Cours

Cours de Terminale ES : 9. Economie et démographie

Question 1. Comment la dynamique démographique influe-t-elle sur la croissance économique ?

Découverte

Document 1 - La transition démographique

 

1) Pourquoi, pendant des millénaires, la population n’a-t-elle que très peu augmenté, voire stagné ?

2) A partir de quelle période la population mondiale s’est-elle mise à croître rapidement ? Combien y avait-il d’habitants en 1800? Et aujourd’hui ?

3) Comment les démographes expliquent-ils cette augmentation de la population ? 

4) Quelles sont les 3 étapes de la transition démographique ? Quelles conséquences ces étapes ont-elles sur la population ?

5) Selon les démographes, quand tous les pays auront-ils achevé leur transition démographique ? Combien serons-nous alors sur la planète ?

Document 2 - Les différences dans les dynamiques démographiques nationales : la comparaison France-Allemagne

Aller Sur : http://www.ined.fr/fr/tout_savoir_population/atlas_population/

 puis cliquer sur « lancer l’animation ».

 • Cliquez sur « courbes d’évolution », puis sélectionner la France métropolitaine comme « zone géographique ».

 

6) A combien s’élève la population de la France métropolitaine en 2012 ? Quelle est la tendance ? 

7) Par combien a-t-elle été multipliée depuis 1950 ? 

8) En cliquant sur les boutons de droite, déterminez pour 2012 : le nombre moyen d’enfants par femme, le taux de natalité, le taux de mortalité, le taux de croissance de la population. 

9) Le taux de croissance de la population est-il égal à la différence entre le taux de natalité et le taux de mortalité ? Proposez une explication. 

10) Pourquoi le taux de croissance démographique a-t-il atteint un pic en 1962 ? • Cliquez sur « comparer avec une autre zone géographique » et choisissez l’Allemagne. 

11) A combien s’élève la population de l’Allemagne en 2012 ? La tendance est-elle la même que pour la France ? 

12) Comment expliquer cela ? (Utilisez et comparez les variables vues dans les questions précédentes en cliquant sur les boutons de droite.)

Document 3 -

 

Source : P.Artus, Flash économie, Natixis 22 mars 2012 – N°. 220

 

13) Faire une phrase ayant un sens avec les données du 1er graphique pour l'année 2012.

14) Quelle est la tendance générale ?

Document 4 -

Source : P.Artus, Flash économie, Natixis 22 mars 2012 – N°. 220

 

 

15) Faire une phrase ayant du sens pour les données de l’année 2020. 

16) Quelle est la tendance générale du graphique ?

Document 5 - L'économie du cycle de vie ou comment expliquer les différences d'épargne en fonction de l'âge

Les revenus varient de manière prévisible au cours de la vie des individus. Un travailleur jeune, spécialement lorsqu’il poursuit des études à plein temps, dispose d’un revenu faible. Le revenu augmente lorsque le travailleur gagne en maturité et en expérience, atteint un pic autour de l’âge de 50 ans et baisse ensuite fortement lorsque le travailleur prend sa retraite. Cette évolution régulière des revenus perçus par un individu au cours de sa vie est appelée cycle de vie.

Les individus peuvent emprunter et épargner afin de lisser les changements de leur revenu courant le long du cycle de vie. Ainsi, leur niveau de vie mesuré une année donnée dépend plus de l’ensemble des revenus qu’ils percevront tout au long de leur vie que du revenu courant de l’année en question. Les jeunes empruntent souvent afin de financer leurs études à l’Université ou d’acheter une maison et ils remboursent leurs prêts plus tard, lorsque leurs revenus augmentent. Les individus ont souvent le taux d’épargne le plus élevé vers la cinquantaine. Comme ils peuvent épargner en prévision de leur retraite, la baisse importante de leurs revenus à cette période ne conduit pas à une baisse similaire de leur niveau de vie.

Source : G.N.Mankiw et M.P.Taylor, Principes de l’économie, De Boeck, 2010

 

17) Remplir le tableau suivant : mettre le sigle qui convient dans chaque case (--,-, +, ++, +++).

