On montrera comment dans un modèle simple de marché se fixe et s’ajuste le prix en fonction des variations de l’offre et de la demande. En partant d’un exemple, on construira les courbes d’offre et de demande, on recherchera les facteurs susceptibles d’expliquer leur déplacement et on en analysera l’impact en termes d’augmentation ou de baisse des prix. Ce thème pourra être l’occasion de recourir à un jeu mettant en évidence de manière expérimentale le fonctionnement d’un marché.
Dossier réalisé par Laurent Braquet
Nous pouvons maintenant combiner les analyses de la demande et de l’offre pour montrer de quelle manière les prix et les quantités de produits achetés et vendus sont déterminés sur les marchés libres. Considérons le marché des pommes de terre (voir le tableau ci-dessous).
Offre et demande mensuelle de pommes de terre

Sur ce marché, quelle sera la quantité de pommes de terre échangée et à quel prix ? Si le prix est de 20 cents le kilogramme, la demande excède l’offre de 600 000 tonnes (A-a). Une grande partie de la demande n’est pas satisfaite. Les consommateurs sont prêts à payer plus cher pour être servis. Si le prix passe à 40 cents le kilo, le même scénario se reproduit. Il y a toujours une pénurie (la demande excède l’offre de 300 000 tonnes), et les prix montent encore. On constate donc que l’effet d’une pénurie se traduit par une augmentation des prix. Cependant cela tend à résorber ladite pénurie puisque l’offre s’accroît et la demande diminue quand les prix augmentent. Que se passe-t-il si le prix est à un niveau beaucoup plus élevé, 100 cents le kilogramme. Dans ce cas c’est l’offre qui excède la demande de 600 000 tonnes (e-E). Ce surplus conduit les prix à la baisse, les producteurs diminuant leur prix afin d’écouler leurs excédents. La même chose se produit lorsque l’on est à 80 cents le kilogramme. Un excès d’offre a comme conséquences de faire baisser les prix.
Le seul prix stable est celui pour lequel il n’y ni excès d’offre ni excès de demande. C’est le prix pour lequel l’offre est égale à la demande. Dans l’exemple, cet équilibre entre offre et demande est atteint au prix de 60 cents : la quantité offerte est égale à la quantité demandée (350 000 tonnes). Il n’y a ni pénurie ni excédent, et il n’y a pas de pression sur le prix du marché, ni à la baisse ni à la hausse. Le prix pour lequel l’offre est égale à la demande est appelé prix d’équilibre du marché.
L’équilibre du marché correspond à la situation où les intérêts conflictuels des consommateurs et des producteurs se compensent parfaitement. En ce point, la quantité que les consommateurs demandent est égale à la quantité que les producteurs offrent. Or, le mécanisme régulateur des prix assure que ce point d’équilibre est automatiquement atteint. Les lois de l’offre et de la demande font converger le prix du marché vers le prix d’équilibre.
John Sloman, Principes d’économie, 6ème édition, Pearson Education, 2006.
(…) Nous nous intéressons au fil de ce chapitre à des marchés en situation de concurrence pure et parfaite (encore appelés « marchés concurrentiels »). Les consommateurs et les producteurs sont si nombreux qu’ils n’exercent aucune influence sur les prix : ils sont « preneurs » de prix. Cela suppose que les consommateurs (qui sont à l’origine de la demande exprimée sur le marché) ne négocient pas les prix des biens et services qu’ils achètent. C’est généralement le cas en pratique. Pour les entreprises (qui sont à l’origine de l’offre exprimée sur le marché), la concurrence pure et parfaite signifie que les producteurs ont une taille négligeable par rapport à la taille du marché et ne peuvent donc pas choisir leur prix. Ils acceptent de vendre au prix déterminé par le marché. Par exemple, les fermiers vendent généralement leur lait au prix imposé par le marché sans pouvoir influencer ce prix. Un producteur qui chercherait à augmenter son prix ne trouverait pas d’acheteurs, ces derniers pouvant s’approvisionner au prix du marché. Bien entendu, de nombreuses entreprises peuvent peser sur le prix du bien ou du service proposé à l’échange. Ces entreprises n’opèrent pas en situation de concurrence pure et parfaite (ou de marché « concurrentiel »). Bien que contraintes par la demande, elles jouissent d’un pouvoir de marché. On parle dans ce cas de concurrence imparfaite (où les entreprises « font » le prix).
John Sloman, Principes d’économie, 6ème édition, Pearson Education, 2006.
Représentation graphique du marché « concurrentiel ».
Observons comment le marché de la pomme de terre peut être affecté par divers évènements :
Une augmentation de la demande pour les menus des fast food incluant des portions de frites se produit : puisque les gens souhaitent manger plus de pommes de terre, la courbe de demande se déplace vers la droite. La quantité demandée devient supérieure pour tout niveau de prix. Ce déplacement de la courbe de demande se traduit par une augmentation du prix d’équilibre et de la quantité d’équilibre. Le prix et la quantité vendue ont augmenté.
Imaginons qu’une catastrophe naturelle réduise considérablement la récolte de pommes de terre. Comment le marché de la pomme de terre sera-t-il touché par cet évènement ? Comme on le remarque sur le schéma, le déplacement de la courbe d’offre se traduit par une augmentation du prix d’équilibre et une réduction de la quantité d’équilibre. La catastrophe naturelle aura eu pour effet d’entraîner une hausse du prix de la pomme de terre et une diminution de la quantité vendue.
