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Quels sont les effets de l’investissement des entreprises sur l’emploi ?

 
Amérique du Nord – mai 2007 – enseignement obligatoire

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Thèmes : entreprise, emploi
Type : dissertation appuyée sur un dossier documentaire

Dossier réalisé par Dominique Szczesny

Analyse du sujet

  • Mots clefs : investissement, emploi
  • Liens entre les notions : il s’agit de réfléchir aux effets de l’investissement réalisé par les entreprises sur l’emploi. Par conséquent, il faudra mettre en relation les différentes formes d’investissement réalisées par ces dernières avec les conséquences de ces investissements sur la nature et le volume des emplois.
  • Hypothèses de travail possibles : 
    • hypothèse 1 : l’investissement, en fonction de sa nature,  produit des effets quantitatifs et qualitatifs sur l’emploi
    • hypothèse 2 : l’investissement des entreprises peut entraîner des conséquences positives ou négatives sur l’emploi
  • Choix retenu pour traiter le sujet : hypothèse 1
  • Hypothèses ne permettant pas de traiter le sujet :
    • hypothèse 3 : après avoir présenté les différentes formes de l’investissement, il faudra s’intéresser aux conséquences qu’elles entraînent sur l’emploi
    • hypothèse 4 : l’investissement permet la création d’un volume d’emplois mais aussi modifie leur structure

Mobilisation des connaissances de cours pour traiter le sujet

  • investissement
  • emploi
  • investissement matériel/immatériel
  • FBCF
  • productivité
  • capital
  • valeur ajoutée

Mobilisation des savoir-faire pour traiter le sujet

  • Savoir repérer des liens entre des notions contenues dans un texte (document n°1 : liens entre la nature des investissements et l’emploi ; document n°2 : liens entre la nature des investissements réalisés par les entreprises et leurs impacts sur l’emploi et plus particulièrement le cas des délocalisations ; document n°5 : le lien entre TIC et nature des emplois crées ou détruits)
  • Savoir lire des données chiffrées contenues dans les tableaux (document n°2 : variations annuelles ; document n°3 : proportions)
  • Savoir lire les données chiffrées contenues dans un graphique (document n°6 : proportion des emplois non qualifiés dans l’emploi salarié total)
  • Savoir dégager une tendance dans un tableau (document n°2 : évolution cyclique de la croissance économique dans les grands pays développés à économie de marché)
  • Savoir dégager une tendance dans un graphique (document n° 6 : régression importante de la part de l’emploi non qualifié dans l’ensemble de l’emploi en France)
  • Savoir établir des liens entre des données chiffrées contenues dans un tableau (document n°2 : accélération de la croissance ou ralentissement de cette dernière et progression ou non de l’investissement)
  • Savoir établir des liens entre des informations contenues dans deux documents (document n° 1, document n°5 et document n°6)

Etude du dossier documentaire

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Document n°1 – Pierre-André Corpron, "Comprendre l'économie : Concepts et mécanismes" (extrait)

Il existe un lien entre la nature des investissements réalisés par les entreprises et l’emploi. Les investissements de capacité auraient pour incidence des créations d’emploi.
En revanche, le lien est plus controversé quand il s’agit de mener une réflexion sur les effets des investissements de productivité. En effet, sur le long terme ils seraient créateurs d’emplois alors qu’à court terme ils en seraient destructeurs. Enfin, ces investissements ont aussi une incidence sur la nature et l’implantation des emplois : ils génèrent la création d’emplois plus qualifiés, et modifient aussi leur localisation.

Document n°2 – PIB, FBCF et emploi dans quelques pays de l'OCDE (tableau)

Il existe une corrélation entre investissement/croissance économique et emploi. En règle générale, quand l’investissement progresse à un rythme plus soutenu, on observe, en parallèle, un niveau d’activité économique élevé et, par conséquent, un niveau élevé de créations d’emplois. On peut s’appuyer sur l’exemple américain pour étayer cette hypothèse de travail (ex : variations de l’investissement  + 5,7 % , + 6,1 % en 2000 et  + 7,2 % en 1995 et 2005 et en parallèle + 2% d’emplois en 1995, + 2% en 2000 et + 1,6 % en 2005). Cette hypothèse se vérifie aussi pour le Royaume-Uni. En revanche, les pays où l’investissement croit de manière plus lente se caractérisent par un volume d’emplois créés moins importants (ex : le Japon, et dans une moindre mesure la France). On remarque aussi qu’une progression de l’investissement n’est pas toujours synonyme de créations d’emplois (ex : pour l’année 1992 en Allemagne).

Document n°3 – Le marché du téléphone mobile se relance par l'innovation (tableau)

Les investissements réalisés par les opérateurs en téléphonie mobile ont eu des effets  sur les clients (66,5 % de la population française à la mi-2003 et, par conséquent, sur les profits réalisés sur le long terme. En parallèle, des emplois ont été créés (de l’ordre de 205 000) qu’ils soient directs ou indirects (ces derniers en représentant environ 84 000).

Document n°4 – Entretien avec Suzanne Berger (extrait)

Certains investissements seraient créateurs d’emplois dans des pays tiers et destructeurs d’emplois dans les pays développés à économie de marché (les délocalisations).
En revanche, le progrès technologique a toujours été, jusqu’à présent, créateur d’emplois quantitativement mais aussi qualitativement. Toutefois, le progrès technique est-il aujourd’hui aussi créateur d’emplois que dans le passé s’il est combiné aux stratégies de délocalisation des entreprises ?

