3. La coordination par le marché


Question 4 - Quelles sont les principales défaillances du marché ?

Dossier réalisé par Stéphanie Joly

ETAPE 1. DECOUVERTE

Document 1 -

1. Pourquoi un acheteur de voiture d’occasion ne peut-il pas être assuré d’avoir fait une "bonne affaire" au moment de l’achat

2. Quel peut être l’intérêt pour l’acheteur d acquérir une voiture d’occasion dans un garage plutôt qu’à un particulier

3. Quelle condition du modèle de la concurrence pure et parfaite est mise à mal ici

4. De quoi dispose l’acheteur pour limiter les risques lors de son achat ? (Donnez un exemple de moyen mis en place par les pouvoirs publics pour tenter de résoudre ce problème dans le cas de vente de voitures d’occasion.)

5. Montrez que ce phénomène peut exister sur d’autres marchés (immobilier par ex.) 

Document 2 -

 G. A. Akerlof (économiste américain, prix Nobel d’économie en 2001) est l'un des premiers économistes à théoriser le phénomène qui sera connu sur le nom de "sélection adverse" ou "antisélection" voire de "lemon problem" en référence à son article fondateur : "The Market for Lemons: Quality Uncertainty and the Market Mechanism" (1970). Cet article traite d’un problème qui est, pour Akerlof, aussi vieux que les marchés eux-mêmes : "s’il veut vendre son cheval, dois-je vraiment l’acheter ? " se demandaient certainement les maquignons. L'incertitude sur la qualité des produits achetés est donc présente dans toutes les transactions de marché.

Le problème de la sélection adverse apparaît avec l'incapacité des acteurs sur un marché (acheteurs et vendeurs) de différencier les produits selon leur qualité. Sur un marché d'automobiles d'occasion le vendeur du véhicule, parce qu'il l'a détenu et conduit pendant plusieurs mois, détient davantage d'information sur la qualité du produit vendu que l'acheteur qui, au mieux, l'essaie quelques minutes. Cette connaissance inégale offre un avantage pour un côté du marché sur l'autre. Il résulte de cette asymétrie que l'acheteur n'a jamais la certitude que le vendeur n'offre pas un "lemon" c'est-à-dire, dans le jargon américain, une voiture de mauvaise qualité.

Ce constat statistique d'un biais en faveur d'une baisse de la qualité a des conséquences importantes puisqu'il peut se traduire par une impossibilité d'échange.

Sur de nombreux marchés, les vendeurs (de biens ou de services) sont généralement mieux informés sur la qualité des produits proposés que les acheteurs. A chaque niveau de prix, un vendeur de biens de qualité est moins enclin à vendre qu'un vendeur de biens de mauvaise qualité. Les acheteurs rationnels vont anticiper ce comportement, soupçonnant que les produits disponibles sur le marché sont de mauvaise qualité. Ce doute, rationnel, fait pression à la baisse sur les prix, baisse qui décourage les vendeurs de biens de bonne qualité qui préfèrent quitter le marché. L'asymétrie d'information se traduit donc par un processus de sélection négative au cours duquel seuls les biens de mauvaise qualité restent disponibles à la vente.

                       http://www.melchior.fr/George-A-Akerlof-prix-nobel.10314.0.html

1.   Quelles sont les informations normalement apportées par le prix d’une voiture d’occasion ?

2.   Pourquoi peut-on dire que, sur le marché de l’occasion, l’information est « asymétrique » ?

3.     Quel est le risque principal de cette asymétrie d’information ?

4.     Complétez le schéma à l’aide des éléments suivants : Impossible de distinguer les bonnes voitures des mauvaises ; la proportion de véhicules de mauvaise qualité va augmenter ; les vendeurs de voitures de bonne qualité se retirent du marché ; le prix des voitures baisse ; les acheteurs peuvent être tentés de quitter le marché ; l’information est insuffisante ;  les acheteurs se retirent du marché ; possible disparition du marché.  

