En prenant appui sur l’exemple de la pollution, on montrera que le fonctionnement du marché ne conduit pas nécessairement les producteurs à prendre en compte les coûts sociaux. On présentera les politiques incitatives (taxes, subventions) ou
contraignantes (normes) que la puissance publique est conduite à mettre en place pour pallier cette défaillance du marché.
Dossier réalisé par Laurent Braquet
Les marchés font bien de nombreuses choses, mais ils ne font pas tout bien (…) Les échecs du marché examinés dans ce chapitre sont regroupés dans une catégorie générale que l’on appelle les externalités. Une externalité se constitue lorsqu’une personne s’engage dans une activité qui influence le bien-être d’un tiers qui ne paie ou ne reçoit rien en contrepartie. Si l’impact sur le tiers est défavorable, il s’agit d’une externalité négative, s’il est avantageux, il s’agit d’une externalité positive. En présence d’externalités, l’intérêt du marché dans une situation donnée s’étend au-delà du bien-être des acheteurs et des vendeurs qui participent à ce marché, il intègre également le bien-être des tiers (le reste de la population) qui sont affectés indirectement. Comme les acheteurs et les vendeurs négligent les effets externes de leurs actions dans leurs décisions d’achat et de vente, l’équilibre de marché n’est pas efficace en présence d’externalités. Cela signifie que l’équilibre ne parvient pas à maximiser les avantages retirés du marché par l’ensemble de la société. La diffusion de la dioxine dans l’environnement par exemple est une externalité négative. Les usines à papier qui poursuivent leur intérêt propre ne vont pas s’intéresser au coût total de la pollution qu’elles créent et, de ce fait, elles vont émettre trop de pollution à moins que le gouvernement ne les empêche de le faire ou ne les décourage.
Gregory N. Mankiw, Mark P. Taylor, Principes de l’économie, de boek, 2010.
Celui qui est incommodé par les odeurs de la porcherie voisine ou par le bruit de la circulation de l’autoroute qui passe sous ses fenêtres subit un effet externe négatif : son bien-être est réduit par les activités des autres sans qu’il ait pu marchander une contrepartie. Logiquement, il faudrait donc déduire cette perte de bien-être du bénéfice du producteur de porcs ou de concessionnaire d’autoroutes. Mais sur le marché, rien ne les y contraint : après tout, peuvent-ils prétendre, les plaignants n’avaient qu’à choisir d’aller habiter ailleurs. A l’inverse, il peut exister des effets externes positifs : la plantation d’une roseraie chez mon voisin, l’installation d’une station de métro proche de chez moi. L’Etat doit parfois intervenir, car le marché amène à prendre des décisions qui ne sont pas forcément optimales, puisque les externalités ne sont pas prises en compte.
Denis Clerc, Déchiffrer l’économie, La Découverte, 2007.