Sotheby's annonce la mise en vente du "trésor de Sevso". Ce service en argenterie romain, témoignage capital de l'esthétique romaine tardive, est estimé à dix millions de dollars. Mais les certificats d'exportation libanais sont des faux, le trésor est saisi à New York. L'enquête met en cause des responsables de Sotheby's. Aujourd'hui, on ne sait toujours rien de l'origine de ce trésor. Aucun des pays qui le revendiquent (te Liban, la Hongrie, la Croatie...) n'a les moyens de prouver qu'il aurait été pitié sur son territoire. L'enquête a été abandonnée et le trésor rendu à son propriétaire anglais.
Pendant la biennale des Antiquaires, à Paris, sur le stand de la Newhouse Galteries de New York, les policiers français saisissent une toile de Franz Hais, un peintre hollandais du XVIIe siècle. Elle provient de la remarquable collection constituée au XIXe siècle par Adolphe Schloss, un juif alsacien. En 1943, les nazis, assistés de la police française, mettaient ta main dessus. La moitié est récupérée en 1945. Depuis, le Franz Hais, l'une des toiles disparues, était passé quatre fois aux enchères chez Christie's ou Sotheby's, sans susciter ta moindre interrogation sur son origine, même quand il était accompagné de la mention : "collection Schloss, volée par des nazis ". Accusé de recel, le galeriste américain, Adam Williams, doit passer en mai 2001 devant un tribunal correctionnel français : une première dans le trafic des oeuvres d'art.
En avril, la presse française révèle que trois sculptures de ta civilisation nok, provenant de sites pillées au Nigeria, sont présentées dans le nouveau musée des "arts premiers", au Louvre. Stéphane Martin, directeur du musée, justifie cet achat de 2,5 millions de francs : "Nous savions parfaitement dans quelles conditions elles sont sorties du Nigeria. Elles restent des chefs d'œuvre. Mieux vaut les montrer au public que de les laisser cachées dans une cave. " Il affirme qu'un accord a été conclu avec le gouvernement nigérian autorisant cet achat. Mais, en novembre, Lord Colin Renfrew, directeur de l'Institut d'archéologie McDonald de Cambridge, accuse la France de trafic dans cette affaire. Puis l'ambassadeur du Nigeria en France, Edward Abiodun Aina, déclare : "Il n'y a pas d'accord sur l'acquisition de ces pièces ", ouvrant la voie à une demande de restitution.