Document 3 -

1.  Quels sont les moyens dont dispose le consommateur aujourd'hui pour pallier à l'insuffisance d'information lors d'un achat

2.  L'information, grace à des moyens, pourra-t-elle être parfaite ?

Document 4 -

On parle d’externalité (ou d’effet externe) lorsque l’action de consommation ou de production d’un agent a des conséquences sur le bien-être d’au moins un autre agent sans que cette interdépendance soit reconnue par le système de prix, et donc sans donner lieu à compensation monétaire. L’agent émetteur de l’effet externe n’est alors pas conduit à intégrer dans son calcul avantages-coûts la nuisance (en cas d’externalité négative) ou le bénéfice (en cas d’externalité positive) que son comportement engendre pour autrui. Par suite, la valeur sociale de son activité diffère de sa valeur privée. S’il n’est pas rémunéré pour sa contribution au bien-être collectif, l’émetteur d’une externalité positive optera pour un niveau d’activité sous-optimal. Inversement, s’il n’a pas à assumer monétairement la pleine responsabilité des dommages qu’il impose, l’émetteur d’une externalité négative (d’une pollution par exemple) choisira un niveau d’activité supérieur au niveau socialement optimal. Notons que la défaillance de marché ne réside pas dans la pollution en tant que telle, mais se signale par le fait que son niveau est trop élevé. Pallier cette défaillance n’impose donc pas de supprimer la pollution.

Y. Croissant et P. Vornetti, Les motifs de l’intervention publique, Cahiers français, n° 313, 2003.

1. Que signifie la notion d'externalité ?

2. Qu'est ce qu'une externalité positive ?

3. Qu'est ce qu'une externalité négative ?

4. Pourquoi l'existence d'externalités ne permet pas de conduire à l'optimum ?

Document 5 -

Pour l'économiste, l'intervention publique est justifiée lorsque le marché est inefficace ou inadapté. Dans le cas des choix alimentaires, les asymétries d'information et les externalités négatives sont deux motifs indiscutables d'intervention.

Asymétries et déficit d'information

En premier lieu, les consommateurs peuvent être mal informés des caractéristiques des aliments et des effets de leurs choix sur leur santé. Dans ce cas, l'intervention publique est justifiée soit parce qu'il y a des asymétries d'information (les producteurs connaissent les caractéristiques de leurs produits, mais ne les révèlent pas totalement), soit parce qu'il y a un déficit d'information générique (comme tous les biens publics, l'information générique tend à être fournie en quantité insuffisante par les marchés privés). Les asymétries d'information sont une cause indiscutable de mauvais fonctionnement des marchés. Comment en effet prendre la bonne décision si l'on n'est pas bien informé des caractéristiques d'un produit et des conséquences d'un comportement ? L'intervention des Pouvoirs Publics consiste alors d'une part, à contraindre les producteurs à révéler l'information privée, par exemple grâce à un étiquetage obligatoire standardisé, et d'autre part, à assurer la fourniture d'information publique par des campagnes spécifiques. Dans ce dernier cas, encore faut-il veiller à ce que l'information publique ne soit pas noyée sous l'information commerciale et faire en sorte qu'elle soit utilisable rapidement et facilement par les consommateurs (Cawley, 2004).

Externalités négatives

Un consommateur bien informé est en droit de faire des choix non conformes aux recommandations nutritionnelles, sans que cela justifie l'intervention publique, aussi longtemps qu'il supporte l'ensemble des conséquences de ses choix. En revanche, si ses choix imposent des coûts à d'autres, il y a alors des effets externes négatifs et l'intervention publique est justifiée pour les corriger. Dans le cas du surpoids et de l'obésité, les surcoûts de santé imposent des externalités négatives aux bénéficiaires de l'assurance maladie, mais les personnes obèses peuvent aussi générer des externalités positives pour les membres des caisses de retraite si leur espérance de vie est plus faible (Cawley, 2004). Aux États-Unis, différentes évaluations pour les années 1996-1998 (Sturm, 2002 ; Finkelstein et coll., 2003) montrent que les dépenses médicales annuelles des personnes obèses dépassent celles des non obèses d'environ 36%. Finkelstein et coll. (2003) estiment qu'environ la moitié des surcoûts attribuables au surpoids et à l'obésité sont pris en charge par un financement public (Medicare et Medicaid). Même si le bilan complet des externalités n'a pas été établi, les ordres de grandeur justifient l'intervention publique, d'autant que l'évolution des coûts de santé conduit à penser que l'essentiel des conséquences du développement de l'obésité n'est pas encore visible (Sturm, 2002).

