Selon le Fonds Monétaire International, la croissance mondiale devrait chuter de 5 % en 2007 à 3,75 % en 2008 et 2 % à peine en 2009, le ralentissement étant impulsé par les pays avancés. Et ce alors que les conditions de financement ont connu un durcissement et que la confiance des consommateurs est en baisse.
Le FMI a appelé à une hausse des dépenses budgétaires et à des réductions fiscales temporaires de l'ordre de 2 % du PIB mondial, pour pallier la chute de la demande consécutive au resserrement du crédit. Selon Dominique Strauss-Kahn, l'augmentation de la dette publique est "inquiétante" mais le risque de récession nécessite une action forte.
Les pronostics de l'Organisation pour la Coopération et de Développement Économique sont plus sombres encore que ceux du FMI, notamment pour les États-Unis. La croissance s'y établirait à - 0,9 % en 2009, la reprise n'étant pas attendue avant la fin de l'année. La zone euro verrait sa croissance chuter moins fortement, à - 0,6 % en 2009. Le Japon serait également dans le rouge en 2009. La chute d'activité devrait néanmoins être moins brutale, la croissance y étant déjà faible depuis plusieurs années.
Dans ce contexte morose, l'OCDE applaudit l'activisme des banques centrales, qui ont diminué les taux d'intérêt directeurs et contribué à calmer la crise de liquidités des banques. Elle encourage les investissements publics, mais aussi, à titre provisoire, les rabais fiscaux ou autres crédits d'impôts susceptibles de stimuler la demande.
A l'issue du Conseil européen des 11-12 décembre 2008 a été adopté un plan de relance de 200 milliards d'euros équivalent à 1,5 % du PIB européen, conformément aux recommandations de la Commission. Or, sur les 200 milliards d'euros de dépenses affichées, 30 milliards sont des dépenses communautaires (principalement des prêts de la Banque Européenne d'Investissement) et 170 milliards relèvent des budgets nationaux.
Bien qu'un assouplissement temporaire du Pacte de stabilité et de croissance pour "circonstances exceptionnelles" et autorisant un dépassement du plafond de 3 % de déficit public ait été accordé aux Etats membres, tous ne bénéficient pas des mêmes marges de manœuvre, ni des mêmes priorités.
En découlent des disparités dans les orientations des différents plans de relance qui mettent cependant tous l'accent sur deux points :
Hormis au Royaume-Uni, les aides à la consommation des ménages sont moins prioritaires. Sans doute un tel soutien semble-t-il précipité en raison de la rigidité des salaires nominaux (qui ne suivront pas le processus de désinflation). Cependant, pour que cette relance par la consommation soit efficace et produise un effet multiplicateur sur l'économie, la propension marginale à épargner des ménages ne doit pas être trop importante. Or, si les ménages doivent se désendetter, il est fort probable que toute aide en leur direction se traduise par une hausse de l'épargne.
Tableau comparatif des plans de relance européens
Le Japon a été touché par la crise mondiale via les échanges mondiaux, le ralentissement économique mondial et l'appréciation récente du yen réduisant la demande extérieure. Après une forte inflation en 2008, la déflation pourrait survenir mi-2009, en raison d'un sous-emploi persistant des ressources économiques et d'une faible progression des salaires. Ce changement de contexte explique l'évolution des plans de relance japonais.
Le "plan de relance et de réinvestissement américain de 2009" s'élève à 789 milliards de dollars.
282 milliards seront consacrés à des allègements fiscaux devant inciter à la consommation et à l'investissement (la consommation étant freinée par les fortes pertes patrimoniales des ménages). Les 507 milliards restant iront au financement de chantiers publics et d'aides aux gouvernements locaux, afin de remédier au sous-emploi des ressources (qui font pression à la baisse sur les prix).
Selon l'OCDE, le déficit public des Etats-Unis représentait déjà 5,3 % du PIB en 2008. Compte tenu de la moindre attractivité du dollar, vont-ils pouvoir poursuivre le financement de leur déficit public par les capitaux étrangers ?
De nombreux pays subissent un ralentissement économique, sous l'effet conjugué de quatre facteurs : des conditions de crédit plus restrictives au niveau international, un durcissement intérieur de la politique économique, des pertes de recettes dues à la baisse des prix des produits de base et un affaiblissement de la demande émanant des pays de l'OCDE.
Mais le ralentissement de la croissance intervient à partir de niveaux élevés. Ainsi en est-il de la Chine dont le PIB a augmenté de 9,8 % en moyenne par an durant ces trois dernières décennies.
Elle a annoncé un plan de relance de 454 milliards d'euros, soit 7 % du PIB, destiné à des réductions fiscales et à des investissements publics durant deux ans. C'est aussi l'occasion pour ce pays de rééquilibrer sa croissance, jusqu'à présent très dépendante des exportations.
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