La divergence atlantique (I): Les faits stylisés

Perdre sur les deux tableaux : croissance et stabilité


Sapir, André, et al., (2003), "An Agenda for a Growing Europe", rapport au président de la Commission européenne

Disponible sur www.europa.eu.int/comm/commissioners/prodi/index_en.htm



Faits stylises sur la stabilité macroéconomique :
Croissance du PIB et inflation sur quatre décennies,
en niveau ("average") et en volatilité ("standard deviation")


Lecture : une croissance européenne à la fois plus faible (depuis 20 ans) et plus heurtée (depuis 10 ans) qu'aux Etats-Unis (plus la "déviation standard" est forte, plus le rythme est heurté) ; ce qui s'appelle perdre sur tous les tableaux. Mais le tableau européen n'est pas uniforme. Une majorité de pays (Belgique, Allemagne, Grèce, Espagne, Italie, Autriche et Portugal) se comportent de manière “européenne” (une croissance plus faible que dans les années 1970 et une instabilité qui baisse très peu). La France, la Suède et la Finlande enregistrent des performances plus mauvaises encore (croissance à la fois plus faible et plus volatile) ; toutefois, dans les cas de la Suède et de la Finlande, cela peut s'expliquer par la grande dépression du début des années 1990. Cinq pays (le Danemark, l'Irlande, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et le Luxembourg) font mieux que la moyenne avec une croissance inchangée ou plus forte accompagnée par une volatilité de la croissance stable ou en légère diminution. Comme par hasard, ce sont ces pays qui ont entrepris les réformes les plus profondes en Europe en matière de remise à plat du Welfare et d'amélioration de la flexibilité des marchés...

b/ Direction de la prévision (2005),"L'activité aux États-Unis est désormais aussi stable que dans la Zone Euro", Analyses Economiques, n° 64, mars


Evolution de l'indice d'instabilité

NB : des résultats à prendre avec prudence car il s'agit d'un indicateur "ad hoc".

c/ Stock et Watson (2002), NBER macroannual, “Has the Business Cycle Changed and Why?”


Croissance annuelle du PIB réel aux Etats-Unis

Lecture : Les résultats sont très proches de ceux de Zarnowitz ou de Mankiw. Le cycle américain des années 1990 ne se distingue pas par une croissance plus forte mais par une croissance plus stable, en lien avec un meilleur pilotage macroéconomique, une meilleure gestion des stocks (permise par les nouvelle technologies) et un environnement plus favorable (pas de chocs pétroliers…).

Pour des périodes un peu différentes, on peut se reporter au tableau ci-dessous:

Source : Christina Romer (1999), "Changes in Business Cycles : Evidence and Explanations", NBER working paper n°6948.

d/ Wyplosz Charles (2004), "Les illusions du plus d'Europe", En temps réel, Cahier 14-15


Trade-off croissance-stabilité, Etats-Unis et Union européenne

 

Lecture : Il s'agit d'une synthèse des travaux du rapport Sapir. Non seulement la croissance européenne est en chute libre tandis que celle des Etats-Unis se maintient, mais elle n'est plus la croissance la plus stable.

L'écart de production ou output gap :

Le chassé-croisé de la Triade

Lecture : Ce graphique s'intéresse aux écarts de production (output gap), c'est-à-dire à la différence entre production observée et production potentielle en points de pourcentage. La zone euro et le Japon ne peuvent plus se consoler en évoquant une croissance US forte mais instable.

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