Dossier réalisé par Stéphanie Joly


Que devient Y (PIB) une fois produit ? Il constitue les ressources du marché des biens et services, ou encore l’offre globale sur ce marché. En économie fermée (pas d’importation), il n’y a pas d’autre ressource en biens et services que Y.
Tous les biens et services produits ont nécessairement un emploi. Certains seront utilisés à la consommation finale (C) ou à la formation de capital fixe (biens durables utilisés plus d’un an, la FBCF), et tous les autres seront stockés en attendant d’être utilisés autrement. Comme nous l’avons expliqué plus haut, la formation de capital et la variation de stock (VS) constituent l’investissement (I). En économie fermée, il n’y a pas d’autre emploi possible des biens et services que C et I ; ces emplois constituent la demande globale. On peut donc écrire l’identité des ressources et des emplois sur le marché des biens et des services (ou encore l’équilibre entre l’offre et la demande globale) sous la forme :
Y = C + I
Considérons à présent une économie ouverte aux échanges extérieurs. Les ressources du marché des biens et services comprennent désormais, en plus du produit intérieur (Y), des importations (M).
Les exportations (X) constituent en outre un nouvel emploi possible des biens et services disponibles sur le marché.
Source : J. Généreux, Economie politique, Hachette, 5ème édition, 2008.
Considérons d’abord le cas d’une économie fermée (absence de relations économiques avec l’extérieur). L’offre globale de l’économie est la production nationale (Y) celle-ci a deux utilisations : la consommation (C) et l’investissement (I).
La production nationale (Y) donne naissance aux revenus, distribués durant la même période. La représentation de l’économie sous forme de circuit a montré que la valeur de la production correspond exactement à la valeur des revenus distribués. La totalité du produit intérieur est transformée en revenus par les agents économiques.
Comme les revenus sont soit consommés (C) soit épargnés (E), on a finalement : Y = C + E
Comme par ailleurs Y = C + I, on obtient :
I = E
L’égalité de l’épargne et de l’investissement peut être effectuée dans l’égalité emplois – ressources, on a : Y + M = C + I + X
Si on remplace Y par (C + E) : C + E + M = C +I +X soit :
X – M = E – I
Si (X – M) est négatif, c'est-à-dire que la balance des transactions courantes est déficitaire, alors l’épargne intérieure est inférieure aux besoins d’investissement. Le déficit courant correspond à une insuffisance d’épargne.
Si le solde courant est positif, alors l’économie dégage davantage d’épargne que ce qui est nécessaire pour investir, cette épargne peut être exportée.
Si une économie dépense davantage qu’elle ne produit, cela signifie que l’épargne extérieure doit venir financer une partie des investissements.
Source : J.Y. Capul et O. Garnier, Dictionnaire d’économie et de sciences sociales, Hatier, 2011.


"Ce sont la propension à consommer1 et le montant de l'investissement nouveau qui déterminent conjointement le volume de l'emploi. Si la propension à consommer et le montant de l'investissement nouveau engendrent une demande effective2 insuffisante, le volume effectif de l'emploi sera inférieur à l'offre de travail qui existe en puissance au salaire réel en vigueur. Cette analyse nous explique le paradoxe de la pauvreté au sein de l'abondance. Le seul fait qu'il existe une insuffisance de la demande effective peut arrêter et arrête souvent l'augmentation de l'emploi avant qu'il ait atteint son maximum. L'insuffisance de la demande effective met un frein au progrès de la production alors que la productivité marginale du travail est encore supérieure à sa désutilité."
Source : John Maynard Keynes, Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et la monnaie, Payot, 1988 (première édition 1936)
Par exemple, si l’épargne est plus faible que l’épargne prévue par les entreprises, la production intérieure de biens de consommation est insuffisante pour répondre à la demande. Mais cet excès de demande peut être corrigé si les agents résidents achètent des produits étrangers substituables aux produits nationaux. Les importations contribuent ainsi non seulement à l’équilibre comptable mais aussi à l’équilibre économique ; les entreprises vendent tous les biens de consommation qu’elles pensaient vendre, les consommateurs ont trouvé sur les marchés tous les biens qu’ils souhaitaient acheter. Cependant, ce développement des importations peut engendrer un déficit de la balance commerciale et donc créer un besoin de financement en devises (si le pays ne peut pas, comme les Etats Unis, payer l’étranger dans sa propre monnaie). Ce besoin peut être comblé par un endettement en devises, mais celui-ci entraîne ensuite des remboursements en devises des intérêts et des capitaux empruntés. Il faut donc bien dégager de temps à autre des capacités de financement en devises pour honorer ses dettes. Un pays ne peut avoir en permanence un déficit des échanges financé par l’endettement extérieur. De plus, si la théorie économique positive est indifférente au fait que les besoins des consommateurs soient satisfaits par des produits nationaux ou étrangers, les industriels, les groupes de pression et donc les politiques économiques ne le sont pas.
Source : J. Généreux, Economie politique, Hachette, 5ème édition, 2008.

Source : Les Echos.fr
http://www.dailymotion.com/video/xbgiwo_chine-la-nouvelle-finance-mondiale_news
Les bons du Trésor sont des titres représentatifs d'un emprunt du Trésor Public à court ou moyen terme auprès du public ou des établissements financiers pour faciliter le financement des besoins courants de l’Etat.
Il existe cependant, une situation spécifique dans laquelle l'appareil de production n'est plus en mesure de satisfaire la demande, et se comporte à peu près de la même manière qu'en situation de pénurie. C'est ce que l'on appelle la surchauffe, caractérisée par un emballement de l'appareil de production face à une demande trop forte. Dans ce cas, l'ajustement entre les quantités demandées et les quantités offertes ne peut s'établir que par le surenchérissement des prix, seul moyen ici aussi d'évacuer la demande excédentaire.
Source : Jean Bayard, blog macroéconomie, Le Monde, 12 janvier 2011
Un regain de croissance... des stocks
Le PIB français s’est accru de 1% en volume au premier trimestre 2011, selon l’Insee, et les commentaires étonnés rivalisent de superlatifs. Or ni la consommation des ménages, ni l’investissement des entreprises, souvent cités, ne sont les principaux ressorts de ce sursaut. Pour les trois quarts ou presque, le surcroît de production enregistré cet hiver n’a pas été vendu, mais stocké. Il s’agit notamment des automobiles n’ayant pas trouvé preneurs après la disparition de la prime à la casse.
Le problème, avec les stocks, c’est que les entreprises les constituent pour deux raisons diamétralement opposées. Dans le meilleur des cas, elles accumulent des stocks afin d’être en mesure de fournir une demande en pleine expansion. Mais dans le pire des cas, les entreprises stockent… ce qu’elles n’ont pas réussi à vendre, faute de demande suffisante.
En l’occurrence, nous ne sommes pas dans le bon cas. Voici ce qu’en écrit l’Insee : « Les variations de stocks contribuent très favorablement à la croissance de l’activité : +0,7 point après -0,3 point fin 2010. Tous les postes sont concernés, en particulier les matériels de transport (contribution au PIB de +0,5 point après -0,1 point). »
Cela signifie que la moitié de la croissance enregistrée au premier trimestre ne fait que traduire le gonflement des stocks de l’industrie automobile. Celle-ci anticipe-t-elle une vive reprise ? La courbe des immatriculations indique, bien au contraire, que les firmes automobiles ont stocké cet hiver les modèles qu’elles ne parvenaient pas à vendre, sitôt disparue la prime à la casse.
Source : J-F Couvrat, Déchiffrages, Le Monde, 13 mai 2011