Robert Lucas est né en 1937 à Yakima, dans l'Etat américain de Washington. Il montre des capacités exceptionnelles en sciences lors de ses études primaires et secondaires et entre en 1955 à l'Université de Chicago pour y étudier les mathématiques après avoir renoncé, faute de bourse, à des études d'ingénieur au Massachusetts Institute of Technology. Il y perd cependant l'intérêt qu'il avait pour les sciences, et entame alors des études d'histoire à l'Université de Californie à Berkeley. Il en vient à se spécialiser en histoire de la pensée économique et à retourner à l'Université de Chicago. Il se consacre à l'étude des œuvres de Samuelson et de Friedman, et finit par rédiger une thèse sur les élasticités de substitution entre les facteurs travail et capital aux Etats-Unis. Robert Lucas obtient un poste d'enseignant au Carnegie Institute of Technology, où il travaille sur les décisions d'investissement de l'entreprise. Il retourne à nouveau à l'Université de Chicago pour enseigner à partir de 1974.
Imprégné des idées monétaristes de Milton Friedman, l'économiste américain va proposer un modèle de formation des anticipations des agents, qualifiées d'"anticipations rationnelles". Il postule que les agents anticipent l'avenir, et notamment les prix réels futurs, à partir de leur connaissance de l'économie. Paradoxalement, les anticipations, par définition subjectives, deviennent avec Lucas rationnelles et, partant, objectives.
Ce modèle de formation des anticipations va révolutionner les sciences économiques et surtout la macroéconomie. En effet, la courbe de Phillips, qui postulait l'arbitrage possible des gouvernements entre inflation et chômage, est remise en cause. Puisque les agents ajustent quasi-instantanément leurs anticipations de prix et de salaires à la nouvelle politique économique, les effets de celle-ci sont annulés.
L'hypothèse des anticipations rationnelles développée par Lucas le conduira à remettre en cause la validité des modèles économétriques ("critique de Lucas") : ceux-ci ne permettent pas de mesurer correctement l'impact des politiques économiques.
Robert Lucas s'intéresse en outre aux finances publiques, à la théorie de la croissance endogène, et à l'étude de la monnaie.
(1989), Recursive methods in economic dynamics, avec N. Stokey
(1988), On the mechanics of economic development, Journal of Monetary Economics
(1987), Money and interest in a cash-in advance economy, avec N. Stokey
(1987), Models of business cycles
(1976), Econometric policy evaluation: a critique, CROCH
(1972), Expectations on the neutrality of money, JPE
(1969), Real wages, employment and inflation, avec L. Rapping, JPE