- La croissance du PIB a un effet positif sur les créations d'emploi. Toutes choses égales par ailleurs, lorsque le rythme de croissance du produit intérieur brut s'accélère, les créations d'emploi salarié s'accélèrent aussi.
- Cette relation est soumise à un décalage temporel : l'emploi constitue une variable retard. Les créations d'emploi ne sont pas, à court terme, en phase avec la croissance du PIB : en période de morosité économique, des emplois peuvent encore être créés (exemple de la fin 2002). La reprise de la croissance ne s'accompagne pas immédiatement, pour sa part, de créations d'emploi.
- On n'observe pas de rapport de proportionnalité entre variation du PIB et variation de la quantité d'emploi. La quantité de créations d'emploi est liée au niveau de productivité de la main-d'œuvre. En effet, à croissance égale, les créations d'emploi sont plus importantes quand la productivité du travail est faible. La comparaison internationale la plus couramment utilisée concerne les Etats-Unis et la France. Dans l'exemple américain, la productivité du travail est basse et implique donc de nombreuses créations d'emploi en période de croissance. L'économie française, a contrario, doit atteindre un niveau élevé de croissance pour créer des emplois. La tertiairisation est à cet égard intéressante : l'économie de services, principal vecteur de création d'emploi, ne connaît que peu de gains de productivité.
- Les marchés de l'emploi plus ou moins cycliques selon le degré de flexibilité de l'emploi. Les déterminants sont liés aux contraintes mises en place par la législation du travail, au fonctionnement du marché du travail, etc. Durant les dernières années, le développement des contrats temporaires (CDD et travail temporaire) a montré à quel point le marché du travail français était devenu plus cyclique.
- La dimension qualitative de la création d'emploi est souvent éludée. Le contenu de la croissance en emplois a fortement évolué. Les types de contrat de travail utilisés ne sont pas les mêmes, et les formes du travail ont changé. Ainsi, l'intérim "démarre" toujours avant (ou en même temps) que l'économie. Les CDD précèdent les CDI. Les pratiques d'externalisation ont eu pour conséquence de renvoyer l'ajustement du niveau de main-d'œuvre dans l'économie sur les sociétés de services de certains secteurs.
- Des blocages structurels peuvent empêcher la création d'emploi. Ainsi, il peut ne pas y avoir de rencontre entre offre et demande pour de simples raisons d'inadéquation entre offre et demande (cf. problèmes de recrutement de Bouygues dans le BTP, les problèmes des SSII en 1998-2000, etc.). Les problèmes de formation sont souvent à l'origine de ces dysfonctionnements du marché du travail : le système éducatif, mais aussi la formation continue n'assurent pas un rôle d'adaptation de la main-d'œuvre au contexte économique.