"Portrait de l'économie mondiale", Cégep du Vieux Montréal
L'indicateur économique le plus utilisé est sans aucun doute le PIB. En plus de permettre d'établir un portrait de l'activité économique d'un pays, il entre dans le calcul de plusieurs autres indicateurs très variés qui ne sont pas seulement utilisés par les économistes. Compte tenu du rôle majeur qu'il tient dans l'analyse économique, nous présenterons dans cette section ses caractéristiques, son utilité et ses lacunes.
Tout d'abord, mentionnons que le produit intérieur brut (PIB) représente la valeur au prix du marché de tous les biens et services finals produits à l'intérieur des frontières d'un pays durant une période de temps (généralement un an). La littérature économique utilise également le PNB comme outil d'analyse. Le PNB mesure la valeur au prix du marché de tous les biens et services finals produits par les citoyens d'un pays peut importe l'endroit où cette production se fait. On peut illustrer la différence entre le PIB et le PNB à l'aide d'une équation simple :
PIB = PNB + revenus nets versés aux étrangers à l'intérieur du pays - revenus nets des citoyens à l'extérieur des frontières de ce pays
Bombardier, une entreprise canadienne, qui s'établit en Irlande verra sa production faite dans ce pays entrer dans le PIB irlandais et le PNB canadien.
Marilyn Manson, un groupe de musique américain, qui fait un spectacle à Montréal engendrera une hausse du PIB canadien et du PNB américain.
Depuis une vingtaine d'année, le PIB a graduellement remplacé le PNB comme principale mesure de l'activité économique : s'agit-il d'un changement de mesure important ? Voyons concrètement l'exemple du Canada. Le cas du Canada illustre la situation où le PIB est plus élevé que le PNB ; cela signifie pour que les avoirs canadiens à l'étranger sont plus faibles que les avoirs des étrangers au pays. On pourrait motiver cette observation par le fait que le marché intérieur canadien étant ouvert à l'étranger, il offre des perspectives intéressantes pour les agents économiques venant des autres pays. Ainsi, le nombre de firmes multinationales étrangères sur le territoire canadien est plus élevé que le nombre de firmes multinationales canadiennes sises à l'étranger. Inversement, le Japon affiche un PIB plus faible que le PNB. Cela s'explique en partie par le dynamisme des firmes multinationales japonaises présentes partout à travers le monde.
Même si le PIB et le PNB sont différents au niveau de leur définition, leurs valeurs numériques sont très proches l'une de l'autre. En effet, la différence entre le PIB et le PNB ne dépasse pas 10% de la valeur du PIB. Par exemple, le PIB canadien en 1994 était de 564 milliards $CAN alors que le PNB se situait à 525 milliards $CAN pour la même année (la différence entre le PIB et le PNB pour 1994 s'élevant à 7,6% du PIB). Cette divergence est encore plus faible si on s'attarde à la croissance économique. Encore pour l'année 1994, la croissance économique calculée à partir du PIB valait 4,65% comparativement à une croissance du PNB de 4,44%. C'est pour cette raison que l'on pourra utiliser l'un ou l'autre si on veut établir un ordre de grandeur de l'activité économique.
En économie, nous utilisons de plus en plus le PIB car il est plus important de mesurer la production concentrée dans une région géographique que d'après la nationalité des agents économiques. La production faite dans notre ville par les étrangers a plus d'influence sur nos vies que ce qu'une entreprise canadienne peut produire en Allemagne par exemple. De plus, le fait que les autres pays aient adopté le calcul du PIB comme mesure de l'activité économique nous entraîne à l'utiliser également pour ainsi harmoniser notre méthode de calcul à celle du reste du monde afin de faciliter les comparaisons. Il est évident qu'il existe tout de même des divergences dans les méthodes de calcul utilisées par les différents pays. Ces différences rendent parfois ces comparaisons plus hasardeuses.