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Atelier du 29 août de 14h30 à 15h30 :

Les vagues d’innovation au service du développement durable ? Quelques illustrations.

 

Présentation plus détaillée :

Le potentiel de créativité amené par le développement durable a été montré par de nombreuses études. L’entreprise qui s’approprie la démarche de développement durable renouvelle ses marchés et l’organisation de sa production. L’innovation durable apporte avec elle toute une série de modifications qui amènent à repenser le modèle d’affaires de l’entreprise : innovations de produit, innovations de procédé, innovations organisationnelles, nouvelles sources de matières premières, conquête de nouveaux marchés, conformément à la typologie de Schumpeter.

La première source d’innovations est celle de la production de matières et d’énergie renouvelables. De nombreuses entreprises investissent aujourd’hui dans les technologies innovantes pour amener une solution aux défis environnementaux, et ceci afin de transmettre une terre viable aux générations futures. On peut citer à titre d’illustration les entreprises qui produisent de l’énergie solaire, ou encore celles qui produisent de l’énergie à partir des courants marins ou fluviaux.

Une autre source d’innovations vise à réduire les impacts environnementaux qui accompagnent la création de valeur ajoutée par l’entreprise (innovations de procédé). Au niveau de la production donc, on cherche à réduire la quantité de matières premières ou d’énergie consommées, ou encore la toxicité du processus productif. L’innovation porte alors sur l’efficacité technologique du processus de production, qui est une source de productivité et de rentabilité, sans pour autant repenser tout le système de la production.

La troisième source d’innovations modifie les produits fabriqués (innovations de produit). Elle débouche sur la fabrication d’un produit radicalement nouveau, ou plus généralement sur la modification de la fonctionnalité d’un produit ou d’un service. C’est le cas par exemple de l’entreprise automobile qui développe des motorisations nouvelles pour réduire l’impact environnemental, ou qui produit des véhicules avec des composants plus légers.

L’innovation en matière de développement durable peut aussi prendre la forme de la création d’un marché de substitution (conquête de nouveaux marchés). C’est le cas de l’économie collaborative, qui se développe actuellement sous les formes les plus diverses (locations de chambres, partage de biens durables, trajets communs en automobile,….), et qui change les cadres traditionnels de l’économie en amenant chacun à être entrepreneur par la création de son propre réseau. Dopée par les réseaux numériques, cette nouvelle économie permet l’essor du peer to peer dans une logique de conception et de production partagées qui est bien représentative du développement durable.

Enfin, une dernière source d’innovations modifie en profondeur l’organisation de l’entreprise. L’économie circulaire s’inscrit bien dans cette problématique. Pour mettre en place une recyclabilité de ses produits et de ses déchets, l’entreprise mobilise ses employés, mais aussi l’ensemble de ses parties prenantes et du cadre dans lequel elle inscrit ses activités. D’une manière générale, l’économie circulaire, tout comme l’économie collaborative et l’économie sociale et solidaire, illustrent le fait que les enjeux économiques du développement durable se prolongent bien souvent par une modification du cadre sociétal, c’est-à-dire que l’innovation liée au développement durable modifie en profondeur l’environnement et la société.

Toutes les sources d’innovations que l’on vient de citer montrent que le développement durable est parfois à l’origine d’une innovation incrémentale de l’entreprise, mais aussi qu’il débouche souvent sur la création de nouveaux produits et services dont la conception est elle aussi différente, ce qui change l’écosystème et introduit des changements forts du système d’affaires de l’organisation (innovation radicale).

 

Questions :

1- Peut-on opposer profitabilité et développement durable ?

2- L’innovation issue du développement durable est-elle toujours « responsable » ?

3- Le développent durable n’est-il pas encore souvent perçu par l’entreprise comme une contrainte ?

4- Peut-on concilier l’économie sociale et solidaire avec la recherche du profit ?

5- Comment faire en sorte que l’innovation soit acceptée par toutes les parties prenantes de l’entreprise ?

 

Quelques ressources utiles :

Aggeri Franck, Godard Olivier, « L’entreprise et le développement durable, Entreprises et histoire, 2006/4 (N° 45).

Pavie Xavier, L’innovation responsable, Eyrolles, 2012.

Schumpeter Joseph, Théorie de l’évolution économique, 1911.

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