la croissance: un pays dans lequel les droits de propriété seraient mal définis découragerait l’investissement car les investisseurs n’auraient pas de garantie de pouvoir tirer profit de leur action.

D’autres institutions peuvent jouer sur la croissance, comme les dispositifs fiscaux, les règles du fonctionnement du marché du travail ou bien la politique de la concurrence.

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