Les annales

 

 

Une croissance élevée est-elle compatible avec un développement durable ?

 
Pondichéry – avril 2007 – enseignement obligatoire

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Thèmes : croissance, développement
Type : dissertation appuyée sur un dossier documentaire

Dossier réalisé par Dominique Szczesny

Analyse du sujet

  • Mots clefs : croissance économique, développement durable
  • Liens entre les notions : il s’agit de réfléchir à la possibilité de concilier un niveau élevé de croissance économique (qu’il faudra définir) et le développement durable ; peut-on connaître à la fois une croissance économique forte et s’inscrire dans le cadre du développement durable ?
  • Hypothèses de travail possibles : 
    • hypothèse 1 : la création de richesses peut être conciliée avec le développement durable mais elle peut aussi générer des effets pervers qui rendent les deux objectifs difficilement compatibles
    • hypothèse 2 : si la croissance peut sembler remettre en cause le devenir des générations futures, elle peut être compatible avec le développement durable sous certaines conditions

  • Choix retenu pour traiter le sujet : hypothèse 2
  • Hypothèses ne permettant pas de traiter le sujet :
    • hypothèse 3 : après avoir présenté les caractéristiques de la croissance économique,   quels peuvent être les effets de cette dernière sur le bien -être de la population ?
    • hypothèse 4 : la croissance économique permet le développement durable ; de même ce dernier peut générer la création de richesses

Mobilisation des connaissances de cours pour traiter le sujet

  • croissance économique
  • développement
  • développement durable
  • valeur ajoutée
  • PIB
  • revenu par tête
  • progrès technique

Mobilisation des savoir-faire pour traiter le sujet

  • Savoir lire des données chiffrées contenues dans un graphique : différence entre les découvertes de réserves de pétrole et la consommation de pétrole (document n°1)
  • Savoir lire les données contenues dans un graphique s’intéressant à une évolution : données chiffrées libellées en tonnes d’équivalent pétrole (document n°1)
  • Savoir lire les taux de croissance annuels moyens (document n°3)
  • Savoir séparer l’essentiel de l’accessoire dans les textes (document n°2, n°4, n°6)
  • Dégager une tendance dans un graphique : écart grandissant entre les découvertes de réserves de pétrole et la consommation de pétrole (document n°1)
  • Dégager une tendance (création de richesses moins "gourmande" en énergie dans le document n°5 ; accélération de la croissance économique dans les pays émergents et ralentissement de la croissance dans les pays développés)
  • Comparer des évolutions contenues dans un tableau (gains en termes de quantité d’énergie nécessaire pour produire plus important dans les pays de l’OCDE d’Europe que dans d’autres régions du monde  dans le document n°5 ; dans le document n°5, les écarts entre pays émergents et pays riches se réduisent étant donné la croissance économique plus soutenue dans ces derniers que dans les pays développés)

Etude du dossier documentaire

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Document n°1 – Différence annuelle entre les découvertes de réserves de pétrole et la consommation de pétrole (graphique)

Il s’agit de constater que la consommation annuelle de pétrole tend de plus en plus à dépasser les découvertes annuelles de pétrole. Il faut donc extraire un certain nombre de données chiffrées qui puissent illustrer ce constat. En effet, en 1965, les découvertes étaient supérieures à la consommation de pétrole à raison de 31 milliards de barils. En 2004, l’écart entre les découvertes et la consommation est estimé à – 20 milliards de barils. Ceci  signifie donc que l’on puise de plus en plus dans les réserves de pétrole, et donc au final, cela remet en cause la soutenabilité de cette consommation à long terme. Par conséquent, l’utilisation de cette source d’énergie pour permettre la création de richesses hypothèque le devenir des générations futures.

Document n°2 – Guillaume Girmens, "Développement durable et principes économiques" (extrait)

Le premier paragraphe réaffirme l’épuisement des ressources renouvelables (en lien avec les informations du document n°1).
En revanche, le second paragraphe met en lumière la possible compatibilité entre croissance économique et développement durable par l’intermédiaire du progrès technique.
Le dernier paragraphe livre un exemple permettant d’étayer l’hypothèse soulevée par l’auteur : les politiques visant à développer les énergies renouvelables sont proposées pour l’illustrer.

Document n°3 – Croissance économique entre 1988 et 2007 (tableau)

Il faut distinguer  deux types de pays quant à la croissance économique qu’ils connaissent. 
Les pays développés rencontrent un ralentissement de leur croissance (de 2,9 % par an en moyenne sur la période 1988-1997 à 2,6 % en moyenne par an sur la période 1998-2007) en sachant que cette dernière reste modeste. 
Les pays émergents et en développement connaissent une accélération de leur croissance (de 4,1 % à 5,8 % par an sur les périodes étudiées) qui se situe à des niveaux plus élevée que celle des pays avancés. On assiste à un rattrapage progressif des deux géants d’Asie que sont la Chine et l’Inde relativement aux pays avancés (on peut s’appuyer sur les niveaux élevés des croissances chinoise et indienne sur la dernière période c'est-à-dire respectivement 8,9 % par an et 6,5 % par an). Ce rattrapage peut poser problème quant à la soutenabilité de cette croissance et plus particulièrement sur les effets environnementaux induits. 

