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Conférence du 30 août 2017 de 11h30    à 12H30 : Que doit faire l’Etat pour accompagner ces grandes mutations ?

 

Présentation :

Présentation plus détaillée :

En matière d’innovation, l’Etat a deux missions essentielles, qui sont d’investir dans les connaissances fondamentales et de créer les conditions propices à l’innovation.

Les investissements en R&D d’une nation sont à la fois trop coûteux, trop incertains, et avec des débouchés à trop long terme, pour pouvoir être financés exclusivement par des entreprises, aussi grandes soient-elles. En effet, les consommateurs attendent souvent des améliorations des produits qu’ils connaissent déjà accompagnées si possible d’une baisse des prix, mais ne sont pas demandeurs de produits nouveaux et d’un coût élevé dans un premier temps. Or, l’entreprise est avant tout à la recherche d’une profitabilité à court terme, qui la conduit à « coller » au marché. D’autre part, le résultat d’une recherche n’est jamais garanti et perçu comme trop aléatoire pour qu’une entreprise puisse s’y lancer sereinement, d’autant plus qu’elle ne sera pas nécessairement suivie par les banques. Seul l’Etat peut surmonter cette aversion au risque. Enfin, les résultats « commercialisables » n’apparaissent qu’après un laps de temps assez long qui ne correspond pas au temps court qui est généralement celui du marché. Cependant, l’innovation ne se réduit pas à la R&D ; Si la France reste bien positionnée sur la R&D (de la 6ème à la 8ème place selon les méthodes de mesure utilisées), elle n’est qu’au 11ème rang en Europe et au 16ème au niveau mondial dans le classement de l’innovation. Ceci s’explique parce-que l’innovation est au carrefour de plusieurs domaines, parmi lesquels on trouve bien sûr la recherche, mais aussi l’entrepreneuriat, l’industrie et l’éducation.

L’action sur l’environnement comporte un certain nombre de volets. Sans vouloir être exhaustif sur la question, on peut en citer quelques-uns parmi les plus significatifs. Le premier d’entre eux est la stimulation de la culture entrepreneuriale, qui repose sur un certain nombre d’éléments : la prise de risque, l’acceptation et l’apprentissage de l’échec, la capacité d’initiative, la culture du projet,…. Pour parvenir à développer cette culture, l’Education nationale doit notamment réviser les méthodes pédagogiques en vigueur dans les programmes d’enseignement en valorisant beaucoup plus les démarches de projet et la méthode expérimentale. Il s’agit de préparer la population à acquérir la formation et les compétences requises pour s’adapter à l’accélération du progrès technologique. Le deuxième volet est l’action sur les conditions propices à l’innovation des entreprises. On pense tout d’abord à la fiscalité, qui ne doit pas pénaliser les entreprises innovantes, mais aussi au financement des projets qu’il faut encourager par une mobilité internationale du capital accrue et par la mobilisation de l’épargne des Français sur le capital-risque et le capital- développement technologique, ou encore à la mise en place d’instruments d’une politique de la propriété intellectuelle au service des entreprise qui innovent. Le troisième volet est l’amélioration du système d’innovation lui-même. L’urgence est de poursuivre le décloisonnement entre recherche publique et privée, à l’image de ce que l’on trouve aux Etats-Unis, au Japon, ou en Israël. En France, l’amélioration du système de l’innovation s’appuie sur une politique publique qui accorde une grande importance aux « écosystèmes innovants », qui regroupent des réseaux d’acteurs fédérant la formation, la recherche, les jeunes entreprises à croissance rapide (start-up), les grands groupes engagés dans une politique d’innovation ouverte, le secteur bancaire, à l’image de la Silicon Valley en Californie, et qui prennent la forme de « pôles de compétitivité » qui inscrivent leur stratégie dans les territoires auxquels ils appartiennent.

 

Questions :

1. L’entreprise a-t-elle aujourd’hui une propension à privilégier le court terme ?

2. Les organismes publics d’investissement ont-ils tendance à évincer les banques et les entreprises privées ?

3. Comment faire en sorte pour éviter que les risques associés à la R&D soient socialisés et les profits privatisés ?

4. Faut-il renforcer la planification pour dynamiser l’innovation ?

5. Comment mieux protéger la propriété industrielle ?

 

Quelques ressources utiles :

« Réformer le réformateur, Quels talents pour la haute fonction publique ? », Notes de l’Institut de l’Entreprise, novembre 2016.

« France, Redresser la compétitivité », OCDE, 2013.

Beylat Jean-Luc, Tambourin Pierre, L’innovation, un enjeu majeur pour la France, Ministère du redressement productif, avril 2013.

Mazzucato Mariane, The Entrepreneurial State, Anthem Press, New-York/London, 2013.

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