Robert William Fogel est né en 1926 à New York, où ses parents – des immigrants russes – tiennent un petit commerce. Il étudie d'abord les sciences fondamentales à l'Université Cornell, puis l'économie et l'histoire à l'université de Columbia. Ce changement de spécialité intervient car il reste fortement marqué par le souvenir de la Grande Dépression et s'inquiète devant la montée du chômage aux Etats-Unis à la fin de la seconde Guerre Mondiale. A l'Université de Columbia, il se passionne pour les cours de microéconomie de George Stigler. Il rédige ensuite une thèse à l'Université John Hopkins sous la direction de Simon Kuznets, et obtient un doctorat ès sciences économiques en 1963.
Robert Fogel participe aux recherches de Kuznets sur la théorie de la croissance. Pour cela, il réalise des recherches historiques sur les phases de croissance et de dépression de l'économie américaine, et cherche à déterminer les facteurs sociologiques, technologiques, politiques de la croissance.
La méthodologie adoptée par Robert Fogel est tout à fait nouvelle. En effet, il étudie les faits économiques passés à travers le spectre des mathématiques et des théories économiques, et procède à une "analyse contre-factuelle". Il compare l'évolution, sous un facteur donné, de grandeurs économiques réelles à leur hypothétique évolution. Autrement dit, il construit économétriquement une évolution de cette grandeur en neutralisant ce facteur. Il sera d'ailleurs associé à l'école historique de la "cliométrie", qui consiste à manipuler des données quantifiables relative à l'économie et à la démographie pour en dégager des tendances et des relations.
Fogel en vient à étudier l'importance du système de transport dans la croissance économique des Etats-Unis. Lorsqu'il débute ses travaux, il est généralement admis par les économistes que le chemin de fer a été un facteur prépondérant dans la croissance américaine. Il conclut que l'importance des chemins de fer a été surestimée et que les Etats-Unis, en l'absence de ce facteur, auraient connu une croissance moindre, mais tout de même importante.
Il applique également sa méthodologie à l'étude du système économique basé sur l'esclavage. Il aboutit à la conclusion, en collaboration avec Stanley Engerman, qu'il s'agit d'un système rentable et efficace. En effet, dans les grandes plantations, le travail en équipe permet les économies d'échelle. C'est un résultat scientifique et objectif, mais qui sera mal accueilli par la communauté des économistes.
(2000) The fourth great awakening and the future of egalitarianism, Univ. of Chicago Press
(1989) Without consent or contract : the rise and fall of American slavery
(1985) Which road to the past ?, avec G.F. Elton
(1974) Time on the cross : the economics of American Negro slavery, avec S. Engerman
(1964) Railroads and American economic growth: essays in economic history
(1960) Union Pacific Railroad: a case in premature enterprise