Theodore Schultz (1902 - 1998)

Prix Nobel 1979 (Etats-Unis)

Issu d'un milieu d'exploitants agricoles du Dakota du Sud ruinés par la Grande Dépression, Theodore Schultz consacre ses premiers travaux, au sein de l'Université du Wisconsin, à l'économie agricole. Enseignant au State College de l'Iowa entre 1930 et 1943, il rejoint en 1943 l'Université de Chicago, où il deviendra directeur du département d'économie. Il est élu président de l'American Economic Association en 1960.

Il se propose d'apporter une réponse à la grave crise que subit l'agriculture américaine dès les années 1920. En effet, les cours agricoles ne cessent de baisser, ce qui provoque une paupérisation des fermiers. Il conteste l'efficacité des subventions de soutien direct aux cours agricoles et privilégie, au contraire, l'aide à l'investissement dans les exploitations agricoles. Selon lui, l'amélioration de la productivité qui doit en résulter permettra aux agriculteurs de percevoir des revenus plus importants et de mieux écouler leur production, d'enclencher ainsi un cercle vertueux, sans pour autant fausser les mécanismes du marché.
Il apporte, par ailleurs, des solutions aux problèmes du développement rural des pays du tiers-monde. Dans son ouvrage paru en 1964, intitulé Transforming Traditional Agriculture, Schultz souligne que les paysans des Etats pauvres font un usage efficace de leur faibles ressources. Leur faible appétit apparent pour l'innovation dénote en réalité d'une certaine rationalité en ce que les gouvernements de ces Etats tendent à fixer les prix agricoles artificiellement bas et à les taxer fortement. De plus, ces mêmes Etats font des efforts le plus souvent insuffisants pour former leurs agriculteurs aux méthodes modernes d'exploitation. Plus généralement, Schultz s'efforce de montrer que la pauvreté rurale dans les pays en voie de développement persiste du fait même de la politique de leurs gouvernements qui favorisent les citadins au détriment des populations vivant dans les campagnes. Dès lors que cette discrimination relative cessera, les nations agricoles pourront se développer.

Theodore Schultz marque également la théorie de la croissance en étant l'un des premiers économistes, avec Gary Becker et Jacob Miner, à intégrer le facteur humain dans les mécanismes de développement (théorie dite du « capital humain »). Ses études empiriques lui font dire que le développement du facteur humain est un préalable indispensable au développement économique. C'est donc en généralisant et en améliorant l'éducation et la formation des populations que l'on parviendra à vaincre la pauvreté.

Principales publications

(1975), Economics of the Family : Marriage, Children and Human Capital, University Chicago Press
(1972), Human Resources (Human Capital : Policy Issues and Research Opportunities)
(1964), Transforming traditional agriculture, Yale University Press
(1963), The Economic Value of Education, Columbia University Press
(1961), “Investment in human capital”, AER 51, 1-17, Mars
(1950), “Reflections on poverty within agriculture”, Journal of Political Economy 43, 1-15, Février