18) Comment peut-on expliquer les divergences du taux d'épargne entre pays ?

Document 6 -

Montants de patrimoine net en 2012

 

 

* Il s'agit du patrimoine brut global, dont on a déduit les éventuels emprunts privés et/ou professionnels encore en cours. Patrimoine brut global : montant total des actifs détenus par un ménage. Il inclut son patrimoine financier, immobilier et professionnel, mais aussi les biens durables (voiture, équipement de la maison, ...), les bijoux, les œuvres d’art et autres objets de valeurs..., soit tout ce qui relève du patrimoine matériel, négociable et transmissible des ménages.

 

Champ : ménages ordinaires résidant en France, y compris dans les DOM.
Source : Insee, enquête Patrimoine 2009-2010.

 

 

19) Faire une phrase ayant du sens avec le chiffre 32 700. 

20) L’évolution du montant du patrimoine est-elle conforme aux hypothèses de la théorie du cycle de vie ? Pourquoi ?

Document 7 - Epargne et équilibre extérieur

 

21) Cherchez les définitions suivantes : revenu national brut, solde des transactions courantes.

22) Rappelez l’équilibre Emplois-Ressources en économie ouverte.

23) Calculez le solde des revenus primaires et de transfert et le montant de l’épargne.

24) Calculez (S – I) et le solde des transactions courantes. Que remarque-t-on ? Que peut-on en conclure ?

Approfondissement

Approfondissement

L’évolution de la population mondiale a connu plusieurs phases. Avant le 18ième siècle, la population stagnait ou augmentait très faiblement. De 1800 au début du 21ème siècle, celle-ci a été multipliée par près de 7 pour s’établir en 2011 à 7 Milliards d’habitants. Cela s’explique historiquement d’abord par une augmentation de la population qui s’accélère en Europe et en Amérique du nord au début du 20ème siècle. Cette augmentation est due à une baisse dans un premier temps de la mortalité avec une natalité qui stagne, ce qui induit une augmentation rapide de la population. Dans un second temps, la natalité baisse mais la mortalité continue de baisser plus fortement, induisant une hausse de la population moins rapide. Enfin, les taux de natalité et de mortalité s’équilibrent, la conséquence étant une augmentation faible de la population. Si ce processus, appelé transition démographique, est accompli pour les pays développés, les pays en développement sont encore en cours de celui-ci dont il est prévu qu’il se termine vers 2050, période au cours de laquelle la population mondiale devrait se stabiliser.

En Europe occidentale, la transition démographique est terminée depuis le milieu du 20èmesiècle mais les différents pays connaissent des dynamiques démographiques différentes. Par exemple, la France connait une augmentation de sa population qui s’explique surtout par un mouvement naturel positif (nombre de naissances vivantes plus important que nombre de décès sur une année) même si le mouvement migratoire positif (différence entre le nombre de personnes qui sont entrées sur un territoire, ou immigrants, et le nombre de personnes qui en sont sorties, ou émigrants) participe aussi à cette croissance démographique mais à un degré moins important. L’Allemagne, bien que plus peuplée que la France de près de 20 millions d’habitants en 2012, verra cette dernière la dépasser dans une quarantaine d’années en raison d’un solde migratoire qui ne compense pas le solde naturel négatif (le nombre moyen d’enfants par femme est de 1.44 en Allemagne en 2012 alors qu’il est de 1.98 en France).

Les pays connaissent des différences dans leur niveau de taux d’épargne qui est le rapport entre la fraction du revenu disponible qui n’est pas affectée à la consommation et le revenu disponible brut. Cela peut s’expliquer par des structures démographiques différentes. L’économie du cycle de vie permet de rendre compte théoriquement de la relation entre épargne et structure par âge d’une population. Par hypothèse, les individus souhaitent lisser leur niveau de vie tout au long de leur existence. Ainsi, les étudiants, ayant de faibles revenus, empruntent pour subvenir à leurs besoins et ont une épargne négative. Les jeunes actifs (la population active désigne les personnes ayant un emploi ou en recherchant un), pour la plupart ayant un travail rémunéré, sont en mesure de créer une épargne. En vieillissant, avec l’augmentation de leurs revenus, les actifs épargnent de plus en plus, anticipant une baisse de leur revenu lors de leur retraite. Leur désépargne compensera alors cette baisse et permettra aux retraités d’empêcher une baisse de leur niveau de vie. De plus, l’épargne étant le moyen, avec notamment l’héritage, d’accumuler du patrimoine, ce dernier suit aussi le cycle de vie.

