Risque de fièvre pour l'économie mondiale

En 2006, la Banque mondiale avait estimé les effets sur l'économie mondiale d'une pandémie de grippe aviaire. Elle a révisé ces estimations en septembre 2008 dans un rapport interne. Dans le pire des cas, le PIB mondial pourrait ainsi subir une baisse de 4,8 %. Avec l’hypothèse que 35 % de la population serait atteinte à un moment ou un autre par le virus, 12 % de la perte de PIB relèverait de la mortalité et 28 % de l’absentéisme causé par la maladie. Mais ce sont surtout les mesures mises en œuvre pour limiter la propagation du virus qui seraient à l’origine de 60 % de la perte de croissance. Elles concernent la réduction des transports aériens, la limitation de l’accès à certaines activités de loisirs telles que les spectacles, musées ou les sorties au restaurant, ainsi que l’arrêt des transports en commun.

La propagation de la grippe A confère à cette modélisation une résonance particulière. Pour l’instant, le ministre des finances mexicain a pronostiqué un "impact-grippe" de 0,3 % à 0,5 % sur un PIB qu'il prévoyait déjà amputé de 4 %. Ces pronostics dépendent de la durée du "gel" économique imposé par les mesures de lutte contre le virus. A Mexico, les hôtels ne tournent plus qu'à 10 % de leur capacité et jusqu'à 60 % des réservations ont été annulées.

Thème : mondialisation
Mise en ligne : 13/05/2009
Source : Banque mondiale

Dossier réalisé par Emmanuelle Simon-Ledoux