Robert Mundell est né en 1932 à Kingston, dans la province canadienne de l'Ontario. Il entame ses études supérieures à l'Université de Colombie Britannique dont il sort diplômé en 1953, puis intègre la London School of Economics, et obtient son doctorat en économie au Massachusetts Institute of Technology en 1956. Sa carrière d'économiste l'amène à enseigner à l'Université de Chicago, à l'Université de Stanford puis au Centre John Hopkins de Bologne, puis à conseiller le Fonds Monétaire International à partir de 1961. Il reprend une activité d'enseignant d'abord au profit de l'Université de Chicago entre 1966 et 1971, puis de l'Institut Supérieur des Etudes Internationales de Genève jusqu'en 1975. Robert Mundell est également fréquemment sollicité pour conseiller de nombreux gouvernements et instances internationales comme l'ONU, la Banque Mondiale, ou encore la Communauté Economique Européenne.
Ses travaux portent notamment sur la structure de changes des pays. Il a montré, avec Marcus Fleming, l'importance des mouvements de capitaux dans l'étude de l'efficacité de la politique économique. C'est dans le contexte d'économies nationales de plus en plus ouvertes qu'il entreprend de distinguer l'impact du régime de changes d'un pays sur l'efficacité de ses politiques économiques conjoncturelles. Ainsi, il distingue la politique budgétaire, marquée par l'augmentation des dépenses publiques, et la politique monétaire, caractérisée par l'augmentation de la masse monétaire par les autorités monétaires. Leur efficacité relative selon que le pays concerné est en régime de changes fixes ou flottants est alors analysée puis traduite dans un modèle prétendant à l'exhaustivité et destiné aux gouvernements pour leur permettre de décider du choix et de l'opportunité d'une politique économique. Ce modèle constitue aujourd'hui le point de référence majeur de la macroéconomie internationale.
Mundell parvient à la conclusion que dans un cadre de libre circulation des capitaux, la politique monétaire peut consister en un objectif interne (comme le niveau des prix) ou un en objectif externe (comme le taux de change), mais qu'elle ne peut en aucun cas viser efficacement les deux en même temps.
Robert Mundell a, par ailleurs, beaucoup apporté à l'analyse de l'intérêt des zones monétaires en élaborant une "théorie des zones monétaires optimales". Une zone monétaire permet de réduire les coûts de transaction entre les pays qui la composent et de gagner en importance sur les marchés de changes. Cependant, les pays qui y participent perdent un instrument de leur politique économique, à savoir le change. En clair, ils ne peuvent plus répondre à un choc en modifiant la parité de leur monnaie. Pour Mundell, une zone monétaire est optimale si les pays réussissent à minimiser les coûts liés à la perte de l'instrument de change, notamment en accroissant la mobilité du travail. Ses recherches ont d'ailleurs été à l'origine de la création de la zone Euro.
(1995), The international monetary system: the missing factor, The Journal of Policy Modeling 17(5), 479-492,
(1973), A plan for a European currency, In The Economics of Common Currencies, George Allen & Unwin Ltd., 143-173,
(1971), Monetary theory : interest, inflation and growth in the world economy, Goodyear,
(1968), International economics, McMillan,
(1968), Man and Economics, McGraw-Hill,
(1963), Capital mobility and stabilization policy under fixed and flexible exchange rates, Canadian Journal of Economics 29, 475-485,
(1961), A theory of optimum currency areas, American Economic Review 51, 657-665,