Document n°5 – Nathalie Greenan, Yannick L'Horty, Jacques Mairesse, "Inégalités et économie numérique : comparaisons transatlantiques" (extrait)

Les investissements réalisés dans les décennies 1960-1970 ont conduit à une augmentation de la productivité des salariés non qualifiés mais aussi à la déqualification des ouvriers de métier. Depuis quelques années, la productivité profiterait davantage à la main d’œuvre qualifiée (notamment sous forme de rémunérations) qu’à celle non qualifiée (destructions d’emplois).
Toutefois, les TIC auraient des effets positifs sur le long terme sur les salariés non qualifiés, via l’augmentation des parts de marché qu’elles permettent d’obtenir pour les entreprises, et par là même, une progression du volume à produire et donc de l’emploi (qu’il soit qualifié ou non).

Document n°6 – Evolution de l'emploi non qualifié en France en % de l'emploi salarié (graphique)

Ce document a pour fonction de donner la tendance générale quant à l’évolution des emplois non qualifiés en France par rapport à l’ensemble des emplois. De manière indéniable, la part des premiers n’a cessé de décroître dans l’ensemble de l’emploi salarié : ils en représentaient près de 28 % en 1982 contre seulement près de 23 % en 2002 soit une baisse de 5 points de pourcentage. Ceci confirmerait les effets négatifs générés par des productions qui incorporent de plus en plus le progrès technique qui est le fruit d’investissements antérieurs. En effet, le progrès technique permettrait, dans certains cas, de substituer du capital au travail et plus particulièrement au travail non qualifié.

Plan détaillé

Introduction

La croissance économique  qui a caractérisé les économies du Vieux Continent et celles de l’Amérique du Nord et du Japon au lendemain de leur révolution industrielle s’est progressivement diffusée à de nombreux pays du monde après le second conflit mondial. Un des facteurs explicatifs de ce phénomène est matérialisé par les investissements réalisés par les différents agents et plus particulièrement les entreprises. Or, l’acquisition de biens de production par ces dernières génère une multitude d’effets sur les caractéristiques d’une économie, et notamment sur les emplois qui sont mobilisés pour produire des richesses. Quels sont alors précisément les effets entraînés par les différents investissements réalisés par le principal acteur économique aujourd’hui qu’est l’entreprise ?
Il s’agira donc, dans un premier temps, d’étudier les effets quantitatifs générés par les différentes formes d’investissements sur le volume de l’emploi. Par la suite, l’étude portera sur les conséquences que l’on pourrait qualifier de qualitatives.

Première partie : les investissements des entreprises peuvent  apparaître à la fois comme créateurs et destructeurs d’emplois

A. Dans certains cas, ils  génèrent des destructions d’emploi

  1. les emplois peuvent être supprimés dans l’hypothèse d’un investissement de productivité
  2. les pays qui connaissent une croissance lente et une progression modeste de l’investissement créent peu d’emplois voire même enregistrent une régression du nombre d’emplois

B. mais peuvent aussi contribuer à des créations

  1. les pays qui, a contrario, enregistrent des taux de croissance élevés et des augmentations significatives des investissements connaissent une progression importante du volume d’emplois
  2. sur le long terme, le progrès technique qui découle d’investissements initiaux est créateur d’emplois

Deuxième partie : de même, les investissements ont aussi un impact sur la structure et la localisation des emplois

A. En effet, ils produisent des effets sur la nature des emplois

  1. quand il est destructeur d’emplois, l’investissement contribue à supprimer des emplois non qualifiés au détriment d’emplois qualifiés surtout depuis les deux dernières décennies alors qu’il était aussi créateur d’emplois non qualifiés dans les décennies des années 1960 et 1970
  2. le résultat de cette tendance se matérialise par la baisse importante de la part de l’emploi salarié non qualifié dans l’ensemble de l’emploi en France (document n°6)

B. Et peuvent  aussi entraîner des déplacements d’emplois d’un pays à l’autre ou d’une région du monde à l’autre

  1. certains investissements réalisés par les grandes entreprises dans les pays étrangers ont pour incidence des suppressions d’emplois dans les pays d’origine et contribuent à la création d’emplois dans les pays d’accueil
  2. enfin, ces investissement participent aussi à la transformation des emplois dans les pays développés en renforçant la qualification de la main d’œuvre et en amenuisant la part de l’emploi non qualifié dans le volume total d’emplois

Conclusion

Il s’avère donc que la relation entre l’investissement des entreprises et l’emploi n’est pas exclusive. En effet, en fonction de sa nature ses effets seront très différents sur le volume ou la nature de ce dernier. Il n’en demeure pas moins que la tendance dans les pays développés serait à la création d’activités nécessitant une main d’œuvre de plus en plus qualifiée. De même, certains investissements contribuent aussi à des déplacements d’emplois notamment dans le cas des délocalisations.
Toutefois, l’investissement ne constitue qu’une variable explicative parmi d’autres du volume et de la nature des emplois mobilisés dans le cadre de la création de richesses. Certains autres facteurs explicatifs, comme les réglementations nationales concernant les contrats de travail, la fiscalité, le mode d’insertion dans le commerce international, mériteraient également une étude approfondie.

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