disponible sur www.kc.frb.org/Publicat/sympos/2003/pdf/Rogoff.0910.2003.pdf
Incidence de la déflation et d'une inflation inférieure à un pour cent1
Note [1] :Nombre de pays-mois ayant connu une inflation inférieure sur un an à un pour cent ou négative, en pourcentage du total. Les données sont basées sur 35 des plus importantes économies des grands pays industriels et des pays émergents.
Lecture : Alors qu'il y a une vingtaine d'années les situations de très basse inflation ou de recul du niveau général des prix étaient extrêmement rares, elles sont devenues très fréquentes sur la période 1997-2002 : près d'un quart des grands pays industrialisés et, plus surprenant encore, des pays émergents ; compte tenu de l'effet Balassa et du phénomène de rattrapage des niveaux de prix qui caractérisent les pays en phase de convergence, on aurait pu penser que les pays émergents connaîtraient un surcroît d'inflation par rapport aux pays de l'OCDE, d'autant que les institutions de ces pays ne sont pas souvent favorables au combat contre l'inflation : faible indépendance des banquiers centraux, faible transparence… mais une partie des pays émergents d'Asie (la Chine en tête) connaît une croissance déflationniste.
Incidence de la déflation1
Note [1] : Nombre de pays-mois ayant connu une inflation négative sur un an, en pourcentage du total. Les données sont basées sur les économies des grands pays industriels et des pays émergents.
Lecture : Les authentiques déflations sont logiquement plus rares (deux fois plus rares pour la période 1997-2002) que les situations de très basses inflation du graphique précédent. Alors que, sur la période 1985-1996, les pays industrialisés connaissaient davantage la déflation que les pays émergents, la donne s'est inversé sur 1997-2002 (crise asiatique, crise russe, crise argentine, etc). Sur une période plous récente encore, les émergents semblent exporter leurs déflations (recul du prix des importations), même si des tensions inflationnistes peuvent naître du fait du besoin en matières premières de la Chine. Ce qui ressort de la lecture des deux graphiques, c'est que manifestement les banques centrales des pays émergents n'ont pas encore atteint un haut niveau d'expertise dans la gestion de la très basse inflation, alors que leurs consoeurs des pays industrialisés, averties du caractère autoentretenu et déstabilisant de la déflation, parviennent le plus souvent à garder une inflation nulle ou légèrement positive (sur la période 1997-2002, les deux zones étudiées connaissent le même nombre d'épisodes de très basse inflation, mais s'agissant des épisodes de déflation proprement dite, le rapport est de 1 à 2).