L'Argentine ou les limites du système de gouvernance financière internationale

Principes et fonctionnement du currency board

 

C'est généralement la nécessité de lutter contre l'inflation qui justifie la mise en place d'un currency board, avec la volonté de garantir une certaine discipline financière et d'assurer la crédibilité de la politique économique nationale sur le marché financier international. "Les currency boards sont avantageux dans trois cas : lorsque l'économie est concurrencée, lorsque la perte de crédibilité des autorités monétaires est telle que la renonciation à la souveraineté monétaire apparaît comme le seul moyen de rétablir la confiance, enfin lorsque la priorité est de stabiliser l'inflation quel qu'en soit le prix.1"

Un currency board, terme traduit selon les auteurs par caisse d'émission ou par directoire monétaire, est un système de change fixe avec une monnaie étrangère, le dollar dans le cas argentin, système accompagné de règles institutionnelles de fonctionnement.
Dans un tel système, la monnaie nationale en circulation est strictement liée aux réserves en monnaie de référence et la convertibilité est totale entre ces monnaies. La création monétaire est liée à l'entrée de devises et ne peut être le fait des organismes nationaux ; la politique monétaire devient dictée par le pays de la monnaie de référence.

L'objectif est de conduire à la mise en place d'un processus d'auto-régulation de l'inflation : "un déficit commercial par exemple implique, toutes choses égales par ailleurs, une diminution des réserves en devises et une contraction induite de la masse monétaire. Sous hypothèse de flexibilité des prix, il en résulte une baisse du niveau général des prix restaurant la compétitivité-prix du pays, ainsi qu'une inflexion de la demande domestique ralentissant les importations jusqu'au retour à l'équilibre.2

Pour aller plus loin

[1] Williamson, 1995, “What role for currency boards ?”, Washington Institute for International Economics
 
[2] Thomas Lancereau, 2000, "L'Argentine ou les infortunes de la vertu ?", Problèmes Economiques, n°2664, mai 2000, p22

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