                                                                                     Source :www.senat.fr

1. Trouvez un exemple montrant que, dans le domaine alimentaire, il existe une asymétrie d’information

2. Pour quelle raison les pouvoirs publics souhaitent ils résoudre ce problème ?

3. Donnez quelques exemples d’externalités négatives liées à la hausse de l’obésité.

4. Comment les pouvoirs publics peuvent ils agir pour réduire ces externalités

Document 6 -

"Dans le système de la liberté naturelle, le souverain n'a que trois devoirs à remplir ; trois devoirs, à la vérité, d'une haute importance, mais clairs, simples et à la portée d'une intelligence ordinaire. Le premier, c'est le devoir de défendre la société de tout acte de violence ou d'invasion de la part des autres sociétés indépendantes. Le second, c'est le devoir de protégéer, autant qu'il est possible, chaque membre de la société contre l'injustice et l'oppression de tout autre membre, ou bien le devoir d'établir une administration exacte de la justice. Le troisème, c'est le devoir d'ériger et d'enretenir certains ouvrages publics et certaines institutions que l'intérêt privé d'un particulier ou de quelques particuliers ne pourrait jamais les porter à ériger ou à entretenir, parce que jamais le profit n'en rembourserait la dépense à un particulier ou a quelques particulier, quoique à l'égard d'une grande société ce profit fasse beaucoup plus que rembourser les dépenses".

       Adam Smith - Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations

1. Donnez des exemples d’ouvrages publics

2. Pourquoi, selon Smith, l’Etat doit-il prendre en charge ces ouvrages ?

Document 7 -

La théorie microéconomique du consommateur ne s’applique qu’à des biens privés, c'est-à-dire dont la consommation par un individu est exclusive de la consommation par un autre. Une tomate est un bien privé& : si elle est consommée par un individu, elle n’est pas consommée par un autre.

Mais il existe des biens collectifs : biens qui peuvent être utilisés simultanément par plusieurs individus sans que la consommation de l’un réduise la consommation de l’autre : le film projeté dans une salle de cinéma, l’éclairage public….

Le marché concurrentiel est manifestement inefficient pour la production d’une catégorie particulière de biens collectifs : "les biens ou les services collectifs pur". Un bien collectif pur est un bien pour lequel aucun agent privé ne peut exclure les utilisateurs qui ne sont pas disposés à payer. En conséquence, un producteur privé n’ayant pas le pouvoir de contraindre d’autres agents par la force, tout le monde à intérêt à ne pas révéler ses préférences et à attendre que les autres paient la production du service. Si les autres paient le service, l’individu en bénéficiera bien qu’il n’ait pas payé.

Ainsi, la société et chaque individu se trouvent manifestement mieux si les services collectifs purs sont produits mais personne n’a intérêt à révéler sa disposition à payer ces services ; en conséquence, des entreprises privées ne seront pas en mesure d’assurer leur production. Seule une institution qui dispose du pouvoir de contrainte par la force, l’Etat, peut produire ce type de services. En effet, l’Etat, lui, peut contraindre tous les individus à payer les services collectifs en levant des impôts.

Source Jacques Généreux, Economie politique (T2 Microéconomie), Hachette, 2008.

 

1. Qu’est ce qu’un bien ou un service collectif ?

2. Placez correctement les "biens collectifs purs" et les "biens privés" dans le tableau suivant :  

3. Pourquoi un entrepreneur privé n'assurera-t-il pas la production de biens et services collectifs purs ?

4. Quel est le seul agent économique susceptibel de les prendre en charge et pourquoi ?

5. Comment les biens et services collectifs purs seront-il financés ?

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