Document n°4 – Aurélie Vieillefosse, "Que faire après Kyoto ? Les principaux enjeux" (extrait)

Il s’agit de mettre en avant la solution politique principale envisagée contre le réchauffement climatique. Il montre que les pays développés se sont engagés à voir leurconsommation de CO2 baisser par rapport à 1990. Par ailleurs, il met en lumière la position américaine par rapport à cette question. On peut en déduire que le refus américain tient à la crainte que la poursuite du développement durable ne porte atteinte au modèle de croissance et de consommation que connaissent les Etats-Unis. Par conséquent, la compatibilité entre croissance et développement durable apparaîtrait difficile.

Document n°5 – Intensité énergétique (tableau)

Ce document mesure le caractère "énergivore" du PIB. Autrement dit, il permet de mesurer la quantité d’énergie nécessaire pour produire. L’intérêt de ce document est qu’il  permet d’appréhender l’évolution de l’intensité énergétique. Il permet aussi de relativiser les prédictions pessimistes, puisque l’on constate que la production est de moins en moins énergivore, pour une quantité produite donnée. Cet argument peut être mis en relation avec celui relatif au progrès technique et contenu dans le document n°4 : le progrès technique permettrait alors d’économiser l’énergie nécessaire pour produire. 

Plan détaillé

Introduction

Au lendemain du second conflit mondial, les puissances occidentales doivent reconstruire leur économie. Il faut produire pour pouvoir satisfaire les besoins essentiels des populations. Un objectif de croissance forte est clairement affiché dans les anciens pays en conflit. Il s’agit donc de créer un volume sans cesse croissant de richesses. L’on enregistre alors des progressions moyennes annuelles du PIB, qui permet de mesurer cette croissance, de l’ordre de 4 % à 5 %.
Toutefois, dès la fin de cette période mythique des Trente Glorieuses, des voix s’élèvent contre les effets générés par cette course à la production. C’est notamment le cas des écrits du club de Rome.
Aujourd’hui, dans un contexte de croissance ralentie, l’interrogation subsiste : peut-on concilier un niveau d’accroissement élevé des richesses et ses conséquences sur le long terme et préserver le devenir des générations futures ?
Il s’agira donc de montrer, dans un premier temps,  que les deux objectifs sont difficilement compatibles puis de voir que si certaines conditions  sont remplies croissance économique et développement durable sont conciliables.

Première partie : la  croissance économique peut parfois sembler remettre en cause le bien-être des générations futures

A. Un mode de consommation et de production actuellement non soutenable (documents n°1 et 5)

  1. Les ressources naturelles sont en voie d’épuisement (document n°1), ce qui remet en cause la capacité des générations futures d’assurer leurs besoins.
  2. De plus, notre modèle de croissance porte atteinte à l’environnement (document 6).

B. La montée en puissance des PED aggrave la situation (documents n°2, 3 et 5)

  1. Les PED connaissent actuellement une forte croissance (document 3), qui
    se matérialise par une destruction supplémentaire de l’environnement. Ils n’ont pas à assurer les mêmes efforts que les pays développés en termes de réduction des émissions de CO2 (document 4).
  2. De surcroit, la croissance des PED n’a pas permis de réduire l’intensité énergétique de pays comme la Chine (comparaison entre les documents 3 et 5).

Deuxième partie : la croissance peut être élevée et simultanément soutenable

A. Le progrès technique peut permettre de concilier accroissement des richesses et développement durable (documents n°2 et 5)

  1. La technologie permet d’une part d’utiliser des techniques moins polluantes
    (document n°2), qui règlent en partie les problèmes d’environnement. C’est ce
    que l’on constate lorsqu’on analyse l’intensité énergétique (document 5) : cette dernière tend à décroitre.
  2. La technologie permet d’autre part de trouver de nouvelles sources de
    matières premières ou d’énergie, notamment les énergies renouvelables qui ont un impact différent de celui des énergies existantes sur l’environnement
    (document n°2).

B. Une croissance qui pourra être plus respectueuse de l’environnement à l’avenir

  1. De plus en plus, l’activité économique repose sur le développement du secteur tertiaire. Or ce secteur n’est pas forcément très polluant. Par exemple, le développement des services à la personne n’implique pas une dégradation particulière de l’environnement.
  2. Les politiques publiques adoptées tentent de rendre compatible croissance et respect de l’environnement. Ainsi, le protocole de Kyoto, en développant un système de droits à polluer, tente de maximiser la croissance, dans le cadre d’une réduction des émissions de CO2 par rapport à 1990 même s’il demeure circonscrit aux pays qui y ont adhéré.

Conclusion

Il s’avère donc que si  la croissance économique génère des effets pervers ou externalités négatives qui sont difficilement compatibles avec une vision de long terme comme le développement durable, il semble toutefois que le progrès technique puisse concilier les contraires en proposant des possibilités de croissance plus économes en ressources naturelles.
Par ailleurs, l’action concertée des Etats peut aussi contribuer à asseoir les modalités d’une croissance plus respectueuse de l’environnement, à condition toutefois que les grands pays émergents comme la Chine et l’Inde partagent cette préoccupation environnementale, ce qui est loin d’être acquis pour le moment.

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