Ainsi, il est possible d’expliquer l’augmentation tendancielle du taux d’épargne de certains pays par l’anticipation du vieillissement de leur population.

Si les transformations démographiques ont un impact sur le taux d’épargne et l’accumulation du patrimoine, elles ont donc des conséquences sur la croissance économique. En effet, épargne et investissement sont liés, et ce dernier permet l’accumulation du capital qui est un des facteurs de la croissance économique. Cela se justifie, en économie fermée, dans une logique comptable macroéconomique de la manière suivante :

PIB = C + I

R = C + S

Avec PIB représentant le produit intérieur brut, R le revenu, C la consommation, I l’investissement et S l’épargne.

Comme dans une économie fermée sur le reste du monde, les revenus distribués sont égaux au PIB, alors l’investissement est égal à l’épargne.

PIB = R ó C + I = C + S ó I = S

D’où, conformément à l’hypothèse du cycle de vie :

Croissance démographique => augmentation de la population active => augmentation du taux d’épargne => augmentation du montant de l’investissement => accélération de la croissance du PIB

De manière empirique, la Chine vérifie ce schéma d’implication ces dernières années avec une augmentation importante de la population active, un taux d’épargne dépassant les 50% du PIB et une croissance économique de plus de 10% par an. Pour autant, un pays comme l’Allemagne, qui connait un certain vieillissement démographique ne connait pas encore de baisse de son taux d’épargne.

En passant à un raisonnement en économie ouverte, les évolutions de la structure démographique peuvent aussi participer à l’explication des déséquilibres entre épargne et investissement entre pays.

Selon l’équilibre Emplois-Ressources :

PIB + M = C + I + X

R = C + S avec R = PIB + solde des revenus primaires et de transfert (en économie ouverte)

D’où PIB + M = R – S + I + X

PIB + (S – I) = PIB + solde des revenus primaires et de transfert + (X – M)

S – I = X – M + solde des revenus primaires et de transfert

Ainsi, le solde courant de la balance des paiements ou solde des transactions courantes (à droite de l’équation) est égal au solde financier (à gauche de l’équation). Un pays dont l’épargne est inférieure à son investissement connaît un déséquilibre de la balance des transactions courantes et doit donc se procurer des capitaux auprès du reste du monde. Il peut en fournir dans le cas contraire afin de financer les investissements des autres pays. Le déséquilibre peut aussi avoir une origine commerciale et provenir d’une différence entre exportations et importations (manque de compétitivité des produits exportés ou demande de biens étrangers trop importante par exemple si X < M).

Enfin, conformément à l’hypothèse du cycle de vie :

Vieillissement démographique => baisse de l’épargne => déficit des transactions courantes pour un niveau d’investissement stable.

Si le pays ne dispose pas de réserves suffisantes pour financer une consommation plus importante, il devra soit réduire sa demande intérieure (pour limiter les importations), soit accepter une augmentation de sa dette extérieure. Dans chaque cas, des effets négatifs probables sont à envisager. Il revient au politique d’arbitrer entres les choix possibles compte tenu des différentes contraintes qui pèsent sur le pays.

À lire

Livres et articles :

Villieu P. Macroéconomie, consommation et épargne, La découverte, Coll Repères, 2008 Aglietta M., Blanchet D. et Héran F. Démographie et économie, rapport du CAE, 2002 (en ligne sur www.cae.gouv.fr) Sylvain M. et Aubry-Louis F. « Les effets du vieillissement sur l’économie française », Eco Flash, novembre 2011

Partage