Réactivité comparée de la Fed et de la BCE :
Taux directeurs (en %) entre le début de l'année 1999 et la fin 2003
NB : Les américains ont "mis le paquet" avant même le 11 septembre : 1/ activation massive de la politique monétaire à partir de janvier 2001 (baisse des taux de 6,5 % à 1 %, maintien durable d'une politique accommodante et chute du dollar de plus de 40% face à l'euro), 2/ passage d'un excédent budgétaire de près de 2% du PIB à un déficit de 5%, en 3 ans seulement, et stimulation fiscale avec des baisses d'impôts de 350 milliards de dollars environ pour 2004-2008 (sur la seule année 2003, les réductions d'impôts ont été évaluées à 61 milliards de dollars), 3/ des aides directes aux secteurs touchés par le choc du 11 septembre, et un soutien significatif à la recherche (en particulier pour de nouvelles sources d'énergie).
Depuis ses débuts, le policy mix en zone euro a été insatisfaisant, particulièrement en 2000 (du fait de politiques budgétaires expansionnistes au sommet du cycle), et en 2002-2003 (du fait de politiques insuffisamment expansionnistes en bas de cycle). On ne peut que dresser un constat sévère de la performance européenne en matière de stabilisation macroéconomique. La politique monétaire unique a probablement exacerbé les divergences entre les situations des pays à faible inflation (Allemagne) et à forte inflation (Irlande). Plus largement, la politique macro-économique ne joue pas en Europe le même rôle d'assurance qu'aux Etats-Unis, où les agents peuvent anticiper une réaction forte, rapide, et souvent appropriée des autorités monétaires et budgétaires à un choc négatif.
Une illustration dans le domaine budgétaire de l'inertie européenne :
Les Etats-Unis engagent des actions budgétaires plus contracycliques que les Européens