Amérique du Nord – mai 2007 – enseignement obligatoire
Thèmes : entreprise, emploi
Type : dissertation appuyée sur un dossier documentaire
Dossier réalisé par Dominique Szczesny
Il existe un lien entre la nature des investissements réalisés par les entreprises et l’emploi. Les investissements de capacité auraient pour incidence des créations d’emploi.
En revanche, le lien est plus controversé quand il s’agit de mener une réflexion sur les effets des investissements de productivité. En effet, sur le long terme ils seraient créateurs d’emplois alors qu’à court terme ils en seraient destructeurs. Enfin, ces investissements ont aussi une incidence sur la nature et l’implantation des emplois : ils génèrent la création d’emplois plus qualifiés, et modifient aussi leur localisation.
Il existe une corrélation entre investissement/croissance économique et emploi. En règle générale, quand l’investissement progresse à un rythme plus soutenu, on observe, en parallèle, un niveau d’activité économique élevé et, par conséquent, un niveau élevé de créations d’emplois. On peut s’appuyer sur l’exemple américain pour étayer cette hypothèse de travail (ex : variations de l’investissement + 5,7 % , + 6,1 % en 2000 et + 7,2 % en 1995 et 2005 et en parallèle + 2% d’emplois en 1995, + 2% en 2000 et + 1,6 % en 2005). Cette hypothèse se vérifie aussi pour le Royaume-Uni. En revanche, les pays où l’investissement croit de manière plus lente se caractérisent par un volume d’emplois créés moins importants (ex : le Japon, et dans une moindre mesure la France). On remarque aussi qu’une progression de l’investissement n’est pas toujours synonyme de créations d’emplois (ex : pour l’année 1992 en Allemagne).
Les investissements réalisés par les opérateurs en téléphonie mobile ont eu des effets sur les clients (66,5 % de la population française à la mi-2003 et, par conséquent, sur les profits réalisés sur le long terme. En parallèle, des emplois ont été créés (de l’ordre de 205 000) qu’ils soient directs ou indirects (ces derniers en représentant environ 84 000).
Certains investissements seraient créateurs d’emplois dans des pays tiers et destructeurs d’emplois dans les pays développés à économie de marché (les délocalisations).
En revanche, le progrès technologique a toujours été, jusqu’à présent, créateur d’emplois quantitativement mais aussi qualitativement. Toutefois, le progrès technique est-il aujourd’hui aussi créateur d’emplois que dans le passé s’il est combiné aux stratégies de délocalisation des entreprises ?
Les investissements réalisés dans les décennies 1960-1970 ont conduit à une augmentation de la productivité des salariés non qualifiés mais aussi à la déqualification des ouvriers de métier. Depuis quelques années, la productivité profiterait davantage à la main d’œuvre qualifiée (notamment sous forme de rémunérations) qu’à celle non qualifiée (destructions d’emplois).
Toutefois, les TIC auraient des effets positifs sur le long terme sur les salariés non qualifiés, via l’augmentation des parts de marché qu’elles permettent d’obtenir pour les entreprises, et par là même, une progression du volume à produire et donc de l’emploi (qu’il soit qualifié ou non).
Ce document a pour fonction de donner la tendance générale quant à l’évolution des emplois non qualifiés en France par rapport à l’ensemble des emplois. De manière indéniable, la part des premiers n’a cessé de décroître dans l’ensemble de l’emploi salarié : ils en représentaient près de 28 % en 1982 contre seulement près de 23 % en 2002 soit une baisse de 5 points de pourcentage. Ceci confirmerait les effets négatifs générés par des productions qui incorporent de plus en plus le progrès technique qui est le fruit d’investissements antérieurs. En effet, le progrès technique permettrait, dans certains cas, de substituer du capital au travail et plus particulièrement au travail non qualifié.
La croissance économique qui a caractérisé les économies du Vieux Continent et celles de l’Amérique du Nord et du Japon au lendemain de leur révolution industrielle s’est progressivement diffusée à de nombreux pays du monde après le second conflit mondial. Un des facteurs explicatifs de ce phénomène est matérialisé par les investissements réalisés par les différents agents et plus particulièrement les entreprises. Or, l’acquisition de biens de production par ces dernières génère une multitude d’effets sur les caractéristiques d’une économie, et notamment sur les emplois qui sont mobilisés pour produire des richesses. Quels sont alors précisément les effets entraînés par les différents investissements réalisés par le principal acteur économique aujourd’hui qu’est l’entreprise ?
Il s’agira donc, dans un premier temps, d’étudier les effets quantitatifs générés par les différentes formes d’investissements sur le volume de l’emploi. Par la suite, l’étude portera sur les conséquences que l’on pourrait qualifier de qualitatives.
Il s’avère donc que la relation entre l’investissement des entreprises et l’emploi n’est pas exclusive. En effet, en fonction de sa nature ses effets seront très différents sur le volume ou la nature de ce dernier. Il n’en demeure pas moins que la tendance dans les pays développés serait à la création d’activités nécessitant une main d’œuvre de plus en plus qualifiée. De même, certains investissements contribuent aussi à des déplacements d’emplois notamment dans le cas des délocalisations.
Toutefois, l’investissement ne constitue qu’une variable explicative parmi d’autres du volume et de la nature des emplois mobilisés dans le cadre de la création de richesses. Certains autres facteurs explicatifs, comme les réglementations nationales concernant les contrats de travail, la fiscalité, le mode d’insertion dans le commerce international, mériteraient également une étude approfondie.