Robert Solow (1924 - )

Prix Nobel 1987 (Etats-Unis)

Robert Solow est né le 23 août 1924 à New York, dans un quartier modeste de Brooklyn. Elève doué, il décroche une bourse qui lui permet de poursuivre ses études à l'Université d'Harvard en 1940. Il est alors profondément marqué par la Grande Dépression, et souhaite se rendre utile à la société. Il entame un cursus de sociologie, d'anthropologie, et d'économie, qu'il interrompt pour s'engager dans l'armée américaine en 1942. En 1945, il regagne Harvard et suit les cours de Wassily Leontief, qui devient son ami et lui apprend à penser l'économie de manière plus formalisée. Il obtient son doctorat en 1951, après avoir soutenu une thèse sur la relation entre les niveaux de salaires et le taux de chômage. Sa thèse est d'ailleurs primée par le Wells Prize de l'Université d'Harvard. Il devient professeur d'économétrie et de statistiques au département d'économie du Massachusetts Institute of Technology (MIT) en 1951, où il collabore étroitement avec Paul Samuelson. La présidence de l'American Economic Association lui est confiée en 1979.

Robert Solow s'efforce d'appliquer ses connaissances en statistiques et en mathématiques aux problèmes macroéconomiques. Il se passionne en particulier pour la théorie de la croissance, et propose en 1956 un nouveau modèle de croissance qui va révolutionner la macroéconomie. En effet, il postule qu'une économie peut connaître une croissance stable et soutenue mais qu'elle tend, au bout du compte, vers un état stationnaire. L'état stationnaire correspond à une situation d'équilibre économique avec une croissance de la production nulle. Le niveau de production dans une économie est déterminé par des facteurs qui interagissent entre eux : il s'agit du stock de capital disponible, du progrès technique et de la quantité de travail présente. Si Robert Solow insiste sur l'importance du stock de capital dans une économie, en tant que préalable à la croissance, il montre que le progrès technique est neutre dans la mesure où il n'affecte que l'efficacité du facteur capital (le taux d'épargne et le progrès technique sont fixes à terme). Dès lors, la croissance économique dépend avant tout de la croissance de la population.

On doit également à Robert Solow la fameuse remarque selon laquelle "l'informatique se voit partout, sauf dans les statistiques". En effet, on produit de plus en plus à l'aide d'ordinateurs, or cette utilisation ne semble pas entraîner de hausse de la productivité : c'est le célèbre "paradoxe de Solow". De nombreux explications face à ce phénomène ont été avancées, telles que la difficulté de mesure de la productivité, l'endogénéité du progrès technique, la nécessité de lier innovation organisationnelle et innovation technologique ou encore l'importance des processus d'apprentissage.

Principales publications

(2000) Growth theory, Oxford,
(1967) The new industrial state or son of affluence, The Public Interest, 108,
(1963) Capital theory and the rate of return,
(1958) Linear programming and economic analysis, avec R. Dorman et P. Samuelson,
(1957) Technical change and the aggregate production function, Review of Economics and Statistics 39, 312-20, Août
(1956) A contribution to the theory of economic growth, Quaterly Journal of Economics, 65-94, Février