Le microcrédit

Quatre exemples de microcrédits

Source : Rapport d'activité 2006, p. 4, 7, 16 et 21, disponible sur le site de l'ADIE à l'adresse "Téléchargez le rapport d'activité 2006"

 

Patrick : "Un microcrédit pour ma montagne"

À 46 ans, Patrick Malmont n'a pas la tête de son emploi, et pour cause. Avec ses dreadlocks, il n'a pas toujours connu le bonheur tranquille des alpages. Pendant quinze ans il est éducateur à Bordeaux, tant auprès d'enfants autistes que de jeunes délinquants qu'il encadre dans des maisons post-carcérales. Mais en 1995, la remise en cause des institutions d'encadrement vient à bout des ambitions de ce passionné. Avide de grand air, Patrick quitte la ville avec sa femme et ses trois enfants. Il prend la direction de la vallée de la Barousse, dans les Hautes-Pyrénées. Tantôt jardinier ou encore charpentier, il s'intègre en douceur dans le monde montagnard. Persuadé d'avoir fait le bon choix, Patrick décide de devenir un légitime de «la montagne». Il entame alors une formation pour devenir berger. De juin à septembre 2003, son stage le plonge dans l'univers solitaire des estives. Pari gagné: Patrick a trouvé sa nouvelle voie et donné à son fils aîné le goût des grands espaces. En décembre, il achète son premier troupeau de brebis à un voisin qui souhaite se reconvertir dans la fabrication de fromage. Le premier hiver de Patrick en tant que propriétaire ovin n'est pas des plus simples. Les brebis sont malades et succombent les unes après les autres en raison de mauvaises conditions climatiques. Dans la presse locale, il lit un article sur l'Adie. Non bancarisé et désireux de reconstituer son cheptel, il contacte l'association qui lui accorde un microcrédit de 2 500euros pour le rachat d'agneaux. Son exploitation est aujourd'hui florissante et compte plus de 90 brebis élevées au lait et aux céréales

 

Tenda : "Je travaille dans la bonne humeur"

Après un parcours scolaire sans encombre validé au Sénégal, Tenda prend conscience des difficultés auxquelles elle va devoir faire face dès son arrivée en France: diplômes et expériences non reconnus, nouvelle migrante… Battante, elle ne s'avoue pourtant pas vaincue et reprend avec brio ses études de coiffeuse qu'elle enrichit par 4 années de pratique en salon. Mais la chaleur et l'ambiance des salons sénégalais lui manquent et la poussent à créer sa propre entreprise de coiffure à domicile à Epinay-sur-Seine en Seine-Saint-Denis. Grâce à un microcrédit de 800euros accordé par l'Adie, elle se réjouit de pouvoir enfin travailler «à son rythme et dans la bonne humeur». Mais elle ne compte pas en rester là. Prochaine étape, contacter les maisons de retraite pour redonner, le temps d'un brushing, le sourire aux résidents.

 

Jean-Marie : "Il fallait que je fasse enfin ce qui me plaît"

Pendant plus de vingt ans, Jean-Marie Brunet est responsable de production dans l'industrie électronique. Surviennent deux licenciements économiques et deux départs spontanés qui esquintent le profil du désormais «candidat» auprès des recruteurs. Pugnace, il travaille en free-lance dans son secteur de prédilection. «C'était la seule façon pour moi de retrouver du travail», admet-il. Par deux fois, les entreprises auxquelles il propose ses services finissent par l'engager. Mais peu de temps après son dernier recrutement, il rencontre des difficultés personnelles. Cet éternel autodidacte décide alors de changer radicalement le cours de sa vie. «Je n'avais plus de contraintes familiales alors l'argent, je m'en fichais un peu, explique-t-il. Il fallait que je fasse enfin ce qui me plaît.» Jean-Marie entame une formation de finisseur et vernisseur sur bois et obtient son premier diplôme professionnel! Après cinq mois de cours, il se sent prêt à vivre de la restauration de meubles anciens, sa nouvelle passion. L'Adie lui accorde 3000 euros pour finaliser son projet. "Je me suis mis à chercher un atelier à Caen et j'ai pu acheter mes premiers meubles» complète Jean-Marie. Il jongle maintenant entre achat, vente et réfection de vieux mobilier."

 

 Slimène

Son premier 33 tours, Slimène l'a acheté à 10 ans, et ce, sans même avoir de platines. Aujourd'hui, en véritable collectionneur, il les achète, les revend, les écoute, les fait découvrir…
À partir de 16 ans et ne sachant quelle orientation donner à sa vie, Slimène enchaîne les diplômes sans rapport les uns avec les autres. D'abord pâtissier, il finira par obtenir un DUT de chargé de production dans l'industrie du disque. Mais dans ce milieu, les places sont chères et Slimène ne trouve pas d'emploi à la hauteur de ses espérances. Son incroyable collection de vinyles va pourtant être la clé de la solution. Il décide de créer sa boutique d'achat/vente d'albums dans le quartier de Belleville à Paris où il a déjà trouvé un local. Il lui manque tout de même le petit coup de pouce financier qui va lui permettre de finaliser son installation. Grâce à 1000euros prêtés par l'Adie, Slimène peut aujourd'hui partager sa passion avec les inconditionnels des samples et du scratch, mais aussi prodiguer ses conseils aux novices, curieux d'apprendre.

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