Dossier réalisé par Delphine Acket

1) Caractérisez chacun des cinq marchés présentés ci-dessus en remplissant le tableau :

2) Proposez une définition générale du marché.

3) Montrez que les trois types d’échange marchand présentés n’obéissent pas aux mêmes règles de fonctionnement.
Le Dauphin se plaignant un jour à Quesnay(1) de ce que la charge royale soit difficile à remplir, le médecin du roi répondit que ce n’était pas son avis. « Eh ! Que feriez-vous donc si vous étiez roi ? » demande le Dauphin. « Monsieur, dit Quesnay, je ne ferais rien. » « Et qui gouvernerait ? » poursuit le Dauphin. « Les lois », répond Quesnay. Cette anecdote exemplaire a souvent été citée pour caractériser le libéralisme, la fameuse formule du « laissez-faire ! », généralement attribuée à Gournay(2), en apparaissant comme le résumé. Pour les physiocrates(3), ainsi, ce sont les lois de l’ordre naturel et non le souverain qui doivent gouverner. […] L’idée reste que le gouvernement est une affaire simple. « En gros, de quoi s’agit-il ? s’interroge Quesnay, de cultiver la terre avec le plus grand succès possible, et de préserver la société des voleurs et des méchants. La première partie est ordonnée par l’intérêt, la seconde est confiée au gouvernement civil. » […] La fonction politique est donc purement défensive ; elle consiste essentiellement dans la défense de la propriété, qui est la base de l’organisation sociale.
(1) Economiste français, fondateur de l’école physiocrate (1694-1774)
(2) Economiste français qui préconisait la liberté d’entreprendre et d’échanger (1712-1759)
(3) L’école des physiocrates a posé les fondements de la pensée libérale
P.Rosanvallon, Le Libéralisme économique, Histoire de l'économie de marché, coll. »Point Seuil », Le Seuil, 1989.
4) A quelles "lois" François Quesnay fait-il référence ?
5) Quel doit l'unique rôle d'un gouvernement ?
Lors de l’eG8, […], la protection des droits d’auteur a été régulièrement l’objet des interventions. Dès le discours d’ouverture de Nicolas Sarkozy, « Vous avez permis à chacun, par la seule magie du web, d’accéder d’un simple clic à toutes les richesses culturelles du monde. Il serait vraiment paradoxal que le web contribue, à terme, à les assécher », a sermonné le Président de la République. « Si les esprits créatifs sont spoliés de leurs talents, ils ne sont pas simplement ruinés, plus grave, ils perdent leur autonomie, ils seront contraints de mettre leur liberté en gage (…) personne ne doit pouvoir être impunément exproprié du produit de ses idées, de son travail, de son imagination, de sa propriété intellectuelle. »[…], le G8 souligne en effet la nécessité de « mettre en place des législations et des cadres nationaux pour améliorer le respect (de la propriété intellectuelle) » et promet « de prendre des mesures fermes contre (leur) violation ». […] Aucun consensus n’a été dégagé autour de l’Hadopi, loin s’en faut.
Guillaume Champeau ; 27/05/2011 ; numerama.com

6) Selon Nicolas Sarkozy, quels droits de propriété doivent être protégés ?
7) Quelles seraient les conséquences d’une non protection de ces droits ?
8) Qui doit se charger de cette protection ?
9) Recherchez ce qu’est l’Hadopi.

10) Quels éléments figurent sur un contrat de travail ?
11) Pourquoi le contrat, en règle général, peut-il être nécessaire au bon fonctionnement du marché ?
L’alchimie financière de la dernière décennie a permis une croissance mondiale sans précédent. Au prix de quelques accidents de parcours, comme la bulle internet. Au prix surtout de déséquilibres de paiements entre puissances régionales, à un niveau jamais atteint. Mais sans à-coups majeurs. Puis, brutalement, l’été dernier, surgit la crise des « subprime ». Une facture, estimée initialement à une centaine de milliards de dollars. Logée et identifiée dans les bilans des banques, cette facture pouvait être absorbée sans encombre. Seulement voilà, les banques ont joué à l’alchimiste : pour accroître leur capacité de crédit-et d’endettement des acteurs économiques- les banques ont dispersé dans une multitude de conduits financiers le poids réel du risque pris. Résultat, plus personne ne sait mesurer l’ampleur et la durée de la crise. Le pouvoir politique est contraint d’intervenir. N’est-il pas temps que le politique pousse son avantage, et remette de la régulation dans la sphère financière ?
nouveleconomiste.fr ; 17/02/2008.
12) Quel acteur est désigné comme principal responsable de la crise des « subprimes » dans cet article ?
13) Expliquez la phrase soulignée.
14) N’y avait-il aucune régulation des marchés financiers avant la crise des subprimes ?
L’Autorité des Marchés Financiers est née de la fusion de trois entités : la Commission des Opérations de Bourse (ou COB), le Conseil des Marchés Financiers (ou CMF) et enfin le Conseil de Discipline de la Gestion Financière (ou CDGF). Cette fusion facilite le travail de régulation et de contrôle des marchés financiers de la nouvelle entité. Créée par la loi n°2003-706 de sécurité financière du 1er Août 2003, l’AMF est, tout comme l’était la COB, un organisme public indépendant. […] (Ses) rôles s’articulent autour de trois axes : la protection de l’épargne, l’information des investisseurs et le bon fonctionnement des marchés financiers.
Edubourse.com ; 07/07/2005.

lesechos.fr
15) N'y avait-il aucune régulation des marchés financiers avant la crise des subprimes ?
La ministre de l’économie Christine Lagarde a déclaré dimanche que le gouvernement pourrait imposer aux pétroliers de réduire le prix des carburants à la pompe s’ils ne justifient pas les baisses insuffisantes de prix constatées jusqu’ici par l’administration. […] La ministre a estimé que les prix à la pompe n’avaient pas assez baissé, livrant les conclusions préliminaires d’un rapport de la direction générale de la consommation, de la concurrence et de la répression des fraudes (DGCCRF).
le monde.fr ; 29/05/2011.
16) Est-ce habituellement le gouvernement qui détermine le prix des carburants ? Expliquez.
17) Quelle décision a été prise par Mme Lagarde ? Qui cherche-t-elle à protéger ?
18) Donnez d’autres exemples d’interventions possibles de la DGCCRF.
Le rapport Stiglitz* a rappelé qu’une des limites du produit intérieur brut comme indicateur de bien-être est qu’il ne prend pas en compte la production domestique non marchande, réalisée par les ménages pour eux-mêmes. […] Définir le travail domestique ne va pas de soi. Selon qu’on y inclut ou non les activités de semi-loisir comme le bricolage et le jardinage, ou encore les trajets, il représente entre 15 et 32 heures par semaine. Au niveau national, le nombre d’heures annuelles consacrées au travail domestique est égal à une à deux fois le temps de travail rémunéré : entre 38 et 78 milliards d’heures, en 1998. Valorisé au SMIC et mesuré avec la définition la plus restreinte, il apporterait une contribution à la production nationale équivalente à 17,5% du PIB, comparable à la valeur ajoutée de l’ensemble de l’industrie française. En retenant une définition intermédiaire du travail domestique, sa valeur atteint 27% du PIB, plus de la moitié de la valeur ajoutée de tous les services marchands.
INSEE ; Delphine Roy ; Mars 2011.
*Rapport rendu public le 14 Septembre 2009 sur la mesure des performances économiques et du progrès social. Joseph Eugene Stiglitz est un économiste américain, prix Nobel d’économie, né en 1943. Il est un des fondateurs et des représentants du « nouveau keynésianisme ».
19) Qu’est-ce que la production domestique ?
20) Pourquoi n’est-elle pas comptabilisée dans le PIB ?
21) Certaines de ces activités ne pourraient-elles pas faire l’objet d’un échange marchand ?
Le trafic d’organes, pourtant illicite partout, sauf en Iran, est devenu le côté noir du tourisme médical, qui a pesé 100 milliards de dollars de chiffre d’affaire dans le monde en 2010, selon les estimations de Deloitte Touche Tohmatsu. La demande globale d’organes est en effet bien supérieure à l’offre : aux Etats-Unis, il y aurait 110 693 personnes sur listes d’attente contre moins de 15 000 donneurs trouvés chaque année. Une société de Tempe, en Arizona, MedToGo LLC, propose ainsi des transplantations de reins réalisées au Mexique et au Costa Rica pour 50 000 dollars, 1/5ème de ce qu’il en coûte aux Etats-Unis. Certains receveurs payent jusqu’à 150 000 dollars, et à l’autre bout de la chaîne, les donneurs reçoivent en général moins de 10 000 dollars. Chaque année, environ 5000 personnes, souvent condamnées par leur maladie, en payent d’autres pour obtenir le don d’un organe, s’exposant à contracter le HIV, ou d’autres maladies redoutables, et posant un problème de santé publique à leur retour. Ils engraissent toute une chaine de cliniques complaisantes, de chirurgiens, d’infirmières et d’entremetteurs, que seul l’argent intéresse
express.be ;Audrey Duperron ; 15/05/2011.

22) Vendre ou acheter un organe est-il possible en France ? Pourquoi ?
23) Comment expliquez-vous l’existence de ce marché d’organes ?
24) Selon vous, qui vend ses organes ? Pourquoi ?
25) A quoi est dû l’écart entre ce que paient les receveurs et ce que reçoivent les donneurs ?
26) Donnez d’autres exemples d’échanges illicites.
Très ancrée chez les anciens, la tradition [des étrennes] semble s’être modifiée en dix ans. Une gardienne d’immeuble dans le XVIème arrondissement de Paris tient l’euro pour responsable, elle qui avant recevait « entre 5 000 et 6 000 francs d’étrenne. Aujourd’hui, c’est beaucoup moins ». Du coup, ajoute-t-elle, « je rends moins de services ». Argument qu’Elizabeth, conseillère dans une banque, retourne d’un « rendre service, ça se perd, alors les étrennes aussi ». Les étrennes, reflet des relations humaines dans une société ? Si on écoute Jean-Paul, informaticien, Anne, commerciale, Théo, étudiant, l’heure n’est pas à la générosité : « Pourquoi payer en plus un boulot qui est déjà payé, et bien payé ? » Ce que Philippe Chanial, sociologue et auteur de la Société en vue du don, appelle « la marchandisation de notre société, surtout chez les jeunes : dans notre imaginaire, on ne voit plus que ce qui est quantifiable, qui a une valeur monétaire. L’inestimable, le service rendu, typiquement récompensé par les étrennes, on ne le voit plus ». Au fond, analyse le sociologue, « c’est la tendance à la professionnalisation des nounous et des femmes de ménage qui contribue à rendre la relation plus impersonnelle ».
libération.fr ; Eveline Marques et Emmanuelle Le Peyret ; 15/01/2010<//font>.<//font>
27) Donnez des exemples de domaines non soumis aux règles du marché.
28) Pourquoi le sociologue affirme–t-il que l’on assiste à une marchandisation de la société ?
29) Donnez des exemples illustrant cette